MESSINS
Aïessine (en ital. Messina), la Zancle des grecs, du mot ZanclQS (faucille) à cause de la forme du rivage, ravagée par les tremblements de terre de 1783 et du 28 déc. 1908, étendue en croissant au pied et sur les premiers contreforts des Mts Peloritani, est encore un amas de ruines, d'où surgissent lentement les nouveaux édifices. Une certaine partie de la population (120.000 hab. en 1901; 84.000 victimes lors du
PROPR. DELTC.I.-RIPROD.VIET.
UFF. CARTOGR. DEL T.C.I.- Capo Cariografo : P.CORBELLINI
Hetiseignementsi.
MESSINE R. 11; plan, ci-coiûre. 44l
tremblement de terre de 1908; 114.051 hab. en 1921) vit encore dans des baraques en bois. Le port de Messine, un des plus vastes et des plus sûrs de la iMéditerranée, est un point de relâche pour la plupart des bateaux qui font le service des ports de l'Orient.
Arrivée. - Los ferry-boats abordent au (luai près de la citadelle (PI. 5 D) à côté de la Gare du Port {Messitia Porto), où stationnent des voitures et des auto-taxis. Les directs du continent, déch?\rgé3 du bac, de la gare du port continuent jusqu'à la Gare Centrale (Messina Centrale: PI. 4 D; à 500 m. au S.-E.
du port; bon buffet), puis à Catane ou à Païenne. Les directs à destination du continent, de la gare centrale continuent jusqu'à la gare du port où ils sont chiirgés sur le bac.
Wagons directs poux Naples et pour Konie. - Les- bateaux abordent à la Dotjajia (PI. 4-5 C). - Embarquement ET débarquement: chaque voyageur, sans bagage, 1 L., avec bagage, 2 L.; bagage de poids supérieur à 100 kg., 1 L. tous les 50 kg. Enfants de 5 à 12 ans, demitarif.
Hôtels: Grand-Hôtel (ancien Pagliari: PI. 3 B, c), en niaçonnerie.viale S. Martino, 75 ch. avec eau courante, jardin, et restaurant; Select{V\. 3 B-C, b), en maçonnerie, via Torrente Portalegni, 70 ch. dont 7 avec salle de bain, eau courante dans toutes les ch.; Venézia (PI. 4 C, d), en maçonnerie, pi. Cairoli, 40 ch. avec eau courante, rest.; tous trois de second ordre; Moderno (PI. 4 C, g), en maçonnerie, via G. Natoli, près de la g.ire, 23 ch.; Belvédère (PI. 4 C, f), Viale S. Martino, 55 ch., et d'autres moderstes.
Restaurants: Riccardi, à la gare centrale, bon; Gran Bretagna, via Terranova, coin Viale S. Martino, bon; Gambrinus, Scardino, tous les deux via Luciano Manara.
Cafés: Itûlia, Viale S. Martino; Irrera, Viale S. Martino, coin via XXVII LugHo; Graa Bar, pi. Cairoli; Archimede, Viale S. Martino, coin via S. Cecilia; Lombarde, Viale S. Martino, coin via Milano.
Voitures publiques (tarif municipal): de la gare centrale ou du port au Pont sur le torrent Zaera,
2 L.; excursion au Capo del Faro, 26 L., aller et ret., 32 L.; au Ritiro, 6 L., aller et ret., 9 L.; à Galati le long de la mer vers le S., 10 L., aller et ret. 13 L.; à Giampilieri, 25 L., aller et ret. 32 L. - Service à l'h. en ville: la 1" h. 4 L., chaque h. suivante 3 L.; promenade, 10 L. à l'h.
Auto-taxIs: 1" k. ou 12 min.
d'arrêt, 4 L.; chaque 200 m. suivants ou 2 min. d'arrêt, 60 c. Service après 8 h. du soir, surtaxe de 50%; chaque valise ne pouvant pas être transportée à l'intérieur de l'auto, 1 L. - De Messine à Ganzirri, 60 L., avec retour 70; à Torre del Faro, 70 et 75; à Campo Inglese, 100 et 120; à Colle S. Rizzo, 60 et 80; à Castanea, 90 et 110. Pour une com'se aller et retour dont le prix est inférieur à 50 L., arrêt de ^ h.; jusqu'à 100 L., arrêt de 1 h., audessus de 100 L., 2 h.
