‹ ItalieChapitre 61 sur 169 · XI. — Les Forums impériaux et îe Colisée · texte numérisé non relu

XI. — Les Forums impériaux et îe Colisée

Sommaire: la Prison Mamertlne, p. 147; St-Luc-et-Ste-Martine, p. 147; r *Acadéraie de St-Luc, p. 147; les Forums de César et de Xerva. p. 148; le Forum d'Auguste, p. 148; le *rorum de Trajan, p, 149; St-Côme-et-St-Damien, p. 150; le *Colisée, p. 150; 1' *Arc de Constantin, p. 152,

C'est dans la région au N. du Forum romain, jusqu'aux pentes du Quirinal et du Viminal que surgirent les Forums impériaux (V. le plan ci-contre), grandes places monumentales, entourées d'édifices publics, destinées soit à faciliter la circulation de la population qui augmentait continuellement et avait désormais atteint le million, soit à assainir les quartiers les plus encombrés, soit à donner un aspect plus grandiose à la ville, devenue la métropole du monde. Les empereurs rivalisèrent dans la construction de ces Forums dont le caractère était religieux et national à la fois, chaque Forum ayant son temple au centre et étant érigé en souvenir de faits historiques marquants. C'est J. César qui donna l'exemple, en bâtissant le premier, le Forum Julium (Temple de Vénus Génitrix en souvenir de la victoire de Pharsale); ensuite surgirent tour à tour: le Forum d'Auguste (temple de Mars Ultor commémorant la bataille de Phiiippes); le Forum de Vespasien (temple de la Paix, construit avec les dépouilles de la guerre de Judée); le Forum de Domitien, fini par Nerva, appelé aussi Forum Transitorium, ou de passage parce qu'une rue le traversait mettant en communication les différents Forums (temple de Minerve) et enfin le Forum de Trajan, achevé par Adrien, le plus grandiose de tous (Temple de Trajan divinisé - en souvenir des guerres contre les Sarmates et les Daces). Comme tous ces forums étaient contigus, en un siècle environ, toute la zone fut régularisée d'après une sorte de plan de voirie. Cet admirable centre de riches monuments fut le champ préféré des dévastations du moyen âge. D'autres spoliations eurent lieu plus tard pour utiliser les marbres et les bronzes, de sorte que l'ensemble a été détruit et que la zone est actuellement couverte de maisons et sillonnée de rues, les plus humbles de Rome. Cependant les restes en sont encore im-

PliOPI).OELT.C.I- i(:PROD.ViET

Pi&z z a Maqrianapoli

\'^^>(^ :R2ideri risibili ^^^v Jùideri inierrati o poco ^isibili ^-~~ lèLcxistruzicmL ipotetiche-

^ Miiseo ^^ Capiloliiio

gT«MPt «NT V*Ll*R[l-MIL*NS

tes Forums Impériaux. ROME R. 1; plan, p. 1. 147

portants et bien qu'ils ne puissent donner une idée adéquate de leur ancienne magnificence, il est intéressant de les visiter. - Ces restes sont incorporés ou cachés par des édifices modernes, mais la nécessité de transformer méthodiquement les environs du mon. Victor-Emmanuel et de relier la rue Cavour à la pi. de Venise, fait espérer que l'on pourra prochainement isoler ces Forums. - Tout en les décrivant, nous nous occuperons aussi des autres monuments et des églises qui se trouvent dans cette zone. Pour suivre l'ordre chronologique, nous partirons de l'angle N. du Forum Romain, au croisement de la yza.l/ar/o/'io et de la via dell'Arco di Setlimio Severo. Dans la première des deux, se trouve la petite église S. Ginseppe dei Falegnami, construite sur la Prison Mamerline, par Giac. Délia Porta (1538 ; on peut la visiter de 9 heures du matin au coucher du soleil).

