IX. — - Du centre à St-Jean-de-Latran et à la Porte Majeure
Sommaire: *St-Clément, V. ci-dessous; Sauti Quattro Coronati, p. 124; le *Baptistère de St-Jean, p. 125; *St-Jean-de-Latran, p. 126; le Palais et le *Musée de Latran, p. 129; la Scala Santa, p. 132; Ste-Croixde-Jérusalem, p. 132; la porte Majeure, p. 133.
Pour se rendre du centre à St-Jean-de-Latran, il faut d'abord rejoindre la via Cavour, ensuite suivre la via degli Annibaldi. Anixé au Colisée, d'où partent dans la direction duS.-E. la via Labicana et la via di S. Giovanni in Laterano, on prend cette dernière: après quelques minutes de chemin on rencontre *St-Clément. (PI. II 22), la mieux conservée des basiliques anciennes de Rome, dédiée au 3* pape après St Pierre et formée de deux églises superposées, édifiées sur des monuments antérieurs. L'église inférieure, que St Jérôme mentionne (392), fut le siège de conciles sous les papes Zosime (417) et Symmaque (499): restaurée au VHP et au IX* s., elle fut détruite en 1084, lors du pillage de Rome, par les soldats de Robert Guiscard. En 1108 Pascal II bâtit sur ses ruines l'église supérieure, en utilisant les marbres décoratifs de l'inférieure. La nouvelle basilique fut restaurée par Sixte V et par Clément XI d'après le plan de Stefano Fontana. Les fouilles dirigées en 1861 par le père Mullooly, prieur des moines irlandais du couvent voisin, ont permis de dégager l'église inférieure.
INTÉEIEUR. On entre habituellement par une porte latérale (PI. A), don- . nant sur la %ia di S. Giovanni; si elle est fermée, sonner à la porte principale (PI. B). Type de basilique à trois nefs, séparées par 16 colonnes antiques. La nef du milieu a un plafond du XVIII* s. où est représenté le Triomphe <fe St Clément, par Gius. Chiari et contient la Schola cuntorumiFl. C), provenant de l'église inférieure. L'aspect de St-Clément est essentiellement caractéristique: le pavé des Cosmas, les deux jubés, le candélabre, le pupitre, la *clôture du chœur et du sanctuaire à transennes, avec monogramme de Jean II (.533-535), le chœur exhaussé, la crypte, le maUre-autel avec le tabern-ade. les stalles des prêtres, le siège épiscopal, font de cett-e église l'exemplaire le plus complet et le plus parfait de la basilique primitive. Le baldaquin(P!. D) repose sur quatre colonnes en pavonazzetto. Les mosaïques au-dessus, fort belles, sont du XII* s. Sur l'arc triomphal, le Christ au milieu des symboles des Éva>igélistes; à dr. St Pierre et St Clément, la nacelle et les rames; Jérémie et Jérusalem; à g. St Paxd et St Laurent, Isaïe et Bethléem. Dans la voûte de l'abside: le Crucifix avec 12 colombes O^s apôtres). Marie et St Jean; du pied de la croix monte un cep de vigne entourant de ses spirales St J. -Baptiste, les Docteurs de l'Église et quelques Saints, tandis que les eaux de la Foi, jaillissant de la Croix, désaltèrent les cerfs et arrosent les pâturages du troupeau chrétien. Au-dessous, l'Agnus Dei avec douze brebis. Sur le mur de l'abside, le Christ, Marie et les Apôtres. - Dans la Xef de dr,: 2* chap. (PI. E), Épisodes de la vie de St Cyrille et de St Méthode, fresques par Salv. Nobili (1886), ensuite le beau tombeau de l'archevêque Oiov-anni Francesco Brusati, par Luigi Capponi (1485), le très beau tombeau du cardbuil Bartolomeo Rorerella (1476), par Andréa Bregno
St-Clément.
ROME
R. 1; vlan, p. 1. 123
et Giovanni Dalmata; S" chap. (PI. F), St Jea7i- Baptiste, st&tue de Simone Ghini (XV s.) et le toinbeau du cardinal Venino (XV« s.), pour lequel on utilisa les colonnes de l'ancien tabernacle. - Nef de g.: 1'* chap. (PI. G), fresques de Masaccio (1417) et Masolino. Sur le pilier de l'entrée à g., St Christophe; sur l'arcade, V Annoneiation; dans la voussure de l'arcade, les Apôtres; dans la voûte, les Évangélistes et les Pères de l'Église', à la paroi derrière l'autel, le Crucifîment par Masaocio; à la paroi de dr., la Vie de
L'ÉQLISB 8T-CLÉMBNT
st Ambroise (très détériorée); à celle de g.. la Vie de Ste Catherim d'Alexandrie (en haut: la Sainte disputant avec le souverain idolâtre; la conversion et le martjTe de la reine; la dispute avec les Savants; le martyre de la Sainte; torture et décollation. Une partie de ces scènes est due à Masolino). ÉGLISE Inférieure (découverte en 1857). On y descend par la sacristie (PI. H), le dimanche et les jours de fête exceptés (offrande d'une lire pour les fouilles; pourboire au sacristain). Cette église fut construite siu- un édifice du II» s. lequel avait été bâti Iui-)iiêine sur des constructions de l'époque républicaine. Les fouilles ont mis au jour une cellule contenant un simulacre de Mithra, et puisque l'on sait que c'est précisément là qu'était l'habitation de St Clément, on suppose que la maison appartenant au Saint fut confisquée et cédée aux prêtres de Mithra. Un large escalier, orné de fragments et d'une statue de Mithra, conduit au nabthex de la basiU-
