Le Vésuve
L'excursion au Vésuve se fait autant que possible par un temps clair. Elle peut s'effectuer de deux manières: ou bien par Pugliano, en utilisant comme le font la plupart des touristes, les moyens de transport de l'agence Cook, les seuls recommandables en compagnie de dames; ou bien encore par Boscotrecase, partie en voiture, partie à cheval et même à pied pendant la dernière V2 h. Pour des personnes robustes, la course n'exige pas d'efforts extraordinaires, mais ne saurait être recommandée que si l'on est quelque peu familiarisé avec les gens de la contrée.
L'agence anglaise de voyages Thomas Cook & Son (p. 37), qui maintient l'ordre dans des conditions difficiles, en présence d'une population habituée de tout temps à exploiter les étrangers, offre au voyageur pour la somme de 23 fr. 50: 1° le transport de Naples à Pugliaiio ou bien par la ligne élcctr. Circumvesuviana (v. ci- dessus; Vs ''•), o\i encore en voit, à partir du bureau de l'agence (Ih. '/a); 2° de Pugliano par le chem. de fer Cook du Vésuve jusqu'au cône de cendres (8 kil. en ^/4d'h.; départ 'outes les .35 min., si besoin est, à partir de 8 h. 20 du m.); la station de départ est depuis 1912 juste au N. de celle du chem. de fer local; 30 du cône de cendres au bord du cratère par le funiculaire; i" retour à Naples par les mêmes voies. Au prix ci -dessus, il faut
132 I. R.H. LK VÉSIIVK. Environs de Naples.
ajouter pour le guide autuiisû par la communu do KeHÏua uno taxe do 2 fr. 50 par pcrs. à ])ayer au oord du cratère à la personne qualifiée. Tj'pxcur.sion, h jiartir do la paro du cheni. do fer local à Naples, et y coiiii)ris -Vj d'il, d'arrot au Ixird du cratère, doniando 4 h. '/^ (un peu plus si l'on va on voiture jusqu'à Pujîliano); de plus, il faut compter 1 li. '/4 pour l'arrêt ([u'ou a l'Iialiitude de faire vers midi à l'Eremo (p. 137). — Il est bon de i)ri'n(lre sou billet la veille, au bureau; en le prenant le jour même (de bonne heure!), on a, il est vrai, la chance do ne pas se voir désappointé par le mauvais temps, mais on n'est pas sûr de trouver une place dans un des premiers trains, sans compter que les billets pris à l'hôtel doivent être numérotés aux bureaux de Cook avant de aonner droit i\ la course. — Pour la montée par Résina autrement que par les lignes Cook, v. p. 138, 13ii.
L'ascension à cheval demande â à (i h. aller et retour, à partir de Boscotrecase; elle est naturellement de lieaucoup plus fatigante (v. p. 139), mais le chemin est sans difficulté pour les personnes robustes, surtout on société: en voiture jusqu'à Casa Bianca, 1 h.; ;\ cheval 1 h. V2 (o" 2 h. '/a en partant de Boscotrecase); montée à pied, '/i h-; 'e retour prend moins de temps. Le plus souvent, ou prend Pompéi pour point de départ, ce qui exige en plus une course en voit, de '/i d'h., et l'on a soin de s'entendre d'avance avec un des hôteliers (v. p. 141) et de commander par son entremise la voiture, la monture et le guide pour un jirix fixe par pers., y compris le passage du chemin Fiorenza (p. 140; cavalier 4 fr., piéton 2 fr.) et la conduite jusque et autour du cratère. Les prix demandés par les hôtels sont les suivants: hôt. Suisse, 20 fr. pour voit, jusqu'à Boscotrecase, l'heval jusqu'à '/a h- du bord du cratère et retour de même; Gr.-H. Poinpei, comme l'hôt. Suisse, 15 fr. (3 pers. 12 fr. chacune, 5 pers. 10 fr. 50 chacune), voit, jusqu'à Casa Bianca 4 fr. de plus (3 pers. 2 fr. chacune); Alh. del Sole, comme l'hôt. Suisse, 14 fr. ; restaiir. du Vésuve (Fiorenza, propriétaire du chemin Fiorenza), 20 fr. avec voit, jusqu'à Casa Bianca, mouture (aussi pour le guide) jusqu'à '/a h- 'lu cratère et retour de même (17 fr. pour la voit, seulement jusqu'à Boscotrecase), etc. — On trouve aussi à la gare de Boscotrecase des guides ou des cochers avec lesquels on peut s'entendre pour la même excursion à des prix analogues ou plus modérés. — Bien que de cette manière il y ait un peu d'ordre dans l'organisation de ce genre d'excursions, une ascension à cheval est toujours compliquée de discussions, de débats et d'ennuis de toute espèce avec les cochers, conducteurs de chevaux et autres personnages officieux. Il est de toute nécessité de s'entendre à l'avance sur les prix, le lieu où l'on quittera la voit, pour monter à chev., celui où l'on devra mettre pied à terre, et