X. — Le * Forani Romain
Sommaire: Notice historique, V. ci-de.ssous; la Basilique Émilienn.", p. 137; les *plutée3 de ïrajan, p. 138; 1' *Arc de Septime-Sévère, p. 1:58; le *teuiple de Saturne, p. 139; la Basilique Julienne, p. 140; le *templ8 de Castor et PoUux, p. 140; *S. Maria Antiqua, p. 141; la *Maison des Vestales, p. 142; ie *teraple d'Antonin et de Faustine, p. 143; la *Basili i\ie de Constantin, p. 144; 1' *Arc de Titus, p. 144; Ste-Francoi>e-Romaine, p. 14.5; le temple de Vénus et de Rome, p. 14.').
En descendant à dr. du Palais du Sénateur, p. 41, la via del Campidoylio, encore pavée devant l'entrée du Tabularium d'anciennes dalles romaines, on arrive à une terrasse d'où l'on domine le merveilleux panorama des ruines du * Forum Romain (PI. II 16-19). V. ci-contre le plan des fouilles.
Le Forum était a l'origine une dépression marécageuse de terrain entre les ramifications du Quirinal et de l'Esquilin au X., le Capitole à ro., le Pal.itin au s., les mamelons de la Velia (sorte de pont jeté entre le Palatin et l'Oppins, c'est-à-dire le sommet de l'Esquilin) à l'E.. Ce terrain était traversé au X. par une petite rivière qui, canalisée dès les temps les plus reculés, devint la Cloaca Maxima et servit à drainer la plaine. Bientôt les habitants des environs choisirent cette localité pour y établir leur marché (forum); ensuite, quand les groupes latins du Palatin et les groupes sabins du Quirinal eiu-ent formé par leur fusion une \ille vmique (c'est sur les pentes du Palatin qu'aïu-ait eu lieu, selon la tradition, la bataille entre Romains et Sabins), le Forum devint le centre commercial et juridique de la Rome naissante. On y construisit d^s édifices destinés aux réunions publiques, c'est-à-dire des basiliques oii salles couvertes et pourvues de portiques, et des tabemœ, ou boutiques. Puis, peu à peu, le caractère public prenant le dessus, les marchands s'en allèrent s'établir au Velabrum, p. jS. Le Forum s'embellit de sanctuaires, de temples, de monuments honoraires. Sylla conçut le projet, que César réalisa, de changer l'orientation primitive du Forum vers l'O., dans le but aussi de l'agrandir. Cependant, au commencement de l'Empire, le Forum était devenu si
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étroit et si insufllsant que les empereurs créèrent vers le N. de nouveaux Forunis. Oeux-oi devinrent le centre de toutes administrations et le siège de la justice; c'est là qu'afflua désormais le mouvement de la ville. Lo Forum perdit son importance et la splendeur de ses monuments fut dépassée par celle des constructions impériales. Endommagé par un incendie au IIP 8. ap. J.-C, il fut restauré par Dioclétien; puis il souffrit de la décadence qui pesait sxu" toute la ville. Le Christianisme désaffecta les temples et les sanctuaires. Le Forum était déjà en grande partie dépouillé de ses trésors.quand les invasions barbares vinrent achever rœu\Te de destruction à laquelle concoururent aussi les tremblements de terre.
Le Forum fut abandonné: les ruines et les décombres s'amoncelèrent sur le terrain. Sur les parties les plus élevées, les barons du moyen âge, particulièrement la famille des Frangipani, se prirent à construire lexus tom^ fortifiées, les Cluétiens à bâtir quelques églises. Le tenain, sur lequel l'herbe avait poussé, devint un pâturage pour le bétail et on l'appela le Campo Vacdno. Ses monuments fomrnirent des matériaux de construction et l'on établit parmi les ruines des fours à chaux où l'on détruisit à jamais d'innombrables œuvres d'art en marbre. L'intérêt pour les souvenirs du passé, qui avait commencé à s'éveiller à Rome avec Cola di Rienzo, ne put sauver les édifices et les marbres précieux; mais le Forum inspira les artistes de la Renaissance et suggéra le plan des grandes constructions du XV^ au XVIII* s., constructions qui surgirent aux dépens des ruines anciennes. À la fin du XVIII^ s., le nouveau mouven\ent archéologique aidant, on entreprit les fouilles du Forum qui furent continuées méthodiquement au XIX* s. et poussées avec ime grande énergie après 1870. Ensuite, à partir de 1898, grâce à Giacomo Boni, des principes plas éclairés dirigèrent ces recherches: en fouillant en profondeiu", le grand archéologue a atteint les couches les plus anciennes, découvrant des monuments archaïques d'un très grand intérêt historique et nous a documentés sm' une grande l artie de l'histoire de la Rome primitive. Ce que les ruines, par cette méthode, ont forcément perdu au point de vue pittoresque, est largement compensé par les avantages immenses do la culture et le charme esthétique est restitué en partie par la flore, soigneusement choisie, qui enguirlande les ruines.
