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Pouzzoles, Baies, Misène et Gumes

La contrée à l'O. do Naples, les champs l'hlé;/reens, a été autrefois le théâtre d'éruptions volcaniques grandioses, comme le prouvent les cratères d'A.stroui, de la Solfatare, de Oampiglione, etc. On y compte treize cratères et restes de cratères (cap Misène , mont de Procida) et il est probable qu'il y ou avait encore ijuelques-uus près de Baies. Comme les éruptions de lave et de gaz avaient lieu chaque fois à une autre place, il s(^ forma quantité de cratères isolés, les uns à côté des autres, au lieu d'une montagne comme au Vésuve. A la fin, le Monte Nuovo (p. 114), qui s'éleva au xvi"* s., transforma le paysage. De nos jours encore, beaucoup de vapeurs cliaudes et d'eau suintent ;i travers le tuf en différents endroits. De véritables coulées de lave manquent presque complètement à ce centre d'éruption indépendant de celui du Vésuve. — Les souvenirs historiques qu'évoquent ces campagnes ne sont pas moins intéressants ; c'est de là que la civilisation grecque se répanait d'abord eu Italie; et

S lus tard encore, c'est par l'intermédiaire de ce pays que l'Orient et l'Occient restèrent en relations actives. Les mythes grecs, les chants d'Homère, ainsi que l'Enéide de Virgile, ont glorifié ces rivages. Les superbes villas que l'aristocratie s'était construites eu nombre intini, sous l'Empire, ont été transformées parles commotions du sol en monceaux de ruines; mais la beauté de la nature italienne est éternelle et exerce son charme avec la même puissance aujourd'iiui qu'il y a deux mille ans. Les îles et les caps , les golfes , les baies et les lacs , la conformation singulière de la terre et do la mer, donnent à ce pays une physionomie tellement particulière qu'on ne saurait, peut-être, trouver son pareil dans le monde entier. — La malaria (p. xxix), jadis fréquente ou été dans ces régions, diminue peu à peu grâce à des travaux actifs de dessèchement et à la culture du sol.

En renonçant au lac d'Agnano, assez peu intéressant d'ailleurs, et à C'umes, qui n'a rien de curieux, si ce n'est pour les archéologues, on peut faire en uu jour l'excursion suivante: par la ligne de Cumes (p. 107), de bon matin, à Haies (Baia; -74 d'il.), à pied ou eu voiture au cap Misène, puis au lue (Je Fiisaro (5 à ti h. à pied, arrêt compris, 2 h. '/» •' -^ h- pu voit.), retour en chemin de fer à l'oiizzoles ^20 min.), visite du temple de Sérapis , do l'amphithéâtre et peut-être de la Solfatare (1 h. V»^ et retour îi Naplos par le tramway (36 min.). Si l'on est moins pressé, ou fera mieux de visiter cette contrée en deux fois. — l" kxcuksion : en tramway, en 20 min., à la stat. d'At/nano; h pied, à dr., en V4 J'h. à l'ancien lac d' Aifuano, où l'on ne devra pas perdre son temps à la grotte du Chien; à pied à la Solfatare, par la montagne (vue), 1 h. ; arrêt de 20 lain. ; à pied à l'oiizzoles, en passant ù l'amphithéâtre, au temple de Sérapis, au port et à la cathédrale, 1 h. '/g; retour à Naples en voit, par la strada Nuova di VosHipo (11. 102-101; eu convenir expressément ; 4 fr. et un uourb.), 1 h. '/, , en tout 5 11. à 5 h. '/«• Eu prenant le tramway jusqu'à Baguoli et en revenant de là à pied à Naples, ou met 1 h. '/* ue plus. 2» kxuursion: eu chemin de fer à Haies; de là au cap Misène, et au tac île

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Côté de Vouest. FUORIGROTTA. t- ^- 5. 107

Fttsaro, comme il est dit p. 106, et, si l'on veut pousser plus loin l'apiè-smidi, à pied ou en voiture à C'umes, avec retour par l'Arco Felice (1 h. Va à 2 h.).

Chemin de fer de Cumes (Ferrovia Cumana): départ du largo Monte Santo, à l'O. de la via Roma (p. 49; tramw. n" 12, v. p. 29; omn. V. p. 30); 16 trains par jour pour Pouzzoles, dont 8 vont jusqu'à Torregaveta (p. 118). Tunnel de 2400 ni. sous le château St-Elme; stat. au corso Vittorio Emanuele (3 kil., v. p. 1*9), où monteront la plupart des étrangers, et encore un tunnel. — Autres stations [le train n'arrête que sur demande aux stations entre crochets] : 4 kil. Fuorigrofta (v. ci-dessous), [5 kil. Agnano Vecchio], [7 kil. Aguano Nuovo (v. ci-dessous)], 8 kil. Bagnoli (p. 108), [9 kil. Terme], [11 kil. Gerolomini], [12 kil. Cappuccini (p. 109)], 12 kil. Pouzzoles (Pozzuoli; p. 109), [13 kil. Gantière Armstrong], [14 kil. Arco Felice (p. 114)], [16 kil. fMqo Lucrino (p. 114)], 17 kil. Baies (Baia; p. 115), [18 kil. Vinna-Fiisaro (p. 118-119)], 19 kil. Torregaveta (p. 118). Prix (sans le droit de timbre, p. xv) du largo Monte Santo à Pouzzoles, 1 fr. 05, 70 et 45 c, aller et retour 1 fr. 25, 85 et 55 c; à Baies, 1 fr. 60, 1 fr. 05 et 70 c., ou 2 fr. 60, 1 fr. 75 et 1 fr. 15; à Cuma-Pusaro,

1 fr. 75, 1 fr. 15 et 75 c. ou 2 fr. 70, 1 fr. 80 et 1 fr. 20.

Tram-way électr. pour Pouzzoles, v. p. 29, n» 22; déjiart de la Torretta (pi. B 7) où s'arrêtent les tramw. n"» 1, 2, 3, 4, 6 mentionnés p. 28 et 29.

Voitures. Tarif des voit, de Naples, v. p. 27 et 28 ; de Pouzzoles, v. p. 109; Service cumulatif, v. ei-dessous. Il importe de bien s'entendre d'avance sur le parcours (v. ci-dessous).

