‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 114 sur 127 · I. Tunis · texte numérisé non relu

I. Tunis

Arrivée. Le quai dti fort, où accostent les vapeurs de presque toutes les lignes, est à 10 ou 15 miu. des hôtels; à côté se trouve la douane. On remettra si possible en personne ses bagages aux employés de l'hôtel; on ne les confiera aux portefaix arabes (hamals), pour les porter jusqu'à la voit, ou à l'omn. de l'hôtel, qu'après s'être entendu sur le prix (petit colis 10 c, malle 25 c). Tarif des voit, (du port en ville 1 rr., bagages 15 c. par colis) et du tramw. (n° 1), v. ci-dessous et p. 478. — La gare des voyageurs (pi. E5; buffet) est sur la place de la G-are, à l'extrémité de la rue es-Sadikia. Bureau des chem. de fer chez Konig & C'« (p. 478).

Hôtels (v. p. XIX; presque tous très fréquentés de févr. à avril): *Turdsia Palace Hôtel (pi. c, E4-5), derrière le casino municipal, avec ascenseur et petit jardin (132 ch. de 4 à 10 fr., rep. 1.50, 5 et 7, p. 13 à 20, omn. 1.50 à 2); *II. de Paris & Impérial (pi. a, D5), rue al-Djazira, 23'"« (80 ch. de 3 à 6 fr., rep. 1.50, 4 et 4 à, 5, p. 9 à 16, omn. 1 bag. n. c); *Gr.-n. de France (pi. d, D 5), rue Léon-Roches, 8, dans un site tranquille, avec ascens. (p. 9 à 11 fr. v. c, omn. 1); *H. St-Georges, avenue de Paris (au N. de pi. E2; même propr. que l'hôt. de France), aux environs du parc du Belvédère (p. 485; pour séjour prolongé; ch. 3 à 4 fr., rep. 1.50, 3 et 4, p. 9 à 12.50, avec la modeste dépendance dite Eôt. Suisse). — Plus simples: H. Eymon dit Gigino (pi. e, D 4), rue de l'Eglise, 1, au coin de la place de la Bourse, bon (ch. de 3 à 4 fr., l»' déj. 75 c, 2" déj. ou dîn. 2 fr. 50, p. 8 v. c); H. 3Iaison Dorée, rue de Hollande, 10 (pi. E5), avec restaur., prix analogues; Hôtel de Tunis & de Genève (pi. f, D4-5), rue d'Italie, 12 (80 ch. de 3 à 6 fr., rep. 75 c, 2 fr. à 2.50 et 2.50 à. 3, p. 8 à 10 v. c.) ; H. d'Angleterre, avenue Jules-Ferry, 37 (ch. 2 fr. 50 à 5, rep. 75 c, 2 fr. et 2.50, p. 7.50, omn. 1.25); H. Moderne (pi. g, D 4), rue de Constantine, 12, au coin de la rue de Bône (ch. dep. 3 fr. 50, déj. ou dîn. 3, p. dep. 9.50 v. c); H. de la Poste, rue d'Espagne, 5 (pi. D 5). — Hôtels garnis: Bellevue (pi. h, D4), rue es-Sadikia, 1; de la Régence (dépendance de l'hôt. Eymon), avenue de France (ch. 3 à 8 fr., 1" déj. 1); Splendid Hôtel, avenue Jules-Ferry, 74; Royal Hôtel, rue d'Espagne, 19 (ch. dep. 3fr.); H. Central, avenue de Paris, 8; Family Hôtel, rue d'Allemagne, 15 (pi. D 5), près du marché couvert (p. 481), simple. — Chambres gai-nies en grand nombre (20 à 70 fr. par mois).

Cafés: du Casino, au palmarium du casino municipal (p. 479), avec terrasse sur l'avenue Jules-Ferry; café-rest. de Tunis, avenue de France, 2, près de l'hôt. Bellevue, très fréquenté; C. de Paris, avenue de France, 18. Cafés arabes, dans le quartier arabe d'el-Halfaouine (pi. B 2), k Bab Djedid (pi. C 6), etc.; tasse de café 5 c, souvent 10 c. pour les étrangers (pas de pourb.). — Pâtisseries: Engerer, place de la Bourse, 1; Wagner éb Ô'e, rue d'Italie, 24 et avenue de Paris, 8; Montelateci, avenue de France, 7.

