‹ ItalieChapitre 57 sur 169 · VI. — Entre le Corso Umberto i'' et îa Via Xazionale · texte numérisé non relu

VI. — Entre le Corso Umberto i'' et îa Via Xazionale

bOMîiAlKE: la via XXIV Maggio, la place du Quiiinal, V. ci-dessous; le Palais du Quiriual, p. 94: les Quatre Fontainrs, p. 94; *Ste-Mariede-la-Victoire, p. 95; la Porta Pia, p. 06; Quartier Ludovisi, p. 96; Ste-Marie-de-la-Conceptiou, p. 97 le *Palai5 Barberini, p. 97; la Trinité-des-Mouts, p. 98; la Villa Médicis, p. 99; le *Pincio, p. 99; la *pl. d'Efcpagne, p. 100; la *fontaine de Tr-nù, p. 101.

Du Largo di Magnanapoli, p. 104, que l'on atteint de la pi. de Venise, par la via Cesare Battisti et la via IV Novembre, p, 102, part dans la direction du Quirinal, vers le N., la via XXIV Maggio (ex-via Quirinale) qui rappelle la journée historique où, en 1915, l'Italie déclara la guerre à l'Autriche. Presque au commencement, à g., est St-Sylvestreau-Quirinal, église refaite en 1524. C'est de là que se mettait en marche la procession solennelle des Cardinaux, qui allaient s'enfermer au Quirinal, quand s'y tenaient les conclaves, pendant la saison d'été. C'est là que Vittoria Colonna eut ses entrevues spirituelles avec ]\Iicliel-Ange et d'autres doctes personnages.

Dans I'Ln'TÉeieur (ouvert seulement pendant les premières heureg, le matin; aux autres heures, sonner à la petite porte de la façade, à dr.), 1" chap. à g., Eiu: le pavement, carreaux de Délia E.obbia, et socle sur lequel sont représentés de petits amours pleins de vivacité et, sur les côtés, de beaux paysages, par Maturino et Polidoro da Caravâggio; dans la coupole, David, Judith, Esther, Saloinon, par le Dominiquin.

La rue monte entre deux des plus charmantes résidences princières de Rome: à g., la Villa Colonna, p. 104, et, à dr.. le Palais Rospiyliosi, bâti par le cardinal Scipion Borghèse, en 1603, sur l'emplacement des Thermes de Constantin. Il ap-

la pi. du Quirinal. ROME R. 1; plan, p. 1. 93

partint plus tard au cardinal Mazarin, qui le fit agrandir par C. Maderna. On ne peut visiter le Palais que sur une recommandation spéciale. Mais le public est admis dans une de ses dépendances, le Casino.

Dans le bâtiment appelé Casino RospIgiiosI PallavicinI (PI. II 17), il y a une colloct ion d'œuvres d'art. À présent les salles sont fermées et vont être complètement restaurées et réorganisées. Nous donnons ici la liste des principales œuvres d'art qu'on y voyait naguère. - On passe dans la Cour intérieure, on entre à g. et l'on monte. Quelques sarcophages antiques. On pénètre à ?. dans le Salon; au plafond, 1' * Aurore, la célèbre fresque du Guide, qui se distingue par le charme du coloris. 4« Ste Famille, par Simone da Pésaro; 6, St Jean, écolo de Léonard de Vinci; 21, La Vanité, attribuée au Titien; 27, Portrait d'homme, par Van Dyck. - Salle 1 DR.: 43, le Péché originel, par le Dominiquin; 36, le *Triomphe de la chasteté, par Lorenzo Lotto; 51, St Barthélémy, attribué à Uibéra; 52, la Ste Famille, par Luca Signorelli; 55, Samson, attribué à Louis Carrache. - Salle i G.: 98, un Enfant, par Nicolas Poussin; 100, Andromède, par le Guide; le Christ et les Apôtres, par Rubens; 70, le Triomphe de David, par le Dominiquin; 82, Adam et Èce, par Palma le Vieux.

On débouche sur la pi. du Quirinal (PI. II 18), place vaste et solennelle, une des plus caractéristiques de Rome, avec ses deux Palais, du Quirinal en face et de la Consulta à dr. Ces deux édifices bornent la place de deux côtés; sur le côté S. se trouve une balustrade, au-dessus de la via délia Dataria, d'où l'on a une très belle vue, embrassant le centre de la ville, sur hiquelle se détache au loin la coupole de St- Pierre.

D'un côté de la place, isolés, s'élèvent les *Dompteurs de Chevaux, statues colossales de 5 m. 60 de haut, tenant des chevaux qui se cabrent. La tradition veut qu'elles soient de Phidias et de Praxitèle. Elles furent trouvées dans les Thermes de Constantin (V. ci-dessus) et elles furent placées là par Sixte V. Pie VI érigea l'obélisque entre les Dompteurs, et Pie YII ajouta la grande vasque de granit gris brun, avec un jet puissant d'Acqua Felice. La vasque, primitivement aux Thermes, fut plus tard transférée au Forum Romain. Statues, obélisque et fontaine, avec le cadre que forment les grands palais et la vue de Rome, constituent un tableau incomparable.

Les deux statues qui, selon diverses interprétations, représenteraient Alexandre domptant Encéphale, ime course, ou des dompteurs, mais qui, généralement, sont considérées comme figurant les Dioscures, Castor et Pollux, sont de bonnes répliquf^s d'excellentes œuvres grecques, attribuéesauIV® siècle, réplifiues exécutées peut-être sous l'Empire, par quelque artiste romain. Les inscriptions qu'on lit sur les bases: opus Phidiœ; opus Praxitelis, ont été probablement gravées vers 450, quand on restaura les Tliermes, et elles ont été refaites sous Sixte V. C'est de ce» statues que le lieu tire sou nom, qu'il a conservé jusqu'à aujourd'hui, de Monte Cavallo. L'obélisque, non compris le piédestal, a 14 m. 45; il provient du Mausolée d'Auguste.

9i R. 1; plan, p. 1. EOME le Palais du Quirinal,

Au coin de la via XX lY Maggio, au commencement de la descente de la via Dataria, il y a une partie des Écuries Royales (de 1722). Ensuite, se trouve le Palais de la Consulta (PI. II 18), jadis siège du Tribunal de la Santa Consulta, puis du Ministère des Affaires Étrangères, auj. du Ministère des Colonies: façade exécutée sur les dessins de Fuga (1739; à l'intérieur, grand et bel escalier caractéristique). En face, le Palais du Quirinaî, au front majestueux s'élevant sur la place légèrement en saillie, au flanc très vaste vers la via del Quirinale, mais sans intérêt au point de vue architectonique. C'est la résidence du Roi d'Italie. Commencé sous Grégoire XIII, sur le terrain d'une villa du cardinal d'Esté, par Flaminio Ponzio et Ottavio Mascherino, en 1574, pour donner aux Papes un séjour d'été, continué par Domenico Fontana, Carlo ]Maderna, le Bernin et Fuga, il fut achevé sous Clément XII. Le portail principal est du Bernin.