Trams électriques: trois lignes urbaines: 1 (écriteau vert) de Gazzi au Villaggio Ritiro sur la route de Palerme; 2 (écriteau vert) de Gazzi par le Viale S. Martino à la gare du port; 3 (écriteau blanc) de Gazzi à l'église de l'Annunziata et au Musée (près de l'église S. Francesco da Pâola). - Deux Wjnes suburbaines:
de Messine à la Punta del Faro, 1 dép. par h., en 1 h. (écriteau rouge); de Messine à Giampilieri le long de la côte vers le S., 1 dép. par h., en 1 h. 15 (écriteau rouge).
Bains: Albergo Diuriio Modernissin'o, via Solfcrino, coin via Garibaldi; Pugliatti, corso Cavour; De Payquale, via Maddalena.
Agence de voyages et de renseignements: Orlandi et fils, ïorreiite Portalegni.
Bureaux publics: Hôtel de Ville, actuellement via Ugo Bassi et Viale S. Martino; un nouveau palais est en construction via Garibaldi et via Cavour; Poste, Télégraphe et Téléphone, pi. Cavour.
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Zancle, cité des Sicules peut-être, puis des Cuméens et des Chalcidiens, fut occupée, vers 493 av. J.-C. par Anaxilas, t>Tan de Ehégion, p. 391. Celui-ci l'appela Messana, en souvenir de la ville grecque de Messène, dont il était originaire. Elle lutta ensuite contre Syracuse, mais elle fut prise et détruite; s'étaut relevée, elle tomba en 288 au pouvoir des Mamertins, soldats mercenaires de la Campanie. Elle devint l'alliée de Rome en 264, et prospéra sous l'Empire byzantin et siirtout sous les Normands. Elle vécut des jours d'héroïsme dans sa résistance à Charles d'Anjou, qui l'assiégea en vain en 1282; mais, plus tard, elle déclina, pour s'être révoltée contre les Espagnols, au XVIIP s. Presque entièrement détruite par un tremblement de terre, en 1783, elle se releva plus belle et joua un rôle remarquable dans les guerres de l'Indépendance italienne; mais un autre tremblement de terre, en 1894, lui causa de graves dommages et le dernier (1908) la détruisit complètement.
Messine est la seule d'entre les villes de la Sicile, qui ait eu, dans son histoire artistique, une véritable continuité, remontant à la période normande, surtout dans la peinture à laquelle elle a donné le grand Antonello, dit da Messina. Celui-ci perfectionna la technique de la peinture à l'huile et exerça une grande influence sur ses contemporains. Son art dérive de cplui des Flamands, de Giov. Bellini et de Piero Délia Francesca.
Avant le tremblement de terre de 1908, Messine était une grande et belle ville d'environ 175.000 hab. Elle s'étendait le long du port, où s'élevait parallèle au quai la Palazzata, très longue et haute construction qui indiquait l'orientation des rues principales, dans la direction de la plage S.-N. Ces rues étaient traversées par des rues moins importantes qui descendaient de l'intérieur du territoire vers le port. En général, à cause de la qualité des matériaux et du mode de construction, les bâtiments étaient peu solides et très hauts; et les rues secondaires étaient étroites et tortueuses. Bien qu'elle eût été déjà éprouvée par de graves tremblements de terre, Messine était une ville au commerce très florissant, grâce à la position de son port, excellent mouillage et aussi parce que centre d'exportation des « agrumi » (plus de 100.000 tonnes par an).