La prison se compose de deux cellules superposées. La cellule supérieiu^e, là plus grande, est le vrai carcer Mamertmus {on de Mars, mais il paraît douteux que le nom vient de ce mot), la prison d'État de l'ancienne Rome. La cellule inférieure est on espace circulaire, appelé Tullianum, bâti avec de gros blocs, disposés en cercles qui se rétrécissent vers le haut en sorte que 1 1 cellule devait se ter/niner en forme de coupole, ce qui fait supposer que c'est peut-être là le plus ancien édifice de Rome antérieur à l'invention de la voûte. Quelques-uns croient qu'il s'agit d'une citerne, semblable à celle de Tusculum et d'autres villes étrusques; d'autres pensent que c'est un tombeau, dans le genre des plus anciens de la Grèce et de l'Étrurie. Quoiqu'il en soit, l'ancienne construction fut englobée dans la prison et l'on en supprima la voûte. Elle servit de cachot spécial pour les malfaiteurs et les ennemis capturés, avant l'exécution capitale. Jugurtha, Vercingétorix, les complices de Catilina et, selon la tradition chrétienne, St Pierre, y fm-ent enfermés; c'est pourquoi depuis le XVP s. l'édifice s'appelle S. Pietro in Carcere. On montre une source filtrant dans le cachot et que St Pierre aurait fait jaillir: c'est avec cette eau qu'il baptisa ses geôliers Processe et Martinien.

Près de la prison Mamertine, on laisse la via di Marforio l)our prendre la via Bonella. À l'angle dr. de cette dernière se trouve l'église St-Adrien, p. 138, tandis qu'à g. est l'église Sî-Lue-et-Ste-Martine (PI. II 16). Cette dernière fut élevée sur le Secretarium Senatus, p. 138, avant le VHP s., et a été rebâtie par Pietro da Cortona (1640). Elle se compose de deux églises: l'église haute dédiée à St Luc, la basse à Ste Martine.

L'Intérieuk de St-Luc à croix grecque est surmontée d'une belle coupole. Dans le bras dr. du transept: la Religion, en plâtre, par Canova. Au-dessus du maître-autel: St Liic, copie d'après Raphaël (V. plus loin); dans le bras g. du transept: le tombeau de l'archéologue L. Canina et le Christ, statue en plâtre, original de Thorwaldsen.

L'Intérieur de Ste-ÎMartine a été aussi restauré par Pietro da Cortona, qui est enseveli au pied de l'escalier. À remarquer encore: deux belles colonnes du Secretarium et deux bas-reliefs d'Algardi.

Dans la via Bonella est l' entrée de la Galerie de l'Académie de St-Luc, fondée en 1577 par F. Zuccari, pour l'enseignement des beauxarts. Pom- les jours et les heures de visite, p. 11. - P« Salle: 2, Ma'

148 R. 1; plan, p. 1. ROME les Forums Impériaux.

done, par Ch. Maratta; 3, Nymphes, par Rubens; 4, 5, paysages, par Poussin; 10, Vierge, par Van Dyck; 21, 24, Marines, par Joseph Vemet; 1j3, copie de la Galatée de Raphaël, p. iIOT, par Jules Ronaain; 43, l'Amour, par le Guide; 49, Marine, de Claude Lorrain; 52 Marine, de Jos. Vemet. Dans les cabinets, des tableaux modernes et des portraits d'artistes, parmi lesquels: 198, 3Ime Virginie Vigée-Lebrun; 214, Angélique Eauffmann. - IP Salle: 57, Le Mariage de Ste Catherine, école flamande; 59, La Vanité, école du Titien; 72, St Luc, par Raphaël; 77, Vénus et Cupidon, par le Guerchin; 78, * Un enfant, reste d'une fresque de Raphaël (vers 1512); 81, St Jérôme, par Ribera. - IIP Salle: 103, Lucrèce, par Guido Cagnacci; 107, Suzanne, par Véronèse; 116, Bacchus et Ariane, par le Guide; 122, la Vierge, par l'Albane; 131, la Vierge, par Sassoferrato; 133, La Fortune, par le Guide; 142, Le cardinal Wolsey, par G. H. Harlow; 14. Le peintre Faruffini, par lui-mêaie.