Aucune visite n'e.st plus instructive que celle du cœur de rUrbs, à condition d'y être préparé et de s'aider d'un bon texte descriptif. Se borner à passer à travers les ruines, qui du reste en général n'imposent pas au premier abord, c'est gâcher des impressions d'un genre et d'une élévation que le touriste ne peut éprouver nulle part ailleurs.
Avant de descendre, il est bon que le touriste, de la terrasse d'où l'on domine l'ensemble du Forum, se rende comple de la topographie cl commence à identiiior les différents monuments en lixant dans sa mémoire les ruines les plus en évidence. En bas, la vallée du Fonim; à dr., le Palatin avec ses cyprès; au loin dans le fond, le Colisée. Sur le devant, légèrement à dr., les 8 colonnes du temple de Saturne; plus loin, la colonne de Phocas, ensuite les trois colonnes du temple de Castor et Poilux, et. au fond, l'arc de Titus. À g. l'église de Ste-INIartine, et, au-dessous, l'Arc de Septime-Sévère; puis l'église de St-Laurent in Miranda avec son portique, c'est-à-dire celui du temple d'Antonin et Faustine; plus loin encore les trois voûtes béantes de la basilique
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constantinienne, près de l'église de Ste-Fraiiçoise-Romaine, dont on voit la façade et l'élégant clocher roman.
Le Forum est tout orienta du N.-O. au S.-E. en suivant la direction générale de la partie de la Sacra Via la plus rapprochée du Capitole et la direction des façades des constructions qui s'élèvent sur cette voie ou sur la Nova Via.
Pour simplifier les indications, dans la description, nous mettrons N. et S., au lieu de N.-E., S.-O., et E et O. au lieu de S.-E., S.-O. Si l'on ne voulait pas visiter en détail le côté 0. du Forum, on peut l'observer assez bien de la terrasse, p. 134.
De la terrasse on prend â g. la via del Foro Romano, rue moderne que la nécessité de la circulation a forcé de construire au milieu des ruines. On trouve un reste de la Sacra Via, encore pavée de dalles antiques, laquelle montait au Capitole et, près de là, l'entrée donnant accès à la partie extrême O. du Forum, séparée du reste par la rue moderne. Pour visiter cette partie, s'adresser au concierge qui a la clef du passage. Les édifices sont sur une esplanade, rangés à la base du Tabularium: ce sont, en partant de g., le portique des DU Consentes, le temple de Vespasien, le temple de la Concorde.
Le portique des Dii Consentes a encore 9 colonnes blanches (les primitives en marbre, les modernes en calcaire) formant un angle. Construit par Vettius Agorius Prsetextatus (367 ap. J.-C.) préfet de Pxome, c'est peut-être le dernier monument érigé au culte païen. Il renfermait les 12 statues des principales divinités de l'Olympe romain qui étaient auparavant dans le Forum.
Les trois hautes colonnes voisines, cannelées et corinthiennes, sont tout ce qu'il reste du pronaos hexastyle du riche et élégant *Temple de Vespasien (79-96 ap. J.-C), érigé en l'honneur de cet Empereur devant la porte de l'ancien escalier du Tabularium, qui existe encore. Le Temple de la Concorde est une reconstruction de Tibère (7 av. J.-C. -10 ap. J.-C.) de l'ancien sanctuaire que Camille érigea (366 av. J.-C.) en souvenir de la paix entre patriciens et plébéiens. On ne voit plus que la plate-forme de l'édifice; les bases trouvée dans la cella sont au musée du Capitole, la frise au Tabularium.
Pour arriver à l'entrée actuelle du Forum, au commencement de la via Cavour (jours et heures, V. p. 12), si l'on vient du Capitole, on tourne à dr. par la \ia Bonella et la via Cremona; si l'on vient de la pi. de Venise, on passe par le Foro Itahco et l'on prend directement par la Via Cremona, (On entre aussi près de l'Arc de Titus).
On descend dans l'ancienne vallée en longeant le temple d'Antonin et Faustine et l'on arrive au Héroon ou "^Temple
Je Forum Romain. ROME R. 1; plan, p. 1. 137
de J. César, qui fermait le côté E. de l'ancienne place et fut érigé l'an 29 av. J.-C, en l'honneur du « Divus Julius », sur l'emplacement où le 19 ou le 20 mars 44 av. J.-C. on brûla le corps du Dictateur et où Marc Antoine lut le testament célèbre.
Le temple était un prostyle hexastyle ionien ayant sur le devant de la colonnade une terrasse formée par le podium et faisant pendant à l'autre, située en face. Elle était appelée rostra ad Divi Jidi et était ornée des éperons des navires égyptiens pris à Actium. Il ne reste plus aujourd'hui que le bloc central du podium et l'autel rond.
En tournant le dos au temple de Jules César, on aperçoit la place du Forum; à dr. on voit les restes de la grandiose Basilique Émilienne, érigée par les censeurs M. ^Emilius Lepidus et M. Fulvius Nobilior (179 av. J.-C), restaurée et ornée par L. xEmilius Paulus, le vainqueur de Persée, et par d'autres membres de sa famille, rebâtie au temps d'Auguste et plusieurs fois réparée.