Guides. C'est surtout aux guides et aux cochers de Pouzzoles, Baies, etc., que s'appliquent les remarques faites p. xi-xiii sur les rapports avec la population et la nécessité de s'entendre d'avance sur tous les détails, de sorte qu'on fera bien de différer l'excursion jusqu'au moment où l'on se sera familiarisé avec les usages du pays. On peut se tirer seul d'affaire avec de l'expérience, les données suivantes, la carte, quelque connaissance de la langue et beaucoup de patience ; toutefois on se débarrasse des importuns en prenant un guide (p. 109) ou une voiture. Il est plus commode encore (et ce n'est pas plus cher) de prendre un billet du <■ service cumulatif avec les voit. publ. de Pouzzoles», qu'on obtient aux stations de chemin de fer de Monte Santo ou de corso Vittorio Emanuele, et qui comprend, outre le trajet en chemin de fer jusqu'à Pouzzoles (ou Baies) avec retour d'une station quelconque, la visite en voiture des principales curiosités de Pouzzoles, de Baies, du cap Misène, de Oumes, etc. Prix: 1 pers., l'» cl., 7 fr. 15 (Baies, 7 fr. 95); 2» cl., 6 fr. 45 (7 f r.) ;

2 çers., 9 fr. 30 (10 fr. 90) et 7 fr. 90 (9 fr.) ; 3 pers., 11 fr. 45 (13 fr. 85) et 9 fr. 35 (11 fr.). Billets pour un dîner à Lucrino, Baies ou au lac de Fusaro, 3 fr. Les pourb. à payer sont marqués sur ces billets. Le chef de gare de Pouzzoles ou de Baies indique les voitures auxquelles on a droit. Pour les excursions en commun, v. p. 37.

Les RESTAURANTS de toute cette contrée sont médiocres. L'exploitation des étrangers y est un sujet de plaintes continuelles. On fera prix même pour le vin ordinaire du pays (env. 1 fr. la bout.). Si l'on est en voiture, il est préférable d'emporter des provisions de Naples.

A la sortie 0. de la Grotta Nuova (p. 100), se trouve le village (le Fuorigrotta, où le tramway t'ait halte sur la place, près de la petite église >S. Vitale, récemment restaurée. Son porche a été transformé en un mausolée du poète Giac. Leopardi (1798-1837), avec un monument par Breglia (1902). La stat. de la ligne de Cumes est à 5 min. de la place, en montant àdr. de l'église la via Giac. Leopardi jusqu'à la voie et en tournant ensuite à droite.

La voie ferrée court plus loin au N. et à proximité de la route et du tramway, tout d'abord en ligne droite jusqu'à Bagnoli. Agnano Nuuvo est station pour l'anc. lac d'Agnano situé à 1 kil.

108 /. H. 5. BAGNOLI. Rnvirona de Nnples.

:iu N. où mùne une large route bordée d'arbres (enibranchcnicnt du tramway; terrain de sports). Sur le mont Spina (v. ci-dessous), un hôtel, ouvert seulement en été, a été inauguré en 1911 (ch. 4 à 0 fr., rep. l.r)0, ;i et 4M), p. 10 à 12).

Lo lac d'Agnano (refuser les offres des guides importuns), desséché depuis 1870, s'i'tiiit probîil)leuipnt formé dans le eours (fu moyen âge, car il n'est pas mentionné par les ani'iens. Il recouvrait le fond (6 m. à 50 m. d'alt.) d'un ancien cratère de (i kil. 5 de circonférence. A son extrémité S., iuimédiateniont à dr. de l'endroit où aboutit la route, .se trouvent les Stnfe cli S. (leniiaiio, vieilles chambres où l'on locueille, îi l'usage des malades, les vapeurs sulfureuses chaudes qui sortent du sol (sans intérêt; v. aussi cidessous). — Cinclques pas plus loin est la (/rotte du Chien (Grotta del Cane), lient lo sol est tellement saturé de gaz acide carbouiiiiic tiède, sortant de terre, qu'un chien y est étourdi au bout de quelques instants, meurt même en y restant plus longtemps. Une torche allumée s'y éteint sur le champ. 11 n' y a rien à voir, si bien qu'on peut sans inconvénient s'épargner les frais d'entrée élevés: 2 f r. par pers. y compris la torche nécessaire pour faire l'expérience indiquée, et la visite des Stufe di S. Germano, de la (initta (tel Morto, semblable à celle du Chien, et des ruines d'une grande coiigtructiou romaine mise au jour non loin de là.

Du i,AC u'AoNANo, on peut se rendre a Pouzzoles (1 h. '/4) par la hauteur ou bien par la route carrossable qui se détache à g. (0.) avant le cratère d'Agnano, ou encore par un chemin charretier agréable qui quitte la route d'Astroni (v. ci-dessous), à 8 min. de la grotte du (Jhien, à côté d'une maison isolée, et passe au N. au pied du iiio)it Spina (v. ci-dessus). Au bout do 3 min., on prend à dr., et à 10 min. de là, encore à dr. ; à un carrefour d'où partent trois chemins (2 min.), prendre à g., et iniuiédiatcmeut après, de nouveau plusieurs fois à g., toujours en suivant le chemin principal. Oelui-ci se rétrécit près d'une ferme (10 min.) et ne forme plus qu'un étroit sentier qui monte rapidement, en longeant de vieux murs, juscju'à un bâtiment blanc (8 min.) avec ure cour où l'on passe par une porte à g. Puis on gagne la hauteur en 10 min. par un chemin creux très étroit et l'on rejoint la route carrossable mentionnée ci-dessus qu'on suit à dr. Bientôt après, à g., la, villa Sarno («proprietà domaniale») dominée par les ruines de la maison de campagne des princes Oariafi sur le sommet du rocher trachytique dit mont Olibano (p. 109). De la route, beau coup d'ceil en arrière sur les îles de Nisida et de Gaprée, ot immédiatement après (10 miu.) ou est au couvent de S. Gennaro (p. 112), où l'on a aussi une vue magnifique sur Pouzzolos et son golfe, le cap Misène et Ischia. En continuant par la route carrossable, on est en 5 min. à l'entrée de la Solfatare (p. 111) à dr. et en 20 min., à Pouzzolos (p. 109).

La route ([ui continue de longer lo bord occid. du lac d'Agnano atteint en 20 à 25 min. lo parc royal d'Astroni, qui occupe le plus grand des anciens cratères des environs. ("est un centre d'éruption caractéristique de plus de 1 lieue de tour et tapissé aujourd'hui de chênes verts et de peupliers. 11 renferme au S. un petit lac, et au milieu une éminence composée de lave trachytique. On peut aller en voiture jusqu'au bord du cratère, et de là à g. remonter l'ancienne route jusqu'à la grande porte; cependant le parc est actuellement formé au public.

Bientôt après la halte d'Agnano, la route et la voie ferrée atteignent la côte. A g. se montre l'île de Nisida (p. 103).

Bagnoli (rest. Crisciotti, sur la place), petite station balnéaire aux eaux thermales, en partie salines et carbonatées, eu partie sul- Cureuses et ferrugineuses, a ((uantité d'établissements de bains et d'hôtels, très fré(|nentés en été par les Napolitains. Le chemin de fer a ici deux stat. : Jiai/noli et Terme. Pour les bains de mer (de

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Côté de l'ouest. POUZZOLES. I ff- 5. 109

juillet à oct.), V. p. 32. Vers le S., le long de la plage, grandes usines métallurgiques (Ilva, p. 39) et autres. — De Bagnoli à Naplcs par la strada Nuova di Posilipo, v. p. 104-101.