de spécifier qu'on aura le libre passage du chemin Fiorenza et i^u'ou ne payera pas de monture pour le guide; de pKis, on prendra la précaution d'emporter des provisions de bouche, tout ce qu'on trouve à acheter en route étant cher et de mauvaise qualité. On évitera aussi de faire des arrangements dans lesquels seraient comprises et la descente dans un restaurant en route et l'entrée des ruines de Pompéi. — Les guides et les conducteurs de chev. comptent naturellement sur un pourboire. On refusera énergiquement les offres importuues d'autres personnages qu'on rencontre sur sa route et qui tous réclament une gratification pour la moindre complaisance, si iusignitiaute qu'elle soit (v. p. 139, 140). — Les j'crsonnes qui veulent faire l'excursion à partir de Pompéi par les Uiines Cook trouveront des billets, au même prix qu'à Naples, à l'hôtel Suisse et au Gr.-H. Pompéi; funicul. seulem., 7 fr. 50; voit, de Pompéi à Boscotrecase et cheval de là au funiculaire, 10 fr. 50.
Le Vésuve, que des poètes anciens, tels que Lucrèce et Virgile, appellent aussi Vesevits, s'élève isolé au milieu de l'ancienne Canipanie, non loin de la nier. La partie N.-E. est le mont Somma, dont la plus haute cime, la Pmita (Ici Naso/ie, est à 1\'S2 m. an-dessus du niveau de la mer. Une vallée profonde, en forme de faucille, YAtrio
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del Cavallo (800 m. env.), sépare le Somma da Vésuve proprement dit, le cône de cendres, au milieu duquel se trouve le cratère. L'altitude du Vésuve varie suivant les éruptions; d'après les niesurages de juin 1900, elle était de 1308 m. L'éruption de 1906 (V. p. 135) effondra le cratère qui forme auj. un cône aplati d'une hauteur de 1223 m. (v. p. 138), peu supérieure à celle du Somma. L'angle formé par le Vésuve et le niveau de la mer est de 10°; celui du cône, de 30 à 35. Le mont Somma est à pic du côté de l'Atrio del Cavallo (■45"), mais s'incline très lentement du côté de la plaine (3°).
Le Vésuve dans l'antiquité. — Le Vésuve n'est pas le seul foyer de ce centre volcanique qui commence k Ischia, à Procida, à la Solfatare et au Monte Nuovo, et qui se termine au S.-E. par le Vésuve, mais depuis trois siècles il est le seul qui soit dans la phase éruptive. Du temps d'Auguste, on ne savait rien des éruptions du Vésuve, comme le prouve la description qu'en donne le géographe Strabon (v, 4, 8); tout au plus les amas de cendres et de scories qui en recouvraient le sommet permettaient-ils de conclure à la nature volcanique de la montagne. Environ 50 ans plus tard, sous Néron, au mois de février de l'an 63 apr. J.-C, cette nature volcanique se manifesta pour la première fois dans les temps historiques par un tremblement de terre épouvantable, qui terriiia et détruisit eu partie cette contrée alors florissante, entre autres les villes d'Herculanum et de Pompéi. Ces commotions du sol se répétèrent à Naples l'an 64 et plusieurs fois encore jusqu'au 24 août de l'an 79, date de la première grande éruption qui anéantit Pompéi, Herculauum, Stables et quelques autres localités moins importantes. Nous avons un tableau saisissant de cette terrible catastrophe dans deux lettres adressées à Tacite par Pline le Jeune (Epist., vi, 16 et 20), dont l'oncle Pline l'Ancien ou le Naturaliste, commandant de la flotte à Misène, fut étouffe par la cendre et les vapeurs, près de Stables (Castellammare), où il était accouru pour prêter secours aux habitants et pour observer de près le phénomène. Il parle d'abord des premières commotions, de l'obscurité qui régna en plein jour, du roulement et du mugissement de la mer, du sombre nuage planant sur la contrée et la mer et déchiré sans cesse par des éclairs, puis de la pluie de cendres et de pierres, et de l'épouvante générale des habitants, qui croyaient la fln du monde arrivée. Alors, d'après d'autres déjà plus tôt, se forma le cône du milieu, le Vésuve proprement dit, tandis qu'auparavant la demi-circonférence du mont Somma actuel se continuait à l'O. et au S. pour former un cercle complet. Une éruption eut lieu aussi en 203 sous Septime- Sévère. Durant celle de 471, le vent emporta, dit-on, de grandes masses de cendres jusqu'à Constantinople. — Au moyen âge, les éruptions se répétèrent avec plus ou moins de violence; on en compte sept jusqu'en 1500.