Restaurants: ^brasserie du Phénix, av. Jules-Ferry, 74, au Splendid Hôtel (v. ci-dessus); café-rest. de Tunis (v. ci-dessus); Salvarelli, av. de France; Maxéville, av. Jules-Ferry, 63 (déj. ou dîn. 1 fr. 50, v. c); Maison Dorée, à l'hôt. de ce nom; rest. du Rosbif, av. Jules-Ferry , 56; rest. de la Poste, rue d'Angleterre, 8.

Voitures de place. Course à l'intérieur de la petite banlieue, k 1 chev. (2 ou 3 places) 80 c. et (4 places) 90 c., à 2 chev. 1 fr. ; course hor-s de ville, dans un périmètre de 8 kil., 2 fr. 50, 2 fr. 70, 3 fr. ; l'heure en ville, 1 fr. 30, 1 fr. 50, 1 fr. 80; l'heure hors de ville, comme ci-dessus, 1 fr. 80, 2 fr., 2 fr. 40 r la journée (12 h.), voit, à 1 chev. 12 fr., à 2 chev. 15 fr. Voitures de remise, course à l'intérieur de la petite banlieue 1 fr. 60, à l'extérieur 4fr. 50; l'heure en ville 2 fr. 40, l'heure hors de ville 3 fr. 20; la journée 20 fr.

Le Bardo et le parc du Belvédère sont considérés comme limites du périmètre urbain. Tous les prix sont doublés de 10 h. du s. à 7 du m. (d'avril à sept, de 11 h. du s. à 5 h. du m.). On s'entendra préalablement avec le cocher, tout particulièrement les jours de courses de chevaux, de

Bsedeker. Italie méridionale. 15" éd. 30

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fftes populaires on poiii- ilca excursions un peu longues. — Menus bagages gratuits, uialle 15 c.

Taxi-autos pour la ville et les environs, rue ilc Belgique, 13. — AuTOMOBiLKS pour excursions: Ai/to-I'alace, rue d'Autriihe inolongée, 3; garage l'egrard, rue de Belgiiiue, 1.3; Tioiisieune Automoliile, rue de Grèce.

Tramways (tarif par zones, 5, 10, 15 <•., etc.; billets de corrcsjiondance ; service de (1 h. du ni. à 9 h. du s.): 1. Porte de France (pi. V> l), avenue Jules-Ferry (pi. E4), avenue du Port, l'urt. — 2 (ligne circulaire). Porte de France, rue ai-Djazira (pi. D 5-0), avenue Bab-Ujedid (pi. DCtî), place de la Kanba (pi. B 5), place Bab-Souika (pi. B C 3), rue des Maltais (pi. D4), PoHe de France. — 3. Une al-I)jazira (rue d'Algérie; pi. D 6), rue es-Sadikia (pi. U5; gare du Sud), rue de Rome (pi. D4), avenue de Paris (pi. E 4-3), avenue de Londres, place Bab-Souika, Bab Bon Saâdoun (pi. A 2). — 4. Place Bab-Souika (pi. B C 3), Bab Bon Saâdoun, Bardo (Tp. 4»! ; toutes les '/a ''•, 15 c.), la Slanouba (p. 4'M; toutes les '/j h., 30 c.). — 5. Porte de France, rue des Maltais (pi. D4), Bab el- Khadra (pi. C 2), cimetière municipal, parc du Belvédère (p. 485; avenue C'arnot, 15 c.). — 6. Rue de Rome (pi. D 4), avenue de Paris (pi. E4-2;, parc du Belvédère (Rond-Point; toutes les 10 ou 15 min., 15 c, dans la seni. aller et retour 25 c), Ariana (p. 48t!; toutes les '/gli-, 30 c.). — 7. Avenue de France (pi. D 4), avenue ue Carthage (pi. E 5-7). Bab Allcoua (pi. E 7), abattoirs (hors pi. E 7). — Pour les chem. de fer elcctr. de C'artnage et de la Marsa, v. p. 490.

Postes et télégraphes (pi. D5; v. p. 4TH), rue d'Italie, 30. Bureaux auxiliaires au port et place Bab-Souika.

Agences maritimes. Vompagnie Générale Transatlantique, banque de Tunisie, rue cs-Sadikia et quai Ouest; Società Nazionale, Florio, rue d'Alger, 1; Compagnie de Navigation Mixte, avenue Jules-Ferry et quai Ouest; comj). hongroise «Adria'^, Siebert & C''-, rue d'Italie, 5''i»; Hambnrg-Amerika-Linie et Norddeutscher Lloyd, Heckmann (v. ci-dessous).