Dans la salle prè^ de la Galerie se trouve la Bibliothèque Sarti, léguée par l'architecte de ce nom à la Municipalité de Rome et riche en li^Tes d'art.

En sortant de l'Académie, on peut voir les restes du Forum Julium ou Forum de César dans la via délie Marmorelle (parallèle à la via Bonella), dans la cour et dans la cave du N» 29. où l'on aperçoit une partie de l'énorme enceinte en tuf et en travertin.

:^ On reprend la via Bonella, qui croise la via Alessandrina; cette dernière, en tournant à dr., puisa g., conduit àla via delta Croce Bianca, où l'on trouve des restes importants du Forum de Domiîicn ou de Xerva. Ce sont les *Colonnacce: deux énormes colonnes corinthiennes placées à peu de distance d'uîi long mur et donnant, par cette disposition, l'illusion d'un portique. Dans l'attique de l'entre-colonnement se trouve un bas-relief représentant Minerve, d'après un prototype de l'école de Scopas. Dans la frise très riche de l'entabiement, on voit Minerve enseignant la couture, le tissage, etc., et punissant Arachné. Le temple était au X. attenant à l'abside du Forum d'Auguste: il fut démoli par Paul V pour décorer de ses marbres la fontaine de rAccjua Paola, p. 209.

Du Forum de Vcspasien, au S.-E., il n'y a plus de traces. On reprend la via Bonella qui rejoint le Forum d'Auyiiste (PI. II 17). Ce dernier était un grand rectangle renfermant le temple de Mars, flanqué des Arcs de triomphe de Drusus et de Germanicus et de deux exèdres.

Au fond de la via Bonella, à g., s'élevait le Temple de Mars, inauguré le 12 mai de l'an 2 av. J.-C. On y gardait les éteignes romaines rendues par les Parthes en l'an 20 av. J.-C. C'était un périptère corinthien ayant un grand pronaos et xme cella à abside. Tout ce qu'il en reste est im mur fait de blocs de péperin ayant ime corniche en travertin et *trois colonnes cannelées aux chapiteaux élégants qui ont servi très fréquemment de modèle aux architectes. On accède à ces ruines en passant soas l'arc appelé, au moyen âge, des Pantani. À dr. de la rue, on aperçoit encore l'une des grandes exèdres avec les niches ponr les statues des grands capitaines. L'autre exèdre est actuellement incluse dans le couvent des Sœurs de l'Assomption dans les caves duquel sont les substructions du temple; on voit encore les cellœ où était conservé Vcerarium, mUitare.

les Foruma Impériaux. KOME R. 1; i>lan, p. 36. 149

Eli reprenant la via Alessandrina, vers le N., en longeant les rails du tram, on aboutit à la place du Forum de Trajaii, au centre du *Forum de Trajan ou Ulpien (PI. C. 17), quartier monumental ainsi appelé du nom de Marcus Ulpius Trajan, et dû à l'architecte Apollodore de Damas (111-114 ap. J.-C).

Un arc de triomphe, érigé dans le voi^inage de l'actuelle via del PriO' rato, donnait accès au Forum proprement dit qui était une place flanquée de deux exèdres colossales: la basilique avec deux exèdres plus petites, la bibliothèque, la colonne de Trajan et, plus loin, le temple de Trajan formaient un ensemble de monuments merveilleux, et, au dire des historiens anciens, unique au monde.

On peut voir l'une des grandes exèdres dans la via Campo Carleo, N° 6, ou bien en demandant la permission de passer par la boulangerie, via Alessandrina, N° 33. Chaque exèdre avait, des deux côtés, d'autres niches plus petites dans l'ime desquelles est actuellement le Restaurant de la Basilique Ulpienne. Une autre petite exèdre fait partie du palais Roccagiovine: en entrant on en aperçoit la courbe, et, dans un local fermé, on peut voir la structure de l'édifice.