124 R. 1; plan, p. 1. ROME St-C'lément.
que, lequel est décoré de fresques. À dr., une tête romaine, peut-être du IV* s., ensuite le Mirade de St Clément (fresque du XI^ s.) se rapportant à la légende du Saint. Selon cette légende, une chapelle s'élève au fond de la mer Notre, précisément où gît le corps du martyr. Une fois par an les ondes, se retirant, permettent aux pèlerins d'accéder à la chapelle. Or une veuve s'y étant rendue avec son enfant, le perdit dans la foule. Elle le retrouva l'année suivante miraculeusement sain et sauf, au même endroit, grâce au Martjrr qui l'avait gardé au fond de la mer, dans sa chapelle. Au-dessous de la fresque représentant cette scène naïve, St Clément et le donateur de la fresque; à g., le Christ bénissant selon le rite grec (exemple unique à Rome), au milieu des Saints et des Anges (fresque du X* s.). Au fond, sur le mur de dr., Translation du corps de St Cyrille du Vatican à St-Clément (fresque du XI« s.). - On entre dans l'église à trois nefs. La très vaste nef centrale est encombrée par les piliers qui soutiennent l'église supérieiure et par un mm: de soutènement qui divise son extrémité dr. Immédiatement à g. en entrant, des fresques du IX« s.: l'Assomption de Marie entourée des Apôtres, St Vite et Léon /F (de sou vivant et représenté avec le nimbe carré). Dans l'angle à côté, le Cruci- [îment, Marie visitant le tombeau, la Descente aux Limbes Aos Noces de Cana. À dr., l'Histoire de St Alexis (XP s.), revenant incognito chez lui et, après y avoir passé 17 ans couchant sova l'escalier, remettant au pape, avant de moiurir, l'histoire de sa vie, histou-e qui le fera reconnaître par sou père et par son épouse. Au-dessus: le Christ au milieu des Anges et des Saints. Plus loin, l'Histoire de Sisinius: le païen Sisinius suit en cachette sa femme, qui est clirétienne, pour s'emparer du pape, mais il est soudainement frappé de cécité; dans les peintmres au-dessous: Sisinius commandant à ses gens de saisir le pape; ces derniers, devenus aveugles, transportant au contraire une colonne (il est plus probable que cette dernière fresquo se rapporte à la construction de la basilique, comme le démontrent les phrases explicatives écrites par le peintre et qui constituent un des pniniers documents de la langue italienne). Au-dessus: intronisation de St Clément par St Pierre, St Lin et St Clet, ses prédécesseurs sur le trône papal.
Nef de dr. Dans ime niche, une Madone byzantine (V* ou VP s.); des Saintes byzantines portant le diadème et le Christ, à la figure juvénile, imberbe. Les fresques latérales, très détériorées, devaient représenter le Concile de Zosime, l'Histoire de Tobie, le Martyre de Ste Catherine. Au fond de la nef: le Christ, flgiu-e byzantine, du VII^ ou du VIII« s. - Nef de g., traces d'anciennes fresques aux sujets incertains et restes d'im tombeau: peut-être celui de St Cyrille, l'apôtre des Slaves. - On descend sous l'abside, aux CONSTRUCTIONS ROMAINES: immédiatement à dr., restes probablement de l'ancienne Monnaie de la République (11^ s. av. J.-C), puis deux locaux de l'époque impériale, à la voûte ornée de stucs, ayant peutêtre appartenu à la maison de St Clément; enfin le Sanctuaire de Mithra. Au milieu de ce dernier, le cippe sur lequel le dieu, coiflté de son bonnet caractéristique, est représenté immolant un t^aureau au Soleil; la voûte imite celle d'xme caverne.
La porte centrale, presque toujours fermée, est précédée d'un porche, ainsi que les entrées de l'atrium: éléments caractéristiques des églises très anciennes. Le portail est un des rares exemplaires complets d'art byzantin que Rome possède (IX* s.). Il s'ouvre sur une cour où donne la façade de l'église, cour entourée d'un portique, solitaire, herbue, où une petite fontaine coule à l'ombre des lauriers-roses.
La via dei Querceti, puis à g., la via Ss. Quattro conduit aux Ss. Quattro Coronati (Quatre Saints Couronnés; PI. IL II 1 22)
Santi Quattro Coronati. ROME R. 1; plan, p. 1. 126
église caractéristique à l'aspect de forteresse moyenâgeuse. Érigée au IV<^ ou au V"^ s., détruite par les Normands, elle fut reconstruite, mais en plus petites dimensions, par Pascal II (1111) et restaurée en 1914. Son nom dérive de la tradition pieuse selon laquelle cinq sculpteurs de la Pannonie se refusèrent à sculpter une statue d'Esculape et quatre soldats romains à l'adorer (Sts Sévère, Sévérin, Garpophore et Victorin), préférant tous le martyre au parjure. Les tailleurs de pierre romains (scalpellini) reconnaissant dans ces cinq sculpteurs-martyrs leurs patrons, ont une chapelle spéciale, dans cette église.
Une petite cour verdoyante précède le pre nier portique: de celui-ci, en passant sous le clocher trapu, on arrive au second parvis (en remarquer les colonnes antiques) qui jadis était enclos dans la nef du milieu.
