DE LIVOURNE A OVITA VECCHIA ET A ROME
PAR LE CHEIIIII M PSR DES MAREMMES
Les Maremmes toscanes.
C'est en descendant des hauteurs de Rosignano (39 kil. S.-E. de Livoume, par ie chemm de fer ; 49 kil. 0. de Volterra) qu'on entre dans les Maremme»
proprement dites et que la chaîne des Apennins s*éloigne de la mer. L'œil s'ét^id sur ces vastes plaines ondulées, où les marais profonds, les forêts inextiiçables, cachent désormais les vieilles cités de l'Etrurie.
La terre y est d'une grande fertilité ; selon le proverbe italien, on s'y enrichit en un an, mais on y meurt en six mois ;
ROUTE 10. — DE LITOURRB A GITITA TEGGHIÀ ET ▲ ROKE.
a In Maremma $i arrichace in un anno, si niuore in sei niesi. » — Les travaux des chemins de ter dans les Marenimes et la campagne l'omaine ont mis à nu un grand nombre de conduits souter> rains ; c'était, pour quelc[ues territoires, un véritable drainage. L'mtroduction de la grande culture, par suite de la eonauête romaine, plus tard les invasions des barbares, ont causé le mal en dépeuplant ce pays.
Cosme !•' entreprit de rendre quelque
Srospérité à ce pays désolé. Il fit creuser es canaux et élever des digues, et commença le dessèchement du lac Castiglione délia Pescaja. Après lui, Ferdinand I" et Cosme II tirent continuer ces entre-
{ crises, mais elles furent abandonnées par eurs successeurs, et, vers le milieu du siècle dernier, les canaux cireuses à grands frais étaient de nouveau comblés. Léopold !•' nomma une commission chargée d'étudier un plan d'assainissement. Dans son rapport, présenté en 1776, la commission reconnaît que le pivot de toutes les opérations doit être le lac de Castiglione, dans le voisinage et au N.-O. de Grosseto, [ce lac, avant les travaux entrepris pour son dessèchement en 1829, occupait une surface de 53 kil. carrés], mais elle avoue, en même temps, l'impossibilité de remédier d'une manière efficace au mal. a Depuis 1829 seulement on est revenu à la méthode des colmate, c'est-à-dire à ce système qui a déjà rendu à la culture tout le val di Cniana ( F. tome I*') , et qui consiste à diriger sur un point donné les eaux chargées des terres entraînées par les pluies, afin que ces dépôts rehaussent peu à peu lesol, qui bientôt échappe par l'exhaussement de son niveau à l'action des débordements. A cet effet on a pratiqué de nouveaux canaux conduisant dans le lac de^astiglioue les eaux de VOmbrone, on a fermé par des vannes les communications du lac avec la mer, de manière à empêcher le mélange des eaux douces et des eaux salées, mélange dont l'effet est pernicieux (probablement parce qu'il fait périr une foule d'animalcules et de petites plantes, vivant dans les eaux fluviales ou stagnantes, et dont la décomposition, lorsqu'elles ont péri par le contact de l'eau de mer, augmente les propriétés morbiières de l'air des marais) . Ces procédés, appliqués depuis quelques années avec suite et intelligence, ont af-
faibli le mal, mais ne l'ont pas fait disparaître. L& lac de Castiglione a diminué de plus de moitié, espérons que son entier dessèchement amènera pour les Niremmes une ère plus prospère. » (F. les Memoiie sut honificamento délie Maremme, publiés en 1838.)
Dans la partie des Maremmes qui s'étend entre Piombino et la presqu'île de Monte Argentaro, près de la ville d'Orbetello, a le pays offre au plus haut degré cet aspect de solitude et de sauvage grandeur qui est le caractère particulier des Maremmes. Là sont des prauies qu'on ne fauche jamais ; là les bois de pins, de frênes, de chênes-liéges, deviennent de véritables forêts vierges. Des fourrés inextricables jcachent les débris des voies romaines qui les traversaient autrefois.
Des étangs, des marécages brillent dans les clairières. Faute d'écoulement, ils envahissent chaque année plus d'espace et de nouvelles émanations s'ajoutent aux émanations dangereuses qui produisent la fièvre estivale. Déjà autrefois des lacs existaient sur cette côte ; niais leur écoulement vers la mer était mieux ménagé. » Cicéron raconte [Pro Milone, 27) auc Clodius éleva un édifice sur une île placée au milieu du lac Predius, malgré les résistances du propriétaire, qui ne voulait pas lui vendre cette île. a Or, ce lac est aevenu l'étang de Castiglione deUa Pescaja, vaste foyer d'infection, j (Koêl des Vergers.)
Il y a peu d'années encore, la roule de LivouRiTEà CiviTA Ybcchia, constfuite le loB? du littoral, sur le tracé de l'anUque fOie Aurélia, était très-rarement fréquentée, les auberges y étant détestables et la mal'aria Y régnant du mois de juin à la fin d'octobre- Il n'y avait pas de service de poste établi. Une diligence allait k Grosseto et OrbeUllo trois fois par semaine, en 14 h. et 18 h. - Aujourd'hui, grâce au chemin de fer {ffrrovia Maremma), ouvert entre Livocbiœ, CiviTA Vecchia et RoMi, cette direction, ioft^ quentée, est devenue la voie la plus rapide pour gagner Rome depuis l'Italie du Nord.
