‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 73 sur 422 · ITALIE DD 8DO · texte numérisé non relu

ITALIE DD 8DO

6(» ROUTE 15. — PÉH0U8E. — HISTOIRE DE l'aRT.

l'État, et, le jour des ides de mars, il les fit immoler à la manière des Tictînies, devant un autel éleré à Jules César. Leurs biens, confisqués, payèrent le dévouement de ses vétérans. Devenu empereur sous le nom d'Auguste, il rebâtit Pérouse, mais il ne put effacer la tache de sang qui souille sa mémoire. Vers 548, Totila, roi des Goths, la prit, uprcs un siège de sept ans, la dévasta et fit décapiter son évéque Ercolano. Âpres diverses fortunes, Charlemagne mit Pérouse sous le potronage de la papauté. Au moyen âge, la commune de Pérouse se rangea dans le parti guelfe ; elle eut cependant à lutter contre la domination papale et contre plusieurs villes voisines. Elle se révolta plusieurs fois à cause des impôts auxquels voulait la soumettre la papauté. A la suite de discordes intestines entre les nobles et le parti populaire, elle subit successivement diverses dominations. En 1416, elle tomba au pouvoir de Braccio da Nontone, surnommé Fortebraccio, qui la gouverna avec sagesse. A sa mort, Pérouse perdit son existence politique et retourna sous la domination de l'Église ; elle fut gouvernée, sbus l'autorité des papes, par les Ba~ glioni, qui provoquèrent des collisions dans la ville.

Paul 111, entraîné à de grandes dépenses pour soutenir le faste de sa famille (Farnèsc), greva les Élats de l'Eglise d'un impôt extraordinaire sur le sel (sub pœna rebellionis, confiscationis bonorum). Pérouse s'étant révoltée, il lui retira ce qui restait encore de ses anciennes institutions et fit construire une citadelle pour naaintenir son obéissance (comme portait l'inscrjption, enlevée en 1798 : « Bonorum quicti, improborum fraeno, arcem banc mira celerilate munivit. » En 1553, Jules m la réintégra dans ses droits municipaux, et Pérouse reconnaissante lui -éleva une statue (p. 69) ; toutefois, le conseil des six cents citoyens ne fut pas rétabli; en 1591, il fut réduit à quarante membres, et bientôt il tomba en désuétude. — Pérouse s'affranchit de nouveau en 18i8 et 1849 et profita de sa liberté momentanée pour démolir la citadelle (F. p. 76) élevée par Paul III. Reprise par le saint-siége, elle dut lui rester soumise jusqu'en 1859. Lorsque les troupes françaises entrèrent en Italie, elle se déclai'a indépendante. Le saiiit-siége résolut de la reprendre et envoya contre elle 1 ,600 hommes, commandés par le colonel suisse Scbmid; le 14 septembre 1860, les troupes papales, attaquées parles Piémontais, se retiraient dans la citadelle et étaient contraintes.de la rendi'e.

Histohre d* l'art. — Pérouse occupe une place, importante dans l'histoire de l'art, corfime centre de Vécole d'Ombrie, dénomination employée pour la première fois par Rumohr (Italienische Forschungen, Berlin, 1827-31), et aujourd'hui généralement admise. Il ne la faut pas restreindre toutefois d'une manière trop absolue à la circonscription de l'ancienne Ombrie. La tendance idéale de cette école, le charme intime, l'expression douce et tendre qui s'y révèle, forment un ensemble de qualités spéciales qui lui méritait une place spéciale dans l'histoire de l'art. Lanzi, rhisloricn de la peinture en Italie, la confond avec l'école romaine.

La vallée retirée du Tibre supérieur fut, au moyen âge, le berceau d*une foi airdeute et enthousiaste; c'est là que vécut saint François d*.\ssise. Les sentiments ^religieux inspiréà par le sanctuaire d'Assise semblent avoir étendu leur influence sup les peii^tres de la contrée. A côté de l'école naturaliste de Florence, qui, sqms Vin* spiration de T^ntiquité, 4i^i)iMit la forme, une autre école vivait, on pourrait dire yvivi m Ombpie. Fille d© l'école de Sienuo et des mimaturiates d« vy* siècle, elle

