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II. Environs de Tunis

1. Le *pare du Belvédère, à env. 2 kil. au N. de Tunis, est la promenade favorite de la ville. Créé en 1892 et planté de palmiers superbes, il couvre une superficie d'euv. 100 hect. sur le versant de la colline du Belvédère (82 m.) qui était fortifiée du temps des Turcs. L'entrée principale (trannv. n» 6, v. p. 478) est au Rond-Point, au bout de l'avenue de Paris mentionnée p. 481 ; une autre entrée (tramw. n" 5) se trouve sur l'avenue Carnot, non loin de \dL pépinière municipale et du cimetière municipal ouvert en 1883.

A mi-hauteur, au-dessus de l'entrée principale, le pavillon du Belvédère (p. 479) avec café et terrasse (vue). Sur le versant S., à 5 min. de l'avenue Carnot, la Mida, ruine de la petite cour d'une mosquée, cachée au milieu d'un fourré où on l'a transportée des souks de la Médina; plus haut, le *pavillon de la Manouba, construction mauresque fortement restaurée qui appartenait autrefois au palais de la Manouba (p. 490) et est. intéressante par sa gracieuse ornementation en stuc. Vue admirable, encore plus belle de la place complètement dégagée qu'on trouve au sommet de la colline. Le superbe *panorama dont on jouit surtout vers le soir embrasse: au S.,

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la vieille ville, la Kasba, la colline de la Manoubia et le fort Sidi- Bel-Hassen; plus :V dr., derrière la Sebkha es-Sedjomui, les haiiteur3 lointaines de Z;igliouan; à l'E., le lac Baliira avec l'île de C'Iiikly, le canal navigable, la Goulette et Rades; à l'arrière-plan, le golfe (le Tunis et la presqu'île du cap Bon; plus loin au N.-E., les collines de Cartilage, la cathédrale et le village de Sidi-Bou-8aïd; plus à g., dans l'enfoncement, La Marsa et la Sel)kha er-Uiana; à l'O., le Bardo et les deux aqueducs.

A côté de Vinstitut Pasteur (1901), du côté N. du Kond-Point, se trouve l'entrée du jardin d'essai (visite, v. p. 479) intéressant par ses riches collections do plantes tropicales et subtropicales. On a rattaché au jardin botanique une école coloniale dUtyricidtiire, fondée en 1898.

Le tramway (n" (î) mène plus loin à travers des bois d'oliviers au villafce iV Ël-Ariana, distant de 5 kil., réputé pour ses roses et, au printemps, séjour favori des juifs tunisiens qui s'y rendent en foule, surtout le samedi après-midi; il était autrefois oélèbre par son palais des Hafsides (Abo/t-Ft'hri.

2. Bordj Flifel et Bordj Rabta (58 ni.), deux forts turcs dégradés, sur la croupe de la colline, à l'O. de la vieille ville, ott'rent une *vue moins étendue, mais plus pittoresque encore que celle de la colline du Belvédère. Pour y arriver, suivre la rue Babel-Alloucli (pi. B 3; halte du trannv. n" 2, p. 478), passer la porte du même nom, continuer jiendant 6 min. eu ligne droite par la rue du Bardo (p. 487), entre le jardin de Vliôpital civil (pi. A 3-4) à dr. et ï école j)rofessio)i/ielIe Emile Loubet (pi. A4) à g., ouverte en 1905, et monter enfin à dr. pendant 6 min. par le chemin vicinal. Dans le voisinage des forts, nombreux silos irabta) dégradés qui ont autrefois servi de greniers aux beys.

Si l'on renonce à visiter le Bardo, à 2f> min. de distance, on rebroussera chemin par un bras latéral de la rue du Bardo, qui contourne le village de Jlélassine (à dr.), et mène <à la porte dite BtiO tiidi-Alidallah (pi. A .5). A quelques pas de là se trouve le châfeaii d'eau (pi. AB5; on peut visiter) ou rései-voir de la conduite des eaux de Tunis, qui a remplacé depuis 1S59-1S02 l'aqueduc romain de L'arthage (p. lyo). Au bras latéral de Zagbouan (p. .^01) long de 91 kil. et à celui de Aïu-Djouggar (3S9ni.) qui atteint .Sï kil.. on a ajouté en 1905 un nouveau bras latéral de 80 kil., venant du Djebel Bargou, et qui coule sous un tunnel de 6 kil. 5 de longueur.