L'Intérieur est à trois nefs avec ime abside disproportionnée et des galeries pour les femmes (matronées). Le pavé est une œuvre des Cosmas (XIIP s.). Sur la façade et la nef de dr. des fresques du XIV« s. Siu le pilier de g. de la nef du milieu, un beau ciboire du XV* s. L'abside est décorée de fresques baroques de Giov. da S. Giovanni (1630), représentant l'Histoire des Quatre Couronnés et la Gloire de tous les Saints. Dans la crypte, les tombeaux des (luatre Saints. De la nef de g. on passe dans le CLOÎTRE ravissant et suggestif, datant du commencement du XIIP s. - En sortant, pntrer à g. et visiter la très ancienne chap. de St-Sylvestre, donnant sur le second parvis (pourboire au sacristain) et appartenant aux tailleurs de pierre. Elle a été restaurée en 1248 et possède des fresques de la même aanée, imitation de l'art byzantin, représentant des Scènes de la légende de Constantin.
La via di S. Giovanni aboutit à la pi. de St-Jean-de-Latran (S. Giovanni in Laterano; PI. III 25), où se trouvent réunis plusieurs des monuments les plus importants de l'histoire du christianisme. À g., de nouvelles constructions forment angle avec la via Merulana, mais le reste de la place n'a pas changé et garde sa physionomie caractéristique due aux monuments anciens. Vers la dr.. le Baptistère; au milieu, la façade du transept de St-Jean; à g. le palais du Musée. Très caractéristique aussi est VObèlisque en granit rouge, que Thutmosis IV avait érigé devant le temple du Soleil à Héliopolis, dans la Basse-Egypte, quinze siècles av. J.-C. et que l'empereur Constance II fit transporter au Cirque Maxime en 357 ap. .J.-C. Retrouvé en trois morceaux en 1587, il fut placé où il se trouve actuellement, en 1588. C'est le plus grand qui existe: 32 mètres de hauteur, quoiqu'on ait dû en scier 1 mètre (47 mètres avec le piédestal; il pèse 447 tonnes).
A l'angle S.-O. de la place, le *Bapllstère de St-Jean (Battistero di S. Giovanni; PI. III 25), construction octogonale du temps de Constantin (ce n'est pourtant pas là que le premier empereur chrétien reçut le baptême, comme une tradition l'affirme). Cet édifice peut être considéré comme le proto-
126 R. 1; plan, p. 1. EOME St-Jean-de-Latran.
type de tous les baptistères postérieurs. À Sixte III sont dues les huit colonnes de l'intérieur; Adrien III (884) le restaura; Urbain VIII le décora au XVI« s.
L'Intérieur se compose d'un espace central et d'un pourtour séparés par huit colonnes de porphyre qui en soutiennent hmt autres de marbre blanc sur lesquelles, à son toiu-, appuie la coupole octogonale. Au centre se trouve une urne en basalte vert, pour le baptême par immersion. En haut, sur les parois de la voûte, Scènes de la vie de St Jeun, par And. Sacchi. Le gardien (moyennant un pourboire) fait visiter les chapelles. Commençant le toiu: de dr.: la Chap. de St Jean-Baptiste. La porte en bronze qui vibre harmonieusement quand on l'ouvre, est im présent du pape Hilaire (V^ s.). À l'intérieur, la statue de St J.-Baptiste, par L. Valadier (1772) non d'après Donatello, comme on l'affirmait autrefois, mais d'après un artiste postérieiur. - Chap. de Ste Seconde et de Ste Rufine (ou de St Cyprien et de Ste Justine). C'est l'ancien narthex, transformé comme il est actuellement, en 1154. Au-dessus delà porte un beau Crucifix de l'école d'Andréa Bregno (1492); dans l'abside de g., xme élégante mosaïque du y« s. - CHAP. de St Venaxce (640): mosaïques du VIP s. - Chap. de St Jean l'Évangéliste aux portes de bronze de 1196; voûte décorée de mosaïques syrnboliques ; autel orné de colonnes d'albâtre; à g., St Léon priant St Jean î' Évangéli-ste, bas-relief de L. Capponi. - Dans la cour, se trouve la Statue de l'ouvrier chrétien, par Ann. Monti (1904).
*St-Jeaa-de-Latran(Pl. III 25),< la cathédrale de Rome et du monde», ne fut peut-être, à l'origine, que la transformation de la basilique des Laterani. Son histoire est la même que celle du palais annexe. On sait que Xéron confisqua les immeubles et les terrains appartenant à la célèbre famille des Laterani. Quelques siècles plus lard Fausta les apporta en dot à Constantin. Ce dernier en fit cadeau au pape ^Nlelchiade, pour qu'il y érigeât le siège épiscopal de Rome. L'église primitive, petite, à cinq nefs, fut dédiée au Sauveur, et, plus tard, à St .Jean-Baptiste et à St Jean l'Évangéliste. Détruite en partie par les Vandales, elle fut restaurée par St Léon (V« s.) et par Adrien P"" (VIP s.). Démolie par un tremblement de terre en 896, elle fut rebâtie par Serge III (905), et tant embellie par Nicolas IV (XIII* s.) qu'elle parut la merveille du monde chrétien et le symbole de la puissance papale. C'est dans toute sa splendeur que Danle l'admira lors du jubilé de 1300. Détruite en 1308 par un incendie, elle fut reconstruite par Clém.ent V et décorée de peintures par Giotto; mais un autre incendie la ruina. Elle fut rebâtie de fond en comble par le Siennois Giov. Stefani sous L'rbain V et Grégoire XI; Martin V, Eugène IV et presque tous leurs successeurs l'embellirent tour à tour jusqu'à ce qu'Innocent X chargeât Borromini d'une reconstruction totale (vers 1650). La façade est du temps de Clément XII (1734). En 1885 Léon XIII fit reconstruire l'abside et refaire les mosaïques d'après le dessin des anciennes que l'on avait conservé. L'église fut le siège de nombreux conciles: en 1123, 1139, 1179, 1215, 1512.