On descend dans la partie déblayée au milieu de la place (visite de 9 h. à 12) qui correspond à l'emplacement de la Basilique et de la Bibliothèque. Le déblayement fait au temps de Napoléon a altéré cependant la forme de la basilique, car l'axe principal de cette dernière était perpendiculaire aux côtés les plus longs de la place actuelle. Ce que l'on voit aujoiurd'hui est donc la partie centrale de la Basilique divisée en 5 nefs (largeur totale 56 m.; la nef du milieu a 25 m. de large). Quatre rangées de colonnes, qui ont été toutefois déplacées, séparent les nefs. Des fragmenta de décoration et de statues représentant des barbares prisonniers jonchent le sol.

Le monument le plus important de la place est la '■'Colonne Trajane, presque intacte encore, dédiée en 113 ap. J.-C. par le Sénat et le peuple romain à l'empereur en souvenir des victoires remportées par lui sur les Daces. La colonne a 100 pieds romains = 29 m. 60 de haut (la base et le chapiteau compris) et, avec la statue, 33 m.: elle est composée de 18 tambours de marbre. Un escalier en colimaçon ayant 185 marches, monte à l'intérieur jasqu'au sommet du chapiteau dorique où était à l'origine la statue de l'empereur, remplacée depuis 1587 par celle de St Pierre^ érigée par Sixte-Quint. Dans la base de la colonne il y a un caveau où, renfermées dans une urne d'or, furent déposées les cendres de l'empereur mort en Cilicie en 117. Sur le fût de la colonne se déroule une frise qui a 200 m. de long et 1 m. à peu près de haut, ornée d'environ 2500 personnages. Les bas-reliefs les plus hauts mesurent de 60 à 70 cm. de haut: ils représentent d'une manière exquise et avec im art très naturaliste les épisodes les plus saillants des expéditions militaires contre les Daces (101-103; 107- 108). Qui désire en examiner de près les détails, peut se livrer à cette étude au Musée de Latran, où sont exposés les calques des bas-reliefs de la colonne. Au bas du fût est une inscription dédicatoire affirmant que la hauteur de la colonne correspond à la hauteur du sol primitif et par conséquent à la profondeur de l'excavation que nécessita l'érection des monuments de ce Forum. - Cependant, cette affirmation, que la tradition appuie, est contredite par le résultat des fouilles récentes de Giac. Boni qui a trouvé des couches de constructions plus anciennes que la colonne dans son voisinage même.

Pour se faire une idée adéquate de l'effet produit par ce monument dans l'antiquité, il faut songer qu'il était situé dans ime cour étroite, close par le Temple, la Basilique et les deux bibliothèques grecque et latine; de sorte que des terrasses des édifices environnants on pouvait bien voir les bas-reliefs.

150 R. 1; plan, p. 1. ROME le Cotisée.

Au N. de la place, sont deux églises à coupole, presque pareilles: à g., Ste-Marie-de-Lorcttc, par Ant. da Sangallo le Jeune (1507), ornée d'une =^lanterne étrange, surmontant la coupole (V. à l'intérieur la ravissante statue de Ste Suzanne, de F. Duquesnoy); à dr., le Nom-de-Marie, par Dérizet (1738).

En rebroussant chemin, on reprend la via Alessandrina, qui croise la via Cavour, p. 112, au delà de laquelle on tourne à dr. dans ia pia in Miranda, où à g. est l'entrée de l'église St-Côme-eî-Sî-î)amien (PI. ïî 1G\ Cette église est l'ancien Templum Sacns Urbis, construit en 73-78 ap. J.-G. pour y conserver les plans de la ville, les registres du cadastre et d'autres documents. Sur le mur de la petite place qui faisait partie du Forum Pacis, Septinie-Sévère fit enchâsser le grand plan de Rome, qui est actuellement au Musée des Conservateurs (p. 45). Au YP s. le temple fut converti en une église chrétienne, à laquelle fut relié le petit tem.ple de Romulus Maxentius, p. 143. Félix IV fit construire l'abside. En 1632, l'église fut rebâtie et le pavé fut exhaussé de sorte que l'on créa deux églises superposées.

