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CARTHAGE. IV. B

une nécropole punique du in« s. av. J.-C. ; au milieu de cette dernière, quelques restes du pavement et des passages souterrains marquent la place de VOdéon, théâtre couvert pour auditions musicales, érigé sous le proconsulat de Vigellius Saturninus (euv. 212 apr. J.-C). Le théâtre et l'Odéon ont été détruits par les Vandales en 439, comme l'indiquent des relations postérieures.

Damous el-Karita (domus caritatis?), vieille basilique chrétienne de grandes dimensions, dont on ne voit plus que les ruines, est située au milieu d'un grand cimetière chrétien de l'époque primitive, en dehors de l'anc. mur d'enceinte de la ville (p. 492), à 125 m. env. au N. de l'Odéon, à lU min. à l'O. de la halte de Sainte- Monique (p. 491). L'église, rectangle de 65 m. de longueur sur 45 de largeur, date de trois époques différentes; la plus ancienne basilique, à onze nefs (iv^ s.), était orientée au S.-E. ; la seconde, à neuf nefs, probablement de l'époque des Vandales, était tournée vers le S.-O.; la troisième enfin, également à onze nefs, dont les proportions restreintes témoignent de la décadence de Carthage pendant la période byzantine, ne comprenait plus que la nef centrale transformée en transept et les quatre nefs latérales du N.-O. de la seconde basilique. On construisit une nouvelle abside au milieu de la plus ancienne nef médiane dans l'axe de la première niche du chœur. Le bâtiment actuel en forme de T avec son vaisseau raccourci, à plusieurs nefs, a probablement servi de modèle et fourni les matériaux de construction à l'oratoire d'Hassan Ibn en-Nôman de la mosquée de Kairouan (p. 503).

La basilique est bornée au N.-E. par un immense atrium en demi-cercle provenant d'une des deux anciennes églises; on y voit les restes d'une fontaine servant aux ablutions et d'une chapelle commémorative sur plan tréflé, adossée au portique; elle rappelait le souvenir d'un martyr ou d'un évêque. Du côté S.-O. de la basilique se voient encore les fondements d'un baptistère à fonts octogones. Ou vient d'explorer les dépendances et ou a trouvé de nouvelles salles, des chapelles, des chambres funéraires, des sarcophages, etc. Près d'une abside, rotonde souterraiue de 9 m. de diamètre entourée de 16 colonnes aux chapiteaux ornés de têtes de béliers et d'oiseaux. Les fouilles continuent; elles ont fourni déjà plus de 18000 morceaux d'inscriptions.

La Basilica Majorum, déblayée de 1906 à 1909, est située à la lisière d'un petit bois d'oliviers qu'on atteint à travers champs, à 8 min. au N. de Damous el-Karita, à 2 min. k l'O. de la halte de la Briqueterie (p. 491). Une inscription du iv<i s. rapporte que les martyres Perpétua et Félicitas (m. 203; v. p. 495 et 498) ont été inhumées dans la confession, longue de à m. 3, sur 3 m. 25 de largeur. On a mis au jour des tombeaux d'évêques et une citerne dans le vieux cimetière chrétien à côté de la basilique. Des citernes énormes ont aussi été déblayées à 100 m. de l'arrêt de la Briqueterie, dans la direction de la mer.

On termine par la visite des ruines situées dans les parties basses baignées par la mer.

49S rV.R.43. CARTHAGE. Sidi Bnu-Sniil.

Sur le versaut du plateau de l'Odéou, eutre les deux routes carrossables qui nu^uent ii Sidi Bou-Saïd, s'éteud uue grande nécropole punique (nécropole de Douîmès), avec de nombreux tombeaux creusés dans le roc, des vne-v« s. Dans le voisinage, restes de fours de potiers (puniques) et fondements de la basilique de Dermèfhe, église byzantine à 5 nefs prés de laquelle on voit des traces du baptistère et de ses fonts octogones. Quelques pas plus loin, vers le N., ou trouve une citerne romaine profonde de 26 m. et les vestiges d'un couvent chrétien (couvent St-Etienne?) de l'époque primitive.

Les *citernes de Bordj el-Djedid, non loin de là, sur un bras latéral de la route d'en bas, sont, après les citernes de la Malga (p. 496) qui les alimentaient, les plus grandes de la ville; restaurées en 1887, elles ont été reliées à la nouvelle conduite des eaux de Tunis (p. 486). Le Douâmes ech-C'hiatiuii (caverne des diables), que les indigènes évitaient soigneusement autrefois, est uu bâtiment rectangulaire de 135 m. sur 40, à 17 vofttes en berceau, ]iarallèles les unes aux autres, de 30 m. sur 7 m. 50, deux bassins de défécation et de larges couloirs latéraux (50 c. au surveillant).