La Renaissance démolit en grande partie l'ancien édifice pour se servir de ses marbres. La Basilique avait environ 100 m. de long; la salle centi'ale (60 m.x22) était entourée de portiques; sur le côté du Forum s'ouvraient les tabernce novœ ou boutiques nouvelles. Les ruines grandiose.qui nous restent de ce monument en montrent la richesse des marbre?, l'élégance des décorations et les traces de l'incendie d'AIarlc, qui détruisit le côté N. du Forum.
On visite d'abord, du côté E., l'humble reconstruction de la fin de l'Empire: en entrant dans la grande cella centrale on remarque les ravages dus probablement à un tremblement de terre. Sur le beau pavement de marbres de couleur on voit les gouttes du bronze du toit fondu par le feu d'un incendie. Quelques monnaies furent ainsi attachées au sol et le gardien peut les montrer.
Sur la place devant la Basilique, vers l'O., on voit les restes des fondations d'un ix^tit sanctuaire rond, au point même où la Cloaca Maxima entrait dans le Forum, sanctuaire dédié très probablement à Venus Cloacina, protectrice des eaux courantes. C'est là qu'aurait eu lieu l'épisode tragique de Virginie. - Plus loin, au milieu de la place du Forum (longueur 120 m. x50), dallée de travertin du temps de la décadence, on voit des fondements disposés en carré: c'est l'endroit où devait se trouver le célèbre petit temple de Janus qui s'élevait ainsi en face de la Basilique. En continuant vers l'O., on rencontre les traces d'im soubassement en forme de quadrilatère, probablement l'emplacement de la statue équestre de Constantin; à côté est la plate-forme de la statue du cheval fameux de Domitien, que l'on abattit après la mort de son maître. L'espace ayant au centre un putéal et s'étendant de ces ruines à la colonne de Phocas, s'appelle le Lacus Curtius, d'après le nom du jeime chevalier sabin Metius Curtius qui se serait volontairement immolé pour le salut du peuple, en se lançant dans les eaux du roarais qui s'étendait là. Au milieu du Forum, où se trouve l'inscription gravée dans le pavé //. Ncfwius (Surd)inus Pr., était le tribimal prétorial qui fut, on peut le dire, le berceau du droit romain. Dans l'espace carré qui se trouve près des balustrades et qui n'est pas dallé, étalent le figuier sacré et la statue de Marsyas.
En continuant la visite du côté N., on voit à l'O. de la Basilique Émilienne se dresser l'ancienne Curie (Curia Julio) à la façade de briques, construite par J. César, refaite par
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Domitien et par Dioclétien (303 environ), transformée en l'église actuelle de St-Adrien (638).
Devant la Curie était l'aucien Comitiv.m, lieu des réunions électorales du peuple. Sous le pavé de travertin se trouvent les restes du Comitiuni de l'époque républicaine, en tuf, et la base demi-circulaire des Rostra Vêtira. Tout près, on aperçoit encore les bases des monuments honoraires d'Antonin le Pieux, de Constance, etc. La Curie était le siège du Sénat (les ouvertures, dans le bas de la façade ont été faites pour y placer des tombeaux moyenâgeux"; elle comprenait plusieui-s annexes, dont le Secretariiim Senatus était le principal: on y tenait les séances secrètes. C'est précisément sur le Secretarium Senatus qu'on a construit l'église St-Lucet-Ste -Martine, p. 147.
Sur la place du Forum, à cette hauteur, on voit les *pliitées de Trajan (Anaglypha Trajani); deux balustrades superbes sculptées sur les deux faces.
Sur les imes, on voit les animaux que l'on imniolait dans les sacrifices publics [Suovetaurilia); sur les autres, deux faits glorieux de la ^ie de l'empereiur Trajan. Le 1«' représente la fondation des orphelinats et l'Emperem* qui reçoit les remercîments de l'Italie, sj-mbolisée par une femme; dans le 2^, l'Empereur ordonne de brûler les registres des impôts siu: les succession^. Les fonds architectoninues montrent les édifices du Forum à l'apogée de leur magnificence; dans le 1" fond, on croit reconnaître les monuments du côté X.: la basilique Érnilienne, la Curie, la rue Argiletura et uu arc; dans l'autre les côtés O. et S.: le temple de Yespasien, le Tabularium, le temple de Saturne, la Basilique Julii. Dans tous les deux on aperçoit la statue de Marsyas, sou outre siu les épaulas, à côté du figuier sacré qui, comme nous l'avons déjà dit, était au centre du Forum.
Entre les plutées et l'Arc de Septime-Sévère se trouvent, sous une toiture, les plus anciens vestiges du Forum. En descendant, sous le lapis niger (dallage de marbre noir), un petit escalier en bois que le gardien éclaire, on parvient aux ruines de ce que les anciens croyaient être le tombeau de Romulus. Ce tombeau se composait de deux socles en tuf à large gorge, de style étrusque, qui devaient porter deux statues de lions gardant le sépulcre- d'un tronçon de cône en tuf, et d'une stèle carrée recouverte d'inscriptions sur les quatre côtés. C'est là le monument le plus ancien de la langue latine (il remonte, au VI» s. av. J.-C. ou au moins au commencement du V<^) et quoiqu'il n'ait pas été complètement déchiffré, on croit généralement qu'il se rapporte à une lex sacra, c'est-à-dire à une défense de profaner un lieu sacré. Tout l'ensemble révèle les traces d'une dévastation violente: on pense à celle qui eut lieu en 390 av. J.-C, lorsque les Gaulois pillèrent la ville. Cet emplacement vénéré, marqué d'une dalle noire, lors de la restauration du Forum par César, donna naissance à la légende du tombeau de Romulus ou de Faustnlus ou d'Hostilius.
