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PompH. DE NAPLES R. 5; plan, ci-contre. 345
diateiirs furent interdits pour dix ans: et c'est probablement en 62, que, pour ainsi dire comme compensation, la ville obtijit le privilège de s'appeler colonia Neroniana. L'année suivante, elle fut gravement dévastée par un tremblement de t«rre, signe avant-coureur du réveil de l'activité du Vésuve. Pompéi continuait à être le centre commercial des villes de l'intérieur de la Campanie et avait environ 20.000 hab., d'origine mixte, au point que l'élément étranger prévalait sur l'élément indigène. Un jour fatal, le 24 août (?) de l'an 79, éclata la fameuse éruption du Vésuve, ensevelissant Pompéi, Herculanum et Stables. Pompéi, comme Stables, fut couverte d'une couche de fragments de pierre ponce (lapilli, généralement très menus) puis d'une couche de cendres, tandis qu'Herculanum fut submergé par un torrent de boue (sables, cendres, fragments de lave, de pouzzolane et de pierre ponce), qui éleva de 20 m. le niveau du sol dans la campagne et forma du tuf en se solidifiant. Le flot de lave vers Pompéi s'arrêta au pied du mont et n'atteignit pas le centre habité. La catastrophe lit environ 2.000 victimes; la plus illustre de celles-ci fut le grand naturaliste Pline l'Ancien, commandant de la flotte deMisène. Averti par sa sœur de l'apparition d'une nuée étrange que l'on voyait vers l'Orient, et par une lettre de Popillia Rectina, femme du consulaire Gneus Pedius Cascus, il accourut au secours des fugitifs, mais il ne piit abordar à Pompéi, à cause des bancs de lapilli qui s'y étaient formés; il tourna vers Stables où se trouvait son ami Pomponianus, et il y mourut asphyxié. Quand eut cessé la fm-eiu- de la conflagration volcanique, là où avait été Pompéi, il y avait une mer de fragments de pierre ponce et de cendres, d'où émergeaient les parties supérieures des édifices restés debout: ces derniers servirent de guides aux habitants revenus pour fouiller dans les ruines et, dans la suite, aux chercheurs d'objets précieux et de matériaux de construction. Ce ne fut pas avant le II« s. que ces lieux revinrent à la vie: au N. de Pompéi, dans la localité Civita s'élevèrent des habitations, déjà assez nombreuses au IV* s.; mais au XP s., la seconde Pompéi fut abandonnée, à cause des fréquents tremblements de terre, des nouvelles éruptions du Vésuve et des incursions des Sarrasins. De 1594 à 1600, Domenico Fontana en creusant un canal, de» sources du Sarno à Torre Annunziata, perça dans un tunnel la colline de Pompéi et découvrit des ruines et des inscrijjtions. !Mai3 ce ne fut qu'en 1748, que l'on commença des fouilles réguJières qui, continuées avec plus ou moins d'activité, ont découvert jusqu'ici plus de la moitié de Pompéi, la partie la plus importante. Le Gouvernement, après 1860, a complètement organisé ces intéressantes recherclies, sous la direction du Prof. Fiorelli (mort en 1896; buste dans le Forum), puis de MM. Ruggiero, le prof. De Petra, le prof. Socrliano, le prof. Spiuazzola.