Agences de voyages: Z.»/6(«, avenue de France, 5: Kbnig éc V'", rue es-Sadikia; R. Heckmann (Universal Tourist Office), avenue de Carthage, en face du Tunisia Palace Hôtel; Eisen (chasse et voyages), rue Léon- Roches, 6. — C'oniité d'Hivernage, avenue de Carthage, 8.

Ministre plénipotentiaire de France, M. Alapetite, résident général (v. p. 474). — Consulats: Belgique, M. L. van Scherpenzeel Thini, cons.gén., av. de Paris, 180 (pi. Ei-4); Danemark, M. S. Ellefsen, rue de la Commission, 19 (pi. D 4-5); Espagne, M. Janer y Macias, cons.-gén., rue Sidi el-Bouni, 2 (à l'O. de la rue d'Espagne, pi. 1)5); Italie (i>\.'D l), M. A. Bottesini, cons.-gén., rue Zarkouu; Pays-Bas (pi. D G), M. J.-B. Curtelln, rue du Maroc, 17; Russie et Suède, M. 0. H. Minck, av. de France, 17.

Médecins: les Dts Leinanski, médecin de l'hôpital civil français, rue es-Sadikia, 3ô'''« ; Bertholon, rue St-Charles, 14; Uomela, avenue Jules- Forry, 72. — Dentiste: H. Waddington, av. de France, 17. — Maison DE santé. Bleu L'astel (Dr Doinela), av. de Lesseps, au Belvédère (10 à 15 fr. par jour). — Pharmacie: G. Heyler, avenue Jules-Ferry, au théâtre Hossini (pi. E 4).

Bains: Dublineau, rue d'Allemagne, 17 (pi. D5; bonne installation; bain simple 1 fr. 50, bain maure avec bain de vapeur et massage 3 fr.); Bains Français, rue de Suisse, 8; Bains Maures (accessibles aux dames de midi à iJh.; une courte visite est préférable au bain môme), avenue Bab-Menara, 23 (puurb. 20 c).

Banques (v. p. 470): Crédit Lyonnais, rue de Bône; Banque d'Algérie, rue de Rome, 18; CuuqKignie Algérienne, rue de Rome; Banque de Tunisie, rue cs-Sadikia, 3; Comptoir d' Escompte de Paris, avenue de France; Krieger, rue al-Djazira, 45. - Expéditeurs; Meyer, porte de France, 35; Dana, rue es-Sadikia, 9.

Librairies: Niérat, av. de France, 15; Saliba, id., 17. -- Photographies et articles photogr. : Lehnert à I.androck, av. de France, 17;

Reng. pratiques. TUNIS. IV. R. 43. 479

Garrigues, id., 9: Neiter, rue d'Allemagne, 4; Vella, rue d'Allemagne, 4. — Journaux: la Dépêche Tunisienne, la Tunisie Française, la Tunisie illustrée, VUnione (italien).

Magasins. Articles d'Europe au Maçiasin Général , avenue de France, 22 (prix fixes). — Articles d'Orient. Il est fort dififioile de reconnaître les véritables articles orientaux parmi les innombrables imitations sans valeur d'origine européenne. Ou trouve d'ailleurs aussi au nombre de ces dernières des objets intéressants, fabriqués exclusivement pour la clientèle orientale, certaines étoffes de soie par exemple. Les prix que l'on fait à l'étranger sont souvent très majorés; on s'abstiendra donc de faire des achats importants autrement qu'en compagnie de personnes connues et au fait des coutumes du pays. Ne pas craindre de marchander. Refuser carrément les offres des importuns, des pisteurs juifs et autres et ne pas oublier qu'on sera toujours surfait en suivant les recommandations des employés d'hôtels ou en compagnie de guides. Magasins: Ahmed Djamal, souk el-Attàrîn, 11; BahrounAmor, souk el- Leffa, 55; Boccara père & fils, souk des Femmes, 35; PohoomuU frères, aven, de France, 17 et rue d'Autriche, 108.

Théâtres: Théâtre du Casino-Municipal, au casino (v. ci-dessous), opéras, opérettes, saison de la mi-nov. à la mi-avril, entrée par l'avenue Jules-Ferry; Théâtre Ross i ni (pi. E 4), av. Jules-Ferry, 48, pièces italiennes et françaises. — Casino ■municipal (pi. E 4), av. de Carthage, 1, salles pour spectacles divers et concerts (palmarium), terrasse, salles de jeu et car américain; pavillon du Belvédère, au parc du Belvédère (p. 485), casino d'été appartenant à la même société.