En face, 1' *Are de Sepîirae-Sévère (haut de 23 m., large de 25) à trois arcades: érigé en 203 ap. J.-C. à l'occasion du
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10» anniversaire de l'accession au trône de l'empereur, il (ut dédié par le Sénat et le peuple romain à Septime-Sévère et à ses fils Caracalla et Géta en souvenir de leurs victoires sur les Parthes, les Arabes et les Adiabénlens.
Le nom de Géta, fils aîné de Septime-Sévère, qui fut tué en 212 par Caracalla, fut effacé de l'inscription et re/iipinté par des éloges à l'adresse de ces de ix eippore ii"S. Oa voit encore le-: trou.-; des auciennes icîtros. Les proportions de l'irc sont belles, mais la décoration sculpturale en est lourde. Les quatre grands bas-reliefs au-dessus des deux arcades latérales représentent des scènes des trois guerres; dans les petites frises est symbolisé l'hommage des peuples orientaux à Rome; aux socles des colonnes on voit des barbares captifs. Un petit escalier Intérieiir conduit à 5 petites pièces qui occupent l'attique.
Près de l'Arc, au S. de ce dernier, se trouvent les ruines des Rostres, plate-forme haute environ de 3 m., longue de 24, large de 12. Elle fut transportée à cette place en 44 av. J.-C. lors de la transformation du Forum par César: elle était auparavant près de la Curie.
La construction originale était très ancienne. En 338 av. J.-C. on la décora de rostres, c'est-à-dire des éperons de fer des navires d'Antium. La plate-forme avait des colonnes surmontées de statues honoraires et probablement lé parapet était orné des pluie -s de ïrnjaa que nous ;ivoiis vus plus haut. Sur le devant, et se prolongeant vers la dr., sont les Rostra Vandulica, construits en 470 ap. J.-C, constituant une sorte d'agrandissement de la terrasse primitive.
Des Rostres, on a une vue magnifique sur la place, jusqu'au temple de César, le vrai cœur du Forum. Au côté S., le long de la Sacra Via, 8 socles de colonnes honoraires; près des deux premières bases, du côté du Capitole, s'élève la Colonne de Phoeas (17 m.) dernier monum.ent, selon la date, du Forum, formé de fragments anciens et érigé en (308 ap. J.-C. par l'exarque Smaragdus, en l'honneur de l'empereur byzantin Phoeas qui rétablit la paix en Italie.
Derrière les Rostres, près de l'Arc de Septime-Sevère, on voit une construction ronde, 1' Unibilicus Urbis Romœ, centre de la ville. À côté, sous une toiture, sont abrités les restes du Volcanai, un des plus anciens sanctuaires de la Rome des rois, consacré à Vulcain. On parcourt l'ancienne rue et l'on se dirige vers le Temple de Saturne.
En face du temple était le milliaire d'or (miliarium aureum), colonne revêtue de bronze, érigée par Auguste, servant de point de départ à toutes les voies de l'Empire et portant gravé sur son fût les distances qui séparaient les principales villes de la capitale.
Du *Temple de Saturne, 11 reste huit colonnes ioniennes de granit (six de front et deux sur les côtés) et l'entablement du pronaos. Ce temple était le Sanctuaire de la Rome ré-
14ii 7?. 1; 1)1(11), p. 1. ivUMi: le Forum lîûinain.
publicaiiie: consacré en 498 av. J.-C, il fut restauré vers l'an 25 av. J.-C. De cette restauration due à L. Munatius Plancus, il reste le haut podium; les colonnes ont été restaurées dans les derniers temps de l'Empire, après un incendie. II servit, depuis les temps les plus reculés, comme dépôt du trésor public.
On entre dans la Sacra Via, à dr. de laquelle surgit la Basilique Julienne, construite par J. César (54-46 av. J.-C), rebâtie par Auguste, après un incendie; elle fut plus tard reconstruite par Dioclétien.
C'était un grand éliflce rectangulaire (49 m.XlOl). La Basilique dans laquelle se réimisi?aient les Centumvirs, divisés en 4 tribunaux, était un édifice isolé, composé d'ime grande salle rectangulaire entourée de portiques: on voit encore les bases des piliers, en grande partie restaïuées. Au î^. une colonnade donnait sur la Sacra Via; au S. s'ou\Taient les tabernœ (boutiques); à l'E. passait le Vicus Tuscus qui, à l'angle de la Basilique, croisait la Sacra Via. Les deux rues sont très \isibles, car le plan primitif a été mis au jom- avec son ancien dallage polygonal. À l'O. de la Basilique, passait un embranchement du Vicus Jugarius, dallé de même. C'est de ce côté qu'a surgi, au moyen âge, l'église de Ste-Marie in Cannapara. Sur le pavé de cette dernière, incrusté de marbres précieux, on aperçoit encore quelques tabulée lusoriœ (tables de jeux), passe-temps des flâneiu^.