La route et le chemin de fer longent ensuite la côte jusqu'à Pouzzoles (4 kil.). Dans les collines de tnf volcanique voisines de la mer, que le chemin de fer traverse par deux petits tunnels et un grand, on remarque une coulée de lave trachytique isolée, le mont Olibano (167 m.; v. p. 108) très escarpé du côté de la mer, riche en carrières de ijierre (petriere) où travaillent des galériens. Le tramw. et le chemin de fer ont tous deux une halte à Cappuccini (v. p. 107), en deçà de la ville à l'E., non loin de l'anc. couvent de capucins qu'on voit dans la mer, et débouchent, par de petits tunnels, le premier sur une petite place du corso Vittorio Emanuele, le second à la gare au N. de la yille.

Pouzzoles (Pozzuoli). — Restauu., v. p. 107. Le Bistor. G. Polisauo (pi. a), au bord de la mer, le Rist. dei C'njipnccini (pi. 1)), en pleine mer, tous doux à l'entrée de la ville, côté E., et le Rist. Vittoria, au théâtre, près de la gare du chem. de fer, sont les seuls dont les étrangers puissent tenir compte.

Tarif des voitures (billets du service cumulatif, v. p. 107). — Course en ville et à l'amphithéâtre, à 1 chev. 50 c, à 2 chev. 1 fr. ; à la Solfatare ou au lac Lucrin, 1 fr. 25 et 2 fr. 50 (avec '/4 d'h. d'arrêt et retour, 1 fois '/a autant); à Baies, 1 fr. 50 et 2 fr. 50; à Torregaveta, 1 fr. 50 et 3 f r. ; à Misène, 3 et 5 fr. (ail. et ret., 4 f r. 50 et 7 fr. 50). — V' heure: à 1 chev. 1 fr. 50, à 2 chev. 2 fr., chaque heure en sus 1 fr. et 1 fr. 60; une journée, 7 et 12 fr. ; une matinée ou un après-midi 4 et 7 f r.

Guide (v. p. 107; faire prix!), pour une promenade dans la ville, la visite de l'amphithéâtre et le temple de Sérapis, 1 fr. ; si l'on y ajoute la Solfatare, 1 fr. 50. — Les «antiquités» offertes aux visiteurs sont imitées pour la plupart ; on en trouve de véritables chez De Oriscio, villa Igea, sur la route de la Solfatare.

On descend de préférence aux stations du chemin de fer ou du tramway à l'E. de la ville (v. ci-dessus) et l'on suit la grande route, puis la via Carlo Rosini (v. p. 111) jusqu'à la place devant l'église de la Deipara. Là, on monte tout droit à la Solfatare, puis]on va à l'amphithéâtre et au temple do Sérapis (p. 113; 1 h. ^/^ à 2 h., y compris les arrêts). — Si l'on ne quitte le chemin de fer (Perrovia Cumana) qu'à la gare de Pouzzoles au N. de la ville (v. ci-dessus), on visite d'abord le temi^le de Sérapis (v. p. 113), puis on revient par la ruelle de Sérapis, pour traverser la voie ferrée, prendre à dr., croiser la grande route qui monte et continuer tout droit, prendre au bout de 120 pas à g., en face de la passerelle qui franchit la voie, la route pavée dite «strada Mandra», jusqu'à l'extrémité N.-O. de la via Carlo Rosini (p. 111), et enfin à g. la «via dell' Antiteatro», jusqu'à Vamphithéâtre, à 10-12 min. du temple de Sérapis. On peut encore, une fois sur la grande route, la remonter à g. jusqu'à l'octroi («ufïizio daziario»), puis tourner à angle aigu à dr. dans le haut pour gagner l'amphithéâtre, ce qui prend 25 min. à partir du temple. Ensuite on va, comme il est dit p. 111, en passant à la Deipara, à la Solfatare (1 h. aller et retour), et on redescend à l'extrémité E. de la ville, où sont les stations du ch. de fer et du tramway (v. ci-dessus). Ce tour demande aussi en tout env. 2 h.

Pouzzoles est une ville calme de 17 017 hab., au pied et sur le versant d'une éminence (36 m.) tuiîère, en saillie au bord du golfe du même nom, qui est une partie du golfe de Naples. Fondée au vi^ s. par les Grecs qui lui donnèrent le nom de Dikiearchia, tom-

110 I.Ha. POUZZOIiKS. Environs fie mplea.

bi-e au pouvoir de Home A la suite de la seconde guerre punique, elle fut élevée au rang de colonie en li»4 av. J.-C, et son nom l'ut changé en celui de Piiteoli. Ce fut dans l'antiquité la ville commerciale la plus florissante de l'Italie, surtout par ses relations avec l'Egypte et l'Orient, ce (|ui explique comment les cultes de ces pays y furent particulièrement adoptés. St Paul, allant à llomc l'an ()2 de notre ère, y resta sept jours (Actes des Ap., 28, 13-14). Quelques ruines dans le voisinage sont maintenant les senls témoins de l'ancienne grandeur de la ville. — La pouzzolane, terre volcanique d'uiu; couleur gris brun, a cmi)runté son nom à la ville; on la retrouve dans toute; la contrée en couches de plusieurs mètres d'épaisseur ((ui recouvrent les hauteurs et les flancs des collines tutières jaunes. Elle sert à faire un mortier indestructible et est exploitée en grand à Baies et à Bacoli, d'où on l'expédie au loin.

De la station du ch. de fer ou de celle du tramway à l'E. de la ville (v. p. 100), on suit à l'O. la grande route, qui tourne brusquement à dr. au bout de 4 min., et on passe devant le tunnel qui conduit sous la route au corso Vittorio Emanuele (v. p. 111); 150 pas plus loin, on tourne brusquement & g. pour prendre, non pas la rue intérieure qui mène au N. à la via Carlo Rosini (v. p. 111), mais la rue du milieu pour suivre aussitôt après la rue qui s'en détache à g. et débouche au bout de 200 pas à la mazza i>kl Miinicipio, on est la Pretnra, l'anc. hôtel de ville. En continuant de là par la strada del Duomo et la seconde rue à g. (str. Bocche fredde), on arrive à >S^. Procido, la cathédrale (Duomo), construite sur les fondements d'un temple d'Auguste érigé par L. Calpurnius, dont on voit encore six colonnes corinthiennes au N.-E. Elle renferme les reliques de St Proculus et le tombeau de Jean-Baptiste Pergolèse, le compositeur du Stabat Mater (1710-173(5).

A l'O. de la cathédrale, on parvient au port, où sont emmurés dans le môle moderne les restes d'une digue romaine.