Culte réformé français. Service divin le dim. à 9 h. (de juin à sept, à 10 h.) au temple protestant (pi. D 5), rue d'Italie, 36.

Horaire pour la visite des musées, palais, etc.

Bar el-Bey (p. 483), t. les j. de 9 h. à 11 h. et de 3 à 5; pourb. 50 c. à 1 fr.

Jardin d'essai (p. 486), t. les j. de 8 h. à 11 h. et de 1 à 5 (d'avr. à. oct. de 7 à 11 et de 3 à 6).

Musée Alaoui (p. 488), t. les j. de 9 h. «/a à 11 h. '/a et de 1 à 4 (de la mi-févr. à la mi-oct. de 2 à 5) excepté le lundi et les jours de fêtes catholiques; entrée 1 fr., gratuite le dim. (jour où certaines parties sont souvent fermées). La carte d'entrée est aussi valable le même jour de la sem. pour la visite du palais du Bardo.

Musée du Bardo, v. musée Alaoui.

Palais du Bardo (p. 487), entrée tous les jours ouvrables, comme au musée Alaoui (v. ci-dessus).

1 jour 1/2 ^ 2 jours suffisent pour une visite sommaire des curiosités. 1er jour: le matin, avenue Jules-Ferry et avenue de France (p. 481); promenade par les souks de la Médina (p. 482) et par les quartiers musulmans (p. 481) du voisinage; place el-Halfaouine (p. 485); l'après-midi, musée du Bardo (musée Alaoui, p. 488) ou parc du Belvédère (p. 485), tous deux seulement si l'on est en voiture. — 2» jour: excursion à Carthage, V. p. 490. Pour les autres excursions, v. p. 499 et suivantes.

Tunis, capitale de la régence de Tunis, siège du gouvernement (p. 474, 478), ainsi que de l'université musulmane, est, après le Caire et Alexandrie, la plus grande ville du N. de l'Afrique et, avec Sfax, le port le plus important du pays. Elle compte env. 200000 hab., dont près de 115000 musulmans, 22500 Israélites, 41000 Italiens, 14 000 Français, 5400 Maltais et 250 Grecs.

Située par 36°47' de lat. N. et 10° 10' de long. E. du méridien de Greenwich, elle occupe une position avantageuse sur le bord orient, de l'étroite langue de terre qui sépare le lac de Tunis (ou

480 IV. R. 43. TUNIS. Hiittoire.

Bahira; p. 474) du petit lac salé et de l'anc. port de Sehkha es- Sedjoumi, et dont l'élévation ne dépasse pas 58 m. La Médina, centre de la vieille ville, vrai océan de blanches maisons construites en grande partie des débris de Thunes, de Carthage et d'Utique (p. 500), est le plus vieux des quartiers maures, en même temps que le siège de l'industrie et du commerce. Attenant à la Médina sont deux quartiers pauvres, en majorité musulmans, le Rebât Bab-Souilca, l'anc. faubourg du N. de la ville, le jRebât Bab-DJazira, l'anc. l'aubourg du S. Le quartier européen ou ville neuve, d'un aspect assez monotone, occupe à l'E. de la Médina uu bas-fond rendu malsain en été par les exhalaisons du lac Bahira; il s'étend lentement de la 2}orte de France (anc. Bab el-Bahar, porte de la mer) dans la direction du port. A l'O. de la vieille ville, sur la hauteur, sont l'anc. Kasba et la plupart des édifices publics, presque tous érigés depuis l'établissement de la régence; quelques-uns d'entre eux sont en dehors de l'anc. muraille d'enceinte, longue de 5500 m., élevée au xvii^ s. par un ingénieur hollandais.