3. De la porte dite Bah Sidi-Kassein (pi. A 6), à 3 min. au S. du réservoir (v. ci-dessus), ou de la place aux Chevaux (pi. BO; p. 484) où l'on a, déjà avant la direction de V Knseiynement, a côté du collège Alaoui (école normale), un joli couj) d'œil sur la ville et le lac Bahira, on arrive au S. et en 15 min. par la rue Bab el- Gorjani (pi. BC 7), à la colline de la Manoubia (73 ni.). Vue de toute beauté, surtout le matin, sur la ville, le lac Bahira, les collines de Carthage et la presqu'île du cap Bon (v. ci-dessus^; aux pieds du spectateur, la Sebkha es-Sedjounii; au S., les collines de la .Mohaniédia et d'Oudna; derriV're, les dentelures des montagnes de Zagliouan.

4. De la porte Bah AUeoua (pi. E7; halte du tramw. n» 7, p. 47<Si, jioint de départ des routes de Kadès et de Hainniauil.if

de Tunis. LE BAKDO. IV. R. 43. 487

(p. 500), on monte d'abord au cimetière Sidi Bel-Hassen (pi. E 7), le plus grand des cimetières musulmans de Tunis, dans un site pittoresque, accessible aux «infidèles» depuis sa désaffectation; puis de là, au zaouïa Sidi Bel-Hassen (12 min. à partir du Bab Alleoua) d'où l'on a un charmant coup d'œil sur la ville et le lac Bahira. La mosquée, lieu de sépulture de nombreuses femmes de bej'S, est au-dessus d'une caverne qui fut habitée pendant de longues années par le saint marocain Sidi Bel-Hassen ech-Chadly, fondateur de la confrérie des Chadlya. Le panorama, admirable surtout dans la matinée, qu'on a du haut de la croupe de la colline (73 m.) à quelque distance du petit fort Sidi-Bel-Hassen, rappelle celui de la colline de la Mauoubia.

5. Le Bardo, anc. résidence d'hiver des beys, est situé dans une plaine fertile à l'O. de Tunis, à 2 kil. de la porte Bab Bou- Saâdouu (pi. A 2j, à 3 kil. de la porte Bab el-Allouch (pi. AB 3-4; p. 486) et de la porte Bab Sidi-Abdallah fpl. A 5).

Si l'on est pressé, on prendra le traunv. ii" 4 (p. 478) qui part de la place Bab-Souika (jusqu'à cette place, traraw. n"2; 5 c.) et croise à michemin Vaqiieduc du Bardo, branche latérale de l'aqueduc de Carthage (p. 49G), d'origine romaine, mais reconstruit au xvi"= s. par des Maures d'Andalousie. — En voiture, on prendra la route qui passe au réservoir (p. 480), et au retour, on contournera la vieille ville au N., en passant à la Feskia (ancien réservoir d'eau de pluie, pi. A 1-2), puis au cimetière musulman à'el-Bsili (pi. BC'1-2) pour arriver à la porte Bab el-Khadra (pi. C 2).

Du temps des Turcs, le Bardo, comme auj. la plupart des résidences marocaines, formait une petite ville à part, comprenant plusieurs palais de beys et de veuves de princes défunts, un trésor, des demeures pour les fonctionnaires de la cour, une mosquée, des bains, des casei-nes et une prison (zendala) ; une énorme muraille quadrangulaire entourait comme l'enceinte d'une forteresse tout ce groupe de constructions. La plupart de ces bâtiments, dans un état de ruine avancé, ont fourni depuis 1900 les matériaux nécessaires à la construction du port; la muraille extérieure a aussi disparu sur le petit côté S. De la halle du tramw., on pénètre à dr. dans les jolis jardins (1903) où l'on rencontre à g. les restes du palais principal des beys et un peu plus loin, aussi à g., le musée. Droit devant soi, on trouve les ruines d'un édifice à coupole, puis derrière, la mosquée, la prison (auj. maison de correction pour indigènes), etc.