Le tremblement de terre du 28 décembre 1908, qui eut lieu à 5 h. 20 du matin et dont une secousse dura 32 secondes, détruisit complètement la ville. La secousse, qui abaissa une partie du quai du port et qui en déchira de longues bandes, se fit sentir aussi en mer et produisit un violent raz de marée qui envahit les endroits bas de la côte, et surtout de la côte calabraise, p. 391. La vague atteignit de 2 m. 50 à 3 m. de haut à Messine, 3 m. 50 à Réggio, près de 6 m. vers Giardini et plus au S. et arriva à Malte 2 h. K après. Comme dans tous les tremblements de terre tectoniques, il y eut une série d'autres secousses avant que le sol n'eût repris enfin son assiette. L'observatoire de Catane en enregistra 50 dans la journée, puis de moins en moins, presque chaque jour, pendant deux mois, puis plus rarement jusqu'au milieu de l'année 1910.
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Le rivage s'afïaissa à Messine d'environ 66 cent, et à Réggio de 54. La catastrophe coûta la vie à environ 100.000 personnes dont 84.000 à Messine et dans le voisinage. Les dégâts matériels furent plus ou moins graves dans les différents quartiers de la ville, selon la position que les constructions occupaient et certaines d'entre elles demeurèrent presque intactes. Mais la plupart s'écroulèrent complètement ou bien il ne resta debout que les murs extérieurs, les toits dans leur chute ayant enfoncé et entraîné jusqu'au sol tous les plafonds. De tous les coins du monde on envoya des secours, on accourut et l'on s'occupa avant tout de l'érection de baraques en bois destinées à servir d'asile aux survivants du désastre. Ces baraques furent disposées, en général, suivant un plan régulier. L'État italien fit démolir presque tous les édifices qui étaient encore debout, et fit enlever d'une façon méthodique les décombres, en sorte que, à la place des vieilles maisons, il y eut une place immense sur laquelle se trouvaient isolés les quelques édifices qui restaient (entre autres le Théâtre, presque intact) et quelques-uns (comme le Dôme) qui s'étaient écroulés jusqu'au rez-de-chaussée, mais que l'on jugea devoir conserver pour leur valeur artistique.
De grosses difficultés, même d'ordre judiciaire, entravèrent la reconstruction des bâtiments; entre autres le fait que la plus grande partie des maisons avaient en effet autant de propriétaires que d'étages et que la mort ou la disparition d'un bon nombre d'entre eux, avec l'impossibilité d'établir la légitimité de la succession, du fait de la mort ou de l'éloignement des héritiers, ne permirent pas, pendant longtemps, de prendre des décisions définitives.
État actuel de la ville. - De la Gare Maritime ou de la Gare Centrale, gagner à l'O. le Viale S. Martino, principale rue de la Città Nuova, la ville neuve, qui s'étend vers le S.-O. Prendre ensuite la via deî Verdi (PI. 4-5 B C), où se trouve, à dr., S. Maria Alemanna, éghse du XIII« s. Tourner à dr. et s'engager dans la longue via Garibaldi, suivre à g. la via 7° Settembre, qui mène aux ruines du Dôme (PI. 5 B), église normande, construite par le comte Pvoger en 1092, maintes fois remaniée et rebâtie en partie, à présent en reconstruction sur les plans de Francesco Valenti.
La façade s'est écroulée sur les portails: de ces derniers, celui de dr. est détruit; de celui du milif^u, qui était orné de décorations attribuées à Baboccio da Piperno(XV«s.) il reste bien peu de chose; celui de g. est intact.
Intérieur (90 m. de long). C'est une basilique à trois nefs et à trois absides; le toit s'est écroulé. Les 26 colonnes monolithes de granit, provenant, croit-on, du temple de Neptune à la Punta del Faro, sont
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renversées. On y voit des sculptures d'Antonello Gagini le Vieux, de Del Duca, de Mazzola et de Calamech, provenant aussi d'autres églises détruites, un riche pavement par Montorsoli, une Chaire par Andréa Calamech. Des 12 statuettes des Apôtres par Montorsoli, qui décoraient les parois, 8 seulement restent à leur place; les autres sont en restauration. Dans les trois absides, mosaïques célèbres des XIII^ et XIV^ s.: une abside est détruite; dans celle du milieu, belles stalles en bois, par Giorgio Veneto (XVI® s.). Magnifique Maître-autel intact, du X"\1P s., en marbres précieux.