337 kil. — Chem, de fer de Livoume à Rome. — Trajet en 9 ou 10 h. — Prix(trauis directs) : 42 fr. 95 c.; 29 fr. 50 c; 'iO fr. 05 c; (trains ordinaires) : 36 fr. 75c.; ioit. 40 c; 17 fr. 85 c. — De Livoume à Grotselo (146 kU.). — Traj. en 4 h. 15 min. - Prix (trains ordinaires) : 15 fr. 70 c.; 10 fr. 75 c. ; 7 fr. 45 c. — A Orbitello {\H kil.): traj. en 5 h. 15min. on
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6 h. 7 niin. — Prix : 19 fr. 80 c; 13 fr. 55 c; 9 fr. 40 c. - A Civiià Vecchia (255 kil.). Traj. en 8 h. 20 min. — Prix: 27 fr. 55c.;19fr.;13fr. Î5c.
kU.
liVOUTM
Colle SalvetU 16
Fauglia 22
Oreiano 29
RosigDino (Acquabona) 39
ùbiAo» 52
CasUgncto 69
San Vinceozo 76
LaCoroJa(Gampiglia Maritima). . . 87
Follonica.. 104
La Potassa 119
Monlepescali 154
Orotseto 146
Talamone 169
Albegna 177
Orbetello 1S4
lïoDUilto 220
Coraeio 235
CI»1U Vecchia 255
SaDUMarinella 265
Santa Seyera |ff4
furbara S}9
Mo 288
Paiidoro 295
Maccarese 305
Ponte Galera * .... 315
Magliana 322
HoBiâ 337
En partant de Livourne, le chemin de fer suit d'abord la direction de celui qui va à Pise ; il se détourne ensuite vers le sud. Il traverse la rivière Cecina avant d'arriver à la station de ce nom :
52 kil. Geoûia^ Il y existe des hauts fourneaux où l'on traite le minerai de fer de Tîle d'Elbe.
C'est de la station de Cecina qu'on est le plus près de Volterra et qu'il
' DeLivourae, où finit le bassin de YAmo, JQsqn'aa bassin de la Cecina, sur une longueur d'environ 34 kil., règne un massif de colliocs calcaires dont le pied est baigné par la mer. « Les serpentines, d'nn yen sombre, apparaissent çà et là. Elles ont calcmé toutes les couches du terrain de sédiment qu'elles ont traversé. Ce terrain a pris la couleur rouge de la brique cuite ; ses éléments constitutifs ont été modifiés, et les nouvelles roches qui se sont ainsi produites ont reçu des géologues toscans le nom caractéristique de Gabbro roaso. La serpentine et le gabbro rouge sont généralement métallifères. C'est dans ces roches que se rencontre une partie des gisements de cuivre de la Toscane. »
(Simonin, Revue des Deux-Mondes, 18«2.)
ITALIE DC SUD
est le plus facile d'aller visiter cette ville. (V. I'Italie du Nord).
De Cecina à Volterra : ~0n prend àCecioa l'embranchement du chemin ne fer, qui va (septembre 1875} jusqu'aux Saline* (près des salines le Mojé, — à 9 kil. des mines de Monte Catini, et 7 kil. de Pomarance). — Des Salines une diligence mène à Volterra (6 kil.l en 2 h. (la montée à Volterra est longue).
30 kil. Chemin de fer de Cecina aux Salinet. —Traj. en 50 min. ou 1 h. 15 min. — Prix: 3 fr. 25 c; 2 fr. 25 c; 1 fr. 55 c.
76 kil. San Vincenzo, 87 kil. La Cornia.
A ^. de cette station, on aperçoit la petite ville de Campiglia, 3,000 hab., située sur une hauteur. Ruines pittoresques de son château appelé la Rocca, dont le roi d'Aragon tenta vainement l'assaut en 1447. Des hauteurs de la ville on a une très-belle vue. Selon un dicton, si le sol de cette contrée engraisse ses habitants, la maladie qui y règne les tue.
Il pian di Campiglia T'lng^a^sa, ti piglia.
Les Étrusques ont exploité à Campiglia des mines de cuivre, de plomb argentifère et de fer. Elles offrent des excavations gigantesques, bien que la roche soit excessivement ré:^islante et qu'ils ne possédassent ni la poudre ni nos puissants moyens mécaniques. Le haut prix du bronze a pu seul rendre avantageuse pour les Etrusques Texploitation d'un gîte métallifère très-pauvre. L'examen des scories a prouvé, par le peu de traces des métaux qu'elles retenaient, l'habileté des Etrusques et le soin avec lequel était conduite la fusion.
Sur le rivage de cette partie de la Maremme toscane règne une sorte de cordon, formé par les dunes de sable accumulées par les vents du large. Devant s'étendent des marais aux eaux basses, stagnantes et délétères.