Tunis, le Thunes des anciens, porte le nom d'une vieille localité berlière colonisée do bonne heure par les Phéniciens. Sans importance dans l'antiquité, elle resta comme port de mer tout aussi insignitiante après la seconde destruction de Carthage -survenue en 698. En efl'et, les nomades arabes, navigateurs encore inexpérimentés, et les Aghiabites (p. 475) donnaient la préférence à Kairouan (p. 503), ville nouvellement fondée au milieu de la steppe de Tunisie, taudis que les Fatiraites et les Zirites favorisaient le Sahel (p. 502) et sa nouvelle capitale Mebdia. Ce n'est que plus tard, comme résidence des Hafsides (p. 475), que Tunis se développa rapidement; devenue la plus grande et la plus belle ville du pays, elle contribua pour une bonne part dans les xui" et xiV s. à la floraison de l'art et de la science mauresques. Sous Abou Abdallah Mohammad el-Mostanser Billah, le plus grand des souverains de cette dynastie, elle repoussa l'attaque de St Louis (p. 493); mais au xv» s., après la chute de l'empire hafsidien et la conquête du pays par Khaïr cd-Dîu Barberousse (p. 475), Tunis eut h subir, après 1535, trois attaques consécutives de la part des Espagnols (p. 475). Les Turcs et les Algériens s'en emparèrent quatre fois en 15(19, 1573, 1689 et 1757, mais malgré ces jiéripéties malheureuses, elle n'en parvint pas moins à un haut degré de prospérité dans le cours des xvii« et xviii» s., grâce à son commerce actif avec les autres pays de l'Orient et au caractère entreprenant de ses pirates.

La vieille ville n'a conservé de ses constructions médiévales que trois mosquées fortement modernisées L'aspect actuel de la ville a un caractère essentiellement oriental, d'origine plus spécialement turque et mauresque. L'étranger qui, en visitant Tunis, apprend pour la première fois à connaître l'Orient, fixera son attention sur hi vie populaire de l'élément musulman (|ui grouille dans les rues tortueuses et étroites (4 ft 5 m. de largeur tout au plus) et autour des souks (i>. 482), comme aussi sur le mélange pittoresi|ue et bizarre de toutes les races du N. de l'Afrlipie et du Sahara.

A. La ville neuve.

L'avenue du Tort (tramw. n» 1, v. p. 478), de peu d'étendue et entourée des baraques d'ouvriers de la Piccvia Sicilia, mène du port (v. le papillun, pi. El), créé de 1888 :\ 1896, en ville et dé-

La ville neuve. TUNIS. IV- R- 43. 481

bouche sur l'avenue Jules-Ferry, près de la statue eu bronze de Jules Ferry (1832-1893), homme d'Etat et promoteur de l'occupation de la Tunisie.

L'avenue Jules-Ferry (pi. E 4) ou avenue de la Marine, la plus belle des rues de la ville neuve, est plantée d'une quadruple rangée de gommiers; elle a une largeur de 60 m. sur une longueur de 650 m. A g., au delà du point où elle croise les avenues de Paris (p. 485) et de Carthage (pi. E 5-7) qui form^ent une seule artère eu ligne droite longue de 3500 m., on rencontre le casino municipal (pi. E4; p. 479).

Au bout de l'avenue, s'étend la place de la Résidence (pi. D4), au centre de la ville neuve. A g. (côté S.), le palais de la Résidence (pi. DE 4) ou Maison de France qui a été bâti, de 1856 à 1860, pour servir de consulat de France et, après une transformation de bon goût exécutée par Dupertuys de 1890 à 1892, est devenu la demeure officielle du résident général. Les beaux jardins qui l'entourent ne sont pas accessibles au public. En face, la cathédrale (pi. D4), construite de 1893 à 1897. La rue es-Sadikia, qui s'ouvre à l'extrémité S.-O. de la place, mène à la gare des voyageurs (p. 477).

L'avenue de France (pi. D 4), beaucoup plus étroite, est bordée des deux côtés par le plus ancien quartier européen; c'est, avec la partie 0. de l'avenue Jules-Ferry qu'elle continue, la promenade favorite de la ville. — Non loin au S., en bordure de la rue d'Italie, le marché couvert (pi. D 5), très intéressant k voir le matin de 7 h. à 10 h., et Vhôtel des postes et télégraphes (pi. D 5). — Dans la rue de Russie, la bibliothèque française (pi. D5), riche eu ouvrages sur l'Afrique septentrionale.

B. La vieille ville.

De l'extrémité 0. de l'avenue de France (v. ci-dessus), d'où partent plusieurs lignes de tramways (v. p. 478), on arrive en ligne droite par la porte de France (pi. D4) mentionnée p. 480, à la petite place de la Bourse (pi. D 4) où règne toute la journée une vive animation. Sur cette place et aux alentours se trouvent la plupart des consulats (p. 478), comme déjà à l'époque turque; l'ancien consulat français (1650 env. à 1860; v. ci-dessus), qui servait en même temps de magasin, est rue de l' Ancienne-Douane, 15.