AOOTjc 15. — BmooiE, — Mi^TOiaËDE i'a^t. ,67

ilUftil; âia. grâce de rtme le&teB4a9C0l^ jipiriMAftlist^ fifs «ul^es.et coiwenrAit. purçs les traditions du 8tyk pieux, sans les laisser aUérer au contact des idées antiques et païennes, alors domini^ntes, et tout en , adop^nt Cjçpendant les progrès que la peiotore avait. faits dans rexécution pratique, fille «Qd^tingua plus,, par le sentiffleot que par le style ou jte mode d'exécutinn. Le porirait» qui a fait irruption dans les peintures religieuses des artistes florentins, semble n'avoir point existe pour i'éeole ombrienne^ EUe .subit. diverses influences ; les pln$ ,anciennes viennent des peintres sieonois qui oberchèrent. un asile à Pérouse pendant les troubles de leur patrie. Dans les dernières années du xiv« siècle, laddeo di Bartolo (1363-1422), de Sienne, appelé à Pérouse, peignit dans Téglise de Saint^Doniinique la vie de samte Catherine. C'était un peintre qui cherchait à conserver dans ses ouvrages le caractère liturgique. Frâ Angelico déposa dans le couvent de Saint-DominiqQe ane des plus suaves productions de son pinceau. Des in^uences analogues vinrent de Gubbio par GenUle da Fabriano (*{• vers 1450), dont les gracieux ouvrages, si peu ép«gnés par le temps» excitèrent un tel enthousiasme parnii ses contemporains. — Benedelto Bonfifflio, un des peintres de Pérouse, <r paraît avoir été gufdé par Benozzo Gozzoli, lorsque ce grand peintre floi^enttn peignait encore dans la aianière de frà Angelico. » Son imagination parmt, du reste, avoir été peu fanûliarisée avec Tidcalisme de l'école ombrienne. Â la même époque (xv« siècle), illaut ciierFiorenao di L^ren^ et son contemporain, Niccolà Alunno di.Fuligno, qni aie mérite d'avoir oommu^iqué à l'école pmbr^ennela tendance dominante quija caractérise ; il eut l'art de donner à ses figures une expression plus naïve et plfis attachante que ne l'avaient fait ses prédécesseurs., Çea qualités lurent surtout développées par le Pérugin. On ne sait pas quel fut son injaitre.

Le Pérofl^ (Pielro Vanucchi, de Gastdlo délia Pieye, 1446-15^) est le prince de l'école ombrienne. Comme Kantegna, comme BelUni, comme Francia, c'est up de ces peintres placés à l'apogée des écoles primitives, qui les résument et les eonplètent, mais dont la gloire n'a pas tout l'éclat qu'elle devrait avoir, parce qu'elle est bientôt éclipsée par l'éclat supérieur de l'époque qui leur succède immédiatement, et où l'art, se débarrassant complètement des formes archaïques qui le retenaient encore, puise à une source plus féconde des inspirations plus libres et acquiert son plus haut développement. Les composition^ du Pérugin manquent de variété; sa manièi:^ conserve M sécheresse des /écoles primitives, mais il commu*- DÏqae une grâce mysUque à Texpresàion de ses têtes. Bans les derniers temps de sa vie, travaillant principalement pour le gï^n, il répéta uniformément les mêmes compositions exécutées d'une manière mécanique avec l'aide des nombreux élèves {u'il forma. On croit qu'il mourut de la peste, qui sévissait cruellement à Pérouse. Ce peintre de sujets religieux aurait été athée, s'il faut en croire Yasari, malinittlionné, d'ailleurs, et épousant les ressentiments de Michel-Ânge, qui, un jour, <iit publiquement à Pérugin qu'il n'entendait rien à l'art (era gofTo nelf arte], injure pour laquelle Pérugin appela Michel-Ange devant les magistrats, (Non se gli polè mai £ir credere l'immortalilà dell' anima. Gon siio oervello di porfido, ostioatiaùmamente rieuse ogni huona ^ila. Avevft ogpi sua speranza ne* béni délia for* tuaa.] La fin de la vie de Pérugin seulement parait justifier cette accusation. 11 t^^ de te confesser au lit de mort, distot qu'il était aurieux de voir ce que de^