Quand on est arrivé de Livourne à 3 h. du soir (1875) à la station de la Cornia, on trouve une diligence qui conduit en 2 h. à Piombino et en revient le lendemain à midi. On peut, de Piombino, aller visiter les ruines de :
Populonia — [Pupluna ftioméirusque).
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ville étrusque ^éjà détruite et déserte du temps de Strabon, située sur la pointe N.-O. du promontoire de Piombino. Il ne reste que des portions de murailles antiques indiquant le périmètre de la ville. En quittant la route, pour aller visiter à dr. les ruines de cette antique cité étrusque, on arrive d'abord devant l'ancien port, aujourd'hui Porto Baratti.
Gomme au temps de Strabon (liv. Y, ch. 2), qui a fidèlement décrit le havre et la ville qui le domine, on voit encore le long du rivage à Porto Baratti, sur une longueur de plus de 600 met. et d'environ 2 met. de hauteur, un dépôt de scories provenant des fours à fondre le fer de l'île d'Elbe, que les Etrusques avaient construits à Populonia. [Les monnaies étrusques de Populonia sont à l'effigie de Vulcam et ont pour emblèmes le marteau, l'enclume et la tenaille.) Cette ville fournit à Scipion l'Africain tout le fer dont il avait besoin pour son expédition contre Garthage (Tite Live, dec. III, Uv. 8). Sylla ravagea Populonia. On y exploitait encore le fer au v* siècle.
A 8 kil. de Populonia est :
Piombino, — petite villede 1 ,892 hab.,
?iii a été la capitale d'une principauté, iombino est à 21 kil. de Porto Ferrajo (lie d'EIbo] . — Correspondance journalière par un paquebot. — « Le long du littoral, le golle de Piombino se développe en un cirque pittoresque dont les flancs dénudés du Calvi, à dr., et à g. les montagnes verdoyantes de Gavoranno, viennent marquer, en mourant à la mer, les deux extrémités. t> Plusieurs fonderies se révèlent par leurs tourbillons de fumée, a Dans les maquis restent cachées les ahinières de Montioni, les mines de houille de Monte Bamboli; à quelques lieues de distance [vers le N.] apparaît le village de Monte Rolondo, perché sur une haute montaçne. Là sont les soffioni et les lagoni d'acide borique. » (F. 1. 1"). De Piombino. pour regagner le chem.
de fer à Follonica, on pourrait aller par terre, à travers les sables de l'épaisse forêt de pins appelée le Tombolo, Il serait bien plus facile de s'y rendre par mer. Entre Piombino et Follonica on trouve sur le littoral Torre Mozza. Au delà de Torre Mozza, dit M. Simonin, on entre dans les maquis (petits bois taillis, ainsi nommés de 1 italien macchie). « La route est ouverte au milieu des bois, et c'est
pendant l'été le rendez-vous des brigands, qui y détroussent les rares voya- Î;eurs que leurs affaires amènent en ce ieu désert. L'été est la saison oH tout le monde fuit, effrayé par Varia cattiva.
Chacun demande alors à faire ce qu'on appelle en Toscane l'es/a/ura, c'est-à-dire « à prendre ses vacances », pour se soustraire au danger de la fièvre paludéenne.
Entre les stations de la Cornia et de Follonica, le chem. de fer traverse une plaine horizontale couverte de la forêt nommée le Tombolo ( V. ci-contre).
104 kil. Follomoa*. — (Buffet à la station]. Bourgade située à 1 kil. et demi de la mer, et qui doit son origine aux fonderies ex-grand-ducales, dans lesquelles on travaille le fer de rile d'Elbe. A cause de la mal' aria, les travaux ne sont en activité que depuis le mois de décembre jusqu'au mois de mai. — L'étang de Follonica est un véritable foyer d infection.
Marittima*— (20kil. auN.-E.
de Follonica], ville d'une haute antiquité, cathédrale de style roman (xm* siècle). — Au moyen âge elle se nommait Massa Metallorum, ou Massa aux mines, à cause de la grande <]uantité de mines exploitées dans le voisinage. Sous Auguste, c'était déjà une colonie puissante (Ma9sa Vetemensis). Dès le xi* siècle elle cOnip- Uit plus de 20,000 habitants. Après la peste de 1348, sa population tomba audessous de 1,000. Enrichie par le produit de ses mines, elle eut à lutter contre les républiques voisines, Volterra, Pise et Sienne. — Cette ville fcst élevée de plus de 400 met. au-dessus du niveau die la Méditerranée. Des hauteurs de la ville, entourée de vieilles murailles crénelées, on aperçoit au loin toutes les îles de l'archipel toscan, et à l'horizon, quand Tair est transparent, les cimes de la Corse et de la Sardaigne. — On trouve aux environs, sur un rayon de près de 25 kil., les traces des anciennes exploitations des mines au moyen âçe. A environ 14 kil. N.-E. de Massa Marittima est Montieri (Mons Œris) . On croit que les Romains exploitèrent, après les Etrusques, les mines de cuivre