A l'angle N.-O. de la Basilique, est adossé un soubassement de béton que l'on croit celui de l'Arc de Tibère, élevé en l'honneur de l'empereur (16 ap. .J.-C.) et en souvenir des exploits de Germanicus, qui vengea Yarus par la victoire d'Idisiavisus sur les Germaiîis.
Au delà du Vicus Tuscus (qui tire son nom des marchands étrusques ou bien des ouvriers qui travaillèrent au temple de Jupiter au Capitole), se trouve le *Tem])le de Castor et Pollux. ou des Dioscures, ou des Castors, érigé parle dictateur Aulus Postumius (484 av. .J.-C.) en l'honneur des Dioscures qui, apparaissant sur le champ de bataille du lac Régille, étaient venus au secours des Romains contre les Tarquins et les Latins coalisés. Ce temple fut plusieurs fois rebâti: par !.. Caecilius ]\Ietellus Dalmatiens d'abord, ensuite au temps de Tibère, ou, selon d'autres, au temps d'Adrien.
C'était im périptère corintliien de 8 colonnes X 11, avec un large pronaos et un perron devant le podium. U reste, de toute la construction, les trois superbes colonnes et l'entablement, modèle d'élégance et de piureté de lignes: le temple ainsi mutilé est des plus connus et il est devenu presque la p-ersonuification du Forum.
Les souvenirs les plus anciens des Dioscures sont conservés dans le Lacus Juturnœ à l'E, de la rue qui longe le temple. C'est un bassin quadrilatère ayant au milieu un socle rectangulaire auquel conduisent quelques marches.
le Forum Romain. ROME 7?. 1; plan, p. 1. 141
C'est là la Source de la nymphe Jutur ne: selon la légende, on y vit les Dioscures abreuver leurg chevaux, après la victoire du lac Régille dont ils apportèrent eux-raènieg la nouvelle à Rome. Les fouilles ont mis au jour le bassin et des fragments de statues archaïques des Dloscures, que l'on voit sous la toiture voisine. Ces statues sont la réplique, du temps de l'empire romain, d'une œu\Te de la 1'^ moitié du V® s., attribuée à Pythagore de Réggio. Il faut remarquer aussi un joli autel des premiers temps de l'empire orné de bas-reliefs représentant les Dio.scures, Jupiter, Léda et Hélène. - Au S.-O. de la source, est situé un édicule, sorte de petite chapelle destinée au culte de Juturne; tout près est im putéal avec des iascriptions (lui rendent certaine l'identiflcation des lieux. - Derrière l'édioule, se trouve une construction à abside du temps de la décadence; elle a été transformée en Oratoire des Quarante Martyrs et décorée de fresques (VIII^-IX« s.) dont on aperçoit encore les traces. Cet édifice obstrue Textrémité de la Nova Via qui monte à l'E. vers la Velia.
Au S., on voit *S. Maria Aiitiqua (PI. H 16), le plus important et le plus ancien édifice chrétien du Forum, et qui est peutêtre la Bibliothèque du Temple d'Auguste transformée en église. La transformation paraît avoir eu lieu au VI« s. et peut-être encore avant. Le Pape Jean VII (705-08) restaura et décora de peintures l'église que le Pape Zacharie (741-52) et Paul T >' (756-67) embellirent. À la suite des dégâts causés à la construction par les tremblements de terre, par les éboulements et peut-être par les Sarrasins, Léon IV (845-57) transporta la diaconie à S. Maria Nova (actuellement S. Francesca Romana, p. 145) et fit reconstruire la basilique de fond en comble; au XI P s. une nouvelle reconstruction s'imposa, peut-être à cause de nouveaux tremblements de terre; l'église prit alors le nom de Ste-Marie-Libératrice. Les travaux de réparation de 1702 firent découvrir les restes de l'église primitive; en 1901-02 enfin Ste-Marie-Libératrice, une église moderne qui n'avait aucune valeur artistique, fut démolie et les ruines de Ste-]\Iarie-Antique furent mises au jour complètement.
L'Atrium qui précède la bibliothèque est plus ancien que cette dernière et est peut-être un reste du palais de Caligula. Les Chrétiens en firent le vestibule de l'église en conservant au milieu l'impluvium. À g., dans une niche, Ste Agnès et Ste Cécile, fresque byzantine; au fond, St Abacyre; à dr. (sous le rideau), la Vierge, des Saints et un pape avec le nimbe carré.