À riXTÉRiEUR on admire les célèbres *mosaïques du VP s. Sur l'arcade triomphale: L'Agneau sur le trône avec l'Évangile, etdouré de 7 candélabres, quatre Anges et les symboles écangéliques: l'Aigle et l'Ange; on aperçoit aussi deux bras de vieillards portant des couronnes. Dans l'abside: le Christ, St Daraien et St Came présentés par St Pierre et St Paul, à dr. St Théodore, à g. St Félix IV (la lis'ors a été refaite) présentant le modèle de l'église; des palmes avec le phénix, symbole de la résiurection. Au-dessous: l'Agneau smr la montagne d'où descendent quatre fleuves et douze agneaux (Apôtres) sortant des villes de Bethléem et de Jérusalem. L'allure des personnages, l'ample lu- des draperies attestent la tradition classique.

Au sortir de l'église, on rejoint la via Alessandrina, où l'on tourne à dr. dans la via dei Tempio délia Pace. On prend ensuite encore à dr. dans la via del Colosseo et on aboutit enfin au *Co!isée ou Amphithéâtre FIavien(Pl. II 19), le plus grandiose monument de la ville ancienne, considéré à travers les siècles comme le symbole de la majesté et de l'éternité de Rome. Il fut commencé par Vespasien en 72 ap. J.-C. sur l'emplacement du lac des jardins néroniens et fut achevé par Titus. Ce dernier l'inaugura en l'an 80 par de grandes fêtes qui durèrent 100 jours et pendant lesquefies furent tués beaucoup de gladiateurs et 5.000 bêtes fauves. L'amphithéâtre tira son nom de la famifie des deux empereurs qui le construisirent. On y donna non seulement des combats de gladiateurs et des chasses aux bêtes, mais aussi des naumachies. Il fut restauré sous Alexandre-Sévère et, plus tard, en 248, mllhème anniversaire de la fondation de Rome, on y célébra des fêtes solen?ie1les. La tradition, d'après laquelle St

rxOPR. OtL T CI.^RIPROO Vif

le Cotisée. ROME R. 1; vlan, p. 1. 161

Ignace d'Aulioche et d'autres chrétiens y auraient été martyrisés, n'est pas confirmée par tous les auteurs qui se sont occupés de la primitive Église. Les combats des gladiateurs durèrent jusqu'à l'an 405; les combats de bêtes féroces jusqu'en 523. Un tremblement de terre endommagea l'édifice en 442: il fut restauré, paraît-il, par Théodose II et Valentinien IIÏ. Vers le VIII'" s. on commença à l'appeler Colosseo soit à cause de ses dhnensions colossales, soit à cause d'une statue colossale de Xéron qui se trouvait tout près, statue que l'on détruisit alors. Endommagé par des tremblements de terre en 1231 et 1255, il fut transiormé en forteresse par les Frangipani et passa ensuite aux Annibaldi.

En 1312 l'empereur Henri VII le donna au Sénat et au peuple romain; au XV*^ s. l'amphithéâtre devint une vraie carrière de travertin d'où l'on tira les matériaux pour la construction des Palais de Venise, de la Chancellerie, Farnèse et pour le port de Ripetta; plus tard on y prit des blocs pour St-Pierre et pour le Palais Barberini. Enfm Benoît XIV le consacra à la Passion de Jésus et le déclara sacré à cause du sang que les martyrs y avaient répandu. Depuis lors la dévastation cessa et Pie VII, Léon XIÏ, Grégoire XVI et Pie IX firent d'importants travaux de réparation au moyen d'arcs-boutants, etc. Guido Baccelli fit isoler l'extérieur et mettre au jour à l'int. la structure souterraine. V. le plan ci-contre.

