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J2 12. ô; iduii, p. 304. ENVIRONS Pompéi

L'ima cavea a 4 gradins bas et larges, sur lesquels étaient placées les chaises (bisellia) des conseillei"s municipaux {decarione-s). Lors de la transformation subie par le théâtre, l'orchestre même fut occuijé par les spectatem's et précisément par la classe la plus distinguée de la colonie. Les gros anneaux de pierre que l'on voit tout autour en haut, servaient à maintenir les poieaux auxquels était attaché le velarium pour protéger les spectateurs du soleil. Toute la partie supérieure qui surpasse le Forum triangulaire est un travail de restauration moderne. Au-dessus des entrées de l'orchestre, sont les petites loges (trihunalia) qui étaient réservées, l'une au président du spectacle et l'autre, peut-être, aux prêtresses. La scène {pulpitum) avait un plancher et l'on y accédait de l'orchestre, par de petits escaliei-s. Entre la scène et le plancher il y a un intervalle pour le rideau riui, au commencement du spectacle, s'abaissait et, à la fin, se levait au moyen d'un mécanisme qu'on n'a pas encore expliqué. Le mur, au fond de la scène, représentait la façade d'un palais {scœna) avec 3 portes, fond ordinane du théâtre antique, et, pendant le spectacle, il avait une décoration mobile {scœna durtillis). Derrière, il y a im local où les acteurs s'habillaient.

Le 'Teatro eoperto (théâtre couvert; PI. reg. VIII), qui pouvait contenir 1500 spectateurs et fut construit peu de temps après l'an 80 av. J.-C, par les duoviri Gains Qiiintius Valgus et Marcus Porcins. Il servait pour les concerts (odeion) et avait une couverture de forme probablement pyramidale.

La cavea a une prsecinctio: la partie inférieure est formée de 4 larges gradins; la partie supérieiu-e de 17, divisés en 5 sectemrs. Le pavement de marbre fut exécuté sur l'ordre du diuimvir M. Ocul^tius Verus.

Tout près du Grand Théâtre, est la Caserma dci gladiatori (Caserne des gladiateurs), entourée d'un portique de 74 colonnes, avec deux rangées de cellules des gladiateurs; la rangée supérieure est accessible par des rampes en bois et un passage suspendu, qui a été reconstruit en partie. C'est là que furent trouvés les belles armes des gladiateurs du Musée de Naples, p. olO, des ceps et 63 squelettes. La palestre de cet édifice, les allées et les portiques du Forum triangulaire et l'autre palestre déjà décrite forment le gymiuisium.

Traversant le Petit Théâtre, on se trouve, en sortant, dans la via Stabiana, où, à dr., au fond, est l'antique porta Stabiana. - Prenant à g., à une petite distance, au carrefour à g., on voit le Temple de Zens Meilichios (Jupiter le doux), le plus petit temple de Pompéi, des premiers temps de la colonie romaine. Il avait un pronaos tétrastyle; devant les marches, on voit encore un grand autel.

L'i cella avait im petit portique à 2 colonnes et derrière étaient les statues en t-erre culte de Jupiter, Junon et Minerve, qui sont à présent au Musée de Naples. C'est par eirem- q\ie ce temple a été appelé temple d'Esculape.

Tourner à g.; au N'^ 28, est le Tenipio di Iside (temple d'Isis), reconstruit depuis les fondations, après le tremblement de terre, par Numerius Popidius Celsinus.

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Conformément, au caractère mystérieux du culte isiaque, le temple présente une forme étrange, avec son entrée latérale déjà munie d'une porte h trois battants. L'enceinte sacrée était entourée d'un portique à colonnes, dont l'aile antérieiu:e a l'entre-colonnement du milieu plus large que les autres et consistant en 2 pilastres avec demi-colonnes. En face de celui-ci, au fond d'une niche était peinte une idole représentant Arpocrate; elle est aujourd'hui au Musée de Naples. Entre les colonnes du portique, sont des autel?. Dans la partie découvert*, il y a un petit édifice, d'où l'on descend à un réservoir souterrain destiné à contenir l'eau sacrée. Sur l'autel principal, on a trouvé de i)etits os crémés des victimes. - Sous terre, coule le conal dû à l'architecte Fontana. Par 7 degrés, on monte au pronaos, dont le plafond est sout<;nu par 6 colonnes corinthiennes. À dr. et à g. de l'entrée de la cella, il y a une niche pour une idole et, devant celle de g., un autel. Derrière l'avant-corps g., il y a un petit escalier par où les prêtres entraient dans la cella.

Après avoir repris la strada Stabiana, à dr., au N° 5, on voit la grande Casa del Citarista (maison du cithariste; PI. reg. I, iv), ou maison de Popidius Secundus Augustianus, avec 2 atria et 3 péristyles. C'est là que fut trouvée la statue d'Apollon citharède, p. 305.

On arrive au carrefour avec la strada dell'Abbondanza; prendre à dr.; à g., N° 20, la Maison de Cuspias Pansa ou des Diadufneni; puis, X^ 22, la Maison d' Épidiiis Sabinus.

À partir d'ici, dans la direction de l'E. vers la Porta Urbiilana (qui n'a pas encore été mise à jour), s' étendent les *\ouvelles Fouilles, exécutées pendant les 10 dernières années sous la direction de M. le Prof. Spinazzola.

Le but principal de ces fouilles a été de décou\Tir la rue, en recomposant à sa place tout reste de toits ou de balcons en saillie sur la rue, en restaurant fenêtres, loges, portes, etc. Çà et là on a toutefois poussé les recherches en profondeur, jusqu'à remettre à jour des édifices entiers. La particularité de ces noxivelles fouilles, c'est qu'on a laissé ou reconstitué à leur place les objets d'usage domestique, fresques, mosaïques, statues, stucs, etc. Des murs qui s'étaient écroulés, ont été relevés à leur place et revêtus de leur^ crépis peints originaires; des plafonds peints en stuc ont été recomposés; dans quelques jardins on a replanté, en ayant recours à la flore classique; on a fourni d'eau des fontaines publiques et privées, ces dernières parfois à jets multiples. C'est ici spécialement que l'on peut observer des inscriptions nmrales, des griffonnages relatifs à des spectacles, aux élections, etc. Le soin extrême des détails et la méthode rigoureuse qu'on a suivie dans ces travaux de fo\iilles et de reconstruction ont recréé un milieu où l'illusion est presque parfaite; le visiteur n'aura pas de peine ;i se mettre en contact étroit avec le monde classique et avec la vie que l'on vivait dans la petite ville campanienne.