L fut la résidence d'été habituelle des Papes. Sixte V y mourut; de aorabreu,ses cérémonies officielles y ont été célébrées et plusiem-s conclaves s'y sont tenus. C'est de là que sortit Pie VII, prisonnier de Napoléon; c'est du balcon que Pie IX bénit l'Italie, aux premiers jours de son pontificat. C'est dans ce Palais, devenu le palais du roi d'Italie, qu'est mort Victor-Emmanuel II, le 9 jan\-ier 1878. La grosse tour que l'on voit à g. du portail fut ajoutée soils Urbain VIII. - L'Intérieur du Palais se ^à^ite seulement en l'absence des Souverains. Visite de 12 à 14 h.; demander l'autorisation, via del Quirinale oO de Ki à 12 h. le jeudi et le dim.; pas de pourboire. En entrant par la porte principale, on monte le grand escalier à g. au fond de la galerie. On y voit le *Christ dans sa gloire entre des Anges, magnifique fresque de Melozzo da Forli, autrefois dans l'église des Sts-.A.pôtres, p. 103. Dans la Salle du Trône, fresques de Lanfranco et de Saraceni; dans la Chap. Pauline, ornée de stucs, copie des Apôtres de Eaphaël, qui sont dans l'église St-Vincent-et-St-Anastase aux - Trois- Fontaines, p. 228, et tapisseries du XVIIP s. Les autres salles contiennent quelques œuvres de moindre valeur (copie du Triomphe d'Alexandre, par Thorwaldsen, de la Villa Carlotta, près du lac de Côme; dans la Chap. de l'Aimunziata, Annonciation, par le Guide). Grand Jardin, créé d'après les dessins de Maderna, non ouvert au public.

On prend la via del Quirinale, le long de ce que l'on appelle la Manica liinga du Palais. À dr., Jardin public, où est une statue équestre en bronze du roi Charles-Albert, par Rafîaele Romanelli, de 1900. Ensuite, il y a le Palais du Ministère de la Maison Royale et St-André-du-Quirinal, petite église, par le Bernin, de 1678, son œuvre de prédilection; intérieur au plan elliptique, riche et élégant. Plus loin, à dr., S. Carlino, église ultra-baroque, par Borromini, qui l'édifia de 1640 à 1667 et lui donna par bizarrerie les proportions et la forme d'un des piliers de la coupole de St-Pierre. On arrive ici au carrefour des Quatre Fontaines . endroit vraiment typique de la Rome de Sixte V, avec le quadruple fond que forment la Porta Pia et les trois obélisques du Quirinal. du Pincio et de VEsquilin. Les 4 petites fontaines des angles écornés des rues

Ste-Mane-âe-la-Victoire. ROME R. 1; plan, p. 1. 95

qui se croisent sont également du temps de Sixte V; elles représentent la Fidélité, la Force, VArno ou VAnio et le Tibre. On continue tout droit par la via Venti Settembre, longue rue rectiligne; à dr., le Palais Albani, par Fontana, de 1600, puis le grand Palais du Ministère de la Guerre, qui n'a rien d'intéressant, puis, la pi. St-Bernard, petite place irrégulière, où, à dr., en bas, est l'église St-Bernard, rotonde, avec une coupole qui ressemble à celle du Panthéon, sauf les dimensions, ouverte autrefois en haut comme cette dernière; c'était jadis une salle (peut-être un calidariiim) des Thermes de Dioclétien, p. 106. À g., Sfe-Siizanne, église très ancienne, refaite en 1475, avec façade de ]\Iaderna, de 1603; à l'intérieur, de style baroque, grandes fresques murales; ensuite, *Ste-Mariede-la- Victoire, (S. Maria délia Vittoria; PI. I 21), très belle église de Maderna, de 1605, avec façade de Giovanni Battista Soria.

L'Intérieur est peut-être un des exemples les plus complets qui soient à Rome de décoration de style baroque; il est remarquable par le luxe, la vivacité des coulem^ et la richesse des marbres. 2« chap. à di'., à l'autel, la Vierge et St François, et fresques: Vision de St François et St François avec les stigmates, par le Dominiquin; dans l'abside, fresque de Liiigi Serra, de 1885: Entrée triomphale à Prague de la Madone de la Victoire (d'où le nom de l'église) avec les armées catholiques: l'harmonie des teintes de cette grande fresque complète par son bel effet décoratif celles de la grande voiîte en berceau, qui sont remarquables pour leur fraîcheur et leur transparence; 4* chap. à g., *Ste Thérèse, ravie en extase par la ferveur de son amour pour Jésus, reçoit au cœur une flèche, lancée par un Ange souriant; chefd'œuvre du Bernin. Autour de la chap., aux deux petites tribunes se montrent des personnages expressifs et d'une grande vivacité, membres de la famille Cornaro de Venise ou élèves ou familiers du Bemin. Le Bernin serait la dernière flgm'e à demi cachée de la tribune de g.; 3<' chap. à g., la Trinité, par le Guerchin.

Au coin, à g., de la pi. St-Bernard, la Fontaine de l'Acqua Felice, alimentée par un aqueduc (1585-1587) dont l'eau provient de Colonna, dans les Monts Albains.

La fontaine (la façade) est de Domenico Fontana et de l'époque de Sixte V. La statue de Moïse est de Prospero Bresciano, qui, raconte-t-on, raoiu"ut de la douleur que lui (causèrent les critiques à l'adresse de son malheureux colosse. Le Aaron h. g., est de Giovanni Battista Délia Porta; le Oédéon, de Flaminio Vacca; les 4 lions sont une copie des antiques lions égyptiens, enlevés par Grégoire XVI.

En continuant, h g., on trouve le beau Palais du Ministère de l'Agriculture, de V Industrie et du Commerce, construit par l'ingénieur Cavagnari; puis, à d., le Palais du Ministère des Finances, édifice colossal, bâti par l'architecte RalYaele Canevari (1870-1877), devant lequel est la statue de Quintino Sella (par Ettore Ferrari) et enfin un bâtiment nouveau, qui a quelque chose de grandiose, le Palais de la Caisse des Dépôts et Consignations (Cassa Depositi e Prestiti).