Topographie. Pompéi a une forme elliptique (grand axe de l'E. à l'O.), que l'on doit aux Étrusques, qui transformèrent la bourgade osque en une vraie cité, qui se trouva divisée, d'après un plan régulateur, par deux routes qui se croisaient, la strada Stahiami., du N. au S., la strada Nolaiia, de l'E. à l'O., et par d'autres plus étroites et parallèles, de façon que l'ensemble des maisons fut partagé en insulce. La ville fut entomrée d'un terre-plein (anger), rehaussé au moyen de planches et couronné d'une palissade (vallum)', au IV* s., le terre-plein fut remplacé par un rempart de tuf et de calcaire, renforcé par des tours (pas avant la guerre sociale). Des 8 portes, 5 ont été découvertes par les fouilles; et l'une d'elles, la porta Stabiana, la plus ancienne, pourrait bien remontera l'époque étrusque; les autres sont de la période samnito. Les portes de Capoue et de Nucérie, seulement supposées, ne sont pas reliées par une voie en ligne droite, et aucxa\e grands artère ne semble indiquer qu'elle aboiitit à l'une et à l'autre; ?'est pourquoi la division de la ville (admise officiellement aujoxird'hui) en X réffiona, qui seraient délimitées par deux rues allant du N. au S. et par leux autres se dirigeant de l'E. à l'O., ne correspond pas à la réalité. Les raes furent pavée« à l'époque romaine avec de gros blocs polygonaux de lave du Vésuve et encaissées entre les trottoirs. Au milieu de la partie
34G E. 5; plan, p. SU. ENVIROiîfS Pompéi.
réservée aux voitures, à des intervalles donnés, dans presque toutes les rues, ou voit \me ou plusieius pierres encastrées dans le pavé, sur lesquelles on peut traverser la voie à pied sec. Ces pierres n'entravaient pas le passage des voitures (qui laissèrent dans la chaussée de profondes ornières), car les bêtes de trait étaient attelées seulement à l'extrémité du timon; aussi avaient-elles les inouvements très libres. Ceci s'entend pour les voitures loiirdes, car les citoyens, quand ils ne voulaient pas aller à pied, se servaient de litières. Aux coins des rues, on rencontre des fontaines publiques, décorées de têtes de divinités; de là, le nom des rues: via di Mercurio, via dell'Abbondanza, vicolo del Gallo, etc. Les inscriptions la plus part en lettres rouges, sur les miu-s, à l'extériem* des maisons et des boutiques sont très fréquentes: ce sont des recommandations en faveur de candidats aux charges de duoviri et H'œdilef^; tracés au style, des dates, des souvenirs, des citations de vers célèbres, des petits poèmes, des paroles d'amour, des bons mots, des injures. Le caractère maritime de Pompéi se révèle par le grand nombre de boutiques, reliées même à des maisons de riches propriétaires, de tavernes (cauponœ), de bars (thermopoliu), plusieurs auberges {hospitia: une à l'enseigne de l'éléphant) et des écuries (stabula) spécialement à proximité des portes. Rarement toutefois, les boutiques ont des enseignes; par contre, on voit fréquemment le phallus sculpté, peint ou en mosaïque et dont la fonction est d'éloigner le mauvais œil, un ou deux serpents peinte, considérés comme genii loci. À la période la plas ancienne de l'histoire de la ville, appartiennent les maisons construites avec de gros parallélépipèdes de calcaire, la colonne étrusque (VI« région, 2* îlot), les chapiteaux étrusques (P* région, 5* îlot), le temple dorique (p. 351) du Forum triangulaire et la Porta Stabiana. Les monuments de l'époque Samnit* sont: les autres portées et les murs, les temples de Jupiter et d'Apollon, la Basilique, le portique du Forum, les Thermes Stabiens, le théâtre à ciel ouvert, le portique du Forum triangulaire, la caserne et la palestre des gladiateiu-s. Des premiers t«mps romains, les Thermes du Forum, le Comitium, le théâtre couvert, l'amphithéâtre et le temple de Jupiter Meilichios. Les autres édifices publics sont postérieurs. Seul, le temple dorique est conforme au modèle grec; tous les autres ont été bâtis sur le schéma étrusque.