134 l- ^- *• LE VESTTVE. ICuvimns de ffaphs.
Lk Vésuvi'; dans lks temps modkknks. — De 1500 à 1031, le Vésuve demeura dans un repos si complet, qu'il se couvrit entièrement de bois, comme aujourd'luii le cratère du parc d'Astroni (p. 108), et (|ue les troupeaux y allèrent paître. Puis survint en 1681 une des plus terribles éruptions dont on ait des descriptions détaillées. Le sol éprouva de formidables secousses, et sept torrents de lave, vomis par la montagne, détruisirent Bosco, Torre Annunziata, 'l'orre del (ireco. Résina et Portici; un nuage immense de fumée et de cendre, s'étalant comme un pin gigantesque, obscurcit à Naples la lumière du jour et couvrit avec une incroyable rapidité le sud de l'Italie jusqu'à Tarente; 3000 personnes périrent dans cette catastrophe. Au nombre des éruptions dangereuses, on compte encore celle de 1707, qui dura du mois de mai an mois d'août, et couvrit Naples d'une épaisse couche de cendres; celles de 1737, de 1760 et de 1707, accompagnées de longues coulées de lave, dont la seconde se lit jour par des bouches latérales au-dessus de Boscotrecase, sans s'élever pourtant ;\ plus de 320 m. au-dessus du niveau de la mer (Bocche del 1700), et la dernière projeta jusqu'à Portici et Naples une pluie de cendre dévastatrice; celle de 1779, pendant laquelle une énorme quantité de pierres rougies par le feu furent lancées à une hauteur d'env. 700 m.; enfin les torrents de lave de 1794 qui jaillirent d'ouvertures latérales (Bocche del 1794; 470-523 m.) au-dessus de ïorre del Greco et se déversèrent dans la mer. Parmi les éruptions de date plus récente, il faut citer celles de 1804 et de 1805 et surtout celle de 1822, puis celles de 1850 et de 1855, celle de 1858, qui combla la vallée au S. de la colline de l'observatoire et abaissa le cratère d'env. 00 m., et celle de 1801, qui a ravagé Torre del (ireco. Ces éruptions du xix^ s., remarquables par leur intensité, ont été soigneusement observées par des savants tels que Léopold de Buch (1805) et Alexandre de Humboldt (1822).
Après une dizaine d'années de calme relatif, une nouvelle période d'éruptions violeutes commença en janvier 1871 avec de petites coulées de lave et se termina par la catastrophe des 24-30 avril 1872. Le 20 au matin, le cône de cendres se fendit jusqu'à l'Atrio del Cavallo et vomit des masses de lave et une grêle de pierres incandescentes avec nue telle rapidité que, des nombreuses personnes qui se trouvaient dans le voisinage, une vingtaine y trouvèrent la mort. La coulée parcourut 5 kil. en 12 h. et, divisée en deux bras, se jeta dans le précipice à dr. et à g. de la saillie portant l'observatoire (p. 138); celui de g. recouvrit le lit de lave de 1858; celui de dr., suivant la direction de la coulée de 1855, dévasta en ])artie les villages de Massa et de S. Sebastiano. En même temps, les bouches volcaniques du sommet lancèrent leurs laves et leurs cendres mêlées de pierres ardentes à une hauteur de 1300 m., les cendres même jusqu'au double de cette hauteur. Puis la montagne fut en l'epos jus(|u'en 1875; alors se succédèrent plusieurs éruptions d<'
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moindre importance qui ne causèrent que peu de ravages ; celles de 1891 à 1894 produisirent dans l'Atrio del Cavallo une haute colline de scories et de lave, le Colle Margherita (958 m.), et celles de 1895 à 1899, descendues d'une ouverture au N. du funiculaire, prirent la direction de l'O., en formant une autre colline, le Colle Umberto I (888 m.). Dans les années suivantes, le cratère central a manifesté une certaine activité , violente principalement en mai 1900, en juillet 1903, et en septembre 1904, où elle fut accompagnée de petites éruptions dans l'Atrio del Cavallo, tandis qu'eu même temps le cône d'éruption s'élevait en pointe élancée au-dessus du cône de cendres.