Le palais des beys, qui doit sa fondation (1782) au bey Hamouda (p. 483), renferme bien des choses dignes d'intérêt, abstraction faite de son mobilier européen dépourvu de goût et de ses peintures de peu de valeur. Visite, v. p. 479.

Le palais est précédé d'un perron orné de lions en marbre d'un travail italien assez médiocre, et d'un vestibule gracieusement décoré de stuc. Le portique antérieur est attenant à la salle de justice où le bey rendait autrefois les arrêts de mort qu'on exécutait 8an.s délai dans le voisinage. En face, la salle de réception. A g., un second portique où l'on parvient par un passage. Dp là, en franchissant un joli portail de marbre, travail italien de bon goût, on entre dans la salle des Glaces, décorée

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(i'uu beau plafond et d'un tapis de Kairouan de grande valeur. — L'escalier mène au l" c^tago où se trouve à dr. la salle des fêtes.

L'anc. palais du harem, luxueusement décoré, est une création du prodigue Sidi Mohammed (1855-1859); il a été soigneusement restauré de 1885 à 1888 et transformé en musée national.

Le *musée du Bardo ou musée Alaouî, qui doit son nom au bey Ali Pascha (1882-1902), est aujourd'hui le plus important des Etats barbaresques, grâce :i la riche moisson de trouvailles faites dans les différentes parties de la Tunisie. Les antiquités de la période mauresque et ottomane ont été réunies en 1900 sous le nom de musée arabe dans un petit palais attenant, de style très gracieux. Visite, v. p. 479. Catalogue (1897), 10 fr.; supplément (1906 à 1910), 27 fr. Conservateur, M. Merlin.

Roz-de-chaussée. Dans le vestibule: mosaïnues romaines de Henchir Sidi Djedidi et autres localités; tombeau de la famille de l'esclave impérial Optatus, provenant du cimetiôre des Officiales (p. 496). De plus, ;\ dr., pierres votives des temples de Saturne à Aïn-Tounga et du Djebel Bou-Kornin (p. 600), pierres milliaires romaines de la route de Tébessa et autres; à g., cippes romains, inscriptions romaines. Plus loin, deux autels revêtus d'instructions en faveur des colons des domaines impériaux : D -Ul, de Henchir-Mettich près Testour (époque de Trajan) et D442, de Aïn-Ouassel (époque de Septime-Sévère); C 1030, statue de la Concorde de Djorf Bou-Grara. Au bout du corridor, un sarcophage romain très endommagé.

Salle I (objets antérieurs à l'époqne romaine), à dr. du vestibule. Aux parois : pierres votives carthaginoises (ancienne et nouvelle époque), en l'honneur de Baal, de la déesse Tanit, d'Àstarté, etc.; stèles funéraires, projectiles (plombs de frondes) d'un arsenal de Carthage, etc. — Dans la pièce attenante, à la paroi du fond, une stèle de Maktar haute de plus de 2 m. et revêtue d'une inscription libyenne et carthaginoise (époque tardive).

Salle III (collection des premiers temps de l'époque chrétienne), à g. du vestibule. Au milieu: B 53, fonts baptismaux d'ElKantara. Aux parois : mosaïques de Tabarka et autres localités ; sarcophages. Dans la vitrine: lampes d'argile et vases d'Oudna (v" et vi" s.). — Dana le passage qui mène k la salle IV: dalles d'argile à bas-reliefs, ayant servi de décoration murale dans des églises.