Dans l'antiquité, on l'appelait moles Puteolanx ou opus pilarum; contrairement à la construction massive des brise-lames modernes, elle se composait de 25 piliers en briques, maçonnés avec de la terre de Pouzzoles et reliés entre eux par des arches. Détruite par une tempête dans les dernières années du règne d'Adrien, elle a été restaurée par Antonin le Pieux, en l'an 139. Le nom do ponte di Valigola rappelle le fait que C!aligula utilisa le môle pour jeter sur le golfe de Baies un pont flottant où il passa en triomphe, à l'occasion de victoires imaginaires. Par suite de l'affaissement du sol, les anneaux qui servaient à attacher les bateaux se trouvent maintenant à 2 m. au-dessous du niveau de la mer, tandis que les trous percés dans le pilier extérieur par le lithodomus (p. 113) dépassent de 3 m. 50 la surface de l'eau. — Il existe encore sous l'oau au S., devant la partie moderne de la ville et jusqu'à l'île des Capucins, des restes de trois bassins rectangulaires de l'anc. port romain.

Au N.-E. du port se trouve la grande place, dite piazza Vittokim Emanuelk; on y voit la statue d'un sénateur romain portant le nom de Q. Flavius Mavortius Lulliamt^ (la tête est rapportée, mais antique) et celle de l'évèque Lean y Ccirdenas, vice-roi de Sicile

Côté de Vomat. POTJZZOLES. /. -R. 5. m

sous Philippe III. — De là part à l'E. le corso Vittorio Einannele (pour l'entrée de la ville du côté de la grande route, v. p. 110). Au S., une petite place avec la station terminus du tramway. Au N., la via Cavour conduit à la piazza Mal,va {jardin public, avec le Teatro Sacchini) et à la gare du chem. de fer. En longeant la voie ferrée pendant 3 min., puis en tournant à g. dans la ruelle de Sérapis bordée de murs de jardins, on va au temple de Sérapis (p. 113).

La plupart des voyageurs laisseront de côté les curiosités qui précèdent et suivront la route intérieure (v. p. 110), qui tourne brusquement à dr. au bout de (ÎO pas et prend le nom de via Carlo RosiNi. 5 min. plus loin, au delà du Miini<Àpio (à g.), la viaC. Kosini s'élargit pour former une longue place bornée à l'E. (à dr.) par l'église de la Deipara et V Orfanotrofio C. Rosini, orphelinat de filles. Là, on prendra à g. pour aller à l'amphithéâtre (p. 112) et tout droit, en passant juste devant l'église, pour se rendre en 15 à 20 min. à la Solfatare par une route très commode. A l'entrée de la Solfatare, on paye 1 fr. par pers. (!); aux guides qui s'y pressent (non obligatoires; faire prix!) on donnera 30 à 50 c. par pers., 1 fr. pour une société. Un bon chemin mène en 8 min. à la «Bocca grande».

La Solfatare (98 m.), cratère d'un volcan à demi éteint, est un bassin ovale entouré de collines de tuf blanchi par la désagrégation de la roche, dont les fentes, appelées fumaroli et nombreuses surtout sur le bord S.-E., laissent continuellement échapper des vapenrs chaudes et sulfureuses. Celles-ci déposent des croûtes de soufre et déterminent la formation d'une masse terreuse et caillouteuse appelée «bianchetto», bonne pour le crépissage et la fabrication du stuc, et d'une argile sulfatée dont on extrayait de l'alun. — Le chemin qui, à l'intérieur, fait le tour du cratère passe d'abord à dr. près d'un puits [Pozzo; à g.) de 10 m. 80 de profondeur, au fond duquel se trouve de l'eau chaude, et mène ensuite à un foyer de fumerolles (Piccola Solfatara) au milieu duquel, au pied de la paroi S., s'est ouverte en 1904 une nouvelle bouche de vapeur (Nuova Fumarola) de grande dimension. A 112 m. de là, dans l'angle S.-E. derrière un pavillon hexagone, se trouve la fumerolle principale ou Bocca (grande) délia Solfatara, du fond de laquelle se dégagent des vapeurs d'une température d'env. 153° C; celle des petites fumerolles est d'env. 98°. Il est curieux qu'ici, comme dans les petites fumerolles environnantes, les vapeurs augmentent, quand on jette du papier allumé ou un flambeau dans le jet d'une des deux grandes. Vers le N.-O. s'étend la partie la plus basse du sol de la Solfatare, qui est dénudée, et fut probablement, jusque dans le xvni» s., recouverte d'un lac d'eau chaude et boueuse. Il s'y est creusé à diverses reprises (1874, 1898, 1907) des dépressions en forme d'entonnoir, remplies de boues chaudes. A 200 m. au N. de la Bocca grande, on remarque au pied de la paroi E. un groupe

112 in. 5. rOUZZOLES. Ënviruns de Na2)les.

i\v. rimierolUis dit Stnfey qui su trouve en iiartie dans une caverne artiliciellc, i)uis un autre à la Pietra spaccata; ils sont en communication avec les IHsciareUi, autre groupe dont les vapeurs s'échappent à l'extérieur sur le versant N.-E. de la Solfatare. Le sol de la Solfatare rend un son creux, par suite de son peu de cohésion. Les anciens (Strabon) appelaient ce cratère Forum Vnloani et le croyaient en communication avec le cratère d'ischia, mais nous ne connaissons qu'une éruption, en 1198. La Solfatare est donc probablement dans le même état d'activité (phase solfatarienne) depuis iiOOO ans et a toujours été indépendante du Vésuve. — Le versant orient, de la colline de la Solfatare portait dans l'antiquité le nom de Colles Leucogei à cause de sa terre blanche qu'on employait à blanchir le gruau.

La louto do voit, sur laquelle débouche k g., IB min. plus loin, le diemin du lac d'Agnano dcciit p. 108, mène de la Solfatare à Agnano. Pour jouir do la vue, on la suivra jusqu'au-dessus du couvent de capucins do S. Gonnaro (O min.), bâti, dit-on, eu 1580, îi l'endroit où St Janvier fut décapité l'an 305.

On retourne à la Deipara (p. 111) et l'on suit la via Oarlo Rosini au N.-O. jusqu'à la bifurcation, où l'on prend à dr. le chemin de l'amphithéâtre (3 min.).

L'amphithéâtre (entrée 1 fr., gratuite le dim.), la mieux conservée et la plus intéressante des ruines de Pouzzoles, est établi sur trois rangées d'arcades, qu'entourait un portique extérieur. Les deux entrées principales étaient décorées d'une triple colonnade. Le grand diamètre de l'édifice mesure 147 m. et le petit 117 m., l'arène 72 m. sur 42 m. A l'intérieur s'élevaient quatre séries de gradins. La place de l'empereur était décorée de colonnes corinthiennes en marbre noir. Lors du déblayement de l'arène en 1838, on a découvert quantité de galeries et de pièces souterraines pour les bêtes fauves. Il s'y trouve des entrées pour les gladiateurs. Les ouvertures qui donnent dans l'arène servaient à l'aération ainsi qu'à faire sortir les bêtes. Un aqueduc permettait d'inonder l'arène pour les naumachies; le canal d'évacuation est dans la galerie principale. Sous Dioclétien, St Janvier et ses comjiagnons furent ici inutilement exposés aux bêtes, comme le rapporte une inscription sur la chapelle (au N.) qui lui est consacrée; ils furent ensuite mis à mort près de la Solfatare (v. ci-dessus).