La maison pompéienne se composait d'un Atrium (cour intérieure) et d'une galerie entourant ce dernier et couverte d'un toit, sous laquelle s'ouvraient, en face de l'entrée, le tablinum, la pièce principale, où se réunissait la famille, où l'on dînait et où l'on recevait les hôtes, et, sur les côtés, les aîœ, les cubicula (chambres à coucher), et les cellœ, pour divers usages. Devant le tablinum, était le cartibulum ou table pour les ustensiles servant pour les repas; à peu de distance, le focus (foyer). Tel est le type de construction paléoitalique, introduit par les Étrusques; mais bientôt les pièces près de la façade, et même souvent sur les flancs, furent transformées en boutiques (tabernœ), ouvertes sur la rue et, à la maison primitive, fut ajouté le Peristylium de la maison hellénique et le tablinum cessa d'être la salle à manger (à cet usage fut destiné le triclinium, c'est-à-dire une des pièces attenantes au péristyle) et devint la salle des archives domestiques. Toutefois, dans beaucoup de maisons de Pompéi, même de l'époque impériale, le type de construction se bornant à l'atrium et au tablinum, fut maintenu. À. l'époque de l'évolution définitive, les parties de la maison se groupent autour de deux espaces quadrilatères, l'atrium et le péristyle, entre lesquels, d'ordinaire, est le tablinum. Tous les deux, par les ouvertures du toit, donnent air et lumière aux divers locaux. Le toit de l'atrium était à 4 pans inclinés vers l'intérieur, de manière à laisser au milieu une ouverture quadrangulaire {compluiiuru). Au milieu du pavé, était un bassin qui y avait été creusé (impluvium) et qui recevait les eairx de pluie descendant des gouttières du compluvium et les conduisait en partie dans la cit-eme (puteus), et, lorsque la citerne était pleine, dans la rue. La forme d'atrium la plus fréquente est la forme tuscanica, au toit soutenu par de fortes poutres placées entre les murs latéraux (mai-
PompH. DE NAPLES R. S; plan, p. 344. 347
sou de l/ucretius Fronto); plus rare est la forme tétrastyle, au toit appuyé siir 4 colonnes aiix angles de l'impluvium (maison du Labyrinthe; des Noces d'argent, etc.); plus rare encore la forme corinthienne aux nombreuses colonnes (maison de Castor et Pollux, d'Épidiiis Rufus); quelquefois, il n'y a pas d'ouverture dans le toit (atrium secondaire O. de la maison du Centenaire^. Presque toutes les maisons avaient un second étage et, rarement, un troisième, plus étroits que le premier et destinés aux esclaves ou aux étrangers, qui les prenaient à louage. Peu de fenêtres ouvertes sur la rue ont été conservées; il y avait aussi quelques petites terrasses suspendues, couvertes ou cenactda (pièces supérieures, au plafond supporté à la partie antérieure par des colonnes). Du tablinum, par un corridor contigu et parallèle, on passait dans le péristyle, qui était un jardin {virldarium) entouré d'un portique à colomies (qui n'était pas toujoius complet sur les 4 côtés), sur lequel s'ouvraient d'autres pièces d'usage domestique, cubicula, triclinia, apothecœ, ou servant pour les réceptions, ceci, exedrœ. Les cubicula se reconnaissent à l'alcôve ou à la place que le lit occupait, et qui est indiquée par un espace légèrement rehaussé sur le pavement ou bien par la mosaïque du pavement ou par la décoration du mur ou encore par une cavité au bas d'ime des parois. Les triclinia se reconnaissent à la grandeur de la pièce, à la mosaïque du pavement et aux cavités pratiquées au bas des mm*s. Le sacrarium domestique, en forme d'édicuJe, est dans l'atriixm ou dans un locol contigu et quelquefois dans le péristyle ou même, s'il est réduit à une simple représentation en peinture, dans la cuisine. Presque toutes les maisons ont une entrée secondaire (posticum) près du péristyle. On montait au 2^ étage, au moyen de petits escaliers intérieurs ou extérieurs. Les boutiques s'ouvraient sur toute la longueur sur la rue et étaient munies d'une porte en bois à plusieurs battants dont un ou deux tournants. Souvent le comptoir, devant l'entrée, est revêtu de marbres. Beaucoup de boutiques ont une arrière-boutique pour l'usage des clients ou un entresol servant d'habitation au patron. Les boutiques nombreuses donnaient de l'animation aux rues et les lampes suspendues aux entrées, concoiu-aient en même temps que celles des autels des lares des carrefours à l'éclairage de la ville, Une des grandes attractions de Pompéi, ce sont les décorations des murailles enduites et peintes à fresque: la paroi est divisée horizontalement en 3 champs: plinthe, partie centrale, frise; les couleurs sont très vives (ce sont le rouge et le jaune qui prédominent); au centre de la paroi, de petits tableaux, groupes volants de figures ou figures isolées. Dans cette décoration, on distingue 4 manières ou périodes: la 1^^ (époque samnite) imite, au moyen du stuc, le revêtement en marbre des maisons grecques et des maisons romaines riches et les figures y manquent; la 2« (I" s. av. J.-C.) imite le revêtement de marbre, au moyen de la peinture et introduit les figures, qui s'alTirment dans le 3« style (l'" moitié du I*^^; s. de l'Empire), le plus beau; dans le 4», les figiu-es continuent, mais avec des ouvTages d'architectiu-e bizarre, des couleiurs moins délicates, des ornements moins finis. - Dans le texte, les chiffres à côté d'im édifice se rapportent au plan, p. 354; le !«'• indique la région, le 2°, Vimida.
