‹ ItalieChapitre 122 sur 169 · XI. — Paîstuiij · texte numérisé non relu

XI. — Paîstuiij

L'excursion exige une journée, à cause du nombre réduit des trains, môme si l'on part de Salerne. Il est bon d'emporter des provisions. Près de la station Pesto on est en train de bâtir un pavillon destiné à servir de restaurant: au demeurant, il n'y a qu'une petite osteria sur la route au N. du temple de Vesta, où l'on peut avoir des œufs, des fruits, du fromage et du vin. - Psestum est une station de la ligne Naples-Battipâglia- Réggio de Calabre; de Naples à Salerne, p. 333; de Salerne à Psestum, p. 383.

Pœstum, depuis un millénaire, est une ruine poétique au miheu d'un désert solennel. Ses temples doriques, qui ne le cèdent qu'à ceux d'Athènes pour leur conservation, et pour leur élégance, produisent une impression incomparable de majesté et de grandeur.

Poseidonia (cité de Neptune), colonie fondée au VI* s. av. J.-C. par Sybaris, fut prise au IV« s. par les Lucaniens (c'est alors que commença d'être visité le nom de Psestum) et, en 273 av. J.-C., par les Romains. Elle se dépeupla peu à peu à cause de la malaria et, en 871, elle fut détruite par les Sarrasins. Ce n'est qu'au XVIII« s. que les premières études relatives h ses ruines furent entreprises. - Les murs, dont le plan est rectan-

382 B.â. ENVIRONS Pœstum.

gulaii-e avec un angle émoussé, ont jusqu'à 15 m. de haut et un périmètre de 4 k. 5 avec i portes et plusieurs tours. La ville était traversée par un carde et par mi decumanus.

De la gare, en quelques pas, on est à la Porta délia Sireiia, dont Tare est encore intact et l'on entre dans l'enceinte des murs de la ville, formés de gros blocs de pierre bien équarris. On côtoie le mur de la Villa Salati et en 8 min. on est à un carrefour. D'ici l'on jouit d'une *vue magnifique: à g. le Temple de Neptune avec la Basilique, à dr. le Temple de Gérés, dans le fond, la mer Tyrrhénienne. Les temples sont en travertin; celui-ci, avec les siècles a pris une teinte jaune très agréable et garde des traces du stuc rem.plissant autrefois les cavités irrégulières de la pierre.

On prend la route, à g., vers le S.-E., jusqu'à une grille devant le Temple de Neptune (entrée t. 1. j., 5 L., gratuite le dim. et fêtes).

Le *temple de Xeptuae, du style majestueux du V^ s., le plus grand des temples de Pœstum, est, avec le Tlieséion d'Athènes et le temple de la Concorde de Girgenti, p. 490, parmi les temples les mieux conservés d'Europe. Il s'élève sur un stylobate avec 2 marches, et mesure 60 m. de long sur 24 m. 25 de large. G'est un périptère hexastyle, à 26 colonnes cannelées (6 et 14) de 8 m. 00 de haut, de 2 m. 07 de diamètre à la partie inférieure et de 1 m. 46 à la partie supérieure. La celia, avec pronaos et opisthodome in antis, est divisée en trois nefs par deux rangées de 2 pilastres et 7 colonnes (de 1 m. de diamètre), surmontés de colonnes plus petites (il en reste 3 au N. et 5 au S.). L'entablement est parfaitement conservé; les deux frontons sont presque intacts; il ne reste rien du toit servant de couverture.

De la partie O. du temple, *vue inoubliable de lajner TjTrhénienne et des grand'^s montagnes, à travers la colonnade. - A l'E., restes d'un petit autel des sacrifices (10 m. 05 sur 5;.

Du Temple de Neptune on passe visiter la *Basilique, ainsi dénommée sans aucune raison au XVIIP s., le plus ancien temple de Ppestum (VI- s. av. .J.-G.). Il est sur un stylobate avec 2 marches et mesure 54 m. 30 de long sur 24 m. 50 de large. C"est un périptère ennéastyle à 50 colonnes cannelées (9 et 18) de 6 m. 48 de haut, de 1 m. 46 de diamètre à la base, de 96 cent, à la partie supérieure, ayant par conséquent tous les caractères du style archaïque: fort amincissement, renflement très sensible et échine du chapiteau fort renflée. Sur le front E., il reste Vantis form.é de 3 colonnes et de 2 pilastres. La partie médiane, sans trace de cella, était divisée en deux nefs par une rangée de 8 colonnes; il en reste 3.

Pœatum. DE NAtLES R. r,. 3SS

Lors des fouilles de 1007, ont été retrouvées des terres cuites qui servaient de revêtement à l'entablement.

À l'E. sont des restes de l'autel des sacrifiées; à l'O., on a mis à découvert un bout de rue, pavée de gros blocs de calcaire avec trottoirs surélevés et des restes de maisons antiiiues. Au S. il y a aussi des restes de maisons antiques; belle vue des temples.

On sort par la grille et l'on se dirige au N. vers le carrefour. La route conduisant à la mer a, sur sa g., la ^toa (26 colonnes doriques, dont une est entière) et sur la dr., les restes d'un temple corinthien dorique, préromain et romain, appelé Temple de la Paix. -- On reprend vers le N., la route qui traverse un Amphithéâtre romain; puis, à g., la grille donnant accès au Temple de Cérès ou de Vesta, de 32 m. 25 de long sur 14 m. 25 de large, élevé sur un stylobate à 2 marches. C'est un périptère hexastyle, à 34 colonnes cannelées (6 et 13) de 6 m. de haut. La cella est tout à fait simple; le pronaos prostyle est d'une profondeur extraordinaire. De l'entablement il n'y a plus que l'architrave; des deux frontons, il reste une bonne partie. Chronologiquement, ce temple est d'une époque intermédiaire entre la Basilique et le temple de Neptune. A l'E., des traces de l'autel des sacrifices.

Sil'on a le tomps, se rendre au N. à la Porta Aurea, hors de laquelle était la via dei sepolcri, puis retourner à la gare. -- Si l'on dispose de plus de temps, faire le tour complet des murs; de la tour à l'E. do la Porta délia 0-iuituia, on jouit du meilleui* coup d'oeil sur les temples. De la Porta di Mare, aller au S.-O. à la Torre di Pesto, construction du moyen âge, élevéa pour servir de vedette; *panoraîua du golfe de Sderne.

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