St-Jean-de-Latran. ROME 7?. 1; plan, p. 1. 127
La Façade principale, à l'E., donnant sur la pi. de la Porte St-Jean, simple et majestueuse, est d'AIessandro Galilei ( 173G). Elle se compose de deux portiques superposés et couronnés d'un attique surmonté de 16 statues, hautes de 6 m., représentant le Christ, les Apôtres et .des Saints. Cinq ouvertures donnent dans 1' Atrium, lequel en a autant qui communiquent avec la basilique, La dernière à dr. est la Porte Sainte qu'on ouvre seulement les années de jubilé; la porte du milieu a des vantaux de bronze qui sont ceux de la Curie, p. LS7. À g. une grande statue de Constantin, provenant des thermes de cet empereur, p. 106. La Façade latérale, à double portique aussi, est de Domenico Fontana (1586). Les deux clochers arrière, sont du temps de Pie IV. Sous le portique inférieur, à g., une statue en bronze d'Henri IV roi de France, par Nicolas Cordier.
Intérieur (longueur 130 m.) en croix latine à cinq, nefs, grandiose et solennel, mais très froid. En entrant du côté de la piazza S. Giovanni, la grandeiu- de la basilique frappe davantage, car le transept auquel on accède est déjà très vaste: les cinq nefs apparaissant ensuite produisent, par leurs proportions bien plus grandes encore, une surprise d'autant plus forte.
Dernière nef de dr. Dans l'embrasure de la Porte Saints (PI. A), le tombeau de Paolo 31 ellini (1527); 2^chap.:Ia chap. TorZowm (PI. B), très riche, par Raimondi(1850) fermée par ime fort belle balustrade en fer: à remarquer, au-dessus du maître-autel, une Descente de Croix, par Tenerani. - 3« chap. ( PI. C,) appartenant à la famille Massinio: au-dessus de la claire-voie, un fragment d'ancien autel avec une statuette de St .Jacques, œuvre attribuée à Andréa Bregno . Dans la nef: le tombeau du cardinal Casati(1287), dû aux Cosmas et le tombeau du cardinal Antonio Martinez (1447), par Filarete et Isaia da Pisa. - Nef moyenne de dr.: au l^'' pilier(Pl. D), Boniface VIII proclamant le jubilé de i3<?(?, fresque attribuée à CTiotto;au 2« pilier (PI. 'E),le cénotaphe de Sylvestre II, érigé en 1909; au 3« pilier (PI. F), le tombeau d'Alexandre III, le pape de la Ligue Lombarde; au 4« pilier (Pl. G), le tombeau de Sergius IV (1013); au 5* (Pl. H), le tombeau du cardinal Ranuccio Farnèse, par Vignole.
Nef du milieu. Riche pavé des Cosmas. Dans les niches des piliers les colossales et baroques statues des Apôtres, par les élèves du Bernin ; au-dessus, des stucs dessinés par Algardi représentant des Scènes de l'Ancien (à g.) et du Nouveau Testament (à dr.). Au haut, les Prophètes, peintures du XVIIP s.; plafond superbe, par Giac. Délia Porta.
Dernière nef de q. Immédiatement au commencement (Pl. I),en haut, sur un sarcophage, la statue couchée de Riccardo degli Annibaldi, probablement l'œuvre d'Arnolfo diCambio(1276). - P« chap. (Pl. L; Corsini), d'une remarquable élégance de lignes (XVIIP s., architecte Aless. Galilei). Audessus de l'autel, St André Corsini, copie en mosaïque du tableau de Guido Reni; à la paroi de g., le tombeau de Cléynent XII. Dans le caveau, audessous de la chap., une Pietà, par Ant. Montauti. - En retournant dans la nef: les tombeaux de Gerardo da Parrna et du cardinal Caracciolo (XMl" s.); au fond, le mon. baroque du cardinal Casanmtta (1700).
Transept: la construction date de Clément VIII (1595-1605). L'architecture en est, ainsi que les grandes fresques, de Giac. Délia Porta. Ces dernières, de l'école maniériste de l'époque, représentent la Conversion de Constantin, sa donation et la construction de la basilique. - Dans le bras dr., un grand orgue, soutenu par deux colonnes colossales de jaune antique. Près de l'entrée latérale, le tombeau d'Innocent III, que Glus. Lucchetti
128 /?. 1; plan, p. 1.
UJ
ROME
St-jea n-âè- Latfa a .
ST- JEAX-DE-L ATTÎ AX.
St-Jeun-,le-Latra,). ROME /?. /; 7^lan, p. 1. 129
(1891) érigea par volonté de Léon XIII, qui y fit transporter de Péroiise les cendres du grand pontife mort en 1216. - Au milieu du transept, faisant face à la nef centrale et au grand arc, se dresse I'autel papal (PI. N), renconstruit par Pie IX, et renfermant de nombreuses reliques, parmi lesquelles les chefs de St Pierre et de St Paul et une table ayant servi d'autel à St Pierre. Au-dessus de l'autel, im superbe baldaquin gothique (1806), orné de fresques par Baruaba de Sienne. En bas, dans l'enceinte de la confession, le beau tombeau de Martin F, dont l'admirable dalle funéraire est de Simone Ghini.