L'Amphithéâtre elliptique est en travertin à l'extérieur, en briquea et en tuf à l'intérieur. Les blocs de travertin étaient à l'origine reliés par des crampons de fer qui furent arrachés au moyen âge en laissant les trous que l'on voit encore. Malgré tous les ravages, le monument garde son aspect d'ime grandeur indicible: le côté N.-E. semble presque intact. La puissante paroi extérieure servant de soutènement à l'intérieur de la construction, a quatre étages. Les trois premiers sont à arcades ornées de demi-colonnes des trois ordres superposés: dorique, ionien, corinthien; le quatrième, qui n'a point d'arcades, a une décoration de piliers corinthiens plus sveltes. Des statues étaient placées dans les arcades des 2* et 3* étages. Les dimensions de l'extérieur sont: grand axe 188 m.; petit axe 156; circonférence 524; hauteur 48,50. H y a quatre entrées principales, donn nt accès directement dans l'arène. L'entrée au N.-E., plas large que les autres et dépourvue de corniche, n'est pas numérotée (entre les arcades XXXVIII et XXXIX): elle introduit dans une salle ornée de stucs et réservée aux empereurs qui de là allaient occuper leurs places. Par les autres arcades (80 en tout) numérotées avec des chiffres romains, on lai-vcunit dans les corridors souterrains concentriques aboutissant aux escaliers. Les spectatem's passaient sous l'arcade dont le numéro correspondait à celui de leur billet, montaient l'escalier attenant et débouchaient dans « la cavea » par 160 vomitoria.

X riNTÉRiETJR, pour obtenir le plan incliné de la cavea, les corridors voûtés diminuent graduellement do hauteur. La cavea était divisée en tjois parties: la première était réservée aux chevaliers, celle du milieu aux citoyens, la plus élevée à la populace. Au-dessus de la troisième (summa) il y avait probablement une autre rangée à l'intérieur do la colonnade pourvue de sièges en bois; au-dessus de la colonnade ime terrasse était réservée aux spectateurs qui restaient debout. Au haut du

152 n. 1; ïdau, p. 1. EOME le Cotisée.

mur on voit encore les supports dans lesquels ou introduisait les poteaux qui soulignaient le velariuni- On calcule que 50.000 personnes en\iron pouvaient prendre place dans l'amphithéâtre. Le premier rang ou podium. pourvu d'vm haut parapet contenait l'estrade impériale (piûvinar) destinée aux empereurs et à leur suite tandis que les sénateurs, les pontifes, les vestales, les magistrats occupaient le restant du podium. L'arène mesurait 86 m. siu: 54 m. Les fouilles ont mis au jovn les substructions, les couloirs souterrains servant poiu: l'organisation des spectacles: on y voit des cellules, destinées aux bêt^s, des passages et des piliers qui servaient à hisser les machines dont on se servait pour les spectacles. Des escaliers modernes conduisent au sommet du Colisée, du haut duquel on peut contempler le panoran^a de la ville et smrtout celui du Forum et de l'amphithéâtre même, encadrés par le Palatin verdoyant et le mon. de Victor-Emmanuel d'une blancheiu' éclatante. On peut dire que deux tiers du Colisée n'existent pliLs; cependant ce qui en reste fait ime impression profonde. H arrive toutefois que certains toiuistes, dont l'attente est excitée par la renommée du monument, éprouvent quelque déception en contemplant l'intérieur de l'amphithéâtre, car l'arène est toute sillonnée par les fouilles, des débris de marbres jonchent le sol et la cavea elle-même a perdu en grande partie son aspect caractéristique, car i! manque plusieius rangées de gradins. Mais cette première impression est vite remplacée par un sentiment d'admiration très vit lorsque l'on monte vers le haut de la cavea, ascension fatigante, mais qu'il ne faut absolument pas négliger. On monte par l'escalier de la seconde arcade à g. de l'entrée (V. poirr la visite p. 12). Au 1" étage il y a trois corridors en courbe, dont une voûte imposante forme le plafond; du corridor du milieu on voit d'un coup d'œil l'ensemble de l'édifice. Au-dessus de l'entrée du côté du Palatin, un escalier de 48 marches conduit au deuxième, puis à g. au troisième; enfin une rampe de 55 marches aboutit à ime galerie, de la plate-forme de laquelle on jouit du panorama de la ville. En montant et du haut de la galerie, le Colisée prend des proportions tout à fait fantastiques, surtout en profondeur. Par l e clair de lune (l'arène est ouverte nuit et jour) les ruines ont un attrait spécial, ainsi que les soirs de fête lorsqu'on les illumine au feu de Bengale.