De l'amphithéâtre, il y a deux chemins pour aller au temple de Sérapis: ou bien l'on retourne à la bifurcation mentionnée ci-dessus d'où l'on descend, immédiatement à dr., la strada ilandra, rue pavée ajipelée ofliciellement via Pictro Ragnisco, puis on prend à dr. un peu en degà de son extrémité et on traverse la grande route (v. cidessous); ou bien, au sortir de l'amphithéâtre, on continue à dr. (belle vue sur le golfe) jusqu'à l'octroi («ufhzio da/iario»; 10 min.), et on tourne à g. pour descendre la grande route jusqu'à l'endroit où aboutit, à g. (8 min.), la strada Mandra déjà mentionnée. Là, on

Côté de Uouest. POUZZOLES. I- R- 5. 113

prend à dr. et 4 min. après on traverse à g. la voie ferrée pour suivre la ruelle de Sérapis et arriver à l'entrée du «Tempio di Serapide».

Le prétendu teraple de Sérapis ou Sérapeum (pourb. 40 à 50 c), auc. marché couvert (« niacelluni ») semblable à celui de Pompéi (v. p. 149), ou établissement de bains, comme le feraient croire les sources thermales voisines, était une cour quadrangulairc, entourée de 48 grandes colonnes de marbre et de granit, sur laquelle donnaient 36 petites salles. Le vestibule avait six colonnes corinthiennes, supportant jadis une riche frise; trois d'entre elles sont encore debout. Au milieu de la cour s'élevait un édifice circulaire, avec un péristyle de 16 colonnes corinthiennes en jaune antique, qui ont été employées au théâtre du château de Caserte (p. 11), de sorte qu'on n'en voit plus ici que les socles. Quatre marches y donnaient accès. Les ruines ont été déblayées vers 1750, mais il a fallu, à cause des exhalaisons pernicieuses, combler les fouilles dans les parties inférieures, qui sont maintenant au-dessous du niveau de la mer. Le milieu des colonnes, revêtues depuis 1905 de marques indiquant la hauteur de 1 m. 86 au-dessus du niveau de la mer, a été attaqué par un mollusque dit «lithodomus lithophagus», dont l'espèce existe encore dans la Méditerranée. Les trous commençant seulement à 3 m. 60 au-dessus du sol et s'élevant jusqu'à 5 ni. 70, on en a conclu que l'édifice a dû être enseveli dans l'antiquité par une éruption (non pas sans doute de la Solfatare) jusqu'à la hauteur de 3 m. 60 et qu'ensuite toute la contrée se serait affaissée dans la mer jusqu'à 5 m. 70 de profondeur, pour se relever probablement dans le cours du demi-siècle qui a précédé l'apparition du Monte Nuovo en 1538 (p. 114). Une supposition moins vraisemblable explique ces trous par le fait qu'il y aurait eu là un réservoir à poissons pour le marché (v. ci-dessus).

Les restes de thermes situés à l'E. derrière le Bagno Pénale et qu'on désigne sous le nom de temple de Neptune, ainsi que le noyau de brique des murs d'un temple que l'on voit encore au S.-E. de celui-ci, ne présentent rien de particulier. Il en est de même des nombreux murs romains éparpillés dans les vignes et les jardins, tels que les restes d'un cirque à l'O. de l'Aununziata; ceux d'un théâtre à l'E. de l'amphithéâtre, au-delà de la rue de la Solfatare; ceux d'un arc de triomphe et de galeries qu'on voit dans la mer en face du rivage à l'O. du Sérapeum; ceux de grands réservoirs au S. et à l'E. de l'amphithéâtre, dont le plus grand, la Piscimi Cardito, à 5 min. à l'E. de la Dcipara (v. le pi.), a une voûte reposant sur trois rangées de 10 piliers et sert encore aujourd'hui. — Les tombeaux romains qui se trouvent sur les anciennes voies, la via Puteola)ia, conduisant à Naplcs, et la via Qumatia, allant à Cumes, ne sont aussi pour la plupart que des ruines informes; les mieux conservés sont sur la via Canipatia, qui mène à Capoue, en se détachant à dr. de la rue qui continue au N.-O. au delà de l'amphithéâtre.

La LIGNE DE CuMES longc, an delà de Pouzzolcs, le Stabilimento Armstrong (2000 ouvriers), établissement national pour la fabrication des canons etc., anc. succursale de la fonderie de Newcastle, en Angleterre. Belle vue à g., en arrière, sur Pouzzoles.

Baedeker. Italie méridionale. 15» éd. »

114 /. R. 6. LAC AVERNE. Environs de Naplea.

C'est dans cotte réçioii une se trouvait prubablemout le Puteolanuiu (le Cicéiou, (jui appaitnit plus tard it Adrieu. (Jet empereur, mort en IMS apr. J.-(!. à Haies, lut provisoirement inhumé dans cette villa, où Antiiniu le l'ieux. lit construire un temple.

A 2 kil. (le Pouzzoles, la stat. à'Arco Felice, à la bifurcation «l'une route qui mène à l'Arco Fflice (,'î kil.; p. 120) t!t ;\ Cumes (p. 11l>). La voie passe au piod «lu Monte Nuovo {VM m.), cône volcanique (pii doit son origine au trembleiiu^nt de terre du 30 sept. 1538. Composé de tufs et de concrétions de scories, il a au milieu un cratère éteint très profond. On en fait l'ascension en 10 min. (l'entrée est à mi-ehemin entre les deux stations; 25 c.) aussi bien à cause du ])anorania intéressant dont on jouit au sommet, que de la descente (G min.) au fond du cratère (15 ni. d'alt.).

A 4 kil. de Pouzzoles, la stat. de Lago Litcrino, à l'extrémité E. du petit lac Lucrin, séparé de la mer par une bande de terre. Il y avait là dans raiiti([uité une digue, encore reconnaissable sous l'eau, la rto, Ilercideu, (jui, selon la fable, servit :\ Hercule lorsqu'il emmena les bœufs de Géryon à travers les marais. Le lac était célèbre chez les Romains par ses huîtres; il en fournit encore aujourd'hui, ainsi qu'un poisson fort apprécié à Naples, la «spigola», ((ue connaissaient aussi les Romains.

Près de la gare, le reM. Suisse (anc. hôt. de Russie ; médiocre et parfois fermé). — Sur l'emplacement qu'occupe le Monte Nuovo (v. ei-dessns) se trouvait jusqu'en 1538 le village de Tripergolu. C'est probablement dans la même contrée qu'était situé le Cumanum de Cicéron, propriété rurale où l'illustre orateur commença à écrire, eu 54 av. J.-U., son ouvrage ^<de re publica».