La rue finit à dr. par le Palais de l' Ambassade d'Angle-

96 R. 1; vlan, p. 1. ROME la Porta Pia.

terre (ancienne Villa Torlonia), et à g. par la Villa Bonaparte, ancienne résidence de Pauline Borghèse, p. 82, dont le jardin embellit la rue, en lui donnant, grâce à ses hautes plantes, cet aspect noble et pittoresque qui est caractéristique de bien des endroits de la ville. La rue est barrée par l'arc élevé et isolé de la Porta Pla (PI. I 23), exécutée sur un plan bizarre de Michel-Ange, en 1561, sous Pie IV; la façade extérieure est de Vespignani (1868). À côté de la Porte est le jardin verdoyant de l'Ambassade d'Angleterre.

C'est par cette Porte que, le matin du 20 septembre 1870, entrèrert les soldats italiens, sous le commandement du général Raffaele Cadoraa; cet événement marqua la chute du gouvernement temporel des Papes. L'endroit précis où la brèche fut ouverte est à quelques; pas à g. de la Porte, à l'extérieur, sur le corso d'Itâlio; le souvenir en est rappelé par des pierres commémoratives et par une colonne de la Victoire (de 1S95; architecte: Aureli). À deux pas à dr. de la Port<a Pia. près d'une grosse toiu-, est l'ancienne Porte Nomentana, murée par Pie IV.

Rebrousser chemin et tourner à dr. pour suivre la via Servio Tullio (la 1^% vis-à-vis du :Ministère des Finances), laquelle aboutit à la piazza Sallustiana, où, derrière la Villa Pvlaccari, il y a des restes assez considérables (une construction à coupole avec 8 niches) de la Villa des Jardins de Salliiste (Villa degli Orti Salhistiani). C'est là que l'historien Caïus Crispus Salluste prodigua les richesses qu'il avait accumulées pendant qu'il était gouverneur en Afrique. Au delà de la piazza Sallustiana est la via Nerva, qui est pour ainsi dire le prolongement de la via Servio Tullio et qui débouche bientôt dans la via Boncompagni, rue rectiligne élégante, dont la conlinualion est la via Ludovisi, que l'on suit après avoir traversé la via Véneto. On est dans un quartier neuf et aristocratique, le Quartiere Ludovisi ou délie Regioni (du nom des rues, qui est celui des régions d'Italie). Arrivé, en longeant le splendide jardin planté de chênes verts de la Villa Margherita, à l'endroit où les rues se croisent avec la via Véneto, on voit dans toute sa beauté moderne ce coin typique de Rome. La via Vittôrio Véneîn, très large et bordée d'arbres, monte à dr., entre des hôtels et des maisons élégantes, jusqu'à la Porta Pinciana (où est une entrée de la Villa L^mberto 1°), érigée par Béhsaire vers 537. C'est un bel exemple d'architecture mihtaire byzantine. En tournant à g., dans la via Lombardia, on parvient à l'entrée du Casino de l'Aurore, au plafond célèbre où sont représentées l'Aurore et la Renommée, par le Guerchin, (de 1620; n'est pas visible). À g. de la via Boncompagni, la via Vittôrio Véneto descend en courbe" et c'est là qu'est la partie la plus intéressante de cette rue. On aperçoit à g., isolé, dans un jardin, précédé d'une e.spla-

Ste-Marle-(li>-ln-Concei)tinn. EOME R. 1; vlan, p. J. 97

nade qui lui donne du relief, le Palais Margherita, édifice magnifique, imposant dans sa simplicité, d'un style noble et d'inspiration classique. Il fut bâti par l'architecte Gaetano Kockj (1866-1890). Autrefois, il appartenait aux princes Bonconipagni Ludovisi de Piombino; depuis 1900, ce palais, avec la charmante petite villa voisine, enguirlandée de fleurs, est la résidence de la Reine Marguerite. La célèbre collection Ludovisi est maintenant au Musée des Thermes, p. 100. De \à, on descend jusqu'à la pi. des Cappiiccini, où est l'église Ste-Aïar!e-(le-îa-Concej>t!on(S. Maria délia Concezione;Pl. I 21), édifice d'une architecture très simple et très modeste, selon la règle franciscaine et en contraste avec l'art baroque de l'époque. Cette église fut fondée par le capucin cardinal Antonio Barberini, en 1624. La façade récemment restaurée s'élève au-dessus d'un escalier à double rampe.

Intérieur. Au-desRus du portail, copie de la Nacelle de Giotto, p. 174; 1" chap. à dr., St Michel, par le Guide; 3** chap. à dr., St François en extase, et St François mourant, par le Dominiquiu; 5» chap. à ûJ:.,St Antoine ressuscitant «/i mort, lar Andréa Sacchi. 1" chap. à g.. St Paul guéri par Ananie, par Pietro da Cortona; 5« chap. à g., La Vierge et St Bonaventare, par Andréa Sacchi. Devant le maître-autel, pierre tombale du cardinal 'Barberini (Hic jacet pulvls et cinis et nihil). - Un religieux accompagne dans 4 chap. souterraines (Cimetière), décorées de squelettes et des ossements de plus de 4000 capucins; sur le pavement de deux de ces chapelles, terre apportée de la Palestine. Le 2 novembre, ces impressionnantes catacombes sont éclairées.

La pi. des Cappuccini communique directement avec la piazza Barberini, au milieu de laquelle le Bernin dessina de la *Fositaine du Triton (1G40).

En tournant à g., dans la via Quattro Fontane, le long de cette magnifique rue rectiligne on trouve le *Palais Barberini (PI. II 21), un des plus grandioses de Rome, commencé par Maderna, en 1624, pour Urbain VIII, continué par Borromini, achevé par le Bernin. Il est isolé, dans un jardin qui donne sur la rue, avec une grille majestueuse œuvre d'Azzurri. Observer dans ses plus petits détails la frise avec les abeilles des armoiries.

Dans le Jardin, statue de Thorwaldsen, par Emilie Wolff, de 1874; dans le grand escalier, bas-relief funéraire grec et bas-relief représentant un lion. Quel-ines salles qu'on ne peut visiter que lorsque l'ambassadeur d'Espagne est absent (s'adresser au concierge), contiennent d'autres sculptures antiques et modernes et un plafond de Pietro da Cortona.

