De Naples à Réggio de Oalabre
Ch. de fer, 473 k., en 13 h. par les directs, en très grande partie le long de la mer Tyrrhénienne; prix: t" cl. 191 L. 15, IP cl. 128 L. 10, IIÏ» cl. 74 L. 70. C'est sans doute une des lignes les plus belles d'Italie, malgré le nombre et la longueur des tunnels. Mallieiue use ment les directs sont de.i trains de nuit. Le trajet depuis Naples jusqu'au delà de Salerne est d'une variété inépuisabl*^; toute la côte tyrrhénienne joint à la beauté de la mer celle des vallées qui y aboutissent, avec des gorges profondes que l'on franchit sur des viaducs, ou avec des torrents dévastateurs. La végétation en certains endroits est merveilleuse. Enfin à partir du Cap Vaticano, rien ne peut égaler la beauté du panorama des îles Lfpari, de la Sicile et du détroit. Se placer à dr.
Naples, p. 273. De Naples à Salerne, 54 k., p. 333. La voie continue entre des collines plantées d'oliviers et la mer, puis elle s'éloigne de cette dernière, tout en restant toujours en vue de la plage. Paysage grandiose; en arrière, beau panorama de la presqu'île de Sorrente et jusqu'à Capri. On passe
3S4 n. G. DE NAPLES Potenza,
le Tusciano qui à 8 k. en amont, à Olévano, alimente une grande usine centrale hydro-électrique. - 73 k. Battipâglia (buffet), à 82 m., embranchement à g. pour Métaponte et Brindisi.
Ce. de fer de BattipAglia à Métaponte, 200 k. en 6 h. par les directs; prix: I" cl. 93 L. 85, 11^ cl. 63 L. 15, IIP cl. 37 L. 05; c'est la ligne des trains directs Xaples-Potenza-Brindisi; de Métaponte à Tareute, p. 428; de Tarente à Brindisi, p. -428. -7 k. Éboli (hôt.: Centrale, 18 lits; Duca d'Aoda, 15 lits), à 143 m., près des ruines de V Éburum des anciens. Dans l'église San Franceseo, une Vierge, par Andréa da Salerno et un Crucifiement, par Roberto di Oderisio, XIV^ s. - On atteint et l'on remonte vers l'E. la vallée du Sele; à dr.,leMt Alburno, 1.742 m. À Caposele, à 418 m. d'alt., fui'ent captées en partie les sources fraiches du Sele et par un premier tunnel de 12 k. l'eau fut amenée sur le versant E. des Apennins; c'est ainsi que commencèrent les travaux d'exécution d'une œu\Te grandiose, l'Aqueduc Apulien, p. 402. Plus loin, à la station de Contursi, on quitte le Sele pour remonter son affluent, le Tanagro. Petits tunnels. - 32 k. Station de Sicignano, 160 m., où s'LMnbranche à dr. et au S. le ch. de fer, 78 k., pour Lagonegro, p. 385. - On remonte la vallée du Torrent Bianco. - 40 k. Station de Buccino, localité à 12 k., près des ruines de Tolcei. La voie entre dans la Basilicate, p. 425; en passant par une série de petits tunnels, atteint la pittoresque vallée du Plâtano et parcourt la *Gorge de Romagnano, magnifiqu-^ gorge entre de hantes roclies calcaires, en montant jusqu'au bassin de Muro. - 61 k. Station de Muro Lucano, localité à 14 k., 615 m., 6.813 hab., située, croit-on, près de l'antique Sumistrura, oîi eut lieu une bataille entre Annibal et Marcellus (210 av. J.-C.) et où fut tuée, dans le château, Jeanne I" de Xaples. La voie tourne vers l'E. puis vers le S., en passant dans des tunnels et en traversant plusieurs vallées; enfin elle suit la vallée du Basento, le Casuentus des anciens, qui va se jeter dans le golfe de Tarente. - 93 k. Potenza Inferiore (buffet, avec ch.), station desservant - Potenza di BasUicata (hôt.: Moderne Hôtel, 60 lits; Lombardo, 50 lits; Lucano, 14 lits. - Voituhes pour la gare sup., 1 L. 50 par place, la nuit 2 L.; pour la gare infér., 2 L. par place, la nuit 2 L. 50. - AUTOS: 3 L. 50-4 L. le k.), à 45 min. en voiture et à 823 m. d'altitude, 18.604 hab., phisieurs fois détruite par les hommes et par les tremblements de terre dont le dernier, celui de 1857, a catisé d'épouvantables ravages. La vUle actuelle occupe l'emplacement de la place forte de l'antique Potentia, municipe romain, beaucoup plus étendu. Belle Cathédrale; remarquable église 5. Michèle du XT* s,; iietit Musée provincial. - La voie continue à suivre le Basento, dont la vallée, plus loin, s'élargit, et devient déserte et caillouteuse. Gares peu importantes. En bien des endroits, très belles vues. - 200 k. Métaponte, p. 435.