Porta Marina. C'est l'entrée pour ceux qui arrivent par les Chemins de Fer de l'État; c'est une porte tournée vers la mer et qui avait deux passages: l'un, chemin muletier très raide et l'autre, chemin plus commode, pour les piétons, tous les deux couverts d'une voûte unique en berceau et munis de portes pour la fermeture.
Le voyageur arrivant de la gare Porapei Scavi sur la ligne Naples- Samo, parcourra directement la strada di Nola jusqu'au temple de la Fortune, où il tournera à s. pour atteindre le Forum et suivre notre itinéraire.
348 li. ô; plan, p. oôÂ. EXVIE,02vS Pompéi.
Sous le passage à dr., est l'entrée du Musée{Pl. reg.VIII), que l'on visitera au retour, si l'on a l'intention de sortir de ce côté.
P« Salle: Reproductions en plâtre de ixjrtes de inaisons; fermetures de boutiques également en plâtre: tronc d'un laurier, échelle, corbeille, pièces d'armoire; pan de maçonnerie avec ime petite fenêtre mimie d'une grille de fer et d'im battant; amas d'étoffes et de cordes. - II« Saile: plâtres (le plâtre a été coulé dans les empreintes creuses laissées par les corps organisés): une jeime femme qui de son manteau fait un bouclier contre la pluie de cendre, un esclavp, un enfant, un cliien abandonné, att^aché à la porte de la maison de Vesonius Primus; la vue de ces victimes présenta à l'imagination le drame du Vésuve dans toute son horreur. De plus, il y a mi modèle en liège d'une ^"illa romaine, des peintures murales, des vases et autres ustensiles domestiques eu bronze, des objets en os, en verre, ustensiles funéraires de tombeaux samnites foiiillés, hors de la Porta Ercolanese (en partie sous la Villa des colonnes décorées de mosaïques), des vases des fabri(iues arétines ou des contrefaçons, des vases de terre cuite, des antétixes, des lampes, d'autres objets en terre cuito, ime tomrtière en bronze, contenant le squelette d'un cochon de lait, des couleurs, des pains et des restes de comestibles. - IIT« Salle: collection De Prisco, contenant des meubles d'ime grande villa rustique située près de Boscoreale, et dont on a fait le modèle. On y voit, entre autres choses, le moulage en plâtra d'un corps humain et celui d'un tronc liumain avec la têt^e: ils montrent que ces malheureux s'étaient couvert la bouche avec un pan d'étoffe.
En gravissant la montée de la via Marina, on trouve, à dr., les restes du Temple de Vénus Pompéienne, protectrice de la ville; cet édifice ayant été détruit en partie par le tremblement de terre de l'an 63, on avait commencé à l'agrandir et à le reconstruire. Au delà, également à dr., la Basilique (PI. reg. VIII, i), affectée à l'administration de la justice et où l'on traitait les afïaires judiciaires. Elle est probablement du IP s., conforme au type hellénistique pur, et divisée en trois nefs par 28 colonnes ioniques en briques, revêtues de stuc; adossées aux murs, s'élèvent des demi-colonnes corinthiennes en tuf du 2^ étage. Au fond de l'édifice (fortement endommagé par le tremblement de terre), siégeaient les juges (duoviri jure dicundo).