68 ROUTE 13. — PÉKOOSB. «— HISTOIRE DE L*ÀRT.

venait une âme partie pour l'autre monde sans confession. Au Pérugin appartient la gloire d'aroir formé Raphaël, qiii n'est d'abord que son imitateur. — Un des premiers peintres de l'école ombrienne est, avec le Pérugin, Bemardino di BeUo, de Pérouse, connu sous le nom du PinturiccMo, son contemporain et son imitateur {1454-1513}. C'est par erreur sans doute que Vasari dit qu'il fut l'élève du Pérugin, né seulement huit ans avant lui. Le Pinturicchio fut le peintre d'histoire de l'école d'Ombrie. <t Sa trop grande facilité, qui lui fit donner le nom de Pinturicchio, dégénéra en négligence et finit par gâter ses ouvrages. » — Andréa Luigi, dit Vingegno, est un autre nom célèbre ù cette époque. Il fut, ainsi que le Pinturicchio, élève de Niccolô Alunno plutôt que du Pérugin. Le baron de Rumohr a fait justice des erreurs et des impossibilités chronologiques négligemment accumulées par Yasari sur le compte de Tlngegno. Il ne devint pas aveugle dans sa jeunesse, mais il remplit plusieurs fonctions civiles qui probablement le détournèrent de la peinture. — Parmi les élèves ou imitateurs du Pérugin, on compte : Giovanni lo Spagna, dont les œuvres (très-rares) sont si suaves et si soignées que l'œil le plus exercé est exposé à les confondre avec celles du Pinturicchio, son condisciple, du Pérugin et de Raphaël lui-même ( V. 1. 1*', Florence : Genacolo) ; Giannicola, Tiberio d'Assisi, Eusebio San Giorgio , Domenico di Paiis, Alfani et son filsOrosto Alfani, Girolamo Genga, Adone Boni. — On range aussi dans l'école ombrienne Giovanni SanH, père de Raphaël, d'un style simple et sérieux, qui sut rendre avec charme les têtes d'enfants ; pour la forme, il se rapproche de la manière du Mantegna, et il dut, dans cette direction, subir l'influence de son ami Melozzo di Forli, élève enthousiaste de Mantegna. Malgré cette tendance naturaliste, un certain sentiment mystique se trahit plus tard dans les têtes de quelques-unes de ses madones. — Enfin quelques-uns rangent également dans l'école d'Ombrie Francesco Raibolini de Bologne^ surnommé Franda, à cause de l'affinité de la manière de certains de ses ouvrages avec ceux du Pérugin.. Ce rapprochement, bien que fondé sur une analogie de style, ne doit pas aller jusqu'à absorber Francia e à en faire un satellite secondaire ; il faut réserver une place à ce grand artiste, qui, à l'égal du Pérugin, est une plus haute et dernière expression des écoles de peinture primitive.

Le grand élève du Pérugin, l'ange de l'école ombrienne, est Raphaël, qui n< fait que la traverser; heureux génie élevé sous les auspices et dans Pamoui'de Tancienne loi et qui en sort pour révéler au monde, dans toute sa splendeur, un< esthétique nouvelle. Raphaël est le fondateur de TécoLB romains. Un autre point d< vue, une autre conception idéale la dirige. <t Quel che muove la Komana ail* ir nmove la Peruginese al pianto. »

Arrivé à la gare de Pérouse, on devra prendre place dans un omnibus. Chercher ceh du Grand'HÔtel de Pérome si l'on se propose d'y descendre. Il faut une Jemi-heui pour monter la rampe qui mène à la ville. Le Grand-Bétel est situé hors la ville, prt de la porta Santa Croce.

Itinkraire dans Pérouse. — La disposition irrégulière de cette ville en rend, coma cela a lieu pour Sienne, la visite compliquée et ditflcile. Pour épargner des contn -marches et des pertes de temps aux voyageurs, nous leur traçons ici un plan d'itinérairi

ROUTE 15. — PÉBOIISE. — PLACES.