Ch. de FEK Sicignaxo-Lagoxegro, 78 k. en 3 h. 35, 3 dép. par j.; prix: I" cl. 31 L. 15, IP cl. 22 L. 20, IIP cl. 13 L. 80. - On franchit le Sele, puis la voie toiu-ne au S. et remonte la pittoresque vallée du Tanagro avec de fréquents tunnels. -9 k. Station Galdo; 12 k. Pétina; 17 k. ^mletta; la petite vUle, à 5 k. de la gare, à g. sur la hauteur, conserve encore des traces du tremblement de terre de 1857, qui désola la vallée du Tanagro. On franchit sur un haut viaduc la vallée du Torrent Lontrano. On entre ensuite dans une gorge profonde de jilus de 100 m., que les eaux du Vallo di Diano creusèrent pour se frayer un passage. - 27 k. Polla, à 507 m., l'ancien Forum Popilii, où commence la fertile vallée dite Vallo di Diano, anciennement occupée par l'eau du Tanagro, qui y faisait un lac. Des travaux d'assainissement sont en cours. - 34 k. Atena; embranch. du ch. de fer (en construction en 1924) pour Potenza. - 41 k. Sala Consilina (hôt.; Pepe, 14 ch.; Jannicelli), à 614 m., ville de 4.739 hab., sur le versant S.-O. du Mt Sito Alto et dominée par tm château. - 46 k. Sassano-Tegiano: la petite ville de Tegiano, jadis Diano,
AiirôpoU. À RÉGGIO DE CALABRE 7?. 0. 385
(lui a donné son nom à cette partie de la vallée, est à 0 k. env. au X.-O., en face de Sala C. et sur l'emplacement de l'ancien Tegianum. - 50 k. Padula: le village est à 3 k. de la gare à g. sur la hautem' (698 m. d'alt.). Dans la plaine au-dessous du village, la Certosa di S. Lorenzo, achevée en 1308, mais restaurée et remaniée dans le style baroque du XVII« s. Dans l'église, le monument de Tommaso Sanseverino et im grand Crucifix en ivoire. - 56 k. Montesano, à 850 m. d'alt., 11 k. env. de la gare. De la gare de Montesano on peut faire de magnifiques excursions à Maliterno (autobus, 2 dép. par j., 32 k., 9 L. 80) et à Saponara di Grumentu, à 771 m., dans la vallée do l'Agri. À l'E. de Saponara, quelques ruines de Orumentum. - 65 k. Caaalbuono; 72 k. Camletto Svartano-Battâglia. - 78 k. Lagonegro (buffet avec ch.; hôt.: Risoroimento, 8 ch.; Sirino), à 666 m., est une petite ville de 3.952 hab. dans un paysage sévère au milieu de hautes montagnes. Le ch. de fer s'arrête ici; la continuation pour Castrovillari est en construction (1924).
De Lagonegro a CastrovIllari (ch. de fer en construction en 1924), 83 k. de route, autobus, 1-3 dép. par j. en 6 h. 30, 39 L. 60; de Castrovillari à la gare de Spezzano Albanese sur la ligne Sibari-Coeenza, ch. de fer, 32 k., p. 431. - On monte fortement dans de profondes vallées, puis on descend un peu au lac Sirino, 788 m. On laisse à dr. la route qui descend en serpentant à Sapri, p. 386. On continue sur terrain plat puis on descend en laissant à g. la route de Latrônico et Tarente, qui suit la vallée du Sinni. - 19 k. Lauria (hôt.: Risorgimento, 4 ch.; Caino), à 452 m. d'alt., ville de 5.189 hab., au milieu de hautes montagnes. - 38 k. CasteUûecio Itiferiore, à 480 m.; on monte ensuite à (58 k.) Morîminno (&uh.: Termine; Sirrone), à 840 m. d'alt., et au (70 k.) Paaso di Campo Tenem, 1.030 m., petit plateau au-dessus de 900 m. d'alt., aux riches pâturages. On descend enfin dans la vallée du Coscile à (76 k.) Morano Cdlabro, à 650 m., pittoresquement situé sur une colline conique et dominé par un château, et à (83 k.) Castrovillari, p. 431.