Une nouvelle recrudescence, qui commença à se manifester en mai 1905 par une coulée de lave ininterrompue pendant onze mois, éclata dans toute sa force au commencement d'avril 1906 et amena à sa suite une des plus violentes éruptions, désastreuse particnlièrement par la masse de cendres qui recouvrit la conti'ée environnante. L'après-midi du 4 avril, le cône de cendres s'écroula, et un nuage de vapeur et de cendres (le «pin», v. p. 136) s'éleva à une liauteur de 1000 m. Déjà dans la matinée, une ouverture latérale («bocca») s'était formée du côté S.-E. à 1200 m. d'alt.; le 5 et le 6, deux autres se produisirent plus bas sur la même ligue (800 m. d'alt., au-dessus de la Casa Fiorenza, et 600 m.), qui déversèrent un torrent de lave dans la direction de Boscotrecase. Dans la nuit du 7 au 8, au milieu de l'ébranlement du sol et d'un bruit souterrain infernal, le cône central aplati projeta sur Ottaiano et S. Giuseppe un nuage de cendres qui s'éleva jusqu'à 5000 m. de hauteur et d'éuormes masses de pierres, tandis qu'au S.-E. une nouvelle coulée de lave sortait de la gorge de Cupaccia et qu'au S. le torrent de lave des 5 et 6, considérablement accru, traversait Boscotrecase eu ravageant une partie de la localité et s'avançait sur Torre Annunziata avec une rapidité de plus de 1 kil. à l'heure. La phase explosive avait atteint son apogée. Le 8, la coulée de lave s'arrêta devant le cimetière, à 500 m. au N. de ïorre Annunziata et au delà du chem. de fer local, plus à l'E., à 30 m. d'alt. Les 23 et 24, une coulée latérale se montrait encore à l'E. et parvenait jusqu'à 2 kil. de ïerzigno; le nuage de cendres qui voilait le sommet persista jusqu'au 20 du mois, en atteignant des hauteurs de plus de 10000 m.; chassé par le vent à l'O. et au N.-O., il enveloppa Naples de ténèbres, recouvrit les rues et les toits d'une couche farineuse de cendres de 5 cm. d'épaisseur, sous laquelle un marché couvert s'écroula, ensevelit les localités plus rapprochées du volcan, surtout S. Anastasia. Somma, Ottaiano, S. Giuseppe, Terzigno, où les cendres vomies par le cratère atteignirent par places une hauteur de 1 m. 25, causèrent la ruine de nombreux bâtiments et anéantirent partiellement la végétation pour plusieurs années. A S. Giuseppe, plus de 100 personnes trouvèrent la mort sous les décombres de l'église.
130 I- ff- *• LE VéSUVE. Environa de Naple».
Ischia, Capri, les lieux enviroiuuuits jusqu'à Noie, Bénéveiit, Avelliuo, et le Mont-Cassiu au N., lurent recouverts d'une faible couche (le ces cendres que le veut chassa jus(|ue dans la Fouille et même jusqu'i'i Cettigné dans le Monténégro.