Si Von part du Grand-Hôtel, on entre par la Porta SanU Croce et Vùn u dirige vers la petite église Sauf Ercolano,k l'angle d'une me tournante, en escalier. Au haut de cette rampe, on arrive bientôt, en appuyant à g., A la via del Cono, qai descend i dr. à la cathédrale et monte, à g., à la place occupée naguère par la citadelle, anjoard'hni IHazxa Yitt. Emanuele. Au lieu du musée qu'on se proposait d*y constmire, on y a élevé un grand édifice pour des services municipaux. De la terrasse on a une vue étendue vers rO. et le S.-O., mais on n'aperçoit pas le lac de Trabimène, caché par les collines. Si l'on sort del'Albergo délia Posta, dans le Corêo: on trouve à dr. le Patai* Baldetçhi; —k g., la %alle del Camhio ; — Palaxzo Comunale; — Place du Mme, fontaine ; — Cathédrale; — vis-à-vis de la cathédrale, PalaU Conestabile. — Pour aller A YOniversité, il tàut preudre une petite rue à dr. de la cathédrale, puis descendre à dr. jusqu'à un passage étroit, sorte de viaduc, établi sur un aqueduc antique, franchissant les parties basses de la ville. Au bout de ce viaduc, on passe sous VArc d'Auguste, et bientôt, inclinant à g., on arrive devant VVniversiié. — De là on pourrait pousser jusqu'à Santa Agnese et S. Angelo, revenir à S. Agostino, à S. Severo, puis gagner la terrasse du monte di Porta Sole, terrasse étroite et mal tenue, ayant 3 on 4 bancs, et d'où Ton a une vue que limite la montagne Teccio, située à 5 milles. — Sortant par la porta del Sole, on pourrait aller à la tnadonna di Monte Luce. C'est dans une direction opposée et en traversant toute la vïHe qu'on peut aller à S. Francesco del Prato. — Une longue rue, commençant à la petite église S. Ercolano et se prolongeant sous le nom de Via papale {di S, P«e<ro),passe près de S. Domenico, va jusqu'à 8. Pietro dé Ounnensi et aboutit à la belle promenade du Frontane, d'où l'on a une belle vue dans la direction de Foligno.

Antiquité*. — Des portions de murs antiques et les fondations de plusieurs portes sont de construction étiiisque. La plus belle de ces portes antiques est nonimée :

Arc d'Auguste — Arco délia via Vecchia (au ^. de la cathédrale. — PI. 20 A) ; attribué également aux Etrusques, mais portant des inscriptions postérieures : Avgvsta Perysia et CoLMi. YiB. On peut encore y reconnaître les traces de Tincendie antérieures à la reconstruction de la cité autorisée par Auguste. Les pierres (travertin), d*égalYolume, sont par assises régulières.

Porta Marzia . — Les restes de cette construction dite étrusque (?) ont étév aind que quelques sculptures, conservés par San Gullo et adaptés aux murs extérieurs de la citadelle Pauline.

Au village de la Commenda (à 3 kil. , sur la route de Florence) est un tombeau étrusque, célèbre sous le nom de Tempio di S. Manno.

Une Nécropole a été découverte en 1840, au bord de la nouvelle route

de Rome, 1 kil. environ avant le pont de San Giovanni (T. p. 77). 10 chambres contenant les tombeaux des Fblumnii[Grotlade' Fo/umni, Velinmas), mises au joiu* par les soins du professeur d'antiquités, il cav. Vermiglioli, quoiqu'on les rapporte au vi* siècle de Rome, ne le cèdent en intérêt à aucime des chambres sépulcrales découvertes en Etrurie. Ce tombeau a été conservé dans l'état où il avait été trouvé, mais beaucoup d'obieta ont été transportés et sont visibles dans la villa du comte Baglioni. — D'autres tombeaux de dinerentes familles (Pumpini, Pomponius ; Ceisi, Caesius ; Casni, Gsesina ; Vipi, Vibius) ont été successivement découverts, et conservés la plupart dans l'état où on les avait trouvés.

Placée. — PiAZZi del Papa (près du Dôme — PI. 1 AB), ornée de la statue de Jules III, ouvrage de Vincenzio Dana(1555), F. p.66.

Belle Fontaine — (1274-1280) (sur la place du Dôme).

ROUTE 15. — PÉRODSE. — éGLlftES.

Elle a trois bassins supefposés ; I*'. Les l^Moi»» indimiés par les travaux proprés à chacun ; le Lion, armoirie des guelfe« ; le Griffon, de Pérouse ; la Rhétorique et autres allégories scientifiques; deux Aigles; Chute de l'homme ; son Expulsion du Paradis; Samson; David et Goliath; Jean; Ronbulus et Remus; fables de la Grue, du Loup et de l'A?neau. — II*. 24 statuettes : Saint Pierre ; l'Eglise ; Rome ; Saint Paul et autres Saints ; la Fertilité ; rÂUondance ; la Nymphe du lac de Trasimène ; Pérquse avec ses corps de métiers. — III*. La grande con-