La Salle de la bibliothèque est un quadriportique ayant trois pièces dans le fond. Les Chrétiens utilisèrent cette architecture en construisant les nefs dans le quadriportique, le sanctuaire et l'abside dans les autres locaux. Quelques-uns des sarcophages sont d'origine païenne. Les ♦fresques des VU* et Ville s. qui décorent les parois sont d'une extrême importance poxn: l'histoire de l'art et du christianisme. Dans la nef de DR. (remarquer les sarcophages), Marie, Ste Anne et Ste Elisabeth; dans la nef du milieu, des restes de la Schola Cantorum (à dr. un petit sarcophage païen). Dans le presbyterium: à dr., Isaie au lit de mort du roi Ézéehim et David sur le corps d€ Goliath; à g., le Christ avec la Vierge et St Jean. Dans l'arcade de 1' abside on aperçoit des couches superposées de peintures du VHP au XII» s.; à remarquer siurtout: deux Cerise, une riche If arfone sur le trône, la tête de Gabriel et une très suave physionomie de Vierge.
142 R. 1; plan, p. 1. EOME le Forma Romain.
Au mur de g., des médaillons représentant les Apôtres et une décoration de coloriibes.^^Y.! de g. On entre dans la Chap. d^ Théoiotc ou de St Cyr et de Ste Julitte: sur le nvu central, Crucifi-emetii de Notre- Seigneur, St Jean, Lonain et l'homme à l'éponge; au-dessous: la Vierge, St Pierre, St Paul, St Cyr et Ste Julitte, le pape Zacharie et le primicier Théodote (ces derniers ayant un nimbe airré, car ils ont été peints de leur vivant). Eu lace, d'un côté Théodote à genoux et, de l'autre, quatre saints quorum nomina Dominus scit, c'est-à-dire les martyrs incounui?, gentil souvenir QUi a revécu après la dernière guerre dan? les honneurs rendus au Soldat inconnu. Sur les autres murailles: scènes tirées de la Vie des deux titulaires et d'autres sujets. Le long de la nef de g., en haut l'histoire de Joseph; en bas le Christ bénissant au milieu des Pères de l' Église. Dans l'église se trouvent un reste de jubé de Jean VIT et un sarcophage orné de personnages.
Une porte de la nef de dr. conduit dans une grande salie (ixin maints savants regardent comme le Temple d'Auguste, érigé par Tibère, restauré par Domitien et Antonin le Pieux. C'est dans ce temple que l'on exposait les tables de bronze sur lesquelles étaient gravés les noms des soldats cités à l'ordre du jour. La façade principale était vers le vicu^s Tuscus. On voit encore une cellule presque carrée ayant plusieurs niches ix)ur les statues des emperem^.
En sortant., trois escaliers conduisent au Palatin: un audessus de la maison des Vestales, un escaladant la colline, le troisième aboutissant au clivus Vicforiœ.
On retourne près du temple de César, où l'on voit les fondations de l'Arc d'Auguste qui était à trois arcades et fut érigé en 19 av. J.-G. Tout près il y a un socle rond qui est, croit-on, le reste du Pntéal Scribonianum. De cet endroit on reprend la Sacra Via. On a alors à g. les fondements de la Régla, selon la tradition la maison de Numa, qui devint ensuite la résidence du Grand Pontife. Détruite par un incendie en l'an 36 av. J.-C. elle fut rebâtie en marbre par Domitius Galvinus: on en aperçoit encore des fragments épars d'une architecture élégante; d'autres fragments appartiennent à une reconstruction postérieure, faite par Septime-Sévère.
La Regia renfermait les Archives et les Annales, le Sacrariuni de Mars avec les ancilia ou boucliers sacrés tombés du ciel et les lances qui oscillaient quand la guerre allait éclater. Il y avait aussi une chap. dédiée à Ops, déesse de l'abondance. À l'extérieur étaient gravés les Fastes consulaires et triomphaux (listes officielles) dont les restes sont conservés au Capitole dans le palais des Conservateurs (p. 43).
À dr. la *AIai.soii des \estales, gardiennes du feu sacré de Vesta, dont le culte très ancien dura jusqu'à la fin du paganisme.
L'ensemble se compose d'un temple rond et d'une habitation voisine. Le temple était un périptère corinthien à 20 colonnes: il n'en reste que le soubassement circulaire et des fragments architectoniques appartenant à la reconstmction due à Julia Domna, femme de Seprime-Sévère. Dans le pavé on voit encore ime fosse dans laquelle on gardait les reste<î du gacriâce des Vestalia, fête annuelle célébrée le 15 juin. Le temple, fermé par Théodore, tomba en ruine au VHP s. - Entre le temple et la maison est un édicule ionien où l'on devait vénérer une image de la déesse. - On accède à I'atrium de la maison des Vestales, en montant quelques marches.
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Cet atrium était une sorte de jardin dont les parterres modernes reproduisent le dessin: au milieu il y avait probablement le bosquet symbolique, reste de l'ancien lucxis. Tout autour une colonnade environnait l'enclos; on voit encore les socles des statues honoraires do Vestales célèbres (les plus belles, parmi ces statues, sont au Musée des Thermes, p. 106). Au fond, un grand édicule était destiné aux statues des Dieux et des Empereurs. Les pièces contiguës servaient de dépôt pour les objets du culte. - Sur les côtés les plus longs du rectangle s'ouvrent les cellules à l'usage des Vestales et d'autres pièces: cuisine, cave, office et un moulin. Un escalier derrière le sanctuaire met en communication le temple avec le palais impérial sur le Palatin; une aile de la maison des Vestales qui devait avoir au moins deux étages s'adosse a.u palais même. - À la suite de la maison des Vestales, jusqu'à l'Arc de Titus, s'échelonnent des ruines de constructions qui n'ont pas encore été définitivement classées, mais qui devaient êtr? le centre des bureaux d'administration de l'empire, reliées à ro. par la Nova Via et au N.-E. par la Sacra Via.