Il n'est pas encore possible de fixer avec certitude les causes des PHÉNOMÈNES voLCANu^iiKs. Il Semblerait que des fo)'ers de substances ignées, restés près de la surface et probablement en communication avec le noyau central de la terre, rejettent à l'extérieur une partie de leur contenu en se faisant jour à ti'avers l'écorce terrestre même autre part que par les tissures existantes. La force agissante serait bien moins le résultat de plissements de l'écorce terrestre, ou de la formation de gaz, ou encore de vapeurs provenant de l'évaporation des eaux infiltrées de la mer, ([ue des phénomènes de dilatation qui semblent se produire dans toute masse solidiliée soumise à une pression considérable, comme l'est celle (|ui règne à de grandes profondeurs, dans le voisinage du noyau central. — Les masses de matières liquéfiées par le feu s'appellent lave; la vapeur se fait-elle jour à travers ces masses ((u'elle soulève, celles-ci sont rejetées en débris, dont les jdus gros sont les bombes, les petits les lapilli ou l'apilli, tandis ([u'on appelle ceiuh'e volcMiiique les matières pulvérisées comme du sable. De ces débris, il se forme, peu à peu, autour de la bouche de dégagement, un cône d'éruption à cratère en forme d'entonnoir d'où s'écoulent les masses de lave; la pression est-elle trop violente, l'écoulement a lieu par des tissures radiales du cône. Déchargées du poids des laves, les vapeurs d'eau montent jus(|u'à plusieurs centaines de mètres, entraînant avec elles les cendres et les lapilli, et se déploient au-dessus du volcan sous cette forme pyramidale (|ue Pline compare à celle d'un pin gigantesque. Les cendres, chassées par le vent à une distance souvent prodigieuse, retombent sous la forme de pluie de cnidres autour du volcan et ensevelissent parfois d'immenses étendues de terrain; leur effet pernicieux est quelquefois aggravé par les torrents de boue (lave d'acqua) qui se forment (juand les averses tombées de la nuée volcanique entraînent des flancs de la montagne les masses de pierres désagrégées; par contre, la fertilité du sol est favorablement influencée par les sels d'engrais que cette pluie dépose à la surface. Le Vésuve est dans une période d'activité analogue et prt'St|ue ininterrompue, pendant la(|uelle on voit se répétt^r trois phases bien distinctes: calme relatif (au xix« s., périodes de 2 à 4 ans); activité croissante pendant une longue série d'années, petites coulées de lave et chutes de pierres; enfin, éruption considérable. Ces éruptions sont accompagnées d'un giondement souterrain, de commotions du sol, d'éclairs et de tonnerre produits pur la condensation subite des va))eurs d'eau. La lave en fusion u une température (|ui s'élève jusqu'à 1250° C. Les coulées de lave se désagrègent li'iitement m hi sni'faee sous l'influeneedes inteinjiéries
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et se décomposent enfin en une espèce de sable noir. La lueur qui, la nuit, entoure le sommet de la montagne n'est que le reflet sur les nuages de vapeurs flottant dans les airs de la lave en fusion au fond du cratère.
On a trouvé au Vésuve eiiv. 50 espèces de minéraux, dont la plupart se rencontieut aussi bien dans les vieilles laves que dans celles des éruptions récentes. Un tulie ou une boîte d'échantillons de minéraux ne vaut pas plus de 50 e. à 1 fr., un morceau de lave renfermant une monnaie de cuivre fondu est également bien payée avec 25 à 50 c. Les masses jaunes qu'on prend ordinairement pour du soufre sont de la lave colorée en jaune par du chlorure fcrrique.
Les meilleures cartes spéciales du Vésuve sont celles de l'état-major italien à l'échelle du 25 000<-- (1908, 2 fr. 50) et du 10 000» (seulement pour le Cono Vesuviano ou cône central; 1907, 1 fr.).
L'**aseension du Vésuve mérite d'être faite aussi bien à cause de l'aspect grandiose du cratère et des alentours que de la vue magnifique sur la contrée et la nnr, jusqu'aux îles Ponza et au mont de Circé. Elle est surtout intéressante quand la montagne «travaille», ce qu'on reconnaît de Naples à son jjanache de vapeurs pendant le jour, et au reflet de feu le soir; l'ascension de nuit n'est curieuse que dans ce cas. On recommande, en outre, d'éviter les jours où souffle le siroco et ceux où le temps est orageux.
AscENSuiN DU Vésuvk DU CÔTÉ OUEST, à partir de Hesina. Le chem. de fer Cook du Vésuve (p. 131), à traction électr., utilisé par presque tous les touristes qui font l'ascension de ce côté, a sa tète de ligne à Pugliano, dans la partie haute de Résina, immédiatement à côté de la station du chem. de fer local. On y arrive (le Naples soit par le chem. de fer local, soit en voiture, v. p. 131 (des ruines d'Herculanum, on met 10 min., v. p. 127, 