Au X,-0. du Colisée on voit encore les restes d'un grand soubassement carré: c'est celui du célèbre colosse de Néron, statue représentant l'empereur avec les attributs du soleil.

La statue en bronze doré, œuvre de Zénodorc, avait environ 36 m. de haut: pour la transporter, l'artiste dut faire atteler douze paires d'éléphants.

À ro., en face de la Sacra Via, les ruines de la Meta Sudans, fontaine érigée par Domitien, formée d'une sorte de cône revêtu de marbres et percé à l'intérieur d'un grand nombre de petits tuyaux, dont l'eau jaillissait en pluie et retombait dans un bassin circulaire.

À quelques pas de distance, à la jonction de la voie Triomphale, s'élève r *Aro de Constantin (PI. II 19), à trois ouvertures, érigé en 31.j environ par le Sénat et le peuple romain en l'honneur de Constantin, qui avait battu Maxence ad Sa.va Rubra (^12). L'arc, englobé dans les fortifications des Frangipani au moyen âge, n'en fut dégagé qu'en 1804. Ce monument triomphal a été composé avec des fragments d'autres monuments antérieurs qui, encadrés dans des lignes architectoniques harmonieuses, forment un ensemble grandiose.

°?Wf>(î. DEL T.C-'.- RIPROC. VE"

"'f'Of Ruderi iisi2>ili

^^^^■~" Jtuderi interrati o poco risibiU I I,=i,JL4^ Jj i ' ^'- Ricostnuioni ipatetidie I

Gelotiana,

cc-s^. - :;-=£

PALATINO

Scaladi 1:3250

^ Metri

ao 30 'lO 50 60.

*■ "• "i "i "t" I H Settizonio

J^^ 'n m »-4-« Belvédère! r

d c i C e r c Tt t 19

STAMPA : ANT. VALLARDI-MILAHO

te Palatin. EOME li. 1; plan, p. 1. 151^

Lc3 doux grands bas-reliefs décorant à dr. et à g. Tintérieur de l'onverture centrale et les deux eu )iau( sur les côtés de l'^rc proviennent d'xin mon. de Trajan, où ils formaient une frise qui a été coupée en quatre: ils représentent une scène de victoire sur les Daces. C'est de c« monument encore que proviennent les statues des barbares placées sur l'attique. Les 8 médaillons ornant les deux façades de l'arc et représentant des scènes de chasse et des sacrifices champêtres appartiennent à un mon. de Domitien ou d'Adrien. Quant aux 8 bas-reJiefs historiques enchâssés dans l'attique. ils ont été pris à un mon. de Marc-Aurèle (ainsi que le trois bas-reliefs du Pillais des Conservateurs, p. 44), et représentent un sacrifice, des allocutions aux soldats et au peuple etime entrée triomphale à Rome. Les petits bas-reliefs de la frise, les victoires et les prisonniers aux bases des colonnes sont de l'époque constantinienne.

C'est de l'Arc de ConsLanlin que part la via S. Gregorio, où coiiimence la Promenade Archéologique, pr 163.

Page 1