Dans l'aile dr. du Palais, la ^Galerie Barberini. Visite, p. 12. F« Salle: 10, 11, la Madeleine, Adam et Eve, par Pomarancio. - IP Salle: 43, Portrait de la fille de V artistes, par Mengs; 54, la Ste Famille, par Andréa del Sarto; 57, Anna Colonna, école espagnole; 45, 58, Enfant dormant, St André Corsini, par le Guide. Statue de la *Suppliante, sculptm-e originale gi-ecque, représentant ime jeune femme assise sur un autel et le regard tovuTié pieusement vers le haut, attribuée à Phidias. - 1II« Salle: 66, la Vierge, par Francia (?); 68, la Nativité, par Ghirlandaio; 69, * Frédéric d»

98 R. 1; plan, p. 1. ROME Galerie Barberini.

Montefeltro, par Juste de Gand; 81, la Vierge et St Jérôme, par Francla (?); 82, la Vierge, par Sodoma (?); 75, la Vierge, école de Giovanni Bellini; 79, la Ste Familh, par Lorenzo Costa; 80, la femme appelée la Fornariiia, la prétendue amante de Raphaël, tableau très restauré, attribué à Raphaël mais qui est probablement de Jules Romain; 90, * Jésus parmi les Docteurs, par Durer (de 1506, peint à Venise en 6 ]oiu:s; les mains sont très belles); 94, 106, Le soir, Acqua Acetosa, par Claude Lorrain; 100, la Priiicesse, par Bernard Strigel; quatorze Portraits d'hommes célèbres, autrefois dans le cabinet de Frédéric de Montefeltro, à Urbino, par Just de Gand et Giovanni Santi (dans quelques-ims, certains critiques prétendent voir la main de Melozzo da Forli). - IV« Salle: 111, Urbain VIII, par Andréa Sacchi; 102, Henriette de France, femme de Charles I" d' Angleterre, par Van Dyck (?); 115, Mort de Germanicus, par Xicolas Poussin; 118, une prétendue Béatrix Cenci, par Cagnacci et non par le Guide; 117, Luerezia Cenci, par Scipione Gaetano; 123, VEsclave, par un élève de Palma le Vieux; 127, Enlèvement d'Europe, mosaïque provenant de Palestrina, dérivée peut-être d'ime peinture célèbre d' Antiphilos, contemporain d'Apelle; 124, 128, Paysages, par Poussin; 130, St Jérôme, par Ribera; 134, 139, Marine, Castel Gandoljo, par Claude Lorrain.

On retourne sur ses pas jusqu'à la piazza Barberini et l'on continue par la via Sistina. Dans cette rue, depuis la période napoléonienne jusqu'en 1870, habitèrent la plupart des étrangers illustres visitant la ville éternelle. C'est encore une suite silencieuse de boutiques d'antiquaires. Au N° 126, demeura l'écrivain russe Xicolas Gogol; au X° 48, le graveur Giovanni Battista Piranesi (1720-1778), le sculpteur danois Thorwaldsen (1779-1884) et l'architecte et archéologue Luigi Canina (1791-1856). On débouche sur la pi. de la Trinitédes-Monts, qui a un aspect extraordinairement scénographique; vue de la place d'Espagne, p. 100. Une promenade au clair de lune est recommandée. C'est là que s'élève, depuis 1789, un obélisque, imitation romaine, autrefois dans les Jardins de Salluste, p. 96. L'église de la Trinité-des-?»Ioîits (PI. I 18) est de 1495; bâtie par ordre de Charles VIII de France, gâtée pendant l'occupation napoléonienne, elle fut restaurée par l'architecte De ^lazois, aux frais de Louis XVIII en 1816. Elle dépend à présent du Couvent des Dames du Sacré-Cœur et est une des églises françaises de la ville. L'escalier extérieur, orné de deux grands chapiteaux antiques, est du temps de Sixte V, dont il porte les armoiries.

IXTÉRIEUR (habituellement fermé; sonner à la porte du petit escalier latéral g.) divisé par mie grille en deux parties, dont une seule peut être visitée. Dans cette dernière, 3* chap. à dr., l'Assomption, par Daniele da Volterra, le meilleur élève de Michel-Ange, dont le portrait se reconnaît dans la dernière figure de dr.; 2* chap. à g., Descente de croix, chef-d'œuvre du même artiste, exécuté peut-être sur les dessins de Michel- Ange et autrefois très célèbre. - Dans l'autre partie de l'église, qu'on ne peut voir qu'avec une permission spéciale du Président des Établissements français en Italie (à St-Louis-des-Français, p. 68), il y a des fresques des écoles de Sodoma et de Raphaël, ime Apparition de Jésus à la Madeleine., attribuée à Jules Romain, des fresques de Perin del Vaga, ime Assomption des Zuccari.

Ui Villa Médicis. ROME R. 1; plan, p. 1. 99

En continuant, on trouve à dr. la Villa Médicis (PI. I 17-18), dont le palais bâti par Annibale Lippi pour le cardinal Ricci da IMontepulciano, vers 1540, fut acheté par le cardinal Alexandre de Médicis en 1605, puis par le pape Léon XI de qui les Grands- Ducs de Toscane l'héritèrent. Napoléon l'acheta en 1801 et en 1803 V Académie de France, fondée par Louis XIV en 1666, y fut transférée. C'est là que les jeunes artistes français ayant obtenu le « Prix de Rome » (peintres, sculpteurs, arhitectes, graveurs, musiciens) viennent se perfectionner pendant trois ans. C'est là qu'habita Vélasquez, en 1630, et Galilée y fut relégué de 1630 à 1633, par le Saint-OfTice.

La Villa est ouv. au public en oct-mai, le mercredi et le sam. de 8 h. à midi; t. 1. j. pour les Français. Si la grille est fermée, s'adresser au portier.

La façade extérieure est nue; pour la façade intérieure, qui est imposante et charmante, Lippi suivit les conseils de Michel-Ange. Le PARC, oii l'on accède par une petite grille aux lances dorées, est petit, mais suggestif et joli. Désert et silencieux, il renferme de nombreux restes de statues antiques (parmi lesquelles l;i *Tête de Méléagre de Scopas, peut-être l'original), des bustes modernes, un Bosquet sauvage; du « Belvédère v, on jouit d'un panorama très étendu (petit pourboire).

Vis-à-vis de la Villa, admirablement encadrée parles chênes verts-, est une célèbre *fontaine, mille fois reproduite par les artistes. L'avenue qui monte doucement offre un panorama d'une grande beauté, qui atteint son plus haut degré de magnificence un peu en avant de la grande terrasse du *Pineio (PI. I 14). C'est un parc fameux, créé par Gins. Valadier, architecte romain de l'époque napoléonienne (1809-1814), sur le .sommet de la colline du même nom, rendue jadis célèbre par les maisons des Pincii, les jardins de Lucullus et les orgies de Messaline. Près de la terrasse (46 m.), ont lieu des concerts très fréquentés; en général, le Pincio est animé l'après-midi et fourmille de monde les jours de fête. Vers le moment du coucher du soleil, les étrangers se donnent rendez-vous sur la terrasse, pour y contempler le *panorama. C'est un point de vue d'une renommée universelle, particulièrement beau le soir, lorsque coupoles et monuments se dessinent en couleur sombre sur le ciel lumineux. La coupole de St-Pierre acquiert alors un caractère grandiose et fantastique et sa ligne très pure domine la scène au point de retenir à elle seule l'attention.