On traverse la Plaine d' Éboli, où paissent des bufTles et des chevaux; cette région est désolée par la malaria; des travaux d'assainissement sont en cours d'exécution; à g., le Mt Alburno. On passe sur un pont le rapide Sele, appauvri des eaux envoyées à l'Aqueduc Apulien, p. 402. - La voie s'approche de la mer Tyrrhénienne; les murs de Paestum apparaissent et l'on entrevoit les temples. - 94 k. Pœstnm, p. .381. On atteint la mer à (99 k.) la Station d'Ogliastro Cilento et l'on suit le rivage presque jusqu'à (103 k.) Agrôpoli, dont on aperçoit le château dominant le golfe de Salerne. Puis la voie pénètre à l'intérieur des terres et c'est idnrs que commencent les tunnels, plus de 80 jusqu'à Réggio, dont beaucoup sont assez longs. On traverse sur un viaduc l'Alento, le liâtes des anciens, on en suit le cours et l'on se rapproche de la mer. - 134 k. Station d'Ascea.
À 3 k. au N.-O., sur une colline, Castellamare di Véglia, et, à proximité, restes de la ville de Velia ou Elea, fondée par les Phocéens en 536 av. J.-C, et qui donna son nom à l'école éléate de Xénophane, Parménlde et Zenon.
La voie coupée de tunnels côtoie longtemps la mer Tyrrhénienne, permettant de jouir de belles vues au N.-O., vers le Mt Stella et au S.-E., vers le cap Palinuro, où il y a des grottes intéressantes. Puis elle pénètre dans une région boi-
;îâ6 R. 6. DE NAPLES la Calabre.
sée; en tournant au N. du Mt Buîgheria, elle passe sous les trois longs tunnels des Caprioli, de la Spina et de S. Cataldo (5 k. de long) et retourne vers la mer que l'on voit déjà de la gare de Torre Orsâia et que l'on atteint à (170 k.) Policastro, sur le golfe du même nom, le Sinus Laus des anciens, pittoresquement encadré de montagnes. À partir de là, la voie suit presque constamment la côte escarpée. - 180 k. Sapri, petite ville connue pour l'expédition Pisacane de 1857.
En 1857 quelqiies patriotes, sous la conduite de Carlo Pisacane et de Giovanni Xicot«ra, débarciuèrent à Sapri, dans le but de soulever la population contre le gouvernement des Bourbons; ils furent au contraire presque tous massacrés par les paysans près de Sanza.
On traverse un petit coin de la Basilicate, p. 425; ensuite se succèdent maints tunnels parmi lesquels celui de l'Acquafredda de près de 4 k., celui de l'Arma et d'autres de longueur remarquable. Un peu avant (204 k.) Prâia d'Aieta, on passe le torrent de Castrocucco et l'on entre dans la Calabre.
La Calabre, nom régional de la presqu'île comprise entre la mer TsTrhénienne et la mer Ionienne (env. 230 k. de long, minimum de 30 k. de large) est la pointe extrême de la botte d'Italie. C'est ime contrée éminemment montueuse, s'élevant, au X., jusqii'ji 2. 248 m. (Mt PoUino), s'élargissant au centre dans le plateau granitique de la Sila (jusqu'à 1.930 m. d'alt.) pour s'élever au S. à 1.958 m. dans le massif de l'Aspromonte. I^ea fleuves ont ime relative abondance d'eau, étant donné leur peu de longueur. Le long de la côte on trouve la végétation des pays méridionaux, tandis que dans l'intérieur de la région on rencontre de superbes forêts et une flore de montagne. - La Calabre eut une période de splendeur, quand elle faisait partie de la Grande-Grèce; c'est alors que fleiuirent les villes célèbres de Sybaris, Crotone où Pythagore enseigna, Locres et Rhégion. Après la conquête des Romains, la contrée fut appelée Brutium; file subit ensuite diverses dominations, le plus longtemps celle de l'Emj!ire Byzantin. C'est à cette époque que la Calabre, dont le nom auparavant s'appliquait, paraît-il, à im territoire d'ime bien plus grande étendue, se réduisit à ses limites actuelles. Ensuite, la région appartint aux Normands, aux Souabes et subit toutes les dominations du S. de l'Italie. Les tremblements de terre, véritables catastrophes par leur violence et leur fréquence, y ont détruit tout reste du passé. Les villes principales sont: Cosenza, Catanzaro, Réggio, chefs-lieux de provinces. - Le brigandage qui donna une triste célébrité à la région, depuis plus de trente-cinq ans, est devenu ime simple légende, les causes politiqiies qui l'entretenaient ayant cessé. Les Calabrais sont honnêtes, laborieux, hospitaliers, tout