L'ABSIDE a été refaite du tcmi-s et aux frais de Léon XIII par les architectes Virginio et Franc. Vespignani. La *mosaïque, reproduite d'après l'ancienne de Jacopo Torriti et Jacopo da Camerino (1288-94) se déroule au-dessous de l'image miraculeuse du Sauveur, image qui selon la tradition aurait ai)paru le joiu: de la consécration de l'église. Remarquer: la Croix enrichie de pierres précieuses, la colombe sur la colline, d'où descendent quatre fleuves désaltérant le troupeau. À g., Marie avec le donateur Nicolas IV, St Pierre et St Paul; à dr., St Jean- Baptiste, St Jean V Èvawjéliste et St André, auxquels Nicolas IV fit ajouter St François d'Assise (à g.) et St Antoine de Padoue (à dr.). Au-dessous de ces groupes coule le Jourdain; à l'extrémité de la bande inférieure où sont représentés les apôtres, les portraits de Jac. Torriti et de Jac. da Camerino. Aux deux côtés de l'abside, deux grandes fresques par Grandi: à dr.. Innocent III recevant St François et St Dominique; à g., l'architecte Vespignani présentant à Léon XIII les pi'ojets de restauration de la basilique. - Dans le BRAS G. du transept, le tombeau de Léon XIII (¥1.0), monument grandiose de Giulio Tadolini(1907; le corps du pape est encore à St-Pierre); la chap. du Chœur et l'autel, extréii^ement riche, du St Sacrement, dessiné par Pierre Paul Olivieri, du temps de Clément VIII. Les quatre colonnes antiques de bronze ont été fondues avec du métal trouvé dans des tombeaux rtrusqm s.
En passant sous le monument de Léon XIII, on entre dans le COULoœ contenant des souvenirs de l'ancienne basilique et les tombeaux des peintres Andréa Sacchi, Gius. Cesari, etc. De là, à g., on accède à la ^''lEiLLE Sacristie où se trouve une Annonciation, de Marcello Venusti, d'après le dessin, dit-on, de Michel-Ange.
De la dernière chap. de la 2« nef de g. (s'adresser au sacristain), on passe dans le *Cloître (P), construction célèbre dos deux Vassalletti (1222-30), exemplaire superbe de l'art cosmatesque. Les petites colonnes, tant droites que torses, sont incrustées de mosaïques: l'ensemble est pittoresque et apaisant. Au pied des miu"s extérieurs et enchâssés dans ceux-oi sont beaucoup de fragments de l'ancienne basilique.
Le Paîais de Lalraii (PI. III 25) attenant à l'église, a été la première résidence papale, avant celle d'Avignon. Détruit par un incendie en 1308, il fut reconstruit par Dom. Fontana (1586). Il jouit de même que le Vatican et le château de Castel Gandollo, du privilège de V « exterritorialité ». Le palais contient actuellement le *.Uusce de Latran (Muséum Gregorianum Lateranense) qui se divise en Musée profane (rez-dechaussée), Musée chrétien et Pinacothèque (1" étage). Le musée a été fondé par Grégoire XVI (1843), pour recueillir le matériel des fouilles et l'excédent des Musées du Vatican.
Le Musée profane ou collection des antiques (entrée par la pi. de la Porte St-Jean) a été réorganisé en 1920 (jours et heures de visite, V. p. 12). Directeur: Prof. Comm. Orazio Marucchi. Guide Marucchi, publié en 1920. - Dans le couloir d'entrée et sous le portique de la cour se trouve une collection lapidaire ancienne.
130 R. 1; plan, p. 1. ROME le Musée de Latran.
On va à g. au fond de la cour et l'on arrive à l'entrée du Musée.
I" Salie: 45, deux pugilistes, haut-relief du temps de Trajan; 53, E/ifa/it (peut-être le petit Esculape) confié aux soins de Trygon, bas-relief d'une fontaine de style éclectique; 41, Cortège d'un Empereur devant un temple, haut-relief très remarquable, qui fut trouvé en deux fragments, (la partie supérieure est au Musée National Romain, p. 106, et a été remplacée par une reproduction en plâtre). Ce haut-relief fut restauré par Thorwaldsen, mais on n'est pas certain qu'il soit du temps de Trajan; le temple semble être celui de Vénu^ et de Rome sur la Voie Sacrée, p. 145; 37, Nymphe donnant à boire à un petit Satyre, bas-relief romain, d'après un original hellénistique. - II* Salle. Elle comprend de magnifiques fragments d'oeuvres d'architecture romaine, parmi lesquels: 89, 174 et 126, fragments d'une frise de l'époque de Trajan, peut-être du Forum de cet Empereur. - IIP Salle: 240, Statue d'Antinous, représenté comme xme divinité champêtre (Vertunme), trouvée en 1798 à Ostie. La tête est moderne, mais la forme du corps indique que la restauration a été faite avec exactitude; 244, autel de Lucrion, dédié à Hercule. - IV^ Salle: Germanicus ou Drusus le Jeune, fils de Tibère, représenté en héros, trouvé en 1819 à Véies; 296, urne cinéraire de la Voie Appienne. On y voit im combat de coqs dont le spectacle amuse deux enfants: le coq vainqueur est sur une table, le vaincu est mort. Au milieu, magnifique bassin en marbre d'Afrique. - V« Salle: 342, autel trouvé en 1920 aux Convertendi près du Vatican avec dédicace en souvenir d'im initié du culte phrygien de la Magna Mater; Mithra, groupe trouvé à la Scala Santa: 344, Cerf colossal en basalte, qui portait une figixre, probablement celle de Diane; 332, 334, hermès représentant un faune et xme faunesse, œuvres romaines d'inspiration hellénistique. - VI^ Salle: statues trouvées dans le théâtre de Cervéteri (Caere) en 1840 et représentant des membres des familles Jiilia et Claudia: 350, Statue colossale de Tibère, avec la couronne civique; 351, Octavie la Jeune, fille de Claude; 352, l'Empereur Clause, représenté en Jupiter; 354, Statue de Drusus l'Aîné ou Germanicus; 562, Drusilla (?), fille de Germanicus et sœur de Caligula; la tête, qui est ancienne, n'appartient pas à la statue; 361, fragment d'un bas-relief: c'est probablement le trône provenant du monument de Claude, orné de la personnification des villes étrusques: Tarquinie?, Vulci, Vétulonies (12 à l'origine); 368, autel de Manliiis, avec la représentation du sacrifice d'un taureau; 345, 355, deux Silènes dormant, ornement d'ime fontaine du théâtre. - VIP Salle: elle comprend les chefs-d'œu\Te du Musée: en face, 383, *Sophocle, statue de marbre, trouvée à Terracine (le drapé des vêtements surtout est admirable). C'est probablement une réplique romaine de la statue commandée par Lycurgue à Céphisodote et à Timarchos, fils de Praxitèle (IV* s. av. J.