Au fond, à dr., les cyprès solennels et les antennes radiotélégraphiques du Mt Mario; vers la g., le Vatican, des petites coupoles blanches de l'Observatoire à la coupole de Michel- Ange; encore plus à g., parmi les arbres du Janlcule, la statue de Garibaldi; un peu au-dessous, la Fontaine Pauline. Dans cet horizon, la partie centrale de Rome; devant, un peu à g., un grand dé blanc, le Palais de Justice, et par derrière, l'Ange du Château St-Ange. En suivant la ligne du Corso, on reconnaît la coupole de l'église S. Carlo et, tout près, la basse cpuvertur^ métallique du Mausolée d'Auguste; plus loin, le St Paul de la C^ifie';^.ÎIâie-Aiu-èle et un peu à dr., le petit arc avec la cloche de Mpntecitorio; lu fond, le monumejit de Victor-

Uiuvcrs^e • Otîawa • Un/vers/ty.

* Mao LihrAfM

100 7?. 2; plan, p. 1. ROME la j>L d'E-^paç/ne.

Emmanuel. Et pour clore le panorama, sur la ligne même du Pincio, le Quirlnal. Au-dessous, l'immense pi. du Peuple, d'où part la ligne droite - via Ferdinando di Savôia, ponte Margherita, via Cola di Rienzo - qui conduit aux bastions du Vatican. De la place, montent au Pincio des rampes commodes (arch. Valadier); avec des colonnes rostrales, les statues d'Hygie, de génies de la paix et du repos, des statues allégoriques: peuples vaincus, etc., et une statue équestre de Victor-Emmanuel II, p. 78. - La 'promenade du Pincio consiste essentiellement en un parc qui regarde la terrasse, à allées larges circulant entre des arbres magnifiques, dont un grand nombre sont des spécimens remarquables, et en une autre partie à allées toutes droit-es. Le viaîe dell'Obelùco, allée rectiligne vers le X.-E., va au point où depuis peu de temps on a relié le Parc à la Villa Umberto 1°, p. 82. Partout sont répandus les bustes des plus grands hommes dont l'histoire d'Italie rappelle le souvenir, des Eomains aux derniers martsrs de roppression aunichienrie, Oberdan, Savro, Battlsti et Eismcndo. Il y a des fontaines très pittoresques, teUes que celle de Moh'^e et celle de l'Horloge à eau. Près de l'entrée du parc, il y a un monument remarquable: le petit rnon. des frères Enrico et Giovanni Cairoli (d'Ercole Rosa, de 1883), morts à Villa Glori (octobre 1867), en tentant de soulever le peuple romain contre le gouvernement pontifical. U Obélisque de l'avenue du même nom fut placé là en 1822; il avait été érigé par l'empereur Adrien sur le tombeau d'Antinous, sur la %ia Lr.bicana. Tout près est la colonne qui rappelle le martjTe moral de Galilée, non loin de là, dans la Villa Médieis (V. p. 99). La promenade du Pincio est entourée, au X. et à l'E., de longues et fortes murailles, dont fait partie le Muro Torto, l'imique partie des Miu's Aiu"éliens que Bélisaire ne fortifia pas contre l'invasion des Goths. Les murs se voient bien du viaduc nni relie l'avenue de l'Obélisque (V. eidessiis) à la nouvelle allée qui mène à la Villa Umberto 1°.

Du Pincio, on peut atteindre la *Plaee d'Espagne (PI- 1 18), ou en descendant par la route jusqu'à la pi. du Peuple et de là, à g., par la via del Babuino, bordée de magasins d'antiquités, de photographies et d'objets d'art, et qui traverse un des quartiers préférés des étrangers, ou bien en retournant en arrière à l'Académie de France et à la Trinité-dcs-:\ionts et en descendant l'escalier devant l'église (ascenseur, 20 c; desc. 10 c). L'église et l'escalier, qui y accède, font à la place un décor spiendide; avec la Barcaccia, la Colonne de V Immaculée Conception, la via Condotti et la via Babuino, avec ses hôtels, ses magasins et ses fleurs, elle est un des lieux caractéristiques de Rome. Elle fut le centre romantique de la ville. C'est dans ses alentours que se trouve le célèbre Cajé Greco (via Condotti, à dr.), que presque tous les grands hôtes de Rome fréquentèrent et c'est dans les ruelles au X.-O. de la place, que se trouvent de nombreux atehers d'artistes. Encore récemment, on la regardait comme le centre où séjournaient les étrangers, mais en fait, ceux-ii se sont beaucoup déplacés vers la via Vittôrio Véneto.

L'escalier de la Trinité-des-Monts, qui descend en face de l'église, se compose de 137 marches, dont les groupes alternent avec des paliers en pente. Au pied, dans la matinée, il y a toujours une exposition bigaçr^e, très fréquentée, de fleurs. Il fut construit dé 1721 à î 725, 'par Alessandro Specchi

s. Andréa délie Fratte. ROME li. 1; plan, p. 1. 101

et Francesco De Saiietis. Ue\anl, au milieu de la place, est la Fontaine de la Barcaccia, imaginée par Pietro Bernini, père de Gian Lorenzo. Du côté opposé à l'escalier, s'ouvre la oia Condotli, où il y a beaucoup de magasins d'art et de curiosités et qui aboutit au Corso Umberto 1°.

Au S., la place s'élargit là où commence la piazzetia Mi~ gnanelU, où s'élève une Colonne commémorative de la proclamation du dogme de V Immaculée Conception, œuvre de Poletti. À dr., est le Palais d'Espagne, siège de l'ambassade d'Espagne près le Vatican; en face, le Palais du Collège de la Propagation de la Foi (Propaganda Fide), œuvre très remarquable du Bcrnin, et dont la façade sur la via di Propaganda est de Borromini (1627).

Le Collège fut fondé par Grégoire XV en 1627, agrandi par Urbain VIII, dans le but d'instruire les missionnaires. Au 2* étage il y a des collections eîhnographiiues.

Prolongement de la via del Babuino, la via Due Macelli commence à g. de la via Propaganda. Elle croise la via del Tritone et contiime par le Traforo Umberto 1° (œuvre de l'architecte Viviani, 1902-1905), tunnel, de 317 m. de long, de 15 m. de large, revêtu de petites briques blanches, sous les Jardins du Quirinal. Cette rue a, à son tour, pour prolongement, la via ?>lilano qui traverse presque aussitôt la via Xazionale el, passant au pied du Palais Viminal, nouveau -Ministère de l'Intérieur, aboutit à la via in Panisperna; elle doit être continuée jusqu'à St-Jean-dc-Latran.