en étant rudes et impulsifs. L'émigration est très intense; la région foiunit des légions de travailleurs infatigables spécialement aux États-Unis. La Calabre se ressent encore de la situation sociale qui lui a été faite dans le passé par les gouvernements, en particulier par le gouvernement boiu-bon qui instaura les lois désastreuses du majorât, des contrats agraires en relation avec la grande propriété {latijondo), etc. Actuellement, Cest un pays pau\Te, et le mal vient en partie du régime déplorable des eaux, qui est la cause de la malaria, grave fléau de beaucoup d'endroits. On y constate aujourd'hui un progrès notable, dû surtout au retour d'émigrants qui achètent des terrains, fractionnent ainsi la propriété et la cultivent avec diligence. La « riviera » vers lléggio est florissante. Le commerce
Paola; Amantea. À RÉGGIO DE CALABRE R. 6. 387
de riiuile est important dans de nombreuses localités. Les olivettes de (ii6ia ïiUiro comptent parmi les plus belles de l'Italie. - La Calabre est une région à peu près inconnue des touristes; elle offre pourtant au voyagem- et à l'excursionniste un charme caractéristique. Actuellement il n'existe presque pas d'hôtel digne de ce nom en dehors des chefs-lieux de provinces. Dans plusieurs localités, telles que Tiriolo, S. Giovanni in Fiore, Spezzano Albanese, etc., plus connues pour leur beauté, on trouve des trattorie avec quelques chambres, généralement propres et dont on peut se contenter.
Près de Prâia, il y a une grande grotte consacrée à la Vierge. Après Prâia, près de la côte, est Vîle de Dino, où il y a des grottes, à l'intérieur desquelles on observe le même effet de lumière qu'à la grotte d'azur de Capri. Passé (216 k.) Scalea, la voie pénètre un peu à l'intérieur des terres, pour traverser le Lao. - 229 k. Cirella; à 1 h. dans l'intérieur, Cirella Vecchia, une petite et attrayante Pompéi moyenâgeuse; puis, près de la côte, Vîle de Cirella. - 274 k. Station de Pâola.
Pâola (hôt. Regina d'Itâlia, près de la gare), à 94 m., 9.328 hab., à 2 k. à l'E. et pittoresquement disposée sur le penchant d'une montagne, est une des plus belles petites villes des côtes de la Calabre. Important commerce d'huile et de vins. En Yz h. env. par un chemin de croix on va au Sanctuaire de St François de Paule, en un endroit pittoresque au-dessus d'une gorge. Pâola est le lieu de naissance de St François dit de Paule (da Pâola; 1416-1507), fondateur des «Minimes», l'ordre franciscain le plus rigoureux.
Ch. de fer PAola-Cosenza, 59 k. en 2 h. 10, 4 dép. par j.; prix: P^: cl. 23 L. 80, IP cl. 17 L. 05, IIP cl. 10 L. 65. - La voie monte en faisant un grand détour vers le S. et en offrant de magnifiques *coups d'œil siu" les flancs des Apennins. - 26 k. Falconara Albanese, à 602 m.; la voie retourne vers le N. et s'engage ensuite dans un tunnel de 4.300 m. de long pour sortir à (33 k.) S. Fili. On descend vers la large vallée du Crati; 47 k. Rende.
- 52 k. Castiglione Cosentino, où l'on rejoint la ligne Sibari-Cosenza, p. 431.
- 59 k. Cosenza, p. 431. - Très intéressant également le parcours (40 k. de Pâola à Cosenza) sur la route carrossable, qui monte au Passo délia Crocetta, 960 m. (♦panorama inoubliable) et descend dans la vallée du Crati.
299 k. Amantea, l'ancienne Clampeiia, avec les ruines d'un château fort. Elle opposa une résistance opiniâtre en 1806 aux Français commandés par Verdier. Dans l'église des Osservanti du XV« s. et dans celle de V Immacolata, se trouvent des sculptures des Gagini. On commence à apercevoir, vers le S.-O., la côte de Sicile et l'Etna.
Dans une petite plaine marécageuse, 313 k. Station de Nocera Tirinese; Nocera est à 13 k. dans l'intérieur, dans un beau nid de verdure; près de la mer, restes de l'antique Nuceria. À dr., au large, la pyramide du Strômboli et les îles Lipari. On voit se dessiner la courbe du golfe de S. Eufemia, et la voie pénètre dans la Plaine de SanVEufemia, où débouche l'Amato dans un maquis marécageux. La plaine est entourée de belles montagnes sur les pentes desquelles
388 R. 6. DE ^APLES Catanzaro.
S3nt groupés de nombreux villages et qui sont couvertes surtout d'olivettes. - 331 k. S. Eujemia biforcazione.