En sortant par la porte du X. de la Basilique, on a en face de soi le Temple d'Apollon (PI. reg. VII, vu), construit dans l'époque préromaine et entouré d'un portique, dont les 48 colonnes étaient d'abord ioniques, avec entablement dorique; mais, à la suite du tremblement de terre, les colonnes, au moyen du stuc, furent transformées en corinthiennes et l'entablement prit la forme d'un grand zoophore; le stuc ayant été détruit, la forme originaire a réapparu.
Le PORTIQUE (ou enceinte sacrée) étaitjadis décoré de peintures représentant des scènes de l'Iliade. Sur le premier pilastre de l'aile E., est peint un grand trépied, un des attributs d'Apollon. Au milieu de l'aire découverte, fut placé un grand autel de travertin et, à g. des marches du temple, ime colonne ionique surmontée d'un cadran solaire, faisant allusion à Apollon-Hélios.
Pompéi. DE NALPES R. 5; plan, p. 354. 349
Sur les socles, adossés aux colonnes du portique, sont les copies des statues de divinités qui y étaient autrefois et qui, à présent, sont au Musée de Xaples, p. 306. Sur les deux socles devant les colonnes du portique antérieur, il y a les statues û.' Hermaphrodite et de Vénus; le long des portiques latéraux, sur les socles, devant les 3"' colonnes, il y avait, à dr., la statue (V Apollon saqittaire, à g., celle ^' Artémi^ également sagittaire: plus loin, à dr.. l'hermès de Mercure, à g., celui de Maïa (celle-ci n'a pas été trouvée). - Le vrai temple s'élève sur un haut soubassement accessible seulement par des marches sur la partie antérieure, par lesquelles on monte au pronaos corinthien; celui-ci s'étendait autoiu* de la cella, qui contenait autrefois l'idole, la statue d'Apollon, et le symbole en pierre du dieu: Vomphalos, qui est toujours à sa place. Le pavement de la cella fut exécuté sur l'ordre du ((uesteur Oppius Campanius, comme le dit l'inscription osque sur le pavé. Près de la sortie secondaire est la chambre du prêtre^
La via Marina finit au *Foruni (PL reg. VII, viii), centre de la vie de la ville, entouré des édifices publics les plus importants.
Jusqu'au IP s. av. J.-C, la via Marina se prolongeant par la via dell'Abbondanza, formait la limite S.-E. de la place; celle-ci fut agrandie à l'épo(iue de la construction de la Basilique. C'est alors que l'on arrangea le Forum, en le dotant d'un portiijue sur les côtés les plus longs et du côté S.-E. Ce portique soutenait une galerie, où 1' on parvenait au moyen de jietits escaliers, dont il reste des traces. Elle avait pour but d'offrir aux spectaf/iurs une place commode pour assister aux fêtes et aux jeux qui y avaient lieu, avant la construction de l'Amphithéâtre. À l'époque impériale, on commença à remplacer le premier portique en tuf par un portique en travertin mais les travaux furent interrompus par les tremblements de terre. - La place, l)ornée par le portitiue, mesure 157 m. de long sur 33 de large; les passages <iui y donnaient accès étaient barrés aux voitures. Il y avait des statues de fonctionnaires et de hautes personnalités sur piédestaux; de ces derniers, il en reste 22, dont 5 avec lem's inscriptions.
Le côté O. est formé par la Basilique et par le temple d'Apollon, déjà décrits. Au N" 31, dans une niche, se trouve « une tabula ponderaria » de travertin, avec les modèles des mesures de capacité. Ensuite, on voit l'entrée d'une cour intérieure, puis, au N» 29, un portique qui servait peut-être de marché aux légumes; au N^ 28, des latrines publiques et au N° 27, un édifice, dont la destination est incertaine.