De la place de la Bourse partent à l'O. les deux principales artères de la Médina: à dr., la rue de la Kasba (pi. DC4-5; p. 483) qui mène au quartier juif (p. 485) et au Souk el-Graua (pi. C4), et forme la principale voie d'accès aux boulevards supérieurs (p. 483); à g., la rue de l'Eglise (pi. DC4-5), le chemin le plus court pour aller aux souks de la Médina, et qui était le centre du commerce chrétien du temps des Turcs.

En suivant la rue de l'Eglise, ou trouve à g. la petite église

482 IV.B.4S. TUNIS. La vieille ville.

Ste-Croix (16(i2; pi. CM) 4-5) qui a donné son nom à la rue, puis à dr., n" 55, V Ad>n'uiidratiu)i des llaboas, bâtiment de l'administration des fondations pieuses musulmanes et enfin, dans un passage voûté, la Direction des Antiquités.

La rue de l'Eglise débouche dans la rue de Djamâa ez-Zitouna, à l'E. de la mosquée principale, Djamâa ez-Zitouna (pi. 0 5), fondée en 732 et plusieurs fois traiisfoi'méf sous les Hafsides. Modernisée en grande partie après le sac de Tunis par les troupes de Charles-Uuint, elle j)résente de nombreux fragments d'architecture tirés des ruines de Cartilage: le grand portail, derrière le portique qui fait face à la rue de Djaniâa ez-Zitouua et où le vendredi le clergé attend le cheikh ul-Ishim, premier dignitaire ecclésiastique du pays, et le portail latéral dans le souk des Etoffes (p. 483) ont tous deux pour linteau un antique pilier ornemental. L'oratoire, divisé en plusieurs nefs par 161 colonnes, a deux coupoles sur la nef du milieu. Le minaret, exécuté eu 1894 par Si Slimân Einiigro dans le style andalou, est une libre réplique de l'auc. tour. C'est de la terrasse du Dar el-Bey (p. 483) qu'on a le meilleur coup d'œil sur l'ensemble de ces bâtiments.

L'oratoire sert en même temps de salle d'auditoire à V Université musulmane. Le eheikb iil-Lslam a la haute direction de l'enseignement donné par une centaine de profe.sseurs et suivi par près de 400 étudiants. Les 22 séminaires (medrésés) qui hébergent les étutiiants du dehors sont fermes aux non-mabométans, ainsi que la bibliothèque justement célèbre par les 7000 manuscrits orientaux qu'elle renferme.

La Djamâa ez-Zitouna est déjà au milieu des *souks (pi. C5; soûk\ bazar), qui forment le quartier commerçant de la Médina, établi dès le xiw^ s., sous le règne des Hafsides. Les souks sont, comme presque partout eu Orient, des ruelles couvertes, inhabitées la nuit et bordées de petites boutiques très étroites. Les diverses industries y ont presque toutes leurs ruelles particulières. Rien de plus intéressant que d'observer l'activité qui règne dans ceux des souks où l'on fabrique les marchandises sur place; l'animation, surtout intense dans les premières heures de la matinée, ne discontinue pas de toute la journée; les musulmans fêteut le vendredi, les juifs le samedi. Pour les achats, v. p. 479. Dans les souks et aux alentours il y a quantité de petits cafés arabes (p. 477) et de boutiques de barbiers.

Kii partant de la rue de Djamâa ez-Zitouna, on rencontre d'abord à dr. le souk el-Attàrîn ou marché aux épiées fondé en 1219; outre des épiées et des ])ai-funis, tels que l'essence de jasmin et de géranium ([u'on cherche à passer aux étrangers sous le nom d'huile de rose, on y trouve de l'ambre, du benne en feuilles et en poudre servant à se teindre les ongles, et surtout des cierges à plusieurs branches pour mariages et tonilieaux de saints. La rue latérale îi dr., en face (lu côté N. de la uios(|uée, est le siiuk l'I-Blaydjid ou marché aux cuirs.

Le souk des Etoffes, !\ g., A l'extrém. occid. du marché aux épices, en face de la rue Siili-Ben-Amus (p. 483), sur It» côté 0. de la mosquée, a i)our spécialités les soieries, les lainages, les tapis de Kairouan, les couvertures du Djerid et de Djerba.

La vieille ville. TUNIS. ^V- -«• ^S. 483

Vient ensuite le souk des Femmes, le seul qui soit très fréquenté aussi pur les femmes musulmanes; il offre en vente des costumes de femme, des objets de parure, des pantoufles en maroquin, etc.