Ch. de fer s. ErFEinA-CATAXZARO Marina, 47 k. en 2 h. 30, 4-5 dép. par j.; prix: P^ cl. 19 L. 15, IP cl. 13 L. TO, IIP cl. 8 L.70. - Cette ligne traverse la péninsule calabraise dans sa partie la plus étroite. - La voie monte vers le X. à (6 k.) Sambiase. - 10 k. Nicastro (hôt.: Wnione, 16 ch.; XicGtera, 10 ch.), à 200 m., i)eut-être l'ancien Xeocastnim d'origine byzantine ou normande, fut presçiiie entièrement détruit par le tremblement de terre de 163S. Le village est pittoresque ment étage sur le flanc de la montagne et dominé par les ruinr-s d'un château bâti sur les restes d'un château normand de Frédéric II et où celui-ci tint prisonnier son fils rebelle Henri. Les costumes féminins de Xicastro, ainsi que ceux des alentours, sont remarquablement beaux. - La voie pénètre entre de pittoresques montagnes en remontant la vallée de l'Amato. - 25 k. Marcellinara, la station la plus rapprochée de Tiriolo, V. ci-dessous. La voie descend ensuite dans la vallée du Corace; 34 k. Corace. -38 k. Catanzaro Sala (bujjet), desservant la ville de Ciitanzaro. Un funiculaire (8-10 dép. par j., I" cl. montée, 2 L. 10, desc. 1 L. 65, IP cl. 1 L. 60, 1 L. 15; la nuit 3.70-3.25, 2.80-2.35. Suppléments : les j. de fête, 20 c. chaque billet jusqu'à 1 L., 40 c. jusqu'à 2 L., 60 c. jusqu'à 3 L. Bagages à la main, 50 c.) monte en peu de temps jusqii'à l'extrémité S. de Catanzaro et continue comme un simple tram en ville jusqu'à l'extrémité X.
CATANZARO (hôt.: Centrale, via Vitt.Em., 48 lits; Brezia, 49 lits, bon; Patria, 42 lits; Europa, 38 lits), à 343 m., 23.463 hab., dans xme magnifique situation sur une hauteur, au milieu de superbes olivettes. Fondée au X* s. par le Grec Flagitios, sous le nom de Cata^arion, cette ville fut plusieurs fois détruite par les trentblements de terre. En septembre 1905, la province de Catanzaro p^erdit 450 personnes, lors des secousses sisuiiques qui désolèrent raissi les provinces de Eéggio et de Cosenza. Le 23 octobre 1907, elle fut de nouveau éprouvée et elle le fut encore en 1908 lors du tremblement de terre de Réggio et de Messine. Elle r-orapte fiuelques indiL^tries; entre autres, des manufactm'es de soieries. De la via Beilavista, ainsi que de la Villa Margherita, charmant jardin public et du Château en ruine, qui remonte à Eobert Guiscard, on jouit d'ime belle \'ue. Près du Jardin public, le Museo Provinciale (la clef est à la Préfecture), où il y a des terres cuites, des bronzes de Tiriolo, des monnaies, im tableau d'Antonello de Saliba et d'autres; on voit encore dans la ville un certain nombre de costumes caractéristiques le dimanche et les jours de marché. ExcuRiSIox (37 k.) à Taverna; plusieurs églises contenant des tableaux de Mattia Preti.
ExcuRSiOK A Tiriolo et à Rogliaxo. Jusqu'à Tiriolo 20 k. env. de route, AriOBUS, 1-3 dép. par j. en 1 h. 15, 8 L. 80; jusqu'à Soveria ^Mannelli, 45 k., 1-3 dép. par j. en 3 h., 19 L. 70; jusqu'à Rogliano, 78 k., 1-3 dép. seulement dans la bonne saison, en 5 h. 30 env., 33 L. 25. - La route monte en lacets en offrant de belles \'ues. - 20 k. *Tirlolo (aub.: Malerba; Mayicuso), à 690 m. d'alt., peut-être l'ancienne Terina, est une ville de 2.6:50 hab. dans ime situation extrêmement pittoresque siu" la ligne de partage des eaux de la mer Tyrrhénienne et de la mer Ionienne. La \Tie sur les deux golfes de SqiiQlace et de S. Eufemia est particulièrement belle du haut du mont de Tiriolo, où sont les ruines d'xm châteaii et un Observatoire Météorologique. Les femmes de Tiriolo sont d'une remarquable et fière beauté et portent de jolis costumes. - 33 k. Serrastretta (hôt. Picotera) à 790 m., à 4 k. env. sur la g. de la route, dans une situation magnifique, ég-.lernent en \'ue des deux mers. -45 k. Soveria Mannelli (hôt. Reventino), à 774 m., bifurcation de la route; celle de g. descend à Xicastro (autobus, 32 k., 1-3 dép., 13 L. 55), V. ci-dessus, et à Pizzo, p. 389. CH. DE FER, 59 k., p. 4.32, pom- Cosenza. - 53 k. Coraci, à 805 m.; on descend ensuite en lacets à (67 k.) Carpanzano, à 610 m. dans la vallée du Sa^-uto pour remonter à (78 k.) Rogliano (hôt. Milanese, 12 ch.), à 650 m. Le village (3.702 hab.).