Les thermes de Dermèche ou thermes d'Antonin, non loin vers le S.-E., au bord de la mer, peut-être sur l'emj)lacement du port de Kambé (p. 492) ne sont plus qu'un amas confus des ruines de l'établissement de bains reconstruit sous Antonin le Pieux vers 145 après J.-O., peut-être le plus grand de Carthage.

Entre les thermes et le fort appelé Bordj el-Djedid (15 m.), les fondements d'un niagnitique esc aliei' monumental romain qui menait autrefois du quai à la Platea Nova.

Au N.-E. du Bordj el-Djedid, on descend par 2ô marches dans un hàtiiiii-nt souterrain de l'époque romaine, dit autrefois fanum Cereris et auj. vitrcer castrensis : on prétend qu'il a servi de prison aux deux martyres l^erpetua et Félicitas (p. 497). — Près de là, une tour romaine en forme de bastion, reste des anc. fortifications, est à moitié dans l'eau.

La kùiihba Bent el-Ré, groupe de pièces souterraines d'une destinalion jnconuue, appelé autrefois bains de Didon (!), est encore visible sur lit nouvelle route qui mène de Bordj el-Djedid à la halte de Sainte-Monique (p. .Ji)l).

Le village de Sidi Bou-Saïd, à env. 3 kil. 5 au N.-K. de la colline du château, est relié à Carthage par un joli sentier rocheux qui domine les escarpements de la côte et par les deux routes mentionnées ci-dessus. Cette localité florissante, presque entièrement musulnuine, avec un pavillon d'été du bey, une belle plage et la chapelle funéraire du patron du lieu très visitée le vendredi, occupe une situation des plus pittoresques à l'extrémité E. de la presqu'île dont la dénomination de cap ('arthaye mi Carthagènc (129 m.; en arabe Has Sluyuia) a conservé à travers les siècles le nom de la vieille cité punique. De la station du traniw., suivre au S.-K. lu large route (pii appuie à g. au bout de 200 m. et se bifurque quelques pas plus loin, l'ar le chemin de g., on monte droit devant soi

Excurs.àpartir de Tunis. BIZEKTE. IV. R. 43. 499

à uue petite place où se trouvent plusieurs cafés arabes. Le bras dr. de la route mène au même endroit; il offre une pente beaucoup plus douce et un beau point de vue. En suivant le chemin en escalier à g., puis encore uue fois à g. et enfin à dr., on monte au phare (pourb. 50 c. à 1 fr.), de forme ronde, d'où l'on jouit, surtout le matin, d'une *vue incomparable sur les environs de Carthage, tout le golfe de Tunis jusqu'au cap Farina (p. 473) et le lac Bahira avec les montagnes à l'arrière-plan.

Un magnitique sentier mène du phare au poste optique, passe plus loin derrière les vignes de Varchevêché, à la halte de la Corniche (p. 491) et arrive au bout de 1/2 h. à la Marsa, village bien situé dans la dépression fertile qui se trouve entre le cap Carthage et le Djebel Khaoui (v. ci-dessuus), avec de nombreuses maisons de campagne et une belle plage (dangereux de s'y baigner à cause des tourbillons). Presque à michemin entre les deux gares de la Marsa (p. 490), on rencontre le palais du Bey, résidence ordinaire du prince (on ne visite que les écuries et les voitures de gala; pourb. 1 fr.).

Le Djebel Khaoui ou Kraoui (105 m.; excursion de 2 h. 1/2 'i partir de la Marsa avec retour par Kamart) s'étend au N.-O. de la Marsa. Sur la hauteur et le versant septentr., nombreux restes de tombeaux d'une nécropole jnive de l'ancienne Carthage. Belle vue au S. jusqu'à Tunis, au N.-O. sur la Sebkha er-Riana. et le delta de la Medjerda jusqu'aux environs d'Utique (p. 500). Au pied de l'éminence, vers le N., près du cap Kamart qu'on voit tout en rouge, on aperçoit, pittoresquement entourés de palmiers, le village de Kamart et son Bordj Ben-Aïed tout dégradé. Jusqu'au cap Kamart, les côtes offrent une image exacte du désert.

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