-C); 379, *Marsyas, réplique en marbre de l'original en bronze de MjTon, lequel faisait partie du groupe placé eu 460 av. J.-C. à l'entrée de l'Acropole d'Athènes et représentant Athéna jetant avec mépris la flûte double à Marsyas qui se penche pour la ramasser. On a retrouvé une réplique de l'Athéna dans une statue découverte à Rome et qui est à présent au Musée de Francfort-sur -le-Mein. Au milieu de la salle: *389, base triangulaire pour un trépied votif, ornée d'un chœur de daitseuses et de satyres, œuvre originale attique du milieu du IV* s. av. J.-C. Elle fut trouvée en 1844 au Forum Romain, près du Temple de Saturne. Aux parois de la salle: 388, petit bas-relief du I« s. av. J.-C, représentant la Muse de la Comédie qui inspire Ménandre; 371, *Médée essayant de rajeunir un bélier pour persuader les filles de Péliasdetuer leur père, bas-relief chorégique, du style de Phidias et qui faisait partie de la série formée par trois bas-reliefs se rapportant à des victoires remportées dans des représentations dramatiques à Athènes; le deuxième est le célèbre groupe Orphée et Eurydice dont la réplique la plus belle est au Musée National de Naples; le troisième (Hercule, Thésée, et Pirithoiis) est au Musée Torlonia; 372, l'Enlèvement d'Hélène, bas-relief grec; 374, Scène d'adieux, bas-relief funéraire, appartenant à l'art grec de la dernière période hellénistique; 375, réplique du satyre
e Musée de Latran. ROME II. J; plan, p. 1. i:^l
au repos do Praxitèle. - VIII" Salle: restes du Tombeau des Haterii retrouvés à trois jnilles hors de la Porte Majeure; les deux portraits, près de la porte, sont de très beaux exemplaires de l'iconographie romaine; 413, Exposition d'un mort sur un catafalque, entouré de parents et de pleureuses; 418, morc>>au qui est de la plus grande importance au point do vue topograph)(}ue, où l'on voit vue partie de la Voie Sacrée jusqu'au Colisée; 416, reproduction d'un Tombeau monumental en construction; 396, quatre divinités infernales: Mercure, Pluton, Proserpine et Cérès (?); tout cet ensemble est du milieu du II'' siècle de r.Empire, - IX« Sallf, au milieu: parement en mosaïque, appartenant au triclinium d'une maison située sur le Mt Aventin. II représente un i)avement asaroton, c'est-à-dire non ))alayé, sur k^quol on voit Us restes d'un repas. C'était une œuvre curieuse et célèbre de Sosos de Perganie. La mosaïque du Palais de Latran, signée par l'auteur, Heraclite, peut en être une réplique. Aux fenêtres, hernies; 495, portrait d'une dame romaine; 456, statuette de Priape. - X^ Salle, au milieu: Statue colossal do îsleptune, d'après un original de Lysippe; 569, restf.s d'un grand monument circulaire; 506, tête grecque, réplique d'un original du commencement du V« s. av. J.-C.; la statue entière est dans une autre réplique de la Collection Boncompagni, au Musée des Thermes, p. 106; à dr., belle série de têtes grecques: 507, tête de Diadoque (Démétrius Poliorcète ?); à g., têtes romaines. - XP Salle: 674, une idole; Diane de VArtémiiion d'Éphèic: plusiem-s sarcophages, dont les plus beaux ont été trouvés dans le tombeau revêtu de stucs de la Voie Latine, p. 219; sur le 1", Bacchu^ et Ariane: sur le 2«, Adonis et sur le couvercle (qui est dépareillé) Œdipe; sm- le 3% Bippolyte et Phèdre. Au milieu, sarcophage: le Triomphe. de Bocchu^. - XII- Salle: 730, Autel de la Pietas, trouvé à Véies, et orné de guirlandes, cithares, et attributs de Vulcain, comne le putéal Libonis du Forum Romain; 703, sarcophage: le mi/the d'Oreste, 709, autre sarcophago: la mort des Niobides; ces sarcophages ont été trouvés dans un vignoV>le sm'le Mt Viniinal.-XIIl'-" Salle: bas-relief OresteetPilade en Tauride; de 728 à 733, natv.es de porphyre en fragments, les unes revêtues de la toge, les autres de la cuirasse, la première inachevée. Ce sont des exemplaires fort beaux de ce genre difficile de sculpture, à la m,ode vers la fin de l'Empire. - XIV* Salle: 804, statue colossale d'un Dace du temps de ïrajan, trouvé en 1841 dins la via dei Coronari, dans un eiKliolt qui, sous l'Empire, était occupé par des ateliers de scrJpture. - XV* Salle: Monuments trouvés à Ostie; 914, viche avec une mosaïque représentant Sylvain, œuvre exceptionnelle à l'époque du paganisme; 941, Vénus, statuette en broiize, de style alexandrin. - XVI* Salle (suite de la précédente): 978, Attis, dieu asiatique, le compagnon de Cybèle, moiiem.cnt étendu à l'orientale et à l'aspect d'eunuque, ex-voto de C. Cutilius Euplus, du temps d'Adrien; les trois peintures (952, 954, 956) de la salle (Enlèvement de Proserpine; Orphée et Eurydice; scène tragique), i-roviennent des tombeaux de la route Ostie-Laurentum.