Entre le souk des Etoffes et celui des Femmes, le souTc el-Leffu (pi. C 5) et le bras latéral (dr.) du souk el-Kebabdjia ou des passementiers, mènent au *souk Sekajine ou des selliers où, parmi les broderies en or et en argent, on admire surtout les magnifiques harnachements dont on pare les chevaux pour les fantasias.

Eu rebroussant chemin jusqu'au souk el-Leffa et en le quittant à g. ])ar le petit souk ed-Dziria où l'on rencontre Vhôpital Sadiki (pi. B C 5) pour indigènes, on arrive à la rue Sidi-Ben-Ziad, du côté S. du Dar el- Bey (v. ci-dessous).

La petite mosquée Sidi-Voussef (pi. G b), qui s'y trouve, où l'on voit le gracieux tombeau de son fondateur et un minaret octogone, date des années 1610 à 1637. — A l'extrémité inférieure de la ruelle, à l'endroit où le souk el-Bey se détache à g. pour courir à la place de la Kasba (v. ci-dessous), on tourne à dr. dans le

Souk el-Berka, ane. marché aux esclaves qui n'a été supprimé qu'en 1842 et où l'on vendait aux enchères jusqu'en 1816 les chrétiens réduits en esclavage par les pirates; il sert maintenant de marché aux orfèvres, joailliers et marchands d'antiquités, juifs pour la plupart. Les plus beaux objets d'or viennent de Paris; les ouvrages d'argent filigrane, de Gênes; les monnaies anciennes sont souvent fausses.

Du souk el-Berka, le souk el-Trouk, marché presque exclusivement occupé par les tailleurs juifs qui confectionnent les riches costumes des musulmans, ramène au souk el-Attàrîn.

De l'angle N.-O. de la Zitouua, ou arrive par la rue Sidi-Beu- Arous dans la rue de la Kasba (p. 481). Au coin des deux rues, à côté de la chapelle funéraire de Mohammed Mourad Bey (m. 1705), est la mosquée Sldi-Ben-Arous (pi. C5), de l'année 1654, semblable dans ses disjDOsitions à celle de Sidi-Youssef mentionnée ci-dessus, et complétée par un élégant minaret.

La rue de la Kasba débouche sur la petite place de la Kasba fpl. B C 5) gaiement décorée de verdure.

Le palais du Bey ou Dar el-Beij (pi. B C 5) occupe le côté S. de la place. Bâti en 1810 comme palais de ville par Hamouda Bey avec l'aide d'artistes marocains, il repose sur les fondements d'un théâtre (?) romain et constitue le plus grand ensemble de constructions de la Médina; il est utilisé en même temps par le secrétariat général français et par d'autres branches de l'administration. D'ordinaire le bey se rend le lundi matin de la Marsa (p. 499) au palais pour expédier les affaires courantes. Pour la visite, v. p. 479; entrée par le portail où se trouve la sentinelle.

Le jiatio ou grande cour dallée du 1" étage occupe le contre du palais. On remarque dans les appartements du bey le beau plafond en bois de la salle à manger. La salle du conseil des ministres intéresse aussi par la gracieuse décoration en stuc de la coupole. (Cependant, ici comme au Bardo et à Kassar Saïd, l'impression générale est gâtée par de nombreuses additions d'un goût tout européen.

Du haut de la terrasse du palais, *vue admirable, surtout à partir de midi, sur les innombrables maisons blanches de la vieille ville, avec la Zitouna et nombre de mosquées plus petites.

A rO. de la place de la Kasba, à l'endroit le plus élevé de la vieille ville où se rencontrent les deux boulevards supérieurs de

484 IV- R- ^S. TUNTS. ^ meille ville.

Bab-Beiiat (pi. B4; p. 484) et de Bab-Menara (pi. BC5-6), est la Kasba (pi. B5), vaste quartier de casernes érigé sur remplacement de l'auc. palais des Hafsides et de la citadelle turque. La vieille mosquée de la Kasba et son beau minaret bien restauré en 1904, datent des années 1231 :ï 1235.

La petite mosquée el-Ksar (pi. (J5), la plus ancienne de la ville, se trouve non loin de l'anc. Bab Menara, à l'endroit où le souk des Sacs se détache dans la direction du réservoir des eaux (p. 486). Le beau minaret (1545) est une des constructions élevées pendant la domination turque.