Pour visiter les nouvelles fouilles, il faut une autorisation, qu'on obtient au Musée National à Naples. Elles seront toutefois ouvertes au public sous peu (1924). En raison de l'intérêt que présente cette partie de la ville, découverte récemment, on en trouvera ici une description plus détaillée.

1" Couple d'îlots: au N. Au N° 9, dont la porte, ornée de clous à grosses tètes en bronze, était grande ouverte au moment de la catastrophe (on en a exécuté l'empreinte en plâtre) habitait un Montanus, chez qui se réu-

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Hissaient des amis, pour jouer aux échecs (latrunculari), comme Tindique le programme électoral qui est à g. de l'entrée. Très intéressante aussi l'empreinte en plâtre de la porte de la boutique, à g. au N° 10, complètement fermée. Aux X°s 5-7, précédée d'un auvent en saillie, la façade des ^ateliers de Verecundus, où se fabriquaient des étoffes et des vêtements de laine, ainsi que des objets de feutre (coactilia). Des quatre peintures qui flanc[uent l'entrée principale, au N" 7, deux représentent les Divinités protectrices de l'atelier, Mercure et Vénus Pompéienne, en quadrige traîné par des éléphants; les deux autres représentent les ateliers mêmes des coac/z7/arz, en pleine activité (à dr.) et le magasin de vente des produits de la fabrique (à g.). À l'entrée est également l'empreinte en plâtre de la porte, avec l'appareil entier, en fer, qui servait à fermer la porte. *Au X° 2, que précède un autre auvent et que surmonte une loggia, soutenue par des pilastres, s'ouvrent les ateliers des infectGres, teinturiers; à dr. du seuil, en effet, une des chaudières pour la teinture des étoffes, en saillie surjun fourneau (orné de symboles phalliques). Au N° 1, au-dessus duquel est un grand balcon pour l'étendage, était une autre fabrique, dont la façade était ornée de 4 bustes magnifiques et colossaux d'Apollon, Mercure, Jupiter et Diane, ainsi que d'une Vénus Pompéienne debout et d'une Vénus Pompéienne portée en procession par les rues de la ville. Il y avait avant, au mur de dr., un petit buste de Bacchus barbu. Un programme électoral nous dit que c'étaient là aussi des ateliers de coactiliari.

Au Sud: Cet îlot a été presque entièrement découvert par les fouilles, et comprend des édifiées très intéressants. Au X° 7, est la *Fulloniea Stephani (PI. reg. I, ^^), une des plus spacieuses et des plus complètes de Pompéi: la porte était fermée au moment de l'éruption, mais on avait laissé ouvert, comme le montre l'appareil de fermeture en fer retrouvé à sa propre place - seulement la partie de droite, correspondant au battant qui tournait sur le pivot. C'est là que l'on apportait des étoÛ'es et des vêtements de toute sorte, pour les faire laver (dans le bassin de limpluvium et dans les trois bassins, au fond de l'édifice), détacher (dans les cinq saltus fullonici alignés à côté des deux derniers bassins), blanchir (aux vapeurs de soufre), sécher (sur les vastes terrasses de l'étage), plisser sous la presse ou pressorium (en entrant, contre le mur de g.). Au N» 4, s'ouvre une maison, dont on était en train de renouveler les décorations, pendant les derniers jours de Pompéi: ce qui le prouve, ce sont les matériaux abondants, devant servir pour la préparation des stucs, déposés

CASA DEL FAUNO

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Pampéi. DE NAPLES R. é; plan, ci-cmtre. g55

dans le péristyle et dans le triclinium, les plinthes non encore crépies, dans les pièces à côté de l'entrée, et la seule frise finie, dans la pièce à l'angle S.-E. de l'atrium.

I^ décoration du *cablnet (peut-être un Laraire), à dr. du tablinum, est merveilleuse: sous une petite voûte recomposée avec des centaines de menus fragments, on voit des scènes du dernier chant de l'Diade, dans une zone de stuc blanc en relief sur fond bleu. Dans le fond: Hector, entraîné par une Furie, salue se.i familiers que l'on voit en haut d'une porte de Troie; il combat contre Achille et, vaincu et tué, il est traîné par le ehar du vainqueur; sur les côtés: Priam charge les dons sur le char et, conduit par Hermès, il les offre à Achille pour le rachat du corps d'Hector. Du côté du S., outre un cubiculum à fond rouge de II* style, il y a un grand salon, au *pavement magnifique en mosaïque, dont les murs présentent quelques traces d'ime grande fresque. Au N" 3, la boutique du forgeron Verus, qui était aussi arpenteur. Les objets exposés (entre autres, la lampe phallique en bronze qui éclairait le comptoir) ne sont qu'une petite partie de ceux qu'on a trouvés; c'étaient povu: la plupart des objets en réparation. C'est ici qu'on a trouvé entre autres instruments techniques, les restes très précieux en fer et en bronze, avec lesquels on a pu reconstituer la groma (équerre dar pente ur des Romains).

En traversant la maison N" 2, on descend dans le *Poftique Souterrain (cryptoporticiis), à la voûte en berceau, que décorent de magnifiques stucs blancs. Les parois, du 2« style, sont partagées en des sections verticales par des hermès de femmes et phalliques. Plus de cinquante tableaux, représentant des épisodes de la guerre de Troie (tirés non seulement de l'Iliade, mais aussi de l'iEthiopis et peut-être d'autres poèmes cycliques) décoraient la frise; seulement une vingtaine nous sont parvenus, les uns entiers, les autres mutilés. Le cryptoportique avait été réduit à servir de cave (cella Dinaria); la partie conservée n'est qu'une aile, les autres ailes ayant été enterrées pour élargir le jardin. Dans une vitrine, les moules en plâtre de plusieurs habitants de cette maison; pendant l'éruption ils s'étaient réfugiés sous le portique: lorsque la pluie de lapilli eut cessé, à l'aide d'une échelle, ils montèrent dans le jardin pour tenter de fuir, mais la pluie de cendre survenue les y étouffa, serrés l'un contre l'autre. Ajoutés à l'aile E., des locaux très bien conservés; entre autres, il y a un merveilleux triclinium, dont la voûte, «ux magnifiques stucs blancs, reposait sur des cariatides peintes de rouge antique. Dans la frise, des restes d'une série de tableaux représentant des scènes héroïques, et mythiques, alternant avec des scènes de banquets. Par la porte dans l'angle S.-O. du portique on sort dans le vicolo Méridionale, où est la maison de L. Ceius Secundus, à la belle façade à bossages blancs, protégée par le toit primitif en saillie. À noter dans le vestibule, le moule en plâtre de la porte et le plafond recomposé avec les fragments. Après avoir franchi

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l'atrium tétrastyle, admirablement conservé (plâtre d'une armoire en bois), on parvient à un pseudopéristyle, dont les parois sont peintes de scènes de chasse (venationes) aux fauves et de paysages sur le Nil animés par des Pygmées.