Sur le côté N.-O., se trouve le Temple de Jupiter (PI. VII, VIII), peut-être appelé aussi Capitolium. Un escalier de 15 marches (jadis flanqué de statues équestres), interrompu par une plateforme, où s'élevait un autel, monte au pronaos corinthien.
On entre dans la cella, à colonnes ionifiues, (jui avait im pavement en dalles de marbre et, tout autour, en mosaïque. Les ouvertures du pavement de la cella et du pronaos éclairent les locaux placés au-dessous (œrarium ou dépôt des ustensiles sacrés), où l'on accède du Forum. Le grand socle adossé au mur du fond, et sur lequel on parvenait par un petit escalier, devait servir de support à des idoles de Jupiter, de Junon et de Minerve. Comme le temple s'était écroulé par suite du tremblement de terre, le culte de ces divinités avait lieu dans le petit temple de Jupiter Meilichios, p. 352. - Du pronaos, belle vue sur le petit golfe de Baies et sur Capri, au loin, sur les monts Lattari, les monts Irpini et le Vésuve. - À dr. et à g. du grand escalier, il y avait deux arcs de triomphe; celui de dr.
350 R. ô; plan, p. 354. ENVIROJN'S Pompéi.
fut démoli par les anciens potir dégager la vue de l'arc élevé plus en arrière; au-dessus de celui-ci, il y avait la statue équestre de Tibère et dans les niches, celles de Xéron et de Driisits.
Sur le côté E., de g. à dr., sont le Macellum, le Sacrariuin des Lares, ie Temple de Vespasien, l'Édifice d'Eumachie et le Comitium.
Le Macellum élait le marché aux comestibles; il était précédé d"un élégant portique, sous lequel s'ouvraient les boutiques des argentarii (changeurs). Aux colonnes de marbre du portique et aux pilastres séparant les boutiques, sont adossés des socles pour statues.
À l'iut., il y avait un portiçtue qui a été ruiné par le tremblement de terre et dont la décoration était spleudide (sur ce qu'il en reste, lo gardée par Argus; Ulysse et Pénélope; dans la frise: poissons, volatiles, amphores à vin, etc.). Sur le côté S., boutiques avec entresols; au milieu de l'espace découvert, il y avait vme coupole soutenue par 12 colonnes dont il reste les socles: elle devait protéger un vivier de poissons. Sur le côté postérieur, 3 locaux: celui du milieu renfermait des statues de la famille impériale; celui de dr. servait pour la vente du poisson; celui de g. pour la vente de la viande.
N° 3, Sacrarium des Lares, jadis appelé Curia, précédé d'une colonnade de marbre et autrefois revêtu de dalles de marbre. Dans l'abside, au fond, il y avait une niche avec une base pour soutenir plusieurs statues: tout autour, aux murs. 8 niches pour un nombre égal de statues: celles-ci étaient probablement les Lares publici, les dieux tutélaires de la cité. Sur le devant, le buste de Giiiseppe Fiorelli (mort en 1896), jadis directeur des fouilles de Pompéi.
No 2, Temple de Vespasien (PL reg. VII, ix), postérieur à l'an 63 et inachevé. Sur le devant, il avait un portique supporté par des colonnes; au milieu de l'aire découverte, il y a un autel en marbre, avec des bas-reliefs: sacrifice d'un taureau, ustensiles servant au sacrifice, couronne civique entre deux plantes de laurier (emblème de la maison impériale).
N» 1, Édifiée trEumacliie (PI. reg. VII), construction spleudide élevée par la prêtresse Eumachie en son propre nom et au nom de son fils, ISI. Numistrius Fronto et dédiée à la Concordia Augasta et à la Pietas. Elle fut occupée par les fullones, c'està-dire par les blanchisseurs et fabricants de drap de laine et elle leur aura servi probablement de magasin de vente.