SALLE IV (ou de Bulla Regia). Trouvailles de Hammam-Darradji, sculptures romaines du texnps d'Antonin le Pieux (138-161), entre autres: C 1017, une Minerva Polias du type de la Minerve du Parthénon, avec la corne d'abondance du Bonus Eventus et la couronne murale; *0 1018, torse de Minerve; 0 1014, Esculape, d'après un original grec du ivs.; C 1013, statue colossale d'Apollon, d'après un modèle de l'école de Scopas; C 1015, Cérès; inscriptions romaines. — Sallk V, à côté de la précédente: sculptures en argile du temple de Baal et de la déesse Tanit à Bou-Bekba.

Dans I'escalieu: C1033, tète d'Hercule; mosaïques romaines et autres; sur le palier supérieur, C 939, statue d'Apollon du théâtre de Carthage.

I>''' étage. Salle VI (anc. cour intérieure ou patio). Au niilieu: deux grandes mosaïques romaines d'Oudna (ir" s. apr. J.-C.), A 103, Bacchus apportant un raisin au roi d"Attique Icare, et devant, A 104, Chasse au lièvre et au renard; A 105, représentation d'une propriété rurale, avec scènes de chasse. Entre les colonnes du portique: statues romaines de Carthage, C91-1, Ganymède, 0 979, Bacchus, 0 921, .Tunon, 0 982, Isis, etc. Aux parois: bustes et têtes de marbre, la plupart de Carthage.

Salle VII (attenante au N. à la précédente), l'ancienne salle des fêtes, à *c.oupole eu bois luagnitiquement sculptée. Au milieu: A 1, Cortège de Neptune, pavement en mosaïque de 137 m. carr., provenant d'une vilKi romaine près de Sousse. Aux j)etits murs: A 25-27, trois mosaïques en demi-cercle, de Tabarka, figurant une propriété seigneuriale avec maison

de Ttmis. LE BARDO. IV. E. 43. 489

d'habitation, parc, écurie, grenier, granges et cave (commenc. du iv« s. apr. J.jC). Au grand mur de g.: deux mosaïques romaines (A 7, Pêche; A 12, tête d'Océanus); A 19, bas-relief des premiers temps de l'époque chrétienne avec scènes de cirque; vieilles *mosa'iques chrétiennes de sarcophages de Tabarka, la plupart avec représentation du défunt en prière entre deux cierges. Dans les armoires des parois: lampes carthaginoises, rhodiennes, romaines et chrétiennes des premiers temps. A la paroi du fond: vases d'argile, ustensiles en bronze, en ivoire et en os, tous romains. De plus, un beau buste de Minerve, de Carthage.

Salle VIII. Au milieu: cuirasse en bronze provenant de Campanie (fin du iii« s. av. J.-C), trouvée dans un tombeau carthaginois à Ksour- Essaf; *E 3, patère de vermeil de Bizerte, pesant 9 kilos, ornée de basreliefs (Lutte d'Apollon et de Marsyas, Sacrifice à Bacehus, Scène bachique). — Dans les vitrines d'à côté, parures d'or et pierres taillées, la plupart de Carthage. Aux fenêtres, dans les vitrines, monnaies mauresques, romaines et byzantines. Aux parois, mosaïques romaines de Dougga et *Chebba (A 292, Neptune et les quatre Saisons ; A 293, Orphée parmi les animaux); 0 1115, les Grâces et les quatre Saisons (devant d'un beau sarcophage en marbre).

Salle IX. Au milieu: A 287, Cortège de Bacehus, grande mosaïque d'El-Djem. Aux parois: mosaïques romaines d'El-Djem (A 288, Chasse au lièvre; A 289, Muses, etc.), de Thina (Tha^nse), Sousse (A 6, Barque avec une naïve représentation de l'eau) et de Djorf Bou-Grara (A 301, A 301'"», Pugilat). Dans les coins : C 1026, torse d'une statue de femme vêtue, peut-être une Victoire, en marbre noir; C 72, tête d'Auguste; C 1027, tête d'Hercule, tous d'El-Djem. Dans l'armoire de g.: trois urnes en plomb et six urnes funéraires en verre, parfaitement conservées, du cimetière des Ofiiciales à Carthage (p. 4915); dans l'armoire de dr., ustensiles en bronze. Dans les vitrines des parois: objets en plomb et en bronze de Carthage et de Hammam-Darradji ; rouleaux en plomb (tabellœ defixionum) portant des malédictions contre les parties adverses dans les jeux du cirque (des tombeaux de Sousse). Isolé, C 16, torse de bacchante, d'El-Djem. — De retour dans la salle VI, on passe à g. dans la