Arrivé au bout du Palais de la Propagande, tourner à dr. et s'engager dans la via Capo le Case, où est l'église S. Andréa délie Fraite (PI. il 18), plusieurs fois remaniée, achevée par Borromini, qui ajouta le campanile bizarre. La façade est de Valadier (1826). Dans l'intérieur à une nef, avec une large et majestueuse coupole, il y a deux Anges, parle Bernin, et de nombreux tombeaux, parmi lesquels celui d'Angélique KaufTmann (dans le vestibule près de la petite porte latérale). - Retourner dans la via Due Macelli, tourner à dr. et, arrivé à la via del Tritone, tourner à dr., suivre cette dernière jusqu'à la via délia Stamperia, et aller à g. jusqu'à la *Fon(aine de Trevi (PI. II 18), la plus monumentale de Rome.

Elle est alimentée par i' i Acqua Vergine » qu'Agrippa fit conduire à Rome pour ses Thermes, en l'an 19 av. J.-C. et qui foiuTiit l'eau également aux fontaines de la pi. d'Espagne, de la pi. Navone et de la pi. Famèse. L'aqueduc, qui a plus de 20 k., pénètre dans la Villa Giulia. Léon Battista Alberti fit une simple et belle vasque qu'Urbain VIII restavira, dit-on, avec les recettes obtenues au moyen d'un impôt sur le vin; enfin, Clément XII commanda à Nie. Salvi l'œu^Te grandiose qui existe aujourd'hui, conçue, paraît-il, d'après une première idée du Bemin et qui fut achevée en 1762.

102 H. 1; plan, p. 1. ROME la Via Sazionale.

Le cadre de la fontaine est la façade S. du Palais Poli au œntre de laquelle, deux énormes tritons, dont l'un souflBe dans im buccin, conduisent un attelage ailé qui porte Neptune triomphant. Dans les niches latérales, à dr., la Salubrité; à g., Y Abondance; dans les bas-reliefs au-dessus, la Jeune fille (la Vergine, d'où vient le nom donné à l'eau) qui, selon la tradition, fit voir la fontaine aux soldats romains et Agrippa qui approuve le projet de l'aqueduc. Les -t statues en haut montrent la richesse des Saisons; au faîte, les armoiries des Corsini, avec deux génies. L'eau, élément essentiel et vivant de ^œu^^•e architectonique, jaillit avec l'abondance d'un fleuve (80.000 rac. par jour) et remplit de son fracas la petite place. Une tradition populaire, depuis des siècles, promet le retour à Rome au voyageur qui jette dans la vasque une pièce de monnaie.

En face, se trouve l'église St-Vincent-et-St-Anastase, refaite en 1650, avec une façade de style baroque, de Martino Longhi le Jeune. À l'intérieur, on conserve le cœur et les poumons des papes, depuis Sixte V jusqu'à Pie IX, exclusivement.

De là, la via délie Muraite mène au corso Umberto 1°, et la via San Vincenzo et les rues qui en sont le prolongement, conduisent à la via Xazionale.

VII. — De la Piaoe de Veuille à la Gare Centrale et à la PoIyeliiii(iue par la \ ia Xazionale.

Sommaire: la via Xazionale, V. ci-dessous; l'église des Sts-Apôtres, p. 103;. le Palais et la *C;alerie Colonna, p. 103; la *pl. dell'Esedra, p. 105; Ste-Mdiie-des-AngPS, p. 106; les Thermas de Dioclétien et le *Musée National Romain, p. 106; la Gare Centrale, p. 111.

De la pi. de Venise, p. 37, part, dans la direction X.- X.-E., la \'ia Xazionale, dont une partie, jusqu'au Palais de la Préfecture, vient de recevoir le nom de via Cesare Battisli en l'honneur du héros de Trente, pendu en 1916 par les Autrichiens, et une autre partie, jusqu'au Jardin Aldobrandini, celui de via 1 V Novembre. La via Xazionale est la rue la plus grande qui ait été percée lors des travaux de renouvellement entrepris par l'édilité de Rome. C'est une artère mouvementée de 1,500 m, de long, qui relie la pi. de Venise à la pi. des Thermes et à la gare centrale. D'abord, elle monte légèrement, puis la rampe est très forte vers la piazza Magnanapoli et enfin elle est douce et ondulée. Les maisons en général y sont sans importance artistique, mais il y a quelques palais vraiment imposants. Le soir, l'éclairage de la rue et des magasins rend la promenade agréable. À dr., aussitôt après le Palais des « Assicurazioni Generali » et l'élégant Café Faraglia, dans un renfoncement, est le Palais Valentini (Pré- Jectiire), édifice sévère de 1585. Dans la cour intérieure

Sts- Apôtres. ROME R. 1; plan. p. 36. 103

il y a 6 statues antiques, parmi lesquelles la plus importante est celle du fond, dans la niche à g.; elle date de la première moitié du V« s. av. J.-C. À g., s'ouvre la longue pi. des Sts-Apôtres, dans laquelle on voit, à g., la façade principale (du Bernin) du Palais Odescalchi et à dr., l'église des Sts-Apôtres (PI. C. 17), érigée probablement par Pelage I", en 560, sous les auspices de Narsès, en mémoire de la défaite des Goths, chassés du territoire. Cette église, agrandie et restaurée ensuite et presque complètement refaite par Carlo Fontana en 1702, fut restaurée encore en 1873. Dans l'ancienne église, était une coupole peinte par Melozzo da Forlî, qui fut détruite, moins les fragments conservés au Palais du Quirinal, p. 94, et dans la sacristie de St-Pierre, au Vatican, p. 179. De la place, on ne voit que la partie supérieure de l'église, parce que le magnifique et sévère portique à 9 arcades qui la précède, clos par une grille en fer, est surmonté d'un étage de style baroque, qui la fait ressembler à un pahus.

La partie la plus aucienue est le Portique, construit par Giacinto da Pietrasanta, aux frais du cardinal Délia Rovere, qui fut le Pape Jules II. À g.., mon. du graveur Giovanni Volpato, belle oeuvre de Canova, de 1807; à dr., *bas-relief provenant du Forum de Trajan: aigle qui tient dans ses serres une couronne de laurier; un liv^n, signé par un Vassalletto, deux lions byzantins, tombeau de Lorenzo Colonna, de 1484, par Luigi Capponi.