A 10 min. au N. du lac Lucrin, est situé le célèbre lac Averne (0 m. 40 d'alt.), de trois côtés entre des collines plantées de châtaigniers, d'orangers et de vignes. Cet anc. cratère rem}di d'eau, maintenant entouré d'une bordure de pierre, a 3 kil. de circuit et une profondeur de 34 m. 50. La sévérité de son site le fit considérer par les anciens comme l'entrée des enfers. On racontait qu'aucun oiseau ne pouvait passer au-dessus sans périr, à cause de ses exhalaisons méphitiques, et on plaçait dans les gorges des environs la patrie des malheureux Cimmériens, toujours privés de soleil, dont nous parle Homère (Odyssée, xi, 14 et suiv.). C'est aussi par une des grottes de l' Averne que Virgile fait descendre Enée aux enfers, sous la conduite de la Sibylle (Enéide, vi, 237). Auguste parvint enfin à dissiper la terreur répandue sur cette contrée en réunissant le lac Averne au lac Lucrin et en créant un j)ort militaire A\i portus Julins, dont il confia la construction à son général Agrippa. Virgile et Horace vantent ce port comme une merveille, mais il s'ensabla rapidement et fut remplacé par celui de Alisène (p. 117). Le soulèvement du Monte Nuovo (v. ci-dessus) détruisit tout, combla la moitié du lac Lucrin et changea complètement la forme du pays. Le Monte Nuovo, le lac Averne et le Monte Grillo sont trois

Côté de Vouest. BAIES. I- R- 5. 115

cratères communiquant ensemble, enchâssés en partie les uns dans les autres et formés sur une seule fissure.

Au S. du lac Averne, on remarque des grottes et des galeries pratiquées dans le tuf, qui ont probablement fait partie des constructions du port Julien. L'une d'elles, à quelques centaines de pas à g. de l'endroit où aboutit le chemin venant du lac Lucriu, s'appelle grotte de la Sibylle ou d' Averne. Il y a peu de chose à voir, malgré le prix élevé qu'on réclame à l'entrée (50 c. pour une pers., 1 fr. pour plusieurs; porteur, 1 f r. ; torche, 50 c.; faire i»rix!). On pénètre par une arcade rocheuse à demi murée dans une galerie humide, longue d'une centaine de mètres, taillée dans le roc et pourvue de soupiraux perpendiculaires. A peu près à mi-chemin entre les deux lacs, une galerie étroite conduit à dr. à deux petites chambres. Le pavé en mosaïque de l'une d'elles est couvert d'un pied d'eau tiède, qui prend sa source dans le voisinage; les guides l'appellent la «porte des enfers» et le «bain de la Sibylle».

Au N.-O. du lac est une autre grotte, la Grotta délia Pace (p. 120). — A l'E., curieuses ruines de grands bains, appelées temple d' Apollon.

Le CHEMIN DE FER lougc la routc sur la bande de terre entre le lac Lucriu et la mer, et traverse l'extrémité de laPunta delVEpita^o, que contourne la route. Avant le tunnel, à dr., les bains de Néron ou Stufe di Tritola, galerie longue et étroite, au bout de laquelle jaillissent quelques sources d'eaux thermales. Toute la montagne est couverte de ruines de vieux murs, de galeries, de pavements en mosaïque, etc. Au delà d'un second tunnel, plus petit, on voit à dr. le prétendu temple de Diane (p. 116); à g., à 5 kil. de Pouzzoles, la gare de Baies. — Suite du chemin de fer, v. p. 118.

Saies (Baia). — Restaurant (v. p. 107), où l'on ne saurait coucher: Vittoria, près de la gare.

Voitures à 1 chev., pour 3 pers., à la gare (billets du service cumulatif, V. p. 107): pour Misène et le lac de Fusaro, avec arrêts à la Piscina Mirabilis et au cap Misène, où l'on monte à pied, env. (i fr., en faisant prix. — A pied, le trajet demande env. 0 h., aller et retour. Guide inutile.

Barques pour Pouzzoles, env. 2 fr. pour 3 ou 4 pers.; pour Bacoli et Misène, même prix, aller et retour, 3 à 4 f r. ; faire prix!

Baies, Baise chez les anciens, petit village sur une jolie baie, n'a pris un peu d'importance que dans ces derniers temps. C'était la station balnéaire la plus célèbre et la plus brillante de l'antiquité, à la fin de la République et sous l'Empire, mentionnée souvent du temps de Cicéron, d'Auguste, de Néron et d'Adrien: «Rien au monde n'égale les charmes du golfe de Baies», s'écrie, dans Horace (Epîtr., I, 83), un riche Romain qui veut s'y construire une magnifique maison de campagne. Mais la dissolution et la débauche en rendirent le séjour malfamé et compromettant. Baies déclina rapidement à la chute de l'empire romain, fut ravagée par les Sarrasins au viir"- s., et complètement abandonnée par ses habitants, en 1500, à cause de la malaria.

Il ne reste plus que des ruines des établissements de bains et des villas grandioses des Romains, dont les fondements s'étendaient souvent au loin dans la mer, et auxquelles on a donné de nos jours des noms pompeux de temples. Il y a surtout trois grandes constructions qui appartenaient à des bains.

116 I. E. 6. BAIES. Environs de Naples.

C'est d'abord le \}vkie\\àvite^nple de Diane, qui s'élève dans une vi;j;iie près de la f^are, do l'autre côté de la voie. On voit parfaitement du quai cette énorme construction octojfonc, ronde à l'intérieur, avec une coupole à demi conservée et quatre niclies sur les côtés, restes d'un aqueduc.

Au sortir de la gare, on tourne :\ dr. et on arrive, 120 pas plus loin, à dr., à l'entrée de la vigne où se trouve le prétendu temple de Mercure, grand bâtiment circulaire dont la voûte est ouverte au milieu et qui a aussi quatre niches dans les murs. C'était évidemment encore un établissement de bains au(|uel les paysans donnent le nom de Tntglio (l'auge). 11 y a un curieu.v écho (pourb., 30 c; aux danseuses qui offrent aux étrangers la jouissance très problématique d'une tarantelle, 50 c, une société 1 fr.).

Une centaine de pas plus loin, à g., le temple de Vénus, édifice octogone jadis voûté, des premiers temps de l'Empire, rond à. l'intérieur et mesurant 25 pas de diamètre. Il est entouré de pièces en ruines, avec fenêtres et escaliers, et ressemble assez à la Minerva Medica de Rome. Le passage à travers ces ruines est public.

La routk contourne le golfe, en passant devant quelques villas modernes, puis monte, en longeant quelques colombaires, au château de Baies, construit au xvi« s. par don Pierre de Tolède et maintenant loué à des particuliers.

A 3 kil. de Baies, Bacoli, village construit dans les ruines d'une villa antique, a aussi des restes antiques qu'on renoncera à voir, si l'on a peu de temps (en exceptant toutefois la Piscina Mirabilis ; V. ci-dessous).

Sur remplaoeraeut occupé par Bacoli ou, d'après une autre version, sur le littoral entre le lac Lucrin et la Punta deil' Epitaffio (v. p. 114, 115) se trouvait dans l'antiquité B<tiili, localité rendue célèbre par la villa de l'orateur Hortensias qui y élevait des murènes dont il était grand amateur; elle fut aussi le théâtre d'un assassinat tramé en l'an 59 contre l'impératrice Agrippine, sur l'ordre de son tils Néron.