Salle XI, anc. salle de concert, qui contient des mosaïques romaines. Au milieu : A 166, pavement en mosaïque, de Medeïna, avec une figuration des différents types de vaisseaux de transport romains; têtes d'une divinité fluviale et d'Océanus. A la paroi d'entrée: A 171, temple provenant de Carthage et renfermant les statues d'Apollon et de Diane et des scènes de chasse. En face, à la paroi, A 162, figuration très endommagée d'un festin {iv s. apr. J.-C), de Carthage.

Salle XII (en face de la précédente), anc. salle à manger. Dans les armoires : trouvailles de tombeaux carthaginois (en partie importations d'Egypte, de Grèce et d'Etrurie); dans les deux vitrines du milieu: masques d'argile qu'on plaçait dans les tombeaux pour tenir éloignés les mauvais esprits. — De la salle VI, la porte qui est du même côté (0.) que celle de la salle XII mène à trois salles (XIV-XVI) renfermant les objets trouvés de 1907 à 1910 au fond de la mer près de Mehdia.

Salle XIV. *IIermès de Bacehus en bronze, du style archaïsant, dii à Boëthus de Chalcédoine (ii» s. av. J.-C), comme le rapporte l'inscription. A la paroi, sur une étagère, restes d'un grand chapiteau de bronze orné de deux têtes de femme. Dans les vitrines: deux lampes en bronze représentant un coureur; nombreuses statuettes en bronze, entre autres un Amour jouant de la lyre, deux danseuses, un bouffon, un satyre, un acteur; ustensiles en bronze.

Salle XV. Au milieu : *Amour ailé, statue en bronze de 1 m. 50 de hauteur. Aux parois: ancre en plomb; amphores d'argile; lingot de

filomb marqjué d'un sceau latin; moulins à blé. Dans la vitrine: une ampe d'argile encore pourvue de sa mèche.

Salle XVI (objets en marbre). Grands cratères ornés de sujets bachiques; candélabre du style de la nouvelle école attique; chapiteaux; inscriptions grecques; bustes et têtes, entre autres, au milieu, une Vénus bien conservée; torses et statuettes.

490 IV.B.4S. LE BARDO. Env. de lunia.

De lytour dans la salle VI, on descend ciiH) marclies d'esealier pour passer dans la

Saij.f. XIII, pièce octogone à coupole (anc. chambre à coucher du liey), flanquée de quatre chambres contiguës (anc. appartements de ses quatre favorites) richement décord-es de faïences et de stuc. Au milieu : A 10, mosaïque romaine de Bir-Chana, représentant les divinités des sept jours de la semaine et les signes du zodiaque. Dans l'aile dr. : *A 266, mosaïque romaine de Sousse représentant Virgile écrivant l'Enéide. Dans l'aile vis-à-vis de l'entrée: C 1, Satyre versant à boire (lorse d'après Praxitèle); dans l'aile g. : *C 969, Cérès, de Carthage, portant encore des restes de peinture; C 970, C 971, deux statues de femme vêtue. Dans la chambre du coin, à dr. : sans n", grand vase d'albâtre, de Carthage, à haut-relief (tête de Bacchus couronnée de pampres). Dans la salle du coin, à g.: figurines en terre cuite, de Sousse.

Dans la galerie de la salle VI (p. 488) : une carte de Carthage, en relief; modèles d'édifices de Carthage, Dougga, le Kef, Oudna, Sbeïtla et Djorf Bou-Grara; photograjibies de monuments architectoniques de Tunisie.