Ou rebrousse chemin et l'on reprend la Sacra Via, sur le côté N. de laquelle se suivent le Temple d'Antonin et de Faustine, le temple de Romulus et la basilique de Constantin.
Le *TempIe d'Antonin et de Faustine, l'un des plus remarquables de l'époque impériale, fut dédié en 141 ap. J.-G. par le Sénat à la mémoire de l'impératrice Faustine et, après la mort d'Antonin le Pieux (161), destiné aussi au culte de l'empereur.' Le temple fut transformé en l'église de S. Lorenzo in Minimia. La façade baroque est de 1602.
C'est im édifice grandiose prostyle hexastyîe corinthien. Les dix grandes colonnes (y compris les 4 des angles) non cannelées, monolithes, sont en marbre d'Eubée (cipolin), et donnent siu" la Sacra Via. Elles soutiennent une partie de l'entablement sur lequel on lit la dédicace: Divœ Faitstinte ex. S. C. Au-dessus on ajouta plus tard: Divo Antonino et. La cellule, en péperin, était revêtue de marbres et montre encore sa frise ornée de griffons, de candélabres, de vases: c'est l'un des plus beaux spécimens de l'art décoratif romain. Le nom de l'église vient de ce que c'est là probablement que St Lavurent fut amené devant ses juges.
Au pied du temple, à l'angle E., s'étend une nécropole archaïque découverte lors des fouilles de 1902-03. C'est le cimetière des populations des pentes de l'Esquilin ou de la ville primitive du Palatin et il remonte environ aux X^-VIII* s. av. J.-C: il est donc antériem- à la date traditionnelle de la fondation de Rome. On y a trouvé des tombeaux pour corps inhumés (fosses) et pour corps incinérés (mrnes cinéraires). On n'en peut voir qu'mie partie et les tombeaux sont comblés. Pour avoir un aperçu de cette nécropole très intéressante, il faut visiter V Aidiqnarium Foreuse, où l'on a réuni les objets trouvés dans les fouilles, p. 145.
A ce point la Sacra Via commence à monter la côte de la Velia. Le Temple de Romulus Maxeiilius fut dédié à Romulus, fils de Maxence (309) consul de 307 à 308 ap. J.-C. L'édifice circulaire, flanqué de deux édicules à abside, a un portail formé de deux colonnes de porphyre et d'une architrave prises à un autre édifice plus ancien: la magnifique *porte en bronze est ancienne. Ce petit temple, ainsi que le Temphim Sacrée Urbis, qui se trouve derrière, a été transformé en l'église de St-Côme-et-St-Damien (pour visiter cette
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dernière V. p. 150). On peut passer derrière l'ég]ise en longeant son flanc dr.: on arrive à une place, pavée en marbres de couleur, où l'on voit le mur sur lequel était placée la Forma Urbis, dont les restes sont aujourd'hui au palais des Conservateurs (p. 45).
Nous voici aux trois arcades colossales de la plus grande construction du Forum: la *Basiliqiie de Constantin, commencée par Maxence (306-10) et achevée par Constantin qui en modifia en partie le plan.
C'est un édifice ayant presque 100 m. de long et 76 de large, tout en briques, à voûtes en berceau, de béton, divisé en trois nefs par de gros piliers. La façade était vers le S.-E. mais Constantin fit ou\Tir une communication aussi avec la Sacra Via. Les voûtes à caissons couvraient les nefs dans le sens longitudinal: la basilique avait deiix absides, dont l'une, du côté opposé à l'entrée principale, l'autre, du côté opposé à l'entrée du Forum. L'édifice diffère par sa forme des basiliques habituelles et ressemble plutôt aux thermes. Les trois voûtes de la nef de dr. qui se dressent encore dominant le Forum, ont servi de modèles a beaucoup de constructions de la Renaissance. Elles ont 20 m. 50 de largeiu sur 17 m. 50 de profondeur, 24 m. 50 de hauteur; tandis que les 3 voûtes de la nef du milieu, dont on voit à t^rre les blocs énormes, avaient un rayon de 20 m. et 35 m. de hauteur. Devant les piliers du milieu il y avait 8 énormes colonnes corinthiennes: la seule que l'on ait pu sauver est celle qui se trouve sur la pi. de Ste-Marie-Majeiue, p. 115. Dans l'abside, du côté 0., était placée une statue énorme de Constantin dont quelques fragments se trouvent dans la cour du palais des Conserva temrs, p. 43. Le toit était couvert de plaques de bronze que le Pape Honorius I" fit enlever en 626 pour couM:ir l'ancienne basilique de St-Pierre.
