‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 101 sur 127 · I. Ville moderne · texte numérisé non relu

I. Ville moderne

La Syracuse moderne n'occupe qu'une petite partie de l'emplacement de celle de l'antiquité, à savoir l'île à^Ortygie. La ville, qui est éclairée à l'électricité, n'a rien perdu du cachet moyennageux que lui donnent ses rues étroites et tortueuses. Deux artères principales, également assez irrégulières, la traversent dans le sens de la longueur, et sont croisées par une troisième, la via Maestranza. A celle de l'O., la via Cavour, se rattache

la piAzzA DEi, DuoMo qui , grâce aux façades baroques de la cathédrale (xviu® s.), du Municipio (hôtel de ville; xvii<' s.) et du palais d'eu face (xviii« s.) qui la bordent au N., n'est pas dépourvue de pittoresque.

La cathédrale {Duomo; pi. 5, B3), construite sur les fondements et entre les colonnes d'un temple dorique de la meilleure époque, a été reconstruite après le tremblement de terre de 1693. On voit encore, au long côté du N., les colonnes du temple et leurs chapiteaux, l'architrave et les triglyphes; les fûts ont 8 m. 60 de hauteur sur 2 d'épaisseur. C'était probablement le temple de Minerve dont parle Cicéron dans ses Verrines et qu'il décrit comme très beau et rempli des objets les plus précieux. Sur un soubassement à trois degrés, long de 56 m. et large de plus de 22, s'élevaient 36 colonnes (6 sur 14), dont on voit encore à l'intérieur une de chaque côté du grand portail, 8 au long côté de g. et 9 à celui de dr. (la dernière visible seulement dans sa partie supérieure). En 1910, le professeur P. Orsi (p. 432) a dégagé les fondements qui se trouvent sous le chœur. Les pilastres qui séparent la nef principale des nefs latérales sont les restes des murs de l'ancienne cclla. Les fonts baptismaux, auparavant à S. Giovanni (p. 440), sont faits d'un cratère de marbre antique, avec des restes d'inscription grecque, et reposent sur des lions en bronze au commencement de la nef latérale de gauche. En face des fonts, un portail des premiers temps de la Renaissance. La chapelle de Stc-Lucie, dans le bas côté de dr., renferme une statue

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d'aifijciit de la sainte (xvii® s.), haute de 1 ni. 50, qu'on expose en public le jour de sa fête, le 13 déc. de cha<|ue année.

Le *nivisée archéologique (pi. 8, B 3-4), en face et au S.-O. de la cathédrale, est parlaitenient ()r<,Mnisé; il est public le dim. de 10 h. à 1 h. (pas toutes les salles) et visible les autres jours moyennant 1 i'r., de 9 h. à 3 h. d'oct. à juin et de 8 à 2 h. de juillet à septembre. Directeur, le professeur P. Orsi.

Ukz-ob-chaussée. — l'" salle: à dr., inscription.s chrétiennes, entre autres une du v" s. (n» 21 213, ])r('s <!(> l'cntrc^c) qui mentionne Ste Lucie; ♦.sarcophage d'Adeltia, ilu v» .s. de notre ère, trouvé dans les catacombes de S. Griovauni (p. 441) et revôtu de has-reliefs de l'Ane, et du Nouv. Testament. Au luilieu, un chapiteau byzantin. — 2° salle, à côté: objets du moyen âge et do la lleuaissance. Au mur de dr., statue de la Vierge par Doin. Gagini (xv" s.). En face de l'entrée, sarcophage de la Renaissance, avec la statue couchée du défunt, de S. Domenico (1496). Au-dessus, mosaïque normande, de S. Giovanni. — 3" salle, à g.: inscriptions grecques, entre autres les socles de statues d'Hiéron II et de Gélon II {n"« B489, l(î 109) et inscriptions archaïques de Mégare Hybléeune. — 4« salle : sarcophages et cotfres cinéraires de Syracuse, Mégare Hybléenne, Centuripe, puis un grand sarcophage du vi= s. av. J.-C, décoré de bandes ornementales. — 5" salle: fragments architectoniqucs, entre autres, au milieu, partie supérieure d'une stèle funéraire en forme de temple; au mur de g., élégant chapiteau en jiierre calcaire de Mégare Hybléenne, têtes de lion provenant d'une fontaine, beau chapiteau corintliien avec restes de peinture; dans la vitrine, terres cuites ornées d'une belle décoration en relief. ~ Rosalie: statues de Romains; de plus, à la paroi de dr.: statues hellénistiques d'Hygie (no 21687) et de Platon (n" 21686); au milieu, n" 23624, beau fragment d'une statue d'éphèbe (vas. av. J.-C); sarcophages en terre cuite richement décorés, de Gela (vi» et v» s. av. J.-C); à la sortie, 696, Esculape, ouvrage hellénistique. Belle vue du balcon. — 9» salle (qui fait suite à dr.): reproduction de l'Automédon de Delphes (V s. av. J.-C). — 7« salle, sculptures grecques: à côté de l'entrée, statue assise égyptienne, du vu» s. av. J.-C; à la paroi du fond, 836, bas-relief de Mégare Hybléenne, d'une haute antiquité, représentant un soldat à genoux, fort endommagé; plus loin, à dr., 693, tête de Jupiter trouvée près de l'autel d'Hiéron; 837, bas-relief funéraire grec (enfant et vieillard, partie inférieure); à la paroi de dr. : une base carrée à bas-reliefs, du théâtre grec, et, 695, statuette de femme. — La 8» salle, à g. de la 6«, contient une * \V)iiix Anadyoïnène, avec un dauphin, trouvée en 1804 par Landolina, parfaitement conservée, sauf la tête, ouvrage hellénistique excellent.