De l'escalier (p. 488), on se rend au musée arabe. Dans la 1" salle, ornée d'une gracieuse décoration de stuc: carreaux de revêtement de Tunis, de Nabeul et du Maroc; tapis de Kairouan. Dans les pièces voisines: ouvrages en métal, vases émaillés, bois sculptés, armes, etc.

Dans le patio: carreaux de revêtement; dans les petites pièces voisines, à g.: costumes populaires, modèles en stuc.

Dans la 2» sali.e: meubles divers (entre autres, un lit de parade) et broderies (entre autres, haïtis ou tentures de velours à broderies d'or et d'argent). Dans les pièces voisines: objets de parure <ie provenance tunisienne (Djerba, Moknine) et algérienne; beaux tapis de Kairouan.

Derrière le Barde, le Kassar-Saïd, château de plaisance du bey (fermé au public); c'est ici que fut signé, en 1881, le traité du Bardo qui mit tin à l'indépendance de la Tunisie.

La graiid'route passe devant Vhippoclronie de Kassar-Said (courses au printemps) et mène ii 4kil. de distance à laManouba (stat. de chem. de fer, v. p. -199; tramw. n° 4, v. p. -178), groupe de villas arabes eu ruine, au milieu de beaux jardins d'orangers. Le j)alais de la Manuiiba, qui mérite une visite, est une anc. résidence d'été du bey Hamouda (p. 483); il est utilisé aujourd'hui comme caserne de cavalerie. La koubba (p. 476) de la Lalla Manuuba attire un grand nombre de croyants.

m. Cai'thage.

Une LIGNE ÉLECTRiQiiK circulaire qui part de 'J'iaiitt-Vasiiio. au coin de l'avenue Jules-Ferry et de l'av. de Carthage, mène à l'E. à la (îoulette, de là, au N., à Carthage ('/:; h. de Tunis) et à la Marsa-Plage (23 kil.; 40 min. de Tunis), continue par la Marsa -Ville (24 kil.), longe la rive N. du lac El-Baliira en touchant à El-Aouina, et aboutit à Titnis- Xord (pi. E4), à l'extrémité S. de l'av. de Paris, après un parcours de 41 kil. (1 h. 10). Départs do Tunis-Casino pour la Marsa-Plage, et en sens inverse, t. les i/-.; ''■> pour les stations au delà, t. les h. De Tunis- Casino à la Marsa-Ville, ou bien de Tunis-Nord à la Goulette, mêmes prix: 1 fr. 20 et 65 c. ; ail. et ret. 1 fr. 76 et 1 fr. — La région t'taut tortiftée, on s'abstiendra de i)reudre des photographies.

Le Tiii'R SUIVANT, gri IlEMA^'nE UN jorit ENTIER en voiture (15 tr.), mène de Tunis à Sidi-Daoud, la Malga (ampliithéàtre, citernes), la Marsa, Sidi BouSaïd, Carthage (citerne» près de Bordj el-Djedid, théâtre, musée), la Uoulette, Maxula-Radès (p. 491), Tunis. Emporter de Tunis les pro-

Ligne élertriqne. CARTHAGE. IV. R. 43. 491

visions nécessaires pour déjeuner près du phare à Sidi Bou-Saïd ou à Carthage (v. ci-dessous). On trouve aussi des voitures convenables (2 fr. Theure, faire prix) à la Goulette et aux stations de Carthage et de Marsa- Ville. — Par un temps frais, on fera, surtout dans la matinée, une jolie eo'ctirsiion à pied de la Marsa par Sidi Bou-Saïd à Carthage.

Hôtels de Carthage: H. St-Loiiis-de-C'avtliage, sur la colline du château (déj. ou dîn. 3 fr. à. 3.50; vins chers); Patillon Beau-Séjour (eh. 8 fr., rep. 1.25, 2.50 et 3, v. c); //. des C'itentes-Romaiues, près des citernes de Bordj el-Djedid (p. 498), simple, mais bon.