2* Couple d'îlots. Le compitum (carrefour) au N. était consacré aux 12 Dieux Consentes, dont les images sont alignées dans un tabernacle peint sur le mur. Au N» 2, une caupona (taverne), avec pièces au rez-de-chaussée et à l'étage, dans laquelle, outre des mets et des boissons, étaient offertes les grâces de complaisantes puellœ, telles qu'Asellina, Smyrna, Maria et .Egle. L'enseigne, que l'on observe à dr. du N° 4, représente de grandes urnes à vin, l'entonnoir et une série de bocaux. À Tint, on a remis à leur place un grand nombre d'objets trouvés, parmi lesquels la lampe phallique, qui le soir éclairait la pièce. - Au N° 1, au S., on est en train de découvrir la magnifique maison de P. Paquius Proculus, remarquable surtout par les mosaïques figurées ornant le vestibule, l'atrium, le tablinum et un salon sur le péristyle, mais aussi pour les travaux de restauration du 1" étage derrière le tablinum. Dans une exèdre du côté X. du péristyle, les squelettes des habitants de la maison. À partir de ce point, on voit, en saillie sur la rue, toute une série de restes de balcons, reconstitués avec soin.

3^ Couple d'îlots. Aux X"^ 2 et 4, au X., des fabriques, pas encore complètement découvertes, avec deux grandes terrasses à colonnes. Au X'o 6, l'usine de Crescens: la figure d'Hermès-Priapos est peinte à dr. de l'entrée. Au X" 7, une caupona avec un l^' étage pourvu d'un large balcon, dont on a conservé même le charbon de la poutre qui le soutenait, puis la peinture sacrée du compitum suivant, consacré au Genius Familiaris. Au S., il n'y a d'entièrement découvert que la boutique du marchand de fruits (pomarius) Félix: avec le comptoir de vente orné de beaux motifs bachiques et renfermant une grande urne en terre cuite, il y avait des rayons de bois, qui contenaient les marchandises.

4* Couple d'îlots. Au X., il n'y a que les façades des maisons de C. Iulius Polijbius et de Fabius Ululitremulus: la première, aux X°s 1-3, du 1" style, tout ornée de bossages imitant le marbre blanc, avec des entablements sculptés sur les entrées latérales, est fort belle; la seconde est remarquable par son échiquier polychrome extérieur, genre de décoration qui se retrouve encore aujourd'hui dans les cabarets de campagne de la région. À côté de l'entrée X° 5, deux peintures; à dr., Énée, Anchise etAscagne;àg.,Romulus chargé des dépouilles du roi Acron. Au S., X» 1, moule en ci-

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meiiL de la porte fermée; dans le vestibule, des fresques représentant les Dieux protecteurs de la maison: à dr., Vénus Pompéienne (?), Minerve et Jiinon; à g., Bacchus (?), Hercule et Mercure.

5* Couple d'îlots. Au N., rien de remarquable. Au S., dans la ruelle, l'autel public du serpent agathodœmon. Au N" 1, le comptoir, recouvert de précieux carreaux polychromes de marbre, d'un therniopolium (bar), à la petite salle duquel on accédait de l'atrium, qui n'est pas encore découvert. Intéressante aussi, la petite niche des Pénates audessus de l'architrave. Un auvent a été recomposé sur les pièces N"s 2 et 3. L'îlot finit avec un autre autel de carrefour.

6« Couple d'îlots. Au N., N° 1, sans boutiques sur le front, s'ouvre la maison de A. Trebius Valens, sur la façade de laquelle, trois annonces de spectacles à donner dans l'Amphithéâtre, parmi de nombreux programmes électoraux, où A. Trebius Valens recommande les différents candidats. À noter dans cette maison: un salon à fond noir à l'angle S.-E. de l'atrium; un cubiculum du 2^ style à g. de l'atrium; le lablinum, dont le mur O. a été reconstruit avec les fragments, et avec la belle frise du mur N.; le calidarium derrière Ja cuisine (prœfurnium), à dr. du tablinum; et dans le péristyle, le portique oriental recomposé; le jardin replanté; les douze jets d'eau, que l'eau a ranimés de nouveau; le triclinium d'été au fond du jardin. Sous le portique maintenant reconstruit on a retrouvé les squelettes des habitants de la maison. Au S., au-dessus des N"^ 1 et 2, une loggia à 4 ouvertures; au-dessus du mur entre les N"^ 2 et 3, un beau balcon; au-dessus des autres entrées N'"^ 3 et 5, grand auvent, muni d'une lucarne. Au N° 3, une caupona avec le comptoir de vente entièrement peint; au N^ 4, une table en terre cuite, œuvre du potier Corinthus.

7* Couple d'îlots. Au N., derrière le seuil de la boutique N° 5, on a retrouvé beaucoup de restes carbonisés de nattes (tegetes), aujourd'hui déposés dans la pièce d'à côté, N» 6, Ici c'est un édifice public, siège du Collegium Juventutis Pompeianœ, c'est-à-dire des Juvenes Venerii (ils étaient sous la protection de Vénus) Pompeiani, société de gymnastique et de sports de l'aristocratie de la colonie.

La destination du lieu a décidé d'une manière spéciale des motifs décoratifs; à l'extérieur, deux trophées d'armes; sur les jambages du seuil deux phœnix (dattiers), dont les palmes constituaient le prix ambitionné dans les gymnases. À Tint., les dix génies féminins, en train de voler, ayant chacun une arme différente et le bouclier. Les peintures des parois de cette pièce, comme d'ailleuTB les meilleurcB peintures dos autres maisons, sont séparées du sol et protégées ijar conséquent de l'humidité, giâce à l'insertion de feuilles de plomb faite à fleur de terre. Moule partiel en plâtre sur

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la i>aroi E., d'une des armoires qui contenaient les agrès du g>'mnase et des armes d'escrime. La fermeture moderne de cet armamentarium a été faile d'après le moule exécuté à l'entrée et que l'on conserve ici.