La Sacra Via, en tournant vers le S.-O., rejoint r*Arc de Titus, érigé sous Domitien (81) par le Sénat et par le peuple romain en souvenir des victoires remportées par Titus et Vespasien dans la guerre de Judée, qui se termina par la destruction de Jérusalem (70 ap. J.-C). Au moyen âge, les Frangipani inclurent l'arc dans leurs forteresses: Sixte IV le dégagea en partie des constructions environnantes, qui furent totalement démolies en 1821. Valadier pourvut alors à consolider l'ancien monument et à le compléter, en reiiiplaçant le marbre par du travertin.
L'arc, revêtu de marbre pentélique, est parfait de lignes: il n'a qu'une ouverture et ses colonnes sont d'ordre composite. Les deux superbes basreliefs décorant l'intérieiu: de l'arcade sont des pliis intéressants: dans l'un, on voit Rome guidant le quadrige impérial sur lequel sont Titus et la Victoire; dans l'autre, en face, la procession triompliale portant le butin de guerre pris à Jérusalem parmi les dépouilles du temple de Salomon, l'autel garni de trompettes et le candélabre d'or à sept branches. Au railieu de la voûte à caissons l'apothéose de Titus, porté au ciel par un aigle. Sur la frise extérieure se déroule une autre procession où l'on aperçoit la flgiu-e allégorique du Jourdain vaincu, gisant sur un brancard.
À deux pas est le tourniquet par lequel on sort. On tourne à g. le long de l'enceinte des fouilles, puis on descend à g.
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par un escalier à SI e-Vrauvoise- Romaine, (PI. II 19), autrefois S. Maria Nuoua, église très ancienne, située en partie sur les ruines du temple de Vénus et de Rome, sur le sommet de la Velia. Lors de sa reconstruction en 121G, sous Honorius III, on éleva le ravissant clocher à carreaux de marbres polychromes. La façade, d'après le dessin de Maderna, date de 1615, époque d'une autre restauration. C'est à peu près en ce temps-là que l'église fut dédiée ù Ste Françoise Romaine, canonisée en 1608.
Intérieur (on entre habituelle meut par la porte latérale de dr.)- L'église n'a qu'une nef. 2^ chap. à dr., Le m,iracle de St Benoît, tableau de Subleyras. Dans le bras droit du transept, le tombeau de Grégoire XI, que le peuple romain fit ériger par le sculpteur Olivier! en 1585; ce fut ce pontife qui transféra de nouveau le siège papal à Rome (1377).
Plus loin, enchâssées dans le mur de dr., deux pierres sm- lesquelles on montre les traces des genoux de St Pierre qui, selon la tradition, aurait prié, agenouillé là, pendant lo vol de Simon le Magicien, pour demander à Dieu la punition de l'impie: celui-ci, en effet, serait tombé non loin de là. Dans l'abside, des mosaïques du XIII'' s., attribuées à P. Cavallini; au milieu la Vierge; à dr., St Pierre et St André; à g., St Jean et St Jacques. X dr., Paul III, tableau attribué à Perin del Vaga; à g., un ciborium de l'école de ^lino. Dans la Confession: un groupe de Meli représentant Ste Françoise avec un Ange. Dans la crypte: le tombeau de la Sainte; dans le vestibule: le tombeau du cardinal Vulcani (1322) et celui d'Ant. Rido (1457).
Le couvent qui est uni à l'église et possède un joh cloître du temps d'Alexandre VI, est actuellement occupé par le Bureau des fouilles du Forum. On a installé dans ces locaux une collection de reproductions en craie de monuments romains ainsi cjue V Antiquarium Foreuse (Musée du Forum).
On a classé dans ce dernier surtout de menus objets: à remarquer lea tombeaux de la nécropole, entre autres des ossuaires caractéristiques on forme de cabanes; un cadavre inhumé dans un tronc d'arbre creux. Ce matériel présente les mêmes caractères que celui des nécropoles latiales des Monts Albains.
Ou retourne sur ses pas au tourniquet sur la Sacra Via, où celle-ci commence à descendre vers le Colisée. À dr., est encore visible une substruction en péperin, que l'on croit appartenir au Temple de Jupiter Stator; plus loin, le long de la pente du Palatin, une suite de ruines de maisons de différentes époques. À g., les restes du Temple de Avenus et de Home (IM. II 19), superbe construction originale érigée en 135 sous Adrien et d'après les dessins de l'empereur même, architecte dilettante. Le temple fut construit sur l'atrium de la domus aurea de Néron: la statue colossale de ce dernier, qui décorait l'entrée, fut transportée plus bas, à g. de l'Arc de Constantin, où l'on voit encore le bloc du soubassement. Le temple de Vénus et de Rome fut restauré par Maxence (307).
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Le temple était double, c'est-à-dire formé de deux cellae dont les absides étaient adossées l'une à l'autre, et partant périptère araphiprostyle: il avait deux façades de dix colonnes chacune, et était tout environné d'un portique de colonnes dont les ruines gisent à terre. H ne reste plus, de toute la construction, que le côté S. et les deux absides dont les voûtes sont à caissons en losanges. L'abside du temple de Rome est toimiée vers le Forum (on l'aperçoit fort bien du Couvent de Ste-Françoise-Romaine); celle du teaipJe de Vénus vers le Colisée.