Î[ue d'airain.— Sur Tautorilé de Vasari, cette ontaine était attriljuée au senl Giovanni de Pi»e; mais il résulte de recherches nouvelles que Niccolb de Piae et Amol(o di Lapo y ont aussi travaillé. Il est difficile de lixer la part qui revient à chacun. On pense que les z4 figiires adossées aux pilastres de la 2* vasque en marbre sont de Hiccold, et les 25 têtes, autour de la I", en marbre également. La vasque supérieure, en bronze, fut exécutée en i277 par un certain maître Rosso, inconnu d'ailleurs. (V. le Sculiure, che omano la fontana maggiore di Perugia, descritte da G. Balt. Vermiglioli : Perugia, 1834 ; in-4* con 80 tavole in rame.)

PiAzzÀ DEL SopBAMURO, — avec d'és qui remplissent collines et dont ite .nu temps de , porte encore le raccio. Sur cette édifices' du Capi- 38 Tribuhauï.

Égfiset. — Il n'y a pas moins de 103 églises à Pérouse, sans compter une cinquantaine de monastères.

N. B. Un grand nombre de peintures d'é» gUses conventuelles ont été réunies à la Pinacothèque.

Les églises les plus remarquables sont :

La Cathédrale — (SanLorenzo) (PI.

1 A), inachevée. Architecture gothique du XV» siècle, remaniée : Intérieur à trois nefs. Vitraux (1565) peints : Le vitrail, représentant la

Srédication de saint Bernardin, a été essiné par Airigo Fiammingo, de Malines (156M, et exécute par frà Brunacci et Costantino di llosaro.

Les sculptures en bois du chœur sont de Giuliano da Majano et de

Domentco Tasso, de Florence f xv* siècle). 1" chapelle ; on devra s arrêter devant une Déposition de croix, un des ouvrages les plus estimés de Ba^ roccio (voilée), emportée à Paris en 1797. — La chapelle del SS. Sacramento (à dr.) est de l'architecte Gai. Alessi. Les stucs sont de L.

Scalza. — Chapelle del SanfAnello, à g. de la porte d'entrée : on y conserve, dans un tabernacle, un anneau en agate, que l'on a dit être l'anneau de mariage de la Vierge. Cette relique passa d'une famiUe juive établie à home à une église de Chiusi, oti on la montrait A fois par an au peuple.

Volée par un moine, en 14 75, elle tomba dans la possession de Pérouse.

Sienne la réclama pour Chiusi. Après maintes ambassades repoussées, cette querelle fut sm* le point de mettre aux prises Sienne et Pérouse. — C'est pour cette chapelle que fut fait le Sposalizio du Péruffin (1495) (V. t. !•% Milan ; Brera ; Sposalizio de Raphaël) aujourd'hui au musée de Caen. — Dans la hihlioteca Dominicini yoîshie, nombreux manuscrits (évangile de saint Luc, de la fin du v* siècle).

Chaire de saint Bernardin, — placée extérieurement à dr. de la porte.

Ce saint franciscain, ardent prédicateur, né en 1380, mort en 1444, y prêcha en 1425.

Sant'Agnese — (couvent) (PI. 2 A).

Dans une chapelle intérieure, fres(][ae du Pérugin, représentant la V. , saint Antoine de Padoue et saint Antoine, abbé. — On ne peut y entrer facilement.

SANt' Agostiho — (PL 3 BJ possédait plusieurs ouvrages du Férugin, Tous tes tableaux sont aujourd'hui à la Pinacothèque. La marqueterie et les sculptures du chœur sont à'Agnolo Fiorentino, sur les dessins du Pérugin.

Saitt* Angelo — (PL 4 A — - près la porte Sant'Angelo) , église de construction circulaire que l'on croit avoir été bàlie au v* où vi* siècle; avec des ma-

irnova; . . If H j

RODTE 15. — PÉROUSE. — ÉGLISES.

tériaux antiques ; 16 colonnes à Tintérieur. Portail du xi\* siècle.

GONFRATERNITÂ DE* SaNTI ÂRDREA E

Be^inardino, — dite aussi : della GidsnziA (sur la même place que S. Francesco de'Conventuali). Façade remarquable montrant le pîissage du gothique au %t^le classique. Les bas-reliefs, attribués à tort par Vasari à Agostino della Robbia, sont d'Antonio di Duccio, de Florence (1461) : c'est ce sculpteur qui entama maladroitement le marbre dont Michel-Ange fit sa statue de David. — Les tableaux ont été transportés à la Pinacothèque.