Pizzo <n Cuhibria. À RÉGGIO DE CALABflE H. 6. 389
sur une hauteur, commande une vue adiairable sur la campagne et les montagnes environnantes. - De llogliano à Cosenza CH. DE per, 24 k., p. 432. La voie descend le long de la vallée de la Fiumarella à (47 k.) Catanzaro Marina, p. 434.
On traverse la plaine de S. Eufemia arrosée de petits fleuves et l'on retourne vers la mer; à g. le plateau de Mâida, où les soldats Bourboniens, unis aux Anglais, battirent les Français en 1806. - 357 k. Pizzo-Maierato, station tout au bord de la mer, an milieu des jardins d'orangers, desservant la petite ville de Pizzo di Caiâbria (hôt.: Brezia; Commercio; Vittoria), à 107 m. d'alt., sur un grand bloc de grès, éloignée de la gare de 2 k. env.
C'est le Napilium des anciens. Le 13 oct. 1815, Joachim Murât, ex-roi de Naples, a été fusillé, cinq jours après son débarquement, dans le vieux château que l'on voit sur la place, par ordre de François I", roi des Deux- Sicile. Dans l'église S. Giorgio, 5 statues du XVP s. Hors de la petite ville, monument érigé aux frères Bandiera et à d'autres patriotes qui prirent part à l'insmTection calabraise de 1844. Les pêcheurs de Pizzo pratiquent spécialement la pêche du thon et de l'espadon. - Excursion à Serra San Bruno, 45 k. env. de route; autobus, 1-2 dép. par j., en 3 h. 15, 1" cl, 19 L. 80, IP cl. 18 L. 30. - On revient au N. jusqu'à proximité de la stat. Franca villa, puis on tomne à dr. en remontant la rive g. de l'Angltola. On laisse à g. les embranchements pour Monterosso et CapUtrano, où naquit en 1385 St Jean de Capistrano, mort en 1456. - 28 k. S. Nicola lia Crissa, à 500 m.; 40 k. Simbârio, à 760 m. - 45 k. Serra San Bruno (hôt.: Trieste; Roma; Centrale), à 800 m., village de 5.865 hab., entouré de grandes forêts. À 2 k. env. dans une vallée solitaire, les ruines de 1' *Abbaye de S. Stefano del Bosco, église fondée en 1094 par St Bruno, fondateur de l'ordre des Chartreux, détruite presque entièrement par le tremblement de terre de 1783, et refaite en partie en style français. - De Serra S. Bruno on peut descendre à Monteleone, V. ci-dessous (autobus, 43 k., en 3 h. 15, 18 L. 85), ou à Soverato, p. 434 (autobus, 40 k. en 2 h. 30, 1-2 dép. par j., 15 L. 50).
360 k. Station de Monteleone- Porto Santa Vénère.
Ch. de fer Porto S. Vénere-Monteleone-Mileto, 28 k. en 1 h. 40, 2-3 dép. par j. - 15 k. Monteleone (hôt.: Itâlia; Vittoria; Centrale), à 556 m., 9.392 hab.; c'est VHipponion des Grecs, la Vibo Valentia des Ronruiins, lieu important au point de vue militaire, et qui subit maintes vicissitudes. Endommagée par les tremblements de terre, dont les plus graves ont été ceux de 1783 et de 1905, cette vUle n'a pas de restes antiques. Du Château, dont la construction rappelle les châteaux du temps de Frédéric, mais qui a été remanié, panorama merveilleux. Église S. Michèle, attribuée à Baldassare Peruzzi (1515); à S. Léo, sculptures des Gagini. Ivxcursion (27 k.) à Soriano, où il y a des restes importants du monastère de S. Domenico. - 28 k. Mileto (trattoria Lojacono), à 356 m., d'origine normande; un peu plus loin, Mileto Vécchio, avec l'église de la Trinità, et dea colonnes d'un temple de Proserpine.