Au S., rien de notable.

8» Couple d'îlots. Au N., à la 2« entrée dans la ruelle, est la maison, petite mais jolie, de Pinarius Cerialis; elle est sans atrium.

On y admire le jardin replanté, et les splendides décorations d'un petit salon sur le côt^ sept^entrional, où se répète la scène connue d'Iphigénie en Tamide. Le reste de l'îlot, semble-t-il, constituait une seule propriété, habitée par des Épidii et par des Arrii. Aut-our de l'atrium N" 2, deux plafonds reconstruits méritent d'être notés, l'un jaune sur un cubiculum, l'autre noir, avec un grand caisson au milieu, sur le triclinium, ainsi tiue le jardin replanté. De là, part un esciilier en bois - reconstruction d' un antique escalier identique - qui donne accès dans plusieui-3 pièces, dont les restes ont été diligemment récupérés, à l'étage. Là, des vestiges de décorations ont été remis sur les raurs et aux plafonds; une petite loge qui donne sm: le jardin intérieur a été retrouvée dans un état d'intégrité parfaite; à l'angle extrême, au S.-E., une fenêtre, dont l'accoudoir est parfaitement conservé, est très intéressant-e. Après avoir descendu Tescalier, sans retourner cLans la rue, on passe à dr., dans la maison X° 3, en longeant une pièce à fond noir, animé par des figures volantes de femmes, à g., et en laissant à dr. une petite cour devant servir de jardinet. Au-dessous de la petite loge déjà visitée, eu contact immédiat avec le jardin, im triclinium d'été en maçonnerie, avec la table habituelle dans le milieu. Sur les fonds noirs des trois parois, on lit, tracés au pinceau, à la couleiu- blanche, trois préceptes de vie honnête et joj'euse: le 1*^- conseille d'évit-cr les litiges; le 2« répète le nemième commandement du décalogue; le 3« souhaite la possession du nécessaùv, sans aucun luxe inutile. Le tas de chaux \ive, déposé à l'entrée N° 3, servait aux travaux de restauration qui se faisaient dans c^tte maison pendant les derniers jours de Pompéi.

Au S. au N'' 1, est la caapoiia d'Hermès, avec le comptoir habituel de vente et la reconstitution du balcon situé au premier étage. Au bout de l'îlot, sont les jambages, le seuil et l'architrave d'une porte qui fermait la ruelle comme une voie privée. À g., château d'eau privé, le seul pour le moment qui, à Pompéi, soit pourvu du réservoir en plomb, du fond duquel partaient les tuyaux conduisant l'eau chez les propriétaires voisins, membres du consortium.

9^ Couple d'îlots: au X., dans la ruelle, à dr. comme à g., les murs extérieurs portent en grosses lettres blanches des avis donnés par les propriétaires des immeubles à ceux qui oseraient salir les murs et les trottoirs: on y invoque contre eux les foudres de Jupiter. On voit au comm.encement de cet îlot, deux balcons très grands, déjà reconstruits, avec un auvent au milieu. Sous le balcon à dr., on a laissé entière la couche de lapilli, pour montrer comment la restauration des constructions en saillie sur la rue, que l'on trouve écroulées presque à leur place originaire, est exécutée, quand le pic et la pioche travaillent dans les couches élevées.

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En face, au S. au N» 2, entre deux tavernes, l'entrée de la ♦maison de Loreius Tiburtinus, une de celles qui donnent le plus immédiatement l'illusion parfaite de la vie des Pompéiens, Un charme particulier lui vient aussi du beau jardin, qui renaît après 2000 ans.

Dans l'atrium, le jet d'eau rétabli dans l'impluvium. Dana un cubiculum de l'aile O. du bâtiment, parmi d'autres peintures d'un moindre intérêt, l'enlèvement d'Europe, et un suave portrait de jeune fiUe dans un médaillon. Dans le côté dr. du péristyle un très joli petit salon, où l'on voit, reconstitués avec les fragments peints, le plafond à caissons et une paroi; à g., im autre salon, orné de deux zones superposées; dans la première, i\ fond noir, est résumée V Iliade en une douzaine de tableaux; dans la seconde, les travaux d'Hercule, tirés d'une Hérakléide. Le péristyle est limité vers le jardin par le bras septentrional de Veuripus (ensemble de longs bassins commmncants) dont un bras traverse le jardin. Aux extrémités du bras N. de l'eiuripus, à l'O., Diane et Actéon; à l'E., la cascade, d'où jaillissait l'eau, entre deux peintures, Narcisse, et Pyrame et Thisbé. Au-dessous un hidinium, dont la table semblait surgir de l'eau; siu- le lit dr. du biclinium, l'artiste Lucius, qui exécuta les peintures environnantes, laissa sa signature. Sur le nmr septentrional il reste, dans un mauvais état de conservation, les peintures suivantes: Orphée charmant les bêtes féroces; Vénus naviguant dans un coquillaoe; bêtes féroces en liberté, se poursuivant. Une fois rempli d'eau, le bras septentrional de l'eiu-ipus, grâce à des conduits passant au-dessous du petit temple tétrastyle central (qui contenait peut-être autrefois une statue qui, elle aussi, fournissait de l'eau), ■un autre bras se remplissait, celui qui, du N. au S., traverse tout le jardin qui est fort grand. Sous le petit temple tétrastyle, on admire encore^ le groupe représentant Diane et Actéon, et les sculptures orneinentales d'où jaillissait l'eau, pour former ime seconde cascade. Des sculptures décoratives et des statuettes de marbre onient le bras N. de l'euripus et le petit portique, comme le bras qui est dans la direction du S., mais d'autres statues ne nous sont point parvenues. Tout autour, dans le grand jardin, où l'on voit encore clairement comment l'eau s'acheminait, dans un but d'irrigation, on a pris de très nombreuses empreintes en plâtre, de racines d'arbrisseaux, de plantes ornementales et même de gros arbres. L'euripus finit au S. par la sortie secondaire de la maison, dans la ruelle méridionale.

Au N" 4, se trouve une maison qui n'a pas de grandes proportions, sur l'entrée de laquelle est l'emblème impérial, en stuc, en relief et peint, ime couronne civique entre deux lauriers.