San Domenico — (Via Papale, PI.

6 D), construite d'abord en style gothique par Jean de Pise (1304^ ; la voûte étant tombée en 1614, l'église fut reconstruite en 1632 par C. Maderno. Derrière le chœur, verrière (la plus grande qui soit en Italie), peinte par frà Bartolommeo de Pérouse (1411). — Au transseçt de g., tombeau de Benoit XI (empoisonné à l'instigation de Philippe le Bel par les cardinaux Orsini et le Moine, en 1 504) , un des ouyrages les plus remarquables de la Renaissance, par Jean de Pise..

(Gicognara dit que ce tombeau a de la ressemblance avec celui de la reine de Ghypre à Assise, que Vasari attribue à Fuccio.) — Le haut clocher est en partie démoli.

Sant' Ercolano — (PL 7 D) (Hprculanus, disciple de saint Pierre, fut le premier évêque de Pérouse). Architecture gothique (1297-15^^5). Fresques de G. A. Çarlone (1680).

San Fiorenzo' — près la porte Santa Margherita). Lecélèore arcnitecte (?aleazzo Alessi (1572) y est enterré,' mais n'a point de monument. Madone, saint J. -Baptiste et saint Nicolas de Bari, copie d'après Raphaël, par Nicolas Monti (l'original de cette Madone, dite de la famille Ansidei, acheté en 1764, et donné au duc de Marlborough, est en Angleterre, à Blenheim palace). La date de MDV est sur la Wdure au bas du vêtement de la

Vierge. [Cette peinture serait donc, à notre avis, un des documents les plus importants à étudier, comme terme de comparaison, avec le Genacolo de Florence (t. P'), qu'on prétend attribuer à Haphaël et sur lequel on croit lire la même date.]

Sam Francesco del Prato ou de* Gonvbntuali — (sur une place à l'extrémité 0. de la ville. PI. 8 A), église primitivement gothique; bâtie vers 1250, mais modernisée en i 748. [Les tableaux ont été transportés à la Pinacothèque.] — On conserve dans la sacristie les restes de Braccio da Montone, dit Fortcbraccio, souverain temporaire de Pérouse, tué au siège d'Aquila le 5 juin 1424.

San Francesco del Monte — (PI.

9 A), couvent situé auN.-O. et hors de la porte Sant' Angelo. Eglise située au haut d une rampe.

San Girolamo — (St-Jérôme). Près la porte menant à Foligno (PI. 10 D).

Santa Giuliana — (hors de la ville, PI. 11 G), bâtie en 1292> Dans l'intérieur du couvent, fresques de Fécole de Giotto.

Madonna di Monte Luce — (à l'E.

et hors de la ville). Un bois sacré existait sur cette colline. On y a trouvé l'inscription suivante : avgvst. lvcvs sacer. Architecture de GiuUo Danti, en style mixte, gothiijue et de la Renaissance. — G est ici qu'était le tableau du Gouronnement de la Vierge, par Raphaël (actuellement au Vatican).

Santa Maria Noova — (vers la porte S. Tommaso. PI. 12 B).

San Martino in Verzabo — (près du théâtre). — Le mot de Verzaro vient de viridanum, à cause des vergei'S (verzieri) qui étaient dans le voisinage). — Madone (tête gracieuse], saint Jean et saint ^«aurent, fresque par Giannicola (a été attribuée au Pérugin), ...

San Pietro (de' Gassinensi) fuori di Mura, — à l'extrémité S. delà ville. (PL 15 D.) Eglise d'un couvent de

l'KROUSE. — ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS

bénédictins ' , en style de basilique. 18 cobnnes de granit et de marbre. Cette église renferme de nombreuses peintures. Dans la nef dr. : Orazio Alfani, Miracle et délivrance de saint Pierre (fresques restaurées) ; Sainte Famille [charmant petit tableau] de Bonifaùo; de Sassoferrato., Déposition de croix, d'après Raphaël ; Annonciation, d'après le tableau de Raphaël qui est au Vatican ; cinq tableaux représentant des Saints, copies d'après le Pénigin. Dans la nef g., bas-relief (J.- C, saint Jean et saint Jérôme), par Mino da Fiesole (1475); Adoration des Mages, par Adone Boni (?) ; Madone, fresque, par le Spagna, etc.; Judith, de Sassoferrato ; Visitation et Assomption, iïOraztoAlfani,ks. du chœur; Déposition, par Ben. Bonfi'