La voie, en olTiant toujours de beaux coups d'œil sur le golfe de S. Eufemia et la côte que l'on perd de vue vers le N., se dirige vers l'O. pour doubler le Cap Vaticano. - 383 k. Tropea, l'antique Tropeia, lieu de naissance du philosophe Pasquale Galuppi (1770-1846), magnifiquem.ent située sur
390 R. 6. DE XAPLES Giôm Tauro.
des rochers au bord de la mer, et qu'on domine d'en haut. On atteint le Cap Vaticano; à dr. au large, la vue s'étend jusqu'à l'île de Strômboli et aux îles Lipari; au S.-O., la côte de la Sicile. - Après (404 k.) Xicôtera, la voie pénètre à l'intérieur des terres et traverse la Mésima. - 422 k. Giôia Tâuro (hôt. Commercio, 17 ch.), à 23 m., sur une colline à 1 k. env. de la mer, entouré par une contrée désolée par la malaria, mais riche en oliviers célèbres par leur développement luxuriant, est un centre important de production d'huile; on y trouve aussi des fabriques de savon, etc.
Ch. de fer Giôia TirRO-SE>nîCARA, 13 k. en 35 min., 2 dép. par j.; prix: I" cl. 3 L. 70, IP cl. 1 L. 90. - 10 k. Palmi, V. ci-de.ssoiis; 13 k. Semumra, à 329 m., sur une colline et avec une belle ^-ue sur la campagne et le golfe de Giôia. En 1495 d'Aubigny y défit les troupes de Gonzalve de Cordoue, mais il y fut battu en 1503 par le général espagnol Hugues de Cardone.
On traverse sur un pont-viaduc le Petrace, célèbre par ses oliviers. La voie longe à dr. la mer Tyrrhénienne, tandis qu'à g. elle semble suivre la lisière d'un immense jardin. - 431 k. Station Palmi.
À 4 k. env. (45 min.) de la gare, à mi-côte du Mont S. Elia, au milieu de beaux oliviers, avec une vue splendide, Palmi (hôt.: Centrale, 9 ch; Nuova Palmi, 6 ch.; Trinacria; Romd), à 250 m., petite ville de 11.771 hab., fondée au XV« s. et presque complètement détruite plusieurs fois par les tremblements de terre, surtout par le dernier en 1908. C'est un centre important de production et de commerce de vins et d'huile.
ASCEXSIOX au Mt s. Elia, 572 m., en 1 h. 30 à travers de belles olivettes. Du sommet, *vue magnifique sur les côtes delà Calabreetde la Sicile et les îles Lipari. - Excmsiox à Sixôpoli, 24 k. de route, autobus, 1-3 dép. par j. de la gare de Palmi, eu 2 h. env., 7 L. 20. On passe par Palmi, (9 k.) Seminam, V. ci-dessus, (16 k.) Melicuccà. - 24k. SinàpoU, à 502 sur une colline au pied de l'Aspromonte. De là on peut faire, par un chemin muletier, puis par un sentier, I'ascexsiox au Moxtaito, 1.956 m., la cime la plus haute du groupe d'Aspromonte, d'oii l'on a une vue splendide.
De Palmi en allant vers le S. on rencontre très fréquemment encore des traces de la dévastation causée par le tremblement de terre de 1908, p. 392. On voit encore en beaucoup d'endroits des groupes de maisons complètement détruites et des villages entiers de baraques en bois. - La côte est toujours merveilleuse, plantée d'oliviers, d'orangers, de citronniers et de châtaigniers; mais la vue est interrompue fréquemment par des tunnels. - 450 k. Seilla (hôt. Baviera), petite ville détruite en 1908 et en bonne partie reconstruite, avec le rocher mj'thique de Scylla, faisant face au promontoire du Phare.
Le rocher de Seylla ainsi que le gouffre de Charybde, p. 440, est représenté dans r Odyssée comme un monstre marin aux sept tête^,
Réggio. À RÉGGIO DE CALABRE R. 6; carte, p. 436. 391
dévorant les navigateurs qui s'approcliaient. La légende est due aux tourbillons que produisent en réalité des coiu^ants violents de haute et basse marée qui se croisent; mais ils ne forment pas un danger sérieux, même pour les petites embarcations.