On revient sur ses pas, par la via dell'Abbondanza, au carrefour de celle-ci avec la strada Stabiana; à g., la Maison de Cornélius Rufus; à dr., les Ternie Stabianc, les iilus grands et les mieux conservés de la ville. Us sont de l'époque des Samnites, mais ils ont été agrandis dans les premiers temps qui suivirent l'établissement de la colonie, puis à l'époque de l'Empire.

On entre dans une palestre ceinte d'un portique, dont on voit, à g., les restes de la belle décoration en stuc. Le long de ce côté s'étend un promenoir vomi le jeu de boules en pierre et le bassin de natation, avec les locaux annexes. En face, un local pour les joueurs de boules, les latrines et des bains particuliers. À dr.. Bains des hommes: cabine (apodyterium), composée de deux pièces couvertes d'une voûte décoré*; de stuas et où l'on voit de petites niches pour y mettre les vêtements; le bain froid, rond

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(frigidarium), la salle tiède (f«pi(fariwm) avec une baignoire et, par derrière, le bain chaud (caîdarium), avec sa baignoire et le bassin pour se laver. Sous le t«pidariuni et le caîdarium circulait l'air chaud. Les Bains des FEMMES sont contigus: on traverse un passage jadis en maçonnerie, on entre dans la cabine à deux entrées, qui renferme les niches que l'on y trouve habituellement, ainsi qu'une baignoire pour bain froid, puis on passe dans le t'Cpidarium et dans le caîdarium à parois et pavement creux pour le passage de la vapeur chaude. Entre le caîdarium des hommes et celui des femmes, sont les appareils de chauffage (prœfurnium), où l'on reconnaît le four et la place pour 3 chaudières cylindriques.

Plus avant à g., la Maison d'Holconiiis, avec un beau péristyle. Tourner à dr. dans le vico del Lupanare, où est àdr.. au X° 47, la Maison de Siricus (fermée; PI. reg. VII, i).

En entrant, on lit sur le pavement une formule de salutation adressée au gain: Salve lucru{m). Beau triclinium avec iDeintiures: Neptune et Apollon assistent à la construction des murs de Troie; Hercule et Omphale; Thétis chez Vulcain. - En face de l'entrée de cette maison, une i)einture sacrée contre ceux qui eiLssent osé salir le trottoir, les deux grands serpents, (agathodcemones) avec cett^ inscription qui s'est presque effacée: ' Otiosis locus hic non est, discede morator ».

Plus avant, à g., le Lupanar Africani et Victor is avec un étage muni d'un balcon, et, au rez-de-chaussée, des peintures obscènes et des inscriptions au style, qui ne permettent pas de doute au sujet de la destination de la maison. En facej VAlbergo di Sittio, à l'enseigne de l'éléphant, aujourd'hui détruite. On toui'ne pour s'engager dans la rue à dr., où est la boutique d'un cordonnier et, vis-à-vis, dans une direction oblique, la Maison de l'Ours, qui tire son nom de la mosaïque du pavé de l'entrée.

On en sort pour entrer, vers l'E,, dans la strada Stabiana et l'on tourne à g.; à dr., N» 12, un moulin reconstruit, avec un four (pistrinum); puis du même côté, X^ 5, la Maison de Marcus Lueretius (PI. reg. IX, m) prêtre de Mars et décurion de Pompéi.

Dans l'atrium, à dr., l'édicule des dieux protecteurs de la maison; en face, le tablinum et, par derrière, un joli jardinet, avec une petit* fontaine et des figiires de marbre parmi les flexu-s. Belles peintures, bien conservées, du i^ style, et dont les meilleures sont à Xaples.

Tout de suite après, à dr., l'îlot occupé par les Thermes Centraux, qui étaient en construction en Tan 79. Outre les pièces qu'on trouve dans les autres Thermes, il y a une pièce circulaire à voûte en calotte, pour la sudation en local chaud et sec (laconicum). On sort du côté X., et l'on est dans la strada di Xola; dans la ruelle en face, à dr., une taverne, où furent trouvées trois grandes trompettes d'amphithéâtre, en bronze, que des gladiateurs ont laissées là évidemment pour se mettre à l'abri de la pluie de lapilli. Plus loin, en tournant à dr., on entre dans la Maison des \oces d' Argent (Casa délie Xozze d'Argento; PI. reg. V- ii,) ainsi appelée à

Pompéi. DE NAPLES R. 5; plan, p. 354. 361

cause des fouilles qui y ont été faites en 1893, en présence du Roi et de la Reine d'Italie.

C'est lin vrai palais pompéien: il y a là un spacieux atrium tétrastyle et un péristyle très bien conservé, dont le portique antérieur est plus haut que les autres; de plus, la grande et élégante salle pour triclinium, les bains particuliers dans les cubicula du côté S., sont des merveilles de reconstructions, ainsi que le jardin avec triclinium en maçonnerie.

On retourne dans la strada di Nola et l'on continue à g.; à dr., la grande et magnifique Maison du Centenaire (PI. reg. IX, vu), ainsi appelée parce qu'on y a fait des fouilles en 1879, XVIII« centenaire de la catastrophe qui ensevelit Pompéi.

Deux atria: celui de g., noblement décoré; un vaste péristyle; une jolie fontaine dans une petite cour auj. couverte et décorée de peintures représentant des jardins, des scènes de chasse et un vivier pour poissons; à l'O. les pièces du bain et deux chambres ornées de peintures: dans l'une, à dr., Oreste, Pilade et Iphigénie, h g., Thésée etle Minotaure, vis-à-vis, fl^ermaphrodite et Silène; dans l'autre, donnant accès à un cabinet secret, Cassamlre, Endymion et Séléné. Également remarquable, la décoration de deux pièces (l'une, sur fond blanc, l'autre sur fond noir), dont l'entrée est sous le portique antérieiu: du péristyle.

Dans la ruelle d'en face, entre le 3« et le 1'= îlot, la Maison de Marcus Lueretius Fronto fPl. reg. V, iv).

Le toit de l'atrium a été reconstruit dans les temps modernes, suivant les règles de Vitruve. Chambres remarquables par leur décoration. Dans la l'« à dr., Néoptolème tué par la main d'Oreste; dans la 2^ à dr., Thésée et Ariane, Toilette de Vénus. Dans le tablinum, Noces de Mars et de Vénus, Triomphe de Bacchus, paysages. Dans la chambre à dr. du tablinum, Narcisse â la fontaine; Péro et son père, Micon, condamné à mourir de faim. Dans le jardin, l'^ pièce à dr., Pyrame et Thisbé, Bacchus et Silène.