En sortant, à dr., la Fontaine d'Grion, par Montorsoli (1547), en voie de restauration: autour, les nouveaux édifices publics (Postes, Hôtel de Ville et Préfecture); sur la colline, le Sanctuaire de Montalto (1911). En longeant le flanc dr. du Dôme, on arrive à l'Annuiiziata dei Catalani (PL 5 C), église normande du XII« s., raccourcie à l'époque de la domination souabe et dont l'abside est remarquable. De là, suivre vers le X. la via Garibaldi, ouverte sur le bord de la mer, après qu'on eut abattu entièrement la suite de palais qui formaient la célèbre Palazzata. À dr.. Fontaine de Xeptune (PL 5-6 C), par Montorsoli (1557; les statues de Neptune et de Scylla sont des copies); à g., le Théâtre Victor- Emmanuel (1852), presque intact et actuellement en voie de réparation; derrière, la statue de don Juan d'Autriche, par Calamech (1572). En s'engageant à dr. dans le Viale Principe Amedeo, on parvient à la Villa Umberto (PL 8 C): le beau monument de la batterie Sicilienne, par Buemi (1897), et, plus loin, au Musée Xational, où sont temporairement les objets échappés au désastre.
Parmi les choses les plus remarquables: deux stèles égyptiennes; la Vierge et l'Enfant Jésus, par Francesco Laurana; * Martyre de St Jacques, par Pompeo Batoni; St Jean-Baptiste, tableau d'ime grande finesse, de l'école hollandaise du XVP s.; la Vierge et l'Enfant Jésus, St Grégoire et St Benoît, admirable triptyque d'Antonello da Messina (1473), très endommagé par le tremblement de terre et restaiiré ensuite.
Au S. de la ville est le *Cimetière (PL 1 A) de 1872, sans doute le plus pittoresque d'Italie. C'est un vaste jardin, à la végétation luxuriante, étage sur la colline en face du détroit. De ses terrasses on a une *vue de toute beauté, embrassant la Calabre, le Phare, les îles Lipari et la mer Ionienne. On y voit aussi les restes d'un Panthéon, avec un grand portique ionique; 80.000 victimes du tremblement de terre ont été ensevelies dans ce cimetière. D'en haut, où se trouve une chapelle gothique, la *vue est particulièrement belle vers la fin de l'après-midi, La flore est également extraordinaire: parmi des arbres de toutes espèces et des fleurs multicolores qui croissent à profusion s'élèvent les édicules des tombeaux de famille presque tous respectés par le trem-
Excursions. MESSINE R. 11; carte, p. 436. 445
blement de terre. La visite du cimetière est très intéressante.
Promenades. Si l'on a le temps, parcourir la strada di circonvallazîone, le chemin de ceinture en amont de la ville; on y jouit de panoramas magnifiques et variés. Le Cadellaccio (45 min. du port) et le Fort Gonzaga sont aussi deux magnifiques belvédères. On a également une très belle vue du Forte S. Salvatore(Fl.6-7 T>) à la pointe extrême de la /awci'We.' on peut y aller en barque en traversant le port ou à pied en suivant l'arc du quai.
Excursions. La côte au N. et au S. de Messine est de toute beauté et offre de magnifiques excursions soit à pied, soit en voiture ou en tram: - 1° au N.-E.. à la * Punta del Faro (tram électr., 13 k., 12-15 dép. par j., en 1 h. 15), en passant par quelques villages et près des petits lacs de Ganzirri. De la Tour du Phare, *vue extrêmement pittoresque. - 2° à Giampilieri (tram électr., 14 k., 10-12 dép. par j., en 1 h. 15), le long de la côte S. au milieu d'une végétation merveilleuse. - 3° à la Badiazza (en passant par la route de Palerme), petite église normande du XIP s., autrefois remplie de sable et aujourd'hui restaurée. De là en 25 min. on gravit le Colle di S. Rizzo, 524 m., dans la chaîne des Mts Peloritani, d'où l'on peut monter par la crête au Mt Antennamare, 1124 m., merveilleux belvédère, d'où le regard embrasse la mer ïyrrhénienne avec les îles Lîpari et la mer Ionienne avec les côtes de Messine et de la Calabre.