Depuis longtemps déjà, mais particulièrement à partir de Scilla, le *paysage vers la Sicile est d'une incomparable beauté. Le parcours mériterait d'être fait avec lenteur sur la route, plutôt qu'en chemin de fer. La végétation est splendide; les aloès et les nopals se mêlent aux palmiers. Tunnels mesurant ensemble 3.386 m. de long.
459 k. \'illa S. Giovanni (buffet), gare où descendent les voyageurs allant directement à Messine par les ferry-boats, p. 440. Les trains directs vont jusqu'à l'embarcadère. - La voie suit la côte en offrant au regard le magnifique tableau formé par le détroit, Messine et l'Etna. - 471 k. Réggio Calâbria Succursale, station succursale près du centre de la ville. - 473 k. Réggio Calâbria Centrale, à l'extrémité de la ville, gare où descendent les voyageurs à destination de la ville. Pour aller à Messine les trains atteignent la stat. Réggio Porto (1 k. env. au N. de la ville), d'où partent les ferry-boats.
RÉGGIO, appelée di Calâbria pour la distinguer de l'autre Réggio en Emilie, presque entièrement détruite par le tremblement de terre de 1908, et aujourd'hui en bonne partie reconstruite (45.470 hab. en 1921) est située dans une contrée fertile, abondante en fruits, surtout en oranges, figues, amandes. La vue sur le Détroit et les côtes de la Sicile est admirable.
Hôtels: Centrale, via Asclieuez, [ Fiacres (tarif municipal): dans la
60 ch., gar., bon; Internazio?iale, \ ville, 1^" h. 5 L. 50, chaque Î4 h.
via Torrione, 31 ch.; Centralino, pi. suivante 2 L. 25; hors de la ville
S. Marco, 8 ch., bon rest.; Spadaro, faire prix à l'avance.
viaTorrenteCaserta,22ch., construc- Autos: quelques-unes avec taxi-
tion en bois; Savôia, via Garibaldi, mètre; pour les autres faire prix
près de la gare centrale, 20 ch.; à l'avance.
Commercio, 20 ch. Autobus: pour S. Stéfano, 33 k..
Restaurants : Fata Morgana, 1 dép. par j. de la via Romana,
corso Garibaldi, 272. [ 13 L. 45.
Cafés: Garibaldi, corso Garibaldi; , Bureaux publics: Hôtel de Ville,
Siracusa, au théâtre Siracusa; Gam- j pi. Vitt. Em.; Poste, Télégraphe,
brimit, corso Garibaldi. | Téléphone, via Blanchi.
Rhéqion ou Rhégiwn, ville fondée par les Chalcidiens, auxquels vinrent s'ajouter des Messéniens, en 723 av. J.-C, florissante sous le règne d'Anaxilas, fut détruite par Denys l'Ancien de Syracuse en 387, puis elle tomba au pouvoir des Mamertins et fut repeuplée par les Romains. Elle fut toujours prospère sous les diverses dominations à cause de son heureuse situation, se releva toujours, malgré les pillages répétés des pirates et surgit aujourd'hui de ses ruines entassées par les tremblements de terre. Réggio, qui avait été reconstruite avec des rues larges et assez régulières après le tremblement de terre de 1783, fut encore une fois à moitié dé-
392 R. 7. D'AJS'CÔNE À F<5GGIA Renseignements.
tniit€ par celui du 28 décembre 1908. Sur 35.000 hab., 5.000 moururent et toutes les maisons non abattues furent toutefois gravement endommagées. Actuellement les travaux de reconstruction sont déjà avancés; les bâtiments antisismiques sont généralement à un seul étage, en béton avec charpente à treillis de fer. La disposition est la même que précédemment: rues horizontales étagées à flanc de coteau, parallèles à la mer et reliées par des rues moins grandes, descendant vers la côte. Une partie de la population vit encore dans des baraques -en bois construites aussitôt après le tremblement de terre. - Il reste deux tovurs puissantes du Château et le pavement en mosaïque de l'église degli Ottimati. Il y a un Magasin Archéologique dans les souterrains de l'École Normale d'Institutrices, où l'on voit de superbes terres cuites, des vases, des petits bronzes très lins et des marbres. Il y a aussi un Mn?ée Municipal, à l'extrémité S. de la via Marina, où sont réimis des objets préliistoriques, grecs, etc., des monnaies et des fragments d'un polyptyque, attribué à Antonello da Messina (s'adresser à la Direction du Musée dans le bâtiment de l'Istituto Tecnico).
Ch. de feb Réggio de Calabre-Métapoxte-Tarente-Brîndisi, p. 428. - Traversée du Détroit par ferry-boat, p. 440.