Plus loin, dans la via di Nola, à g., N» 3, la Maison des gladiateurs, quadriportique autrefois occupé par les gladiateurs. Au bout de la rue, la porta di Nola, de l'époque samnite.

On rebrousse chemin et l'on arrive au carrefour formé avec la strada vStabiana; tournant à dr., on s'engage dans celle-ci; au coin à g., une fontaine, un autel des lares protecteurs des carrefours et, à côté, un des piliers que l'on trouve d'ordinaire dans les aqueducs. Continuant, à g., N° 20, la Maison de M. Vesoniiis Primus ou d'Orphée: ce dernier nom lui vient de la peinture, aux grandes dimensions, du péristyle; dans l'atrium, un hermès, portrait de Vesonius (le moule en plâtre de son chien est au Musée, p. 348), N° 22, la fullonica de Vesonius dans l'impluvium de laquelle il y a une table en marbre et une fontaine, avec trois bassins derrière l'atrium. Vis-à-vis, N" 26, la Maison du banquier L. Cœcilius Jucundus, où l'on trouva les célèbres libelli (petits livres), de quittance; dans l'atrium, hermès du maître de la maison, copie de l'original que l'on voit à Naples, et

362 R. 5; plan, p. 354. EX\^RONS PompH.

deux bas-reliefs représentant le côté N. du Forum et la porte du Vésuve s'écroulant lors du tremblement de terre de l'an 63; dans le tablinum, très belle décoration.

Après avoir traversé le carrefour on voit, à g., N» 7, la Casa degli Amorini dorati (maison des Amours dorés; PI. reg. VI, xvi), qui appartenait aux Poppaei.

Le portique a été restauré d'après les traces anciennes; clans le jardin, les sculptures en marbre sont restées à leur place. Dans l'aile S. du portique, ba^-reliefs en marbre, représentant des Satyres, des Ménades, etc. Au coin S.-E. du péristyle, un petit laraire, où l'on adorait des divinités égyptiennes; sous le portique X., le laraire en sa forme habituelle d'édicùle. À dr., im cubiculum fort intéressant: le dessin en mosaïque du pavement indique la place réservée aux lits. Aux parois, som verre ancien, des Amoure volants, gravés sur une feuille d'or. Sous le portique E., grande chambre ornée de tableaux: Thétis et Vulcain, Jason et Péliax, Achille sou-s sa tente eiûre Patrocle et Briséi?. Sous le portique O., deux cubicula dont les plafonds ont des stucs merveilleux.

Prendre le vicolo di ^lercurio et tourner à la première ruelle à dr., où est, au N» 1, la *Maison des Vetlii (Aulus Vettius Restitutus et Aulus Vettius Conviva; PI. reg. VI, xv), riches marchands de la colonie. C'est une des plus intéressantes, par ses peintures conservées à leur place et par ses locaux qui ont été reconstitués. V. le plan, p. 345.

À dr. de l'entrée, sous clef, une image caractéristique et obscène de Priape. Dans l'atrium, belles peintures: Amours et enfants; à dr. et à g., les cofîres-forts. À dr., la loge du portier; à g., chambrette analogue, ornée de peintures: Ariane abandonnée, Méro et Léandre et vivier de poissons. X g. de l'atrium, le tricliuium: Cyparisae, Lutte entre Amour et Pan devant Bacchus et Ariane, Léda avec le cygne, Jupiter sur le trône. X côté du triclinium, un passage conduit dans une écurie, aux latrines et à une petite porte de sortie. Ensuit-e, dans l'atrium, viennent deux cubicula, puis les alœ; dans celle de g., joli petit tableau, combat de coqs. X dr. de l'atrium, autre petit atrium rustique, avec un laraire, d'où l'on passe à la cuisine sur le foyer de laquelle est le gril en fer et des chaudières de bronze. C'est là qu'est l'entrée d'une petite chambre renfermant des peintvues obscènes et une statuette de Priape. - Le péristyle forme im tableau enchant^tu: tout autour, adossées aux colonnes, statuettes d'où l'eau jaillit dans des bassins de marbre; deux jet« d'eau s'élèvent du milieu du jardin aux anciens parterres égayés de fleurs. Sous le portique E., deux beaux salons (œei), ornés de peintures; dans l'un: Hercule étouffant les serpents, Pentfiée déchiré par les Bacchantes, Supplice de Dircé; dans l'autre: Dédale montrayxt à Pasiphaé la vache de bois, Ixion cloué à la roue, Bacchus et Ariane endormie et très fines arabesques. - Sous le portique N., un petit appartement séparé, avec jardinet, et se composant d'im triclinium (orné de deux tableaux: Ulysse reconnaît Achille et Hercule surprenant Auge en train de laver le péplum de Minerve), et d'vme chambre à coucher. Puis, la perle de la maison, un ^salotl, où probablement avaient lieu le souper, les jours de grande solennité; il est décoré de très belles scènes: de dr. à g., des Amours jetant des pierres contre une cible, d'autres faisant et vendant des couronnes, fabriquant des parfums, guidant un bige, forgeant du fer, foulons célébrant la fête des Vestalia, vendangeurs fêtant Bacchus, vendeurs de vin. Dans les petits tableaux à fond noir plus bas, et correspondant aux candélabres qui séparent les compartiments de cinabre rouge, jolies Psychés cueillant des fleurs et 3 sujets mythologiques: Agatnemnon fai-

Pompéi. DE NAPLES R, ô; plan, p. 354. 363

sant irruption dans le sanctuaire d'Artémis pour tusr la biche sacrée; Apollon vainqueur du serpent Python; Oreste et Pylade devant Thoas et Iphigénie. À l'embase, Anuizones et femmes avec des ustensiles employés pour le sacrifice. Bacchante et Satyre. Les grands compartimente de cinabre sont décorés de groupes volants: Poséidon et Amymone, Apollon et Daphné, Satyre et Baccha)Ue, Persée et Andromède; sur le jambage de la petite porte, Hermaphrodite et Silène.