Musée Chrétien (muiê f ntrée ciue le Musée Profane: tourner ensuite à g. dans le corridor, monter l'escalier). II fut fondé en 1854 et organisé par P. Marchi et U. B. Rossi. Jours et heures do visile, V. p. 12.
Vestibule: Copie d'une inscription chrétienne de la Chine (Sian Fou) de 781 aj\ J.-C. - Ou monte quelques marches: à g. 103, 105, Statues du Bon Pasteur; 104, ♦Grand sarcophage d'une grande famille romaine du commencement du V* s. orné des miracles de Jésus et d'autres épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament; 111, Sarcophage avec un bas-relief représentant le passaye de la mer Bouge.
Sur l'escalier: 119, 136. deux sarcophages représentant des faits de l'Ancien et du Nouveuu Testament. - Sur le palier: plusieurs ♦sarcophages parmi lesquels les plus remarquables sont If s N° 150, 181. 183 \, 174, 164, 171. - 2* palier: 223, *Statue. assise de St Hippolyte, le siège seul est ancien (commencement du IV* s.); on y lit encore mie inscription grecque énumérant les œu\Tes du Saint et citant un canon pascal. Au-dessus, deux mosaïques du Cimetière de Ste Ciriaque sur la voie Tiburtlne.
132 R. 1; i>lan, p. 1. ROME te Musée de Latran.
Gaxeries (à g.): collection lapidaire clrrétienne classée méthodiquement par De Eossi et d'une très grande valeur pour l'étude de l'antiquité chrétienne. À g., la célèbre imcription d'Abercius d-e Hiéropolis (Phrygle), 217 ap. J.-C; au-dessus de la porte à dr., inscriptions en l'honneur d4 Quirinixis, gouverneur de la SjTie, qui fit le recensement au temps de la naissance du Christ. Ensuite, éloge des martjTS de l'époque de St Damas (266-384) et d'autres inscriptions classées selon les sujets et les personnages. Enfin des inscriptions juives.
Salle de la mosaïque (à dr.): grande *mo5aïque des Thermes de Caracalla. Elle remonte probablement à la fin du lY^ s. et représente 20 athlètes en pied et 26 en buste. En recomposant le pavé, le groupement a suivi des variations; les dessins s;ispendus aux miurs montrent la disposition primitive.
Galerie de peinture. Quelques fresques et quelques tableaux anciens sans grande valeur; xme mosaïque ancienne. Les tableaux modernes ont été presque tous otfeits à Léon XIII. Collection complète des moulages de la Colonne de Trajan.
En face de l'angle X.-E. du Palais de Latran est l'édifice qui renferme la Sc-ala Santa (PI. 111 25 1, ainsi appelée parce que ce serait, selon la tradition pieuse, l'escalier que gravit le Christ le jour de sa passion; il se compose de 28 marches en marbre, provenant du palais de Pilate à Jérusalem.
Les marches formant une seule rampe sont recouvertes de bois et l'on ne peut les monter qu'à genoux. Des deux côtés de la Scala Santa, il y a deux autres escaliers identiques qui servent pom redescendre. L'édifice a été arrangé par Font^na et restaïué par Pie IX. Dans le vestibule est placée une statue de ce Pape et, au bas de l'escalier, deux groupes en marbre de Jacometti: le Baiser de Judas et Ecce Homo. Du palier d'en haut, on p3ut jeter un coup d'oeil, à travers les claires-voies, dans la Chap. de St Laurent, dite du Sancta Sanctorum, à cause de ses précieuses reliques: c'était la chap. particulière des papes, dernier reste de l'ancien Palais de Latran. Construite par un artiste de l'école des Cosmas (1278), elle renferme \m Christ en mosaïque et \me très ancienne image du Christ i)einte sur bois (VI^-VII» s.), dite du Sancta Sanctorum.
À l'E. de la Scala Santa, du côté de la pi. St-Jean, vers la Porte St-Jean, s'ouvre dans le mur périmétral une abside pareille à une niche énorme, tournée vers la place. C'est une construction due à Benoît XIV qui la décora (1743) avec les restes de la mosaïque du Triclinium de Léon III, principale salle à manger de l'ancien Palais de Latran.
Les mosaïques représentent: le Christ confiant aux Apôtres la mission de prêcher l'Évangile: à g. le Christ donnant les clés symboliques à St Sylvestre et le Labarum à Constantin; à dr., St Pierre remettant l'étole ponti^cale à Léon III et l'étendard à Charlemajne.