I»' ÉTAOK. — Sur les paliers, dans la galerie de l'escalier et dans le vestibule (11» salle) et, ii dr. de là, dans les salles 17, 18, 19, la collection préhigtorique (v. p. 292) composée en majeure partie de vases d'argile, de couteaux en silex, d'armes de bronze sur lesc^uels on peut suivre le développement de la civilisation sicule sous l'intluence égéenne et grecque du xv"> au v« s. av. J.-C — Dans la dernière salle, Vantiquarium, deux armoires vitrées renfermant de jjctits objets de différentes époques.

Salle 12, à g. du vestibule: riche collection de vases grecs et de la Grande-Grèce , surtout vases corinthiens et attiques d'Acraa, de Lentini, de Syracuse et de Mégare Hybléenne; assortiments complets d'objets trouvés dans les tombeaux de ces deux dernières villes, principalement dans la nécropole du Fusco, h. Syracuse. — Salle 13, ii g.: aux parois, beaux vases à tigures rouges provenant de Gela et de t'amurina (v» et iv« s. av. J.-C); au milieu, beau vase de Polygnote (signé) et bronzes de Gela et de l'amarina ; en outre, riche *cotlection de. monnaies de l'anc. Sicile, parmi lesquelles on remarque plusieurs exemplaires des beaux décadrachmes signés du nom dos artistes ("imon et EvsBuetos. — On repasse par la 12» siilie pour se rendre dans les suivantes.

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Salles 14, 15 et 16, renfermant une riche collection de terres cuites: masques, têtes, statuettes, ornements architeotoniques, ex-voto de Syracuse, Centuripe, Grammichele, Gela, Camarina, etc. Entre autres, dans la 14» s. (2"^ armoire), les têtes de femmes de Syracuse; dans la 15», les petites statuettes de Centuripe rappelant les terres cuites de Tanagra, fragments de grands vases de même provenance avec restes de peinture et de dorure; au milieu, n» 14366, statue de femme assise archaïque; n" 16081, belle tête double (Cérès et Proserpine?).

Le musée possède en outre une petite galerie de peinture qui compte parmi ses toiles une œuvre authentique d'Antonello da Messina et qu'on a installée au Palaezo Bellomo (v. ci-dessous) avec le reste des objets du moyen âge et de l'époque moderne. On voit encore dans le même local des trouvailles faites à Locres (p. 267), consistant en terres cuites architeotoniques, petites tablettes d'argile revêtues de peintures de l'époque archaïque et objets de l'époque sicule, ainsi que des objets provenant de Crotone (p. 265); tous sont destinés au musée de Reggio (p. 275). Pour visiter, s'adresser à la direction du musée.

De l'angle S. de la place de la cathédrale, la via Maniace conduit en 3 min. à la célèbre fontaine d'Aréthuse (pi. B 4-.5), dans un bassin semi-circulaire entouré de papyrus. La mythologie raconte qu'Aréthuse, poursuivie par le fleuve Alphée depuis Elis jusqu'ici, fut changée en source par Diane. L'eau est devenue salée à la suite d'un tremblement de terre. On peut se faire ouvrir la grille par le gardien (20 à 30 c). — Le Palazzo Bellomo (pi. 16, B4), dans la viaCapodieri qui de la fontaine d'Aréthuse conduit à l'E., est situé non loin de l'extrémité S. de la via Roma; il date du xv^ s., et a été restauré par la direction du musée.

L'extrémité S. de l'île est occupée par le château Maniace, construit vers 1239, du temps des Hohenstaufen, mais complètement modernisé à l'exception de la porte gothique et d'une des fenêtres du mur S.-O. ; il est fermé au public.

La Passeggiata Aretusa (pi. A 3-4), qui s'étend au N. de la fontaine d'Aréthuse, et le Foro Vittorio Emanuele au-dessous, ce dernier tout planté d'arbres, oifrent une jolie promenade avec vue sur le port et sur l'Etna. Au commencement, dans un square près de l'administration du port (Capitaneria del Porto), on voit la stat,ue en viarhre d'Archimède (p. 430) par Gius. Villa, érigée en 1905; le miroir ardent et la vis qui lui servent d'attributs symbolisent les inventions de ce savant.

On considère ordinairement les ruines du temple de la via Diana comme celles d'un temple de Diane (pi. 15, B 1 ; clef chez le coiffeur d'en face, via Diana, 3; pourb.), mais d'autres croient qu'il était consacré à Apollon. Des fouilles, entreprises près des deux colonnes mutilées qui portent encore leur entablement, ont amené la découverte de la partie antérieure d'un temple grec des plus remarquables. Devant la façade se trouvaient deux rangées de 6 colonnes chacune, tandis que chacun des longs côtés, d'une longueur inaccoutumée, n'en comptait sans doute pas moins de 19. Sur le degré supérieur du soubassement, se trouve une inscription très ancienne, malheureusement fort mutilée; elle est peut-être relative à

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la construction du temple qu'on place au comnicnc. du vi«s. et à sa consécration à Apollon, dont le nom y figure.

La ville contient encore d'autres ruines, des bains, etc., qu'on peut cependant nt''gliger de voir, et divers restes de palais du moyen âge, surtout le paltti» Montalto (pi. 10, B 2) qui a de belles fenêtres gothiques (1397); et le p*//. Iiderlondi (via Gelone, 85; pl.C2; xv«s.); la cour d'une maison de la piazza Arcliimede, fi g. à, côté de la Banca d'Italia (pi. 2, B2), et du côté S., le pat. Bucccri avec ses belles fenêtres; la Porta Marina (pi. A 2) revêtue d'ornements hispano-sarrasins du xvi» s. ; le simple portail (1501) de l'église voisine dei Miracoli (pi. 20); la rose de S. Giovanni Battista (xiv's.; pi. 19, C 3).

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