Intérieur très vaste, de style baroque, à trois nefs. La nef du milieu a environ 18 m. de large. Elle donne une impression particulière de grandeur, à cause de la fusion de la ligne des voûtes avec les puissants piliers et de l'abside avec la nef. En se plaçant près de l'entrée remarquer les effets de relief du groupe entortillé des Anges rebelles de Giovanni Odazzi, à la voût€ au-dessus du maître-autel. Au plafond, Triomphe de l'ordre de St François, par Baciccia; les Évangélistes, par Luigi Fontana. Au fond de la nef latérale dr., chap. avec 8 colonnes de l'ancienne église et, un peu en avant, sur le pavement, gra-ndes armoiries de la Camille Odescalchi. Au maître-autel, Martyre rfe St Philippe et St Jacques, par Domenico Muratori, le plus grand tableau de Rome; au mur de dr., tombeau du comte Oiraïtd de Caprières, et mon. du cardinal Eaffaele Riario; au mur de g., splendide mon. du cardinal Pietro Riario, par Mino da Fiésole. À la voûte de l'abside, la Chute des Anges, par Giovanni Odazzi. Dans la crypte, beau tombeuu Renaissance en marbre, de Raffaele Délia Rovere, m. en 1477, frère de Sixte IV et père de Jules II. - Nef latéralo g., au fond, mausolée de Clément XIV, œuvre que Canova exécuta à 20 ans; 2« chap., à g., St .Joseph de Copertino par ArrigoFiammin go, entre deux colonnes de vert antique, des plus grandes que l'on connaisse. - Dans le corridor à côté de l'église (il y a aassi une entrée extériem-e, au N» 51), tombeau du célèbre cardinal Bessarione et monument où fut enseveli Michel-Ange, avant d'être porté à Santa Croce, à Florence.

Reprendre la via IV Novembre: à dr., l'Église Vaudoise; en face, le Théâtre National, de 1 884 ; à g. le Palais Colonua f PI. C. 17), vaste édifice refait au XV IIP s. C'est là que, après l'annession du Piémont à la France, Charles-Emmanuel IV de Savoie, roi de Sardaigne, abdiqua, le 4 juin 1802, en faveur de son frère

04 R. 1; plan, p. 1. ROME la Galerie Colonna.

Victor-Emmanuel I", pour vêtir l'habit de la Compagnie de Jésus, Il renferme l'intéressante *Gaîerie Colonna. Visite, p. 12. Entrée, via Pilotta, N» 17.

I'« Salle: 1, Giacomo Sciarra Colonna, école de Ferrare; 4, Pompeo Colonna, par Augustin Carrache; 6, 17, l'Adoration du St Sacrement, Narcisse, par le Tintoret; 8, la Tentation de St Antoine, école de Jérôme Bosch; 9, Vénus et l'Amour, par Bronzino; 10, Lucrezia Tomacelli, par Van I)yck(?);

11, Réconciliation des Romains et des Sabins, par Bartolomeo di Giovanni;

12, la * Vierge et des Saints, par Bonifacio; 13, IsabeUa Colonna avec son fils, par Pietro Novelli; 14. VEnUvement des Sabines, par Bartolomeo di Giovanni; 15, la Vierge et St Pierre, par Palma le Vieux; 22, MarcarUonio Colonna, par Pietro Novelli; 23, Vittoria Colomia, par Girolamo Muziano; 24, Pompeo Colonna, par Lorenzo Lotto.

On descend à la II« Salle (riche décoration, par Antonio Pel Grande et Girolamo Fontana; plafond, par Ck>li et Glierardi: la Bataille de Lépante, où Marcantonio Colonna commanda la flotte pontificale; miroirs avec fleurs de Mario dei Fiori et Génies, de Carlo Maratta); 30, Portraits, par le Tintoret; 31, Cimoyi et Iphigénie, par Nicolas Poussin; 32, Pietà, par Albani; 35, Carlo Colonna, école de Van Dyck; 38, Portrait, par Scipione Gaetano; 39, Notre-Dame de Bon Secours, par Nicola Alunno; 49, Federico Colonna, par Sustermans. Au-dessus d'ime fenêtre, beau bas-relief grec. - IIP Salle: Magnifiques ^Paysages, par Gaspard Poussin; en outre: 62, Daphné, par Nicolas Poussin, et im meuble incrusté d'ivoire, par François et Dominique Steinhard.

IV« Salle (plafond de Pompeo Batoni et Luti, Apothéose de Martin V): 90, * Portrait, par Véronèse; 92, 116, la Vierge et d^s Saints, la Vierge et deux Saints, par Paris Bordone; 94, 95, Portraits, par le Tintoret; 96, Ste Agnès, par le Guide; 104, St Bernard, par Giovanni Bellini; 106, 1» Ste Famille, par Bronzino; 107, un Franciscain, par le Titien; 109, Portrait, par Girolamo da Treviso; 111, l'Enlèvement d'Europe, par Albani; 112, St Jérôme, par le Spagna; 115, le Mangeur de fèves, par Annibal Carrache; 118, Lorenzo Colonna, par Holbein (?). - V« Salle (Salle du Trône): tapis ancien; portulan ayant servi à Marcantonio Colonna à la bataille de Lépante; diplôme d'honneur donné par le Sénat. - VI* Salle: 120, 123, Madanes, par Mabuse (?); 122, la Ste Famille, par le Parmesan; 130, la Vierge, par Stefano da Zévio; 132, la Vierge, par Jules Romain; 134, le Crucifiement, par Jacopo Avanzi; 135, un Enfant, par Giovanni Santi; 136, la Vierge, par Bugiardini; 140, la Vierge, école de Botticelli.

Quatre arcades, au-dessus de la via Pilotta, relient le Palais à la Villa Colonna: beaux arbres et fragments d'im Temple de Sérapis (entrée par la via XXIV Maggio, N° 15; pourboire; visite le mercredi, de 31 à 15 h., deuinnder l'autorisation au palais Colonna).

La via IV Noveml^re tourne à angle dr. et continue à monter. On voit à dr. une tour du moyen âge des Colonna; ensuite, on peut jeter un coup d'oeil sur une partie du Forum de Trajan, p. 149, vers lequel descend un escalier. Le chemin, en tournant à g., s'élargit pour former la pi. Magnanapoli, où il y a, au milieu, une charmante oasis de palmiers avec des restes des murs de Servius Tullius. Là, la rue cesse de s'appeler de son nouveau nom de via IV Novembre, pour prendre celui de via Nazionale, qui, auparavant, s'étendait (et est encore dans l'usage) à toute la grande artère, jusqu'à la pL de Venise.

la pi. des Thermes. ROMP] B. 1; plan, p. 1. 105

À dr., derrière la façade de style baroque de l'église Ste-Catherine- de- Sienne, se dresse superbe la *Torre délie Milizie, du XIII» s., massive coastruction carrée et penchée, rétrécie aux deux tiers de sa haute lU". Le peuple l'appelle Tour de Néron, parce que c'est de là-haut que, d'après la tradition, cet emperexu" aurait contemplé l'incendie de la ville; en face, l'élégant décor de la Villa Aldobrandini; à g., beau coup d'œil sur le Qnirinal, p. 91. S'adresser au concierge de l'ancien Palais Antonelli (N° 158), poiu voir, à l'intérieur, les restes intéressants d'autres murt de Servius et d'une porte romaine, l'unique qui nous soit parvenue du retranchement de Servius, et qui serait la porta Fontinalis.