Au N. de ce village, sur la côte, le prétendu tombeau d'Agrippine (Sepolcro iVAi/rippina), galerie en hémicycle et voûtée, avec bas-reliefs et peintures, qui n'est autre chose que le reste d'un petit théâtre. Sur une langue de terre, à l'E. du village, des ruines appelées C'ento C'ameretle, C'arcerl di Nerone ou Labyrinthe, construction à deux étages, dont le supérieur était sans aucun doute un réservoir, tandis qu'on ne sait à quoi servait l'étage inférieur. L'entrée actuelle est moderne. Ou les visite avec des torclies; la vue seule est intéressante (pourb., 50 e.). Tout autour, sur la colline, les restes de la villa antique dont dépendait cette construction.

Sur la hauteur au S. de Bacoli, à 10 min. de l'entrée du village, est située la Piscina Mirabilis.

Guide inutile. On peut quitter la route près de l'wuflizio daziario^> (octroi) et suivre au S. la longue rue du village, ou bien, ee qui vaut mieux, rester sur la route jusqu'à la bifurcation mentionnée }). 117, puis, 50 pas plus loin, prendre le sentier qui monte à g. du eheuiiu du cap Misèno et tourner à dr. dans le haut. La clef est à la villa Greeo, badigeonnée en jaune, dans le voisinage; ;!0 c.

La piscine, réservoir parfaitement conservé de 71 m. de long et

Côté de l'ouest. CAP MISÈNE. I- R- 5. 117

27 m. de large, avec voûte reposant snr 48 forts piliers, est le dernier tronçon de l'antique conduite de Serino. — 7 min. pins loin dans la même direction (S.), sur la hauteur, on découvre, du toit d'une maison de paysan (bon vin), une *vue magnifique, moins belle, il est vrai, que celle du cap Misène, mais qui en donne du moins une idée.

Non loin de Bacoli, à 5 min. au delà de l'octroi, la route se bifurque, cà dr. sur Miniscola et l'embarcadère de Procida (15 min.; p. 118), à g. sur Misène. Les deux chemins longent le Mare Morto, bassin peu profond faisant jadis partie de l'ancien port de Misène, dont on l'a séparé de nos jours par une digue sur laquelle passe la route. Les deux bassins ne conimimiqucnt plus aujourd'hui que par un petit canal traversé par un pont.

L'immense port miutaike, construit ici du temps d'Auguste, sous la direction d'Agrippa, on même temps qu'on travaillait aux lacs Averne et Lucrin (p. 114), et destiné à servir d'abri à la flotte romaine de ce côté, comme celui de Ravenue du côté de l'Adriatique, se composait de trois bassins, deux extérieurs, de chaque côté de la langue de terre nommée il Forno ou Piinta di SarpareUa, et un intérieur, le Mare Morto actuel. On avait creusé un double passage au travcr.s de l'étroite langue nommée Punta di PeniMta, à l'extrémité N.-E. du port de Misène. Il y avait aussi deux rangées de huit pilastres chacune qui servaient de brise-lames; trois d'entre eux sont encore visibles à 3 m. sous l'eau devant la pointe de terre au S.-O., en face de la Punta. Des ruines importantes, de destination inconnue, entourent ce port. La ville de lïisène, détruite par les Sarrasins en l'an 890, était probablement au S.-O. du port actuel du même nom. Restes insignifiants d'un théâtre, près du Forno (v. ci-dessus). Quelques ruines sur les hauteurs sont celles de constructions qui faisaient peut-être partie de la célèbre villa de Luculhis, plus tard propriété do Tibère, qui y mourut, et de Néron. La Gratta Dragonara, pièce souterraine à ro. du promontoire, avec une voûte reposant sur douze piliers, a été, dit-on, un magasin pour la flotte ou un réservoir d'eau.

A partir du pont mentionné ci-dessus, à 5 min. de la bifurcation, on passe près des bâtiments blancs d'une anc. poudrière pour arriver en 12 min. au village de Miseno, au pied du cap, où l'on quitte la route. L'ascension du cap, assez fatigante pour les dames, demande 1 h. à 1 h. ^4 aller et retour. Au besoin, le premier gamin venu peut servir de guide (40 à 50 c. ; «in coppa» signifie au sommet). On monte à dr. an delà de l'église du village, en suivant le chemin principal dans la direction d'une ferme; puis, immédiatement avant d'y arriver, on prend à dr., puis à g., à la bifurcation du chemin, pour monter ensuite à travers les vignes par des sentiers escarpés.

Le cap Misène, cratère qui s'élève de la mer et dont il n'est resté qu'un segment, a été relié à la terre ferme, peut-être à l'époque romaine, par la langue de terre dite Spiaggia di Miniscola (v. p. 118). C'est à. sa conformation singulière qu'est due la croyance qui en faisait un tumulus. Virgile y place le tombeau de Misenus, trompette d'Enée, lorsqu'il dit (En. vi, 232):

At plus .35neas ingenti mole sepulcrum imponit, suaque arma viro remumque tubamque monte sub aereo, qui nunc Misenus ab illo dicitur aeternumque tenet per saecula nomen.

118 r. H 6. LAC DE FTTSARO. Environs de Xf,i)lps.

La *viiK (lu haut du cap (02 ni.), une des plus belles des environs de Naples (pourb., 20 c.), s'étend sur les golfes de Naples et de Gaète et les montagnes (pii les entourent. Ce (ju'il y a de particulier ici, c'est ((u'on se croit an milieu d'un système coinpli(|ué de langues de terre, de détroits, de lacs, de baies et de promontoires. Du côté de la mer, sur le fond du cratère presque entièrement ravagé, s'élève une tour pittoresipie du moyen âge (v. p. 198); une autre a fait place au nouveau phare qui est relié au village par une route [)rati((uée dans le rocher.

Du cap, on retourne à la bifurcation de la route pour suivre celle-ci au N. du Mare Morto. Env. 1 kil. plus loin, nouvelle bifurcation, où l'on prend à dr. pour passer entre le mont, de Promla, massif de tuf couvert de débris de villas antiipies et de vignes (|ui produisent un vin délicieux, et le mont de' Salvaticlii, puis atteindre Torregaveta (."J kil.) et le lac de Eusaro (4 kil.; v. ci-dessous). — Au pied du mont de l'rocida se trouve un embarcadère (sharcatoio) des barques pour l'rocida (p. 117; 1 fr. 50 à 2 fr.).

Le sentier à travers l'étroite bande de terre dite Spiagyia di Miniscola, longue de près de 2 kil., qui s'étend entre le cap Misène et le mont de l'rocida, séparant le Mare Morto de la mer (Cannle di Procida), est interdit par l'autorité militaire. Le nom de Miniscola passe pour une contraction des mots militum schola, champ de manœuvres des soldats de la flotte.