Plus avant, dans la ruelle à g., N» 9, atrium tétrastyle, dent le compluvium a été reconstruit. On arrive à la porta del Vesiwio et au Château d'eau contigu, construit probablement sous l'empereur Claude. Hors de la porte, à g., trois tombeaux; à dr., un cippe terminal de l'ancien Pomeriiim (zone de défense de la ville) achevé par le Tribun militaire T. Suedius Clemens; plus loin, ruines d'un bourg, avec usines, lequel au IP et au IIP s. ap. J.-C. s'était repeuplé mais fut bientôt abandonné.

On retourne au vicolo di Mercurio, en tournant à dr.; au coin, à g., tuyaux en plomb, près d'un pilier d'aqueduc. À dr., X° 10, la Maison du Labyrinthe, qui tire son nom d'une mosaïque représentant Thésée et le Minotaure, avec deux atria. Rejoindre, au S., la strada di Nola, tourner à dr. et entrer à dr., N"-^ 2 à 5, dans la célèbre *AIaison du Faune (PI. reg. VI, xii; V. aussi le plan delà maison, p. 354).

Grande maison, propriété des Casii, de 80 m. de long sur 35 de large, occupant tout un îlot et ainsi appelée à cause de la fameuse statuette en bronze d'un Satyre, p. 305, trouvée à côté de l'impluvium et dont on voit une copie dans l'édifice même. Devant l'entrée, sur le trottoir, la salutation: Have. Il y a deux atria et deux péristyle. Stucs très remarquables, qui ne laissent rien à envier axi marbre; également à remarquer le pavement du premier péristjie, aujourd'hui fortement endommagé. Il y a 4 triclinia pour les quatre saisons de l'année, et dont les pavements en mosaïque sont à Naples. Le premier péristyle était ceint d'un portique de 28 colonnes ioniques revêtues de stuc. Dans l'exédre aux colonnes rouges, a été trouvée la mosaïque célèbre représentant la Bataille d'Alexandre, p. 309. Le deuxième péristyle est un grand jardin, avec portique dorique.

En continuant par la strada di Nola (qu'on appelle dans cette partie, via délia Fortiina), on arrive au carrefour qu'elle forme avec la strada del Fora et la strada di Mercurio; au coin, à g., le Temple de la Fortune (PI. reg. VIT, iv).

Construit au temps d'Augaste par M. TuUius M. filius, il fut détruit en partie par le tremblement de terre, puis restaïu-é. Il y a un pronaos corinthion tétrastyle avec 2 colonnes de chaque côté. Dans la cella, se trouve un édicule sur l'architrave duquel est inscrit le nom du fondateur. - À dr., au carrefour, un arc de triomphe, sur lequel était une statue éqiiestre, en bronze, de Caligula et qui servait aussi de château d'eaii.

Au delà, dans la strada délia Fortuna, à g., N° 2, les Thermes du Forum (PI. reg. VII, v) construites parle duumvir L. Cesius et par les édiles Gains Occius et L. Niremius, au temps de Sylla.

364 R. à; plan, p. Soi. ENVIRONS Pompéi.

Ils ont la même disposition que les Thermes Sta biens. Dans le tepidarium, il y a im grand brasier en bronze, que M. Nigidius Vaccula fit faire, en même temps que les sièges. Le bassin poiir se laver, dans le caldarlum, du prix de 5250 sesterces, y fut placé en l'an 3-4 ap. J.-C.

Vis-à-vis des Tliermes, N» 5, la *Maisoii du poète tragique (la maison deGlaucus, dans le roman de Buhvei). Plan, p. 344.

On y a trouvé d'importantes peintures, entre autres, le Sacrifice d'Iphigénie et des mosaïques d'une grande valeur, dont une représentant une répétition théâtrale, et qui est à présent à Naples. Sur le pavement, à l'entrée, un chien de garde en mosaïque, avec l'inscription: « Cave canem » (prends garde au chien). Derrière le péristyle, le sacrarium domestique qui a la forme d'un édiciUe; dans le tricliuium, diverses peintures: Un jeune couple regardant un nid de petits Amourfi, Mars-yas et Olympe, Thésée abandonnant Ariane, Didon et Énée, et personnifications des saisons.

Plus avant, à dr., la grande Maison de Pansa (domus Cn. Allei Xigidi Mai; PI. reg. VI, vi), remarquable par la régularité de sa forme et ayant des chambres à louer sur le flanc dr. V. plan, p. 344. - Tourner par la rue à dr. et à la bifurcation, prendre le chemin à g.; au delà de la ruelle, au X» 4, la Maison de Salluste (PI. reg. VI, ii), belle maison de l'époque samnite, très connue par une peinture, Diane et Actéon, dans le petit péristyle; dans le petit jardin, triclinium d'été en maçonnerie. En continuant par la strada Consolare, à dr., Xo 13, on voit un magasin servant de dépôt de sel, puis la Maison du Chirurgien, remarquable par sa solide construction en pierre de Sarno, unique exemple de maison de la période étrusque.

On parvient à la Porta Ercolanese, de la fin du IP s. av. J.-C, probablement appelée dans l'antiquité porta Salina ou Saliniensis, la plus récente et la plus importante de la ville. Elle a trois passages: deux latéraux, pour les piétons, et qui sont voûtés; celui du milieu, pour les véhicules, est couvert aux extrémités seulement. À dr., on accède au mur d'enceinte, qui a une épaisseur d'environ 6 m. Il est formé de deux murs renfermant entre eux un terre-plein et qui, construits à l'origine en blocs de tuf et de calcaire, furent réparés avec des morceaux de lave, un peu avant la guerre sociale. De la porte d'Herculanum à la porta Marina, il y avait 12 tours. Il y en a davantage au X., du côté le moins défendu par la nature et où la ville fut assiégée en 89 av. J.-C, par L. Sylla. D'en haut, panorama.