SU (1468). — Sacristie : 5 figures e saints, par le Pérugin . (ils entouraient son Ascension, actuellement à Lyon; la Predella est au musée de Rouen). — Pérugin: Pietà. — Saint Jean embrassant l'Enfant Jésus (un des premiers ouvrages de Raphaël), copie à la détrempe sur fond d'or, d'après un groupe d'un tableau du Pérugin, actuâlement au musée de Marseille; Santa Francesca, du Cara- Mage; la V. et l'Enf. J. lisant, joli ouvrage attribué au Parmemn ^.) ; Tête de Christ, par Bosso Dossi; Ecce Homo, attribué au Titien (?); fresques d'un style rude, par GiroL Danti. — Les sculptures sur bois des' stalles du chœur offrent de charmantes compositions exécutées par Stefano de Bergame (1555), sur les dessins de Raphaël, Beaux ouvrages de marqueterie par frà Damiano de Bergame.— Missels avec miniatures exécutées au xvi* siècle par des bénédictins.

* Par ane exception spéciale, les oeuvres d'art ont été conservées à celle église. Les hénédictins ayant, en 1860, caché pendant le sac de Pérouse beaucoup de personnes qoelesSuisses auraient massacrées, un décret 8 été rendu pour les protéger, et les laisser icbever en paix leur vie dans leur courent.

D'un balcon derrière la tribune on a une belle vue sur la vallée du Tibre, les Apennins et les Abruzzes. On dislingue l'église (le la Madonna degli Angeli au bas de la montagne, et i ç. an milieu de la colline, le couvent d'Assise.

Dans l'intérieur du couvent, diffé* rentes terres cuites des délia Robbia, et, au !•• étage, une belle fresque de VIngegno,

Près de cette église est le Frontonet esplanade plantée il'arbres, d'où l'on a une belle vue sur Assise el les Apennins.

San PiETRo MARimE — (petite église près de San Domenico. — PI. 14 D).

Chapelle San Severo (ancien éou- .vent de Camaldules. — PI. 15 B. — Il faut s'adresser au gardien, qui est quelquefois absent) . Première fresque nar Raphaël, âgé de 22 ans (1505).

Dans le haut, la Sainte Trinité ; dans le bas, six figures de Saints. Raphaël a peint seulem^it la partie supéneure de cette fresque (dont il répéta plus tard le motif avec de riches développements dans la Dispute du Sacrement au Vatican. Cette fresque, laissée inachevée, fut terminée après sa mort par le Pérugin, qui ajouta et inventa les figures de la partie inférieure ; « elles ne trahissent que trop la vieillesse du peintre. ») [La supériorité de l'élève éclate dans le dessm et le caractère des têtes, dans la composition, ainsi que dans le sentiment moral et l'intelligence religieuse du sujet. C'est surtout cette fresque qu'il importe d'étudier pour résoudre la question du Cenacolo de Florence, auquel on attribue la même date de 1505.] Ces peintures sont fort retouchées et endommagées.

San Tommaso— (PL 16 B). L'Incrédulité de saint Thomas, œuvre capitale, mais fatiguée, de Giannicola.

■onuments civila. — AgâdÉMIE DBS BEAUX-ARTS (daus lo bâtiment de VVniversité). — C'est là qu'est la Pinacothèque, riche surtout en tableaux de l'école ombrienne.

ROUTE iS. — PÉROUSE. *— PINACOTHEQUE.

Pinacothèqae. — Les tableaux sont réunis provisoirement et d'une manière défavorable dans des salles dépendantes de rUniyersité. On avait eu le projet de construire, sur l'emplacement de la citadelle démolie (PI. G), im musée où sérail établie délinitivement la galerie de tableaux. Go projet, qui eût honoré la ville de Pérouse, a été abandonne.

Dans son installation présente, à l'Université, la Pinacothèque occupe : 1* l'église des PP. Olivélains, puis de l'Université (c'est là que sont les çrands ta- • bleaux et les œuvres les plus importantes) ; 2» quatre salles : les deux premières à g.; les deux autres [une chambre, ancienne sacristie, et un corridor) à dr., atteçant à l'église.

Au mois de juin 1875 il n^y avait pas de catalogue.