Dans la rue du Cliàteau qui longe le côté N. de la mosquée el-Ksar, est, au n" 3 (à g.), la Division d'Occupation (pi. C 5), résidence du commandant de la place, dans l'anc. palais *Dar Hussein (xvni« s.), l'un des plus beaux palais turcs de style mauresque de Tunis, bien restauré en 1876 (entrée seulement sur autorisation spéciale).

La rtie des Andalous (pi. C5) qui commence à cet endroit, et est, avec la rue du Riche, la voie la plus distinguée de la Médina, offre un intérêt particulier par les élégants portails de marbre et les riches grillages des fenêtres de ses maisons privées. — Plus loin, dans la longue rue Tourbet el-Bey qui court parallèlement à l'E. et mène à l'avenue de Bab-Djedid, se voit au w" 62, au coin de la rue Sidi-Zamouhl, le caveau des Hussein ou Tourbet el-Bey (pi. C6; V. p. 475), couronné d'une coupole et parfois accessible aux dames.

La prochaine rue latérale à g. est la rue Sidi-Kassem qui mène à la Djamâa Djedid (nouvelle mosquée) appelée aussi mosquée des Teinturiers (pi. C 5-6) et fondée par Hussein Ali ben-Turki. Le minaret est de Si Slinmn Ennigro (p. 482).

Sur la place près de la porte toute dégradée dite Bab Djedid (pi. C"6) qui date de 1277, se rencontrent l'après-midi des charmeurs de serpents et des conteurs (5 à 10 c. à la quête).

Entre le Bab Djedid et la place aux Chevaux (pi. B 6; p. 486) est le quartier du marché du Rebât Bab-Djazira (p. 480) avec le souk el-Aâssar, le souk des Armes et le marché au Blé.

Du Bab Djedid (tramw. n" 2, v. p. 478), on retourne à la place de la Kasba. Au delà, dans le boulevard Bab-Benat, i dr. eu bordure, sur l'emplacement d'un anc. cimetière musulman, la Tekia (pi. B 4-5), asile musulman pour les vieillards (1905); à g., le collèye Sadiki (pi. B4), école supérieure musulmane fondée en 1876, et plus loin, l'imposant palais de justice (pi. B4), construction de style néo-maurcstjue (1901).

Si, au lieu de se rendre directement par le tramw. (n" 2, p. 478) à la place Bab-Souika (p. 485), on oblique à dr., un peu avant le palais de justice, dans la rue du Lutteur, pour suivre ensuite la rue du Pacha (pi. B4), la rue de la Hafsia (pi. BC4), la rue Achour

La vieille ville. TUNIS. IV- -R- ^3. 485

(pi. CB4-3; à g., la mosquée Sidi Mohammed-Bey), la rue el- Monastiri et la rue Sidi-Mahrez, ou aura l'occasion de faire connaissance avec toute la partie N.-O. de la Médina.

Dans la rue Sidi-Mahrez, à g., la *inosquée Sidi-Mahrez (pi. B 3), construction de plan rayonnant et de style turc, surmontée de nombreuses coupoles, dont la fondation remonte à la 2« moitié du XVII*' s. ; le minaret carré est du commencement du xix« s. A dr., la zaouïa (p. 476) du même nom.

De la pittoresque place Bab-Souika (pi. BC3), qui s'étend entre la Médina et le quartier pauvre dit Rebât Bab-Souika (p. 480), la rue el-Halfaouine, en partie couverte et bordée de boucheries mène à la place du même nom.

La place el-Halfaouine (pi. B 2), tout entourée de cafés arabes et où règne une grande activité industrielle, est le théâtre de la vie populaire qui s'y manifeste bruyamment le soir et la nuit lors des fêtes du Ramadan, du Beirâm et autres. En bordure, vers le S., la Djamâa Sahab-et-Taba (pi. B2), une des plus grandes mosquées de la ville, reposant sur des fondements en blocs taillés pris à Carthage; vers le N., le souk el-Djedid ou souk des tisserands en soie.

Si l'on en a le loisir, on jettera un coup d'œil dans la rite des Potiers (pi. C 3), siège de la corporation des potiers autrefois très considérée, et aussi dans le quartier juif {Hara; pi. C 3-4) au N.-E. de la Médina. On y rencontre encore par-ci par-là des vieilles femmes revêtues de leur étrange costume composé d'une veste ample, d'un pantalon collant et du hennin, coiffure conique en forme de pain de sucre. Les synagogues principales (entrée libre) sont dans l'impasse es-Snadli, au coin de la rue Sidi- Mardoun, dans la rue Zarkoun (pi. CD 4), etc.

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