Les données de cet ouvrage suffisent pour une risite sommaire des ruines. Pour une étude plus approfondie, on recommande la Carte archéologique et topographique des ruines de Carthage (Paris, 1907, 3 feuilles au 5000e), ainsi que l'ouvrage intitulé Un Pèlerinage aux ruines de Carthage et au musée Leirigerie, par le P. Delattre, qui se vend au musée Lavigerie au prix de 2 fr. Voir aussi les chajjitres concernant Carthage dans l'ouvrage de H. Cagnat, C'eirthage, Timgad, Téhessa (Paris, 1909) et les nombreuses publications du P. Delattre, celles surtout traitant des nécropoles puniques. — Se débarrasser sans façon des guides et mendiants importuns. Prendre garde aux trous et enfoncements qui recouvrent le champ des ruines et se méfier en été des scorpions qui se cachent sous les galets (contre leurs piqiires, l'alcali volatil rend de bons services).

La LioKE ÉLECTR. (p. 4S0) franchit le lac Bahira sur la digue N. du canal navigable (p. 474). — 10 kil. Arrêt du Bac (v. ci-dessôus).

11 kil. La G-oulette (hôt. de la Gare, modeste) ou Goletta, ana. port lie ^J\inis, complètement désert depuis l'ouverture du canal navigable. La localité compte 5000 hab., pêcheurs siciliens et maltais pour la plupart. Dans l'ile, entre le canal navigable et les deux étroits canaux du port, se trouvent un ancien palais des beys et l'anc. arsenal de marine. Au bord de la mer, la vieille Kasba, qui sert auj. de caserne. — Une route, sillonnée lew dimanches et jours de fête par de nombreux véhicules, relie la Goulette à Maxula (p. 500), distante de 1 h. '/a- Après la traversée eu bac à vapeur (gratuite) près de la stat. mentionnée ci-dessus, on se dirige au S. en suivant la langue de terre: on longe d'abord la côte, puis on laisse à dr. les grandes salines où, au cœur de l'été, l'on fait évaporer l'eau de mer pour en extraire le sel; plus loin, les marécages alternent avec les plantations de figuiers.

De la vieille Goulette s'étend au N., par delà la langue de terre du lac Bahira, la Txnia ou LiguJa des anciens, région offrant une suite presque ininterrompue de bains de mer: la Go/ilette-Neuve, non loin de la (11 kil. 5) station du même nom, fréquentée en majeure partie par les familles pauvres de la population juive de Tunis; (12 kil.) la Gotileitet'asino; (13 kil.) Khéreddiin', avec un anc. palais du tout j)uissant ministre du bey Mohammed cs-Saddok (1859-1882); (14 kil.) le Kram, autre villégiature favorite des juifs de Tunis.

15 kil. 5, Salambo, station pour le nouveau quartier de villas auquel le reman de Flaubert (p. 470) a donné son nom, et pour le Laseiret (auj. caserne), anc. palais du harem des beys, situé au bord de la mer et utilisé en 1884 coTume hôpital pendant l'épidémie de choléra. — 16 kil. Dollar ech-Chott, village d'indigènes dans un site pittoresque. — 16 kil. 5, JJeriiièche, station pour El-Kheraïb («les ruines»), la prétendue place du marché de Carthage (p. 492), et pour le palais de Dermèche, habité par un prince de la famille du bey.

17 kil. Carthage, station pour la colline du château (St-Louis-de- Carthagc, p. 493), le plateau de l'Odéon (p. 496) et les citernes de Bordj cl-Djedid (p. 498). — 18 kil. Seiinte-Monique, halte entre le couvent du même nom, à dr. et Damons el-Karita (ji. 497), à gauche.

La ligne monte ensuite à la station de la Briqueterie. -^ 21 kil. Sidi Bou-Said (phare, v. p. 499) d'où la ligne commence à redescendre. — 22 kil. Halte de V Archevêché et halte de la Corniche au N.-O. — 23 kil. La Marsa-Plage (p. 499), au bord de la mer.