De là, la via Nazionale continue en formant une magnifique rue en ligne droite. À dr., le majestueux Palais de la Banque dltalie (PI. II 20) par Gaetano Koch, architecte romain, de 1886-1892. Ce palais aux lignes classiques, simples et grandioses, en travertin, est un des plus beaux de la Rome moderne; il est orné, dans sa partie centrale, des proues rostrées romaines et des armes de Milan, Turin, Florence et Rome; à g., entre les ailes du Palais Rospigliosi, p. 92, le Théâtre Apollo, ensuite, la Villa Hùffer, aux belles plantes, et la i>ia Milaiio avec le Tunnel (Traforo) du Qnirinal, p. 101 ; à dr., continue la via Milano.

Aussitôt à g., après le Tunnel, le Palais de l'fixposilion, (i'I. II 21) par Pio Piacentini (de 1882), d'inspiration classique, avec un grand arc central d'accès. C'est le siège des expositions artistiques.

Ensuite, à g., se trouve la petite église St-Vital, de 416, plusieurs fois restaurée. A l'intérieur, fresques de Gaspard Poussin, à dr., du Clievalier d'Arpin et du P. Pozzi, à g. On croise à g. la longue via délie Quattro Fontane et à dr. la via Depretis, au fond de laquelle est l'abside de Ste-Marie- Majeure; ensuite, à g., est le Palais Tenerani, à dr., St-Paul, église protestante américaine, de style gothique (de G. E. Street). Ensuite, à dr., vient la via Firenze, qui mène au Théâtre Costanzi, édifice grandiose, puis c'est la via Torino, qui a pour fond une autre partie de Ste-Marie-Majeure.

La via Nazionale aboutit à la vaste *pîaee des lliermes (Pi. II 24), bornée, en avant, par l'hémicycle des deux grands et harmonieux palais de Koch (l'Exèdre de Termini), avec la grande fontaine centrale (de l'Acqua Marcia), en face, par les bâtiments irréguliers et antiques des Thermes, et vers la dr. par les avenues qui mènent à la gare. Elle forme comme un vestibule fastueux et splendide à la ville moderne. La fontaine des Naïades, par l'architecte Guerrieri, 1885, est ornée de statues en bronze de Mario Rutelli, 1901; c'est une des plus grandes et des plus belles de Rome; le jet en est puissant et très haut; il est visible de tous les points de la partie rectiligne de la via Nazionale et, le soir, est Jéclairéj à J la lumière électrique.

106 R. 1; plan, p. 1. ROME Ste-Marie-des- Anges.

La place des Thermes tire son nom des vestiges colossaux des Thermes de Dioclétien (PL II 24), qui étaient les plus grands de Rome: ils furent inaugurés en 305-306, par les empereurs Dioclétien et Maximien; 3.200 personnes pouvaient en même temps y prendre leur b ain. La façade de ces thermes était à TE. ?^lichel-Angc fut chargé par Pie IV d'utiliser ces restes et il en transforma une partie en éghse, Ste-Marie-des- Anges, et une autre partie en Couvent et cloître pour les Chartreux. L'étendue de l'exèdre est marquée par les Palais de Koch; les limites des Thermes, à TO., sont indiquées par deux rotondes: l'une est à l'angle de la via Viminale et l'autre constitue l'éghse St-Bernard, p. 95.

Ste-AIarie-des-Anges (PI. II 24) se compose de la grande salle centrale (le Tepidarium, paraît-il) des Thermes de Dioclétien. Miciiel-Ange avait construit la façade au S.-E. En 1749 Vanvitelli en changea l'orientation, transporta l'entrée au S.-O. et érigea l'autel du bienheureux Albergati, là où était l'entrée.

Intérieltr. Le plan en semble singulier, car, d'après le dessin de Michel- Ange, le transept actuel était la nef centrale. On entre dans un vestibule octogonal. À dx., tombeau de Carlo Maratta; à g., tombeau de Salvator Rasa. On continue par un conidor (à dr., *St Bruno, statue expressive de Houdon) et l'on entre dans le transept, aux proportions colossales, impressionnantes, d'ime longueur de 90 m. 80, de 28 m. de haut et de 27 de large. Les 8 colonnes monolithes de granit rouge, de 13 m. 80 de haut, sont les anciennes, les autres sont en briques. Sm: le pavement est tracée xme méridienne qui est de 1703. Aux murs, grands tableaiix provenant presque tous de St-Pierre: de dr. à g., le Crucifiement de St Pierre, par Xicola Ricciolini; la. Chute de Simon le Magicien, copie, d'après Francesco Vanni; autel du Bienheureux Nicolas Albergati, par Van%*itelli; St Pierre ressuscite la veuve Tabithe, par Baglioni; St Jérôme et d'autres Saints, par Girolamo Muziano (le fond est de Paul Bril); après le maître-autel, à g., l'Immaculée Conception, par Pietro Blanchi; la Résurrection de Tabithe, par Placido Costanzi; autel de St Bruno, par Van\itelli; la *Chuie de Simon le Magicien, par Batoni; la *3Iesse de St Basile, par SublejTas. - Dans le chœur, à dr., la Présentation au temple, par Eomanelîi; Martyre de St Sébastien, par le Dominiquin; à g., la Mort d'Ananie et de Saphira (sur ardoise), par Eoncalli; le Baptême de Jésus, par Carlo Maratta. Dans l'abside, à g., mon. Pie ÎV, sur dessin de Michel-Ange; à dr. monument d'Antonio Serbelloni, inspiré du premier.

Sur la dr. de l'église s'étendent, avec leurs très belles plantes, les avenues qui conduisent à la gare. Du même côté est l'entrée du *Musée Xatlonal Romain ou des Thermes, grande collection d'objets d'art ancien trouvés après 1870, augmentée des antiquités du ]^Iusée Kircher, p. 71, et du ]\Iusée Ludovisi, p. 97, et qui s'accroît toujours et déjà rivalise avec les plus grands Musées du monde. Entrée dans l'allée conduisant de la pi. de Termini à la gare. V. le plan, cicontre. Visite, p 13. Directeur: M. le Prof. Comm. Roberto Paribeni. Guide, par le même, 4« édition, 1922, 10 L.

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