En chemin de fer, il n'y a que 1 kil. de Baies au lac de Eusaro. La voie passe immédiatement sons un petit tunnel. — Le lac de Fusaro, VAcherttsia Palus des anciens, sorte de lagune séparée de la mer par des allnvions de sable et des dunes, servit peut-être de jiort à Cnmcs ;\ une époque reculée de l'antiquité. Près de la gare se trouve le restaurant degli Antichi Romani (faire prix!) et cent pas plus loin l'entrée de VOstriroUitra, dont les huîtres sont renommées; on peut les acheter sur place, cependant le jardin public, jadis très fréquenté, est actuellement fermé. Dans le lac, en face, est un ancien casino, construit par Eerdinand I"^^

Le chemin de fer se termine 1 kil. 5 pins loin, à Torregaveta (deux restaur. de campagne assez bons), au bord de la mer, d'où l'on a un beau coup d'œil sur Ischia. Il y a dans le voisinage des ruines de la villa de Rervilius Vatia, qui s'y retira lors des persécutions de Néron à Rome. Le tunnel antique, percé à travers la roche de tuf, servait d'accès aux constructions qui se trouvaient sur la plage au pied de la colline. — Bateau à vap. pour Procida et Ischia, v. p. 120.

On peut aller du lac de Fusaro k Cnmes, au N., en ^/^ d'h. env., par une route de voitures (|ui passe devant l'Ostricoltura. A env. 3 kil. de la gare de Fusaro et à 120 pas en deçà de la bifurcation d'où part, à dr., le chemin de l'Arco Fclice (p. 120) se trouve, aussi

Côté de Vouest. CUMES. I- R- 5. 119

à dr., dans une vigne, Y amphithéâtre antique de Cnnies, comptant 21 rangs do gradins, couverts de terre et de broussailles. En suivant le chemin de gauche, à pavé antique, et en prenant, au bout d'une cinquantaine de pas, un sentier qui se détache à g. entre les deux premières maisons et devient assez raide vers la fin, on arrive en 15 min. à l'anc. acropole de Cames.

Cumes, en grec Kymé, la plus ancienne des colonies grecques d'Italie, était située près du rivage sur une colline de tuf trachytique s'élevant à 80 m. au milieu de la vaste plaine qui s'étend entre le mont de Procida et l'embouchure du Vultnrne.

Fond(5c, scmble-t-il, dans le cours du vm« h. av. J.-C, par des Euhéeus de Chalcis, Cumes a fondé à son tour Dika'arcliia (Pouzzolcs) et Néapolis, et a exercé la plus grande influence civilisatrice sur la presqu'île. Tous les alphabets italiques dérivent de celui de Cumes; c'est de là que le culte grec se répandit en Italie, et avec lui la civilisation. Rome reçut de Cumes les fameux livres sibyllins, et c'est le lieu où mourut exilé le dernier des Tarquins. Riche et florissante par son commerce, la ville eut à soutenir de grandes luttes avec les peuples voisins, surtout avec les Etrusques. Un épisode de cette guerre est la brillante victoire navale que le roi Hiéron de Syracuse, allié des Cuméens, remporta près de là sur les Etrusques, en 474. Cumes partagea la décadence générale des villes grecques à la fin du v s.; prise d'assaut en 420 par les Samnites, municipc romain en 338, elle déchut sous les empereurs. Relevée par les Goths, elle fut brûlée par les Sarrasins au ix» s. et de nouveau détruite en 1207 par les habitants de Naplcs et d'Aversa, parce qu'elle était devenue un repaire de pirates. — On a commencé en 1910 à y faire des fouilles systématiques.

\i acropole offre une vue superbe sur la mer jusqu'à Gaète et aux îles Ponza, à g. sur le lac de Fusaro, l'île d'Ischia, etc. Il subsiste des restes considérables de sa muraille d'enceinte qui se développait sur une longueur de 1400 m. Ces restes, particulièrement intéressants à l'E. et sur le versant S.-E. où était l'anc. porte et on l'entrée se trouve encore aujourd'hui, permettent de constater que le matériel employé pour la construction consistait en traverses de trachyte de 2 m. de longueur et en pierres de taille de tuf du côté du N. ; de plus, on remarque par places des traces de réparations postérieures. — Le rocher que couronnait la forteresse est percé de galeries et de grottes; une de ces excavations, au S.-E. (à g. du chemin, en descendant à la cabane du vigneron), pourvue de plusieurs ouvertures latérales et de galeries souterraines, paraît correspondre à la description que Virgile fait de la grotte de la Sibylle (En., vi, 43 et suiv.), qui avait cent entrées et cent sorties, «d'où s'échappaient autant de voix, réponses de l'oracle». Les galeries sont pour la plupart éboulées; à l'intérieur, on a trouvé des ustensiles et des armes de l'âge de la pierre. On prétend que l'une de ces galeries conduisait à une large et sombre grotte dans la direction du lac de Fusaro. C'est de tombeaux voisins que proviennent beaucoup d'objets pi'écieux des musées de Naplcs (p. 88), de Paris et de St-Pétersbourg. — Les temples d'Apollon (sur la citadelle à l'E.), de Jupiter (au même endroit au S.?), de Diane, des Géants

120 /. ïie. PROCIDA. Environs de NapJes.

et de Sérapis, d'où des fouilles antôripurea ont tiré des statues et des colonnes, no sont plus rcconnaissables; des vignes et des broussailles en couvrent les ruines insignifiantes.

Au RKTOiTK, OU piciulra lo clicmin iiicntioniit'! p. 118, (|ui inèiie à l'Aroo Folice. Au liout do 5 min., il s'en ilctaclK', à g., un .sentier qui court .sur les traces d'une voie romaine et descend au bout <le linéiques pas à dr. à une calorie souterraine voûtée, appelée la Orotta (iella Voce, du nom de l'iflro délia l'(ici\ pjspap;nol qui l'explora en 1507. C!ette galerie, qu'on peut traver.ser non sans difliiulté, remonte au temps d'Agrippa et formait la voie do communication la plus courte entre Cumes et le lac Avcrnc (p. 114). Elle a env. 1200 pas do long, et des regards l'édairent do distance en distance. Le sol c.st couvert à l'entrée d'une coucho do sable iiu très épaisse et dan.s l'intérieur, de cailloutis. (Jette galerie déboucbe au N.-O. du lac (v. p. 115). On a voulu y voir récemment les restes d'un canal navigable destiné à relier l'cmbouclinro du Tibre au lac Averne et dont la construction fut entreprise sous Néron en l'an M ajir. J.-C.

L'Arco Felice, sous lo(|uel le cliemin passe 5 min. plus loin, en suivant eu partie le pavé antique, est une énorme construction en briques, baute de près do 20 m. et large do (j m., au-dessus d'une profonde tranchée, où Domitieu lit passer une route menant directement de Cumes à Pouzzoles. — Le cbemin aboutit 9 min. plus loin à une route par où l'on descend en ;!0 à ;î5 min. à la stat. d'Arco Felice (p. 114), en suivant dans le baut le bord oriental du cratère du lac Averne.

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