492 IV. R. 43. CARTHAGE. Situation.

Carthage, l'ancienne reine des mers, était située à 16 kil. à l'E. de Tunis sur une chaîne montagneuse de peu d'élévation dont le point culminant, le cap Carthage (p. 498), atteint la hauteur de 129 m. C'était à l'origine une île côtière, probablement reliée à la terre ferme par les alluvions de la Medjcrda (v. p. 473) dès l'époque de la fondation de la ville. La langue de terre, à l'endroit le plus étroit, ne dépasse pas 5 kil. de large; d'après le témoignage de Polybe, elle n'avait pas plus de 3000 pas de largeur h l'époque romaine; Douar ech-Chott (p. 491; «village de la lagune salée») était au moyen âge au bord du lac Bahira. C'est là, entre le lac Bahira au S. et la Sebkha er-Riana au N. que l'armée de Régulus fut anéantie eu 255 et que Scipion établit son camp en 146. Les ports de Carthage comprenaient le port de commerce extérieur dont les restes du quai, défendu par un mur fortifié, se poursuivent sur une longueur d'env. 1500 m. entre la baie du Kram (p. 491) et le Bordj el-Djedid (p. 498), et le port militaire (cothon), port intérieur artificiel, à la place où se trouvent les deux nouveaux étangs, composé d'un avant-port carré et d'un port principal de forme ronde; au milieu de ce dernier, une petite île où l'on vient de déblayer les soubassements de l'arsenal punique.

Une triple muraille d'enceinte, qui séparait les deux ports, se développait d'un côté du Bordj el-Djedid au plateau situé entre l'Odéon et Damous el-Karita (p. 497) ; de l'autre côté, tout autour de la colline du château (v. ci-dessous) au S. comme à l'O. Trois étroites rues, témoins d'un violent combat lors de la prise de la ville par Scipion, reliaient la place du marché (p. 491), au côté N. du port militaire, à la colline du château. Au N.-O. du mur d'enceinte se trouvait déjà à l'époque carthaginoise le faubourg de Megara ou Magalia (auj. la Malga) composé de nombreuses villas.

Histoire. Carthage doit sa fondation à des Phéniciens de Tyr qui, d'après la tradition, débarquèrent en 880 av. J.-C. sous la conduite de Diaon et s'établirent près ào Kamhé, colonie de Sidon. La nouvelle ville, Kart-hadascht (ville neuve), s'étendit peu à peu de la dépression de terrain qu'on voit au N.-E. du Bordj el-Djedid ;i la colline du château. Grâce à sa situation avantageuse sur le détroit de Sicile, la route navigable la plus importante entre l'Egypte et l'Espagne, à proximité immédiate de l'embouchure de la Mcdjerda et de celle de l'Oued Miliane, les deux vallées les plus fertiles du pays, elle l'emporta bientôt sur Utique (p. 500) et les petites villes maritimes de Phénicie. Dés le vi» s., les flottes de Carthage disputèrent aux Grecs et aux Etrusques l'einpiro des ni*rs dans la partie occid. de la Méditerranée et leur enlevèrent la Corse et la Sardaigne, taudis que d'autre part ses armées mercenaires, alliées à Xerxès, tentèrent en 480 uae attaque contre les Grecs de Sicile. Après plus de deux siècles de luttes pour la possession de la Sicile, pendant lesquelles Agathodc (p. 480) réussit de SIO à 307 à transporter en Afrique le théâtre de la guerre, l'intervention de Rome amena à sa suite les trois guerres puniques (264-241, 218-201 et 149-140), l'occupation do l'Kspagne par les Carthaginois et finalement en 1 Iti av. J.-C, ayrès une héroïque résistance, la prise et la destruction de Carthage par Scipion. En 122, C. Gracchus essaya d'établir une colonie romaine sur les ruines de l'aneienno rivale de Home; le génie de César réalisa ce projet et amena l'an 44 une colonisation définitive (Colouia Jiilia Carthago). Auguste, son successeur, y

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