Nous allons indiquer, dans leur ordre successif, les principales peintures de la Pinacothèque, qui proviennent soit des églises, soit des couvents supprimés depuis 1863.

Le Pérugin : Cène. Huit tableaux relatifs à la vie de saint Bernardin, attribués généralement et à tort au Phanello. [Un de ces tableaux porte la date de 1473, époque à laquelle le Pisanello n'existait plus.) On présume qu'ils pour raientclre àeManlegna,—' Dowen. Bartoli: tableau à 5 compartiments (1438).— Plusieurs tableaux de Frà Angellco. — Benozzo Gozzoli : Madone et 4 Saints. — Sinibaldo Ibi : Annonciation (1528). — Guido de Sienne : Madone et Saints. — Après de premières salles contenant quelques anciennes peintures mal éclairées ^un Crucifix de Margaritone (1272); -^ fje Pérugin : Martyre de saint Sébastien (peint à l'âge de 72 ans), on entre dans l'église : Boccati da Camerino (1447): Madone et Saints. ^Bonfigli:

Adoration des Mages (faussement attri-»

bué par Bosini à Gentile da Fabriano).

— Bemardino da Perugia : Madone.

— Fiorenzo di Lorenzo : Madone et Saints. — Domenico Alfani : idem. — Boccati da Camerino : idem. — Taddeo (?) : Madone, Sainte Catherine, Sainte Açnès (grand cadre doré). — Duccio da Siena : Madone. — Ben. . Bonfigli :

Saint Pierre et Sainte Catherine. — Grand tableau peint par Domenicp Alfani et Pompeo di Anselmo, d'après un dessin de Raphaël (consefvé à la collection Yicar, à Lille) : Madone, Saint Jo-

seph, Saint J.-Baptiste, Saint Joadrîm et Samte Anne. — Giannieola Manni : 2 tableaux. — Un tableau remarquable de Fiorenzo di horenzo (détrempe) : Madone et Anges. — Spagna : le Père éternel et des Anges. — Piêr délia Francesca : Triptyque. — Domenico Alfani : Nativité [Enfant Jés. charmant].

— Taddeo Bartoli : Madone, 2 Anges et 4 Saints (1405),iableau à plusieurs compartiments, restauré par Fantacchiotti, de Pérouse. — Le Pérugin : Baptême de J .-G. , peinture remarquable, grand tableau restauré par le même.— Eusebio di S. Giorgio : Adoration des Mages (15U5). — Le Pérugin : Madones et Religieux. — Plusieurs autres tableaux du Pérugin :

Couronnement de la V. (détrempe). — Le Pérugin : Nativité [La Vierge contem-

f>lant son fils est d'une pureté délicieuse; es yeux de l'cnlant sont d'une douceur angelique]; Baplême [Peinture remarquable et d'une couleur blonde comme la précédente]. [Ces deux peintures étaient adossées; mais le pmneau fut divisé en 1085. Elles ont été rostaurées parle pro- Icsscur Fantacchiotti, de Pérou»e. — Petits sujets de la prédelle. ^ A la mort du Pérugin, les moines devaient encore une certaine somme sur cet ouvrage). — Giannieola Manni : J.-C. en gloire, baints et Saintes. — Spagna : la Y. sur un trône et 4 Saints. [Coloris limpide, la Vierge est ravissante de pureté. Ce ta-« bleau a été attribué au Pinluricchio et à Raphaël.] — Sur l'autel, Pinturicchio : la V. sur un trône et des Saints.

— Derrière l'autel : grand tableau de ÏMtlanzio délia Marca. — Picola Alunno : Annonciation, attribuée par d'autres à Bonfigli (1466) [Pureté mystique des deux figures; l'Ange ne regarde pas la Vierge, comme cela a lieu dans tant de compositions postérieures]. — Le Pérugin : Transfiguration [expression des trois figures agenouillées. Tableau enfumé] ; Adoration des Mages. [Première manière ; de la sécheresse, mais une certaine vigueur de ton et un ceKain earaetère de dessin dans 4]uelques têtes, qu'on ne retrouve plus dans la manière un peu amollie de ses derniers ouvrages. Le Pérugin s'y est représenté dans la dernière figure à gauche.

MnsÉB ARCHÉOLOGIQDE. — Au 1*'

étage du bâtiment dé riJniverslté. D est riche en inscriptions étrusques.

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