III. Temple de Jupiter Olympien et Ctané
L'excursion demande 3 à 4 h. (dans les mois d'été, se préeautionner contre la malaria, v. p. xxix). On prend habituellement au port une barque à 2 ou 3 rameurs, prix 7 à 10 fr. jusqu'à la Cyané, pouro. non compris; par un gros temps, les dames iront de préférence en voiture jusqu'au Ciani. La barque remonte le Ciani, ovi, au bout de quelques minutes, on passe sous la grand'route, puis sous la voie feiTée (changement de barque); dans le cours supérieur, le bateau doit être poussé à cause des plantes aquatiques et du peu de largeur de la rivière. Les piétons peuvent aussi remonter par une étroite digue la rive dr. du Ciani jusqu'aux papyrus; )a source elle-même n'est accessible à pied que dans la saison
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sèche et par des détours, les environs étant marécageux. — On peut pousser, à l'aller ou au retour, jusqu'aux deux colomies du temple de Jupiter; elles n'offrent pas d'intérêt partii'uli(M-. La hauteur n'est accessible qu'à l'E., au N. ou au N.-O.
La route de Noto, qui part au S. -0. du rond -point nientioiinc' p. 43;"), passe d'abord, à une petite distance du rivage, le long du Grand-Port, à travers les marais AcSyraco et àc lyijsimelia. Après la deuxième borne kiloniétrinue, elle traverse VAnapu (Anapus), rivière qui sort des hauteurs voisines à l'O. et se jette ici dans le port de Syracuse après un cours sinueux de plus de 25kil.; 100 m. plus loin, elle traverse encore le cours inférieur du Ciani (v. cidessous) qui est canalisé et débouche dans le port au S. de l'Anapo.
A peu de distance au S.-O. s'élèvent, sur une hauteur (19 m.), deux colonnes visibles de loin. Un mauvais chemin carrossable y conduit en 10 min. du pont de l'Anapo; prendre le sentier à dr. avant le chemin creux qui monte sur la hauteur. Les deux fûts monolithes très mutilés, où l'on est conduit par l'un des bateliers, sont les seuls restes du fameux temple de Jupiter Olympien (Olymjneum) construit au commenc. du vi*' s. (comme le temple de Diane, p. 433) et entouré autrefois de 42 colonnes (6 sur 17).
Vu sou importance stratégique, cet endroit a servi de base aux opérations de presque toutes les armées qui ont assiégé la ville. Hippocrate de (jéla y établit son quartier général on 493, Nicias s'en rendit maître par un coup de main eu 415. Plus tard, les Syracusains s'ou emparèrent et l'entourèrent d'un ouvrage avancé (Polichné) très solide. Himilcon y campa en 396, Amilcar en 310, et Marcellus s'en empara en 213. Les marais voisins rendaient cependant cette position funeste aux assiégeants. — Non loin du temple étaient les grands tombeaux de Gélon et de sa généreuse femme Damarata.
Si, du temple de Jupiter, on se dirige au S., puis h l'E. vers la presqu'île de Pletnmyrium (Penisola délia 3Iaddalena), on passe devant un grand tombeau creusé dans le roc (Ipoaeo Gallito: m" ou u» s. avant J.-C), pour arriver, dans la contrée dite Mondio, aux ruines d'une grande construction en forme de rotonde, dans laquelle le professeur Orsi (p. 432) a voulu reconnaître le tumulus des Syracusains tombés dans la lutte confre les Athéniens.
A rO. de la colline du temple de Jupiter Olympien coule la Cyaiié (Fiume Ciani), petite rivière dont les bords se distinguent, dans son cours supérieur, par une végétation d'une richesse extraordinaire. On y voit, surtout en automne, des papyrus qui ont souvent 6 m. de hauteur et qui donnent à la contrée un caractère étrange, presque tropical; ils y ont été importés par les Arabes.
La Cyané ou «source bleu de bluet», d'où sort le ruisseau, doit son nom à la nymphe Cyané, qui voulut s'opposer à Pluton lorsqu'il enleva Proserpine, et qui fut changée en source ;\ force de pleurer. Les Syracusains célébraient chaque année sur ses bords une fête en l'honneur de Proserpine. Aujourd'hui, cette source claire et poissonneuse, entourée de papyrus, s'appelle la Pisina.
De Syracuse à Modica, v. p. 375-373; k Floridin et ii Polazzolo, p. 375.