Hors de la porte, la strada dei Sepolcri (la voie des Tombeaux). À g., le tombeau de l'augustalis M. Cerrinius Restitutus, puis celui du duumvir Aulus Veius en forme de banc demicirculaire, ensuite le tombeau de M. Porcins en forme d'autel, et le banc funéraire de la prêtresse Mamia. Derrière ce dernier, le sépulcre de la famille des Istacidii. Après, à l'embouchure d'une ruelle, à g., où était la limite du Pomerium,

Pompr^i. DE NAPLE8 R. r,; plan, p. 254. 8«5

un cippe lerniinal de la partie dont la construction est due au tribun militaire T. Suedius Clemens. On retourne à la l)orte, pour examiner les monuments à dr. : savoir, un tomi)eau en forme d'autel, puis le sépulcre de l'édile M. Terentius Félix Major, d'autres plus petits, ensuite le tombeau dit des Guirlandes. Le tombeau du vase de verre bleu, N° 8, p. 312, et le siège demi-circulaire rouge, N» 9, appartiennent à la villa des colonnes en mosaïque; celle-ci tire son nom des 4 colonnes ornées de mosaïques qui sont maintenant à Naples. Tournant à g., après un bâtiment déblayé et enterré de nouveau, appelé villa de Cicéron, un tombeau en forme d'autel, un autre rond, avec un columbarium, le tombeau de l'aufjastalis Gains Calventius Quietus, l'enceinte du sépulcre de Numerius Istacidius Elenus et de sa famille, le tombeau de Nœvoleia Tijché et le triclinium funéraire de Gneus Vibrius Saturninus. - Au delà, la fameuse Villa de Diomède.

Un petit escalier à deux colonnes mène au péristyle; à g., les bains particuliers et une large galerie où l'on accède du tablinum, puis un grand jardin entouré d'un portique, avec des pièces servant d'habitation. Au milieu du jardin, une fontaine et une treille supportée per 6 colonnes. L'entrée principale était à l'O. Sous trois côtés du portique du jardin, il y a une cave, où l'on a trouvé des amphores à vin et 18 squelettes d'adultes et d'enfants, qui s'y étaient réfugiés. Le maître de la villa, qui était probablement un négociant en vins, fut trouvé ime clef à la main, près de la porte du jardin et, à côté de lui, éiait un esclave portant de l'argent et des objets précieux.

Du côté opposé, à la bifurcation de la voie, le beau sépulcre de M. Alleius Luccius Libella et de son fils; un peu plus loin, lombeau dont la porte est en marbre; sur un petit monticule, monum. de L. Ceius Labeo, celui de M. Arrius Diomedes, à bossages (que l'on supposait à tort être le propriétaire de la villa mentionnée, ci-dessus) et d'autres tombeaux inachevés.

À 200 m. de la villa de Diomède, vers l'O., est la Villa des .Mystères (l'autorisation d'y entrer s'obtient au Bureau local de la Direction) remarquable par un salon sur les murs duquel il y a *24 magnifiques figures peintes, de grandeur naturelle, représentant des scènes relatives aux mystères orphiques. Noter également d'autres locaux, comme par exemple un cubiculum à double alcôve avec une armoire en maçonnerie, un œcus décoré de belles peintures, une vaste cuisine à deux fourneaux et un péristyle déterré en partie.

De retour dans la ville, tourner à g. pour suivre le vicolo dl Mercurio jusqu'au carrefour qu'il forme [avec la strada di "Nlercurio. Au coin, à l'E. (reg. VI, îlot x, N" 1), se trouve une taverne dans l'arrière boutique de laquelle on voit des peintures ayant trait à la vie de cabaret et. au coin, à l'O., il y a une fontaine avec une t ête de Mercure. - Prendre à g. la strada di Mercu-

36fi R. ô; plan, p. ■')ô4. ENVIRONS Pompai.

rio; à g., X» 18, la .l/azson d'Ado/izs, célèbre par la peinture représentant Vénus et Adonis blessé, et au X» 23, la Maison d'Apollon, avec une jolie fontaine, un beau cubiculum. une mosaïque: Achille à Scyros, et une peinture: Apollon et Marsyas. Retourner sur ses pas, en passant de l'autre côté de la rue: X" 2, la Maison de Méléagre, où, sous une table de marbre, dans l'atrium, il y a un appareil pour tenir au frais, dans l'eau, aliments et boissons; il y a une jolie fontaine et un œcus corinthien; X'* 3, Maison du Centaure, avec décoration du premier style; X<» 6, Maison de Castor et Potlux, avec atrium corinthien et peintures: Apollon et Daphné, Naissance d'Adonis, Minos et Scylla. - On retourne au carrefour et l'on continue à dr.; X° 23, la Maison de la Petite Fontaine (fontaine en mosaïque, ornée d'une statuette d'enfant avec une oie; l'original est à X'^apies); X» 22, la Maison de la Grande Fontaine (fontaine en mosaïque); X° 20, une Fullonica, dont les peintures qui l'ornaient jadis sont à Xaples; à g., X» 7, la Maison de l'Ancre, ainsi nommée à cause d'une ancre en mosaïque que l'on voit à l'entrée. Le jardin, de niveau inférieur, est entouré d'un cryptoportique. On est à quelques pas du Forum.

Pour clore la visite, le touriste peut observer le caîdarium, reconstruit, près de la salle de vente des photographies et des guides, tel qu'il était dans les petits bains de la villa située près de Boscoreale.

De la gare des Ch. de fer de l'État par la route de Valle di Pompéi et prenant à g. près de l'Albergo del Sole on entre à rAmphiîhéàlre, le plus ancien des Amphithéâtres dont on ait connaissance. Commencé en 70 av. J.-C, grâce aux libéralités des duumvirs Gains Quintius Yalgus et M. Porcins, il n'était pas encore achevé au temps d'Auguste. Il s'élevait près des murs de la ville, sur une grande place plantée d'arbres, à l'ombre desquels se tenaient les vendeurs ambulants, quand avaient lieu les jeux. Dans le deuxième semestre de l'an 59 ap. J.-C, à l'occasion des jeux des gladiateurs, accoururent des habitants de Xucérie, et entre ceux-ci et les Pompéiens éclata une rixe qui finit avec des morts et des blessés. Le Sénat interdit les spectacles pour 10 ans.

L'amphithéâtre mesure 135 m. 65 de long sur 10-1 d? large et pouvait contenir 20.000 personnes. Il y a 3 entrées. On parvient à la cavea, d'en haut, par nn large promenoir extérieur, ou d'en bas, par un couloir voûté, qui t:Oume au-de?sous des gradins inférieurs de la 2* série. La cavea est divisée en trois séri?s de 5, 12 et 18 gradins. Au rentre dii côté E., est ime place de la largeur de deux grodius, réservée au président du spectacle. On parvenait aux tribunes réservées aux femmes et aux enfants, par un couloir où l'on accédait par des escaliers extérieurs. Ceux-ci présentent encore des pierres avec des trous où s'encastraient les poteaux du velarium.

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