Cet édifice se compose: a) d'un vestibule (chaîcidicum) avec un portique à deux rangées de colonnes, aux extrémitéa duquel il y a 4 niches pour les statues d'Énée et de Romulus, de J. Cé^ar et d'Auguste, et dont on n'a trouvé que deux inscriptions: les elogia d'Énée et celle de Romulus (cette dernière a été remplacée par ime copie); b) d'vm corridor couvert (crypta), toiirnaut sur trois côtés; c) du posticus, cour intérieiu-e, avec portiques à deux rangées de colonnes, sup^posées, sans sol intermédiaire. Dans le nmr du foucl de la crypt«, une copie de la statue d'Eumacîiif, érigée par les fullones et transportée au Musée de Naples, p. 300.
Pompéi. DÉINAPLES lî. -5; p!a», p. Sol. 351
Au delà de la strada dell'Abbondanza, le Comitium, rU fecté à la votation pour rélecUon des magistrats.
Sur le côté S., trois grandes salles, affectées vraisemblablement à l'administration de la ville: celle du milieu, pour l'ordo decurionum (conseil municipal), les salles latérales pour les bureaux des diioviri et des œdiles.
On descend la via deW Abbondanza (ainsi appelée par suite d'une fausse explication concernant le buste placé sur le cippe de la fontaine, près de l'entrée secondaire de l'édifice d'Eumachie; ce buste n'est pas celui de V Abundantia, mais celui de la Concordia Augusta). En tournant par la 3« rue à dr., on va au Foro triangolare (Forum triangulaire). Un beau vestibule ionique (N» 30) conduit à deux portes donnant accès sur la place, qui est entourée d'un portique dorique, sauf du côté du S. - Sur le côté N. de la place, est la base de la statue de 'SI. Claudius Marcellus; sur le côté S., sont les restes d'un Temple dorique du VI« s., heptastyle (à 7 colonnes sur le front) et pseudodiptère (avec un portique de 11 colonnes sur les côtés longs), de ?>1 m. de long, sur 20 m. 50 de large.
Outre le soubassement, il reste quelques chapiteaux et des fraiïments de colonnes et des murs de la ceJIa. Il paraît qu'il était dédié ù Apollon et à Artérais, et au IP s. av. J.-C, il était dc'jà détruit et devenu rme carrière de pierre et un lieu de décharge publie; mais vers la fin du même siècle, on arrangea cett« partie de la place, et l'on y construisit un sacrariuni dédié à Athéna et, pr;"'3 du coin postérieur g. du temple, on plaça un siège demi-circulaire, sur le dossier duquel on a retrouvé un cadran solaire. En face des marches donnant accès au pronaos, il y a une encoint<^ dont la destination est Inconnue; à g., 3 autels et, plus en arrière, une citerne, jadis protégée par une coupole soutenue par 8 colonnes doriques.
Contiguë au Forum, à g. (N» 29) se trouvait la Palestre, où les jeunes gens ".'exerçaient à la lutte; au S., est un grand réservoir dont l'eau servait aux théâtres. Pompéi a deux théâtres, l'un, grand et à ciel ouvert, et l'autre petit et couvert.
Le *Teati'o seoperlo (théâtre découvert; PI. reg. VIII) qui pouvait contenir 5000 spectateurs, est probablement du V* s. Hùti sur le modèle des théâtres helléniques et spécialement de celui d'Antioche, il fut pourvu de bassins, installés dans r orchestre et communiquant avec le réservoir dont il vient d'être fait mention; ce qui en faisait en même temps un théâtre et un nympiiée. Au temps d'Auguste, il fut refait à neuf, aux frais de JNI. Holconius Rufus et de M. Holconius Celer, par l'architecte M. Artorius.
La cavea est divisée par deux etweintes en trois parties: la ^umnia cavea, placée au-dessus d'un corridor et accessible par plusieurs escaliers; la média cavea, qui a 15 gradin? et est divisée en 5 secteurs et qui est accessible du corridor et Vima cavea, accessible de l'orchestre seulement.