En suivant l'allée qui s'ouvre vis-à-vis de la façade de St-Jean on arrive en cinq minutes à S. Croee in Gerusalemme, (Ste-Croix-de-Jérusalem; PI. Il-III 31) une des «sept églises de Rome » visitées par les pèlerins. Construite, dit-on, par Constantin, d'après la volonté de Ste Hélène, sa mère, pour y garder les reliques de la Passion, trouvées sur le Calvaire, elle fut appelée de Jérusalem, basilique Hélénienne, Sessorienne, d'à-
Ste-Croix-de- Jérusalem. ROME R. 1; plan, p. 1. 133
près le Sessorium, ancien édiiice qui s'élevait sur l'emplacement qu'elle occupe. Elle subit beaucoup de restaurations: la dernière, de 1743, la modernisa complètement. La façade baroque est de P. Passalacqua et Dom. Gregorini (1744); le clocher est de 1196.
L'Intérieur est du type baroque habituel avec caractère romain, à trois nefs séparées par huit colonnes corinthiennes. Pavement en mosaïque. Dans les bas-côtés de grandes peintures par P. Tjehoux (1890). À la voût/C, V Apparition de la Croix, par Oorrado Giaquinto. Au-dessous du maître-autel une belle urne en basalte renfermant les corps de St Césaire et de St Anastase. Dans l'abside la Découverte de la Ste Croix, fresque d'Antoniazzo Romano. Au milieu de la tribime le tombeau du cardinal Quiîiones (1536), par Sansovino. Un escalier au fond de la nef de g. conduit à l'ÉGLiSB Basse, ayant à dr. la Chap. de Ste Hélène (dont l'entra est interdite aux femmes, sauf le 20 mars) ornée d'ime statue de Ste Hélène, en réalité une Junon, semblable à celle du Vatican. À la voûte, une mosaïque restaurée et agrandie par Bald. Peruzzi, complétant une décoration dessinée peut-être par Melozzo da Forli: le Christ au milieu des Évangélistes; St Pierre et St Paul; St Sylvestre, Ste Hélène et le cardinal Carvajal à genoux.
Àdr. de l'église, restes de l'Amphithéâtre Castrense (PI. III 28), construit en briques du temps des empereurs Héliogabale et Alexandre- Sévère et destiné aux spectacles pour les soldats. Honorius l'incorpora dans les murs de la viUe: ces ruines se voient mieux extérieurement.
À g. de l'église: restes antiques, peut-être du Nymphœum du Sessorium.
Au N. en laissant à dr. l'énorme caserne Humbert /", on parvient à la Porte Majeure (PI. II 28), pittoresque et variée, formée de deux arcades de Vaqua Claudia et de VAnio Novus, aqueducs construits par l'empereur Claude en 52 ap. J.-C. (le premier est long de 67 k.; le second de 93), restaurés par Vespasien (71) et par Titus (81). Aurélien fit de ces arcades une porte comprise dans l'enceinte des murs qu'il construisit; Honorius la restaura (405).
De là partent au S.-E. la via Casilina, ancienne via Labicana, et à l'E. la via Preriestina. Entre les deux rues, presque contre la porte, se trouve l'étrange tombeau d'Eurysacès, c'est-à-dire du boulanger M. Vergilius Eurysacès, fovurnisseiu: de l'État, et de sa femme Atlnia. C'est un monument prétentieux, tout en travertin, datant des derniers temps de la République. Les ouvertures circulaires représentent les bouches du four des boulangers. Au haut du sarcophage, une frise représente les différentes phases de la fabrication du pain. Le monument a été découvert en 1838.
À quelques pas de la porte on trouve l'entrée de la * Basilique de Porta Maggiore, découverte en 1916 (visible le jeudi et le dim., p. Iz; les autres joiu-s s'adresser au Musée des Thermes). On descend par un escalier moderne sous le chemin de fer Rome-Napies, et l'on entre dans ime admirable conUrtiction romaine du I" s. de l'Empire, parfaitement conservée, dont la voûte et les parois sont complètement couvertes de stucs exquis, repré- .sentant des paj'sages, des scènes de la mythologie et de la vie des enfants, etc. Remarquer la grande scène de l'abside, qui représente, croit-on, la mort de Sapho. La basilique, importante aussi comme spécimen d'architecture, appartenait à une seete mjTîtique, peut-être pythagoricienne.
134 Pc. 1; plan, p. 1. ROME le Forum Romain.
À ro. de la Porte, vers la via Statilia, on aperçoit une suite d'arcades superbes de VAquediic de Claude, les mêmes qui, plus loin, traversent le jardin de la Villa Wolkonsky.
En prenant par la via di Porta Magyiore et en tournant ensuite à dr., par la via Pietro Micca, on arrive au Temple de Minerva Medica (PI. II 29), nymphaeum des jardins de Licinius (253-268 ap. J.-C), ruine imposante et pittoresque que l'on aperçoit près de la voie du chemin de fer, avant d'arriver à la gare de Termini.
Elle doit son nom actuel à une st^itue de Minerve accompagnée du serpent que l'on trouva dans son enceinte. À l'intérieur, grande salle décagoue, à neuf niches jadis occupées par des statues. La coupole de cette construction antique servit de modèle pour plusieurs grandes coupoles modernes: elle s'écroula en 1828.
Du temple de ^linerva ^ledica à la place Victor-Emmanuel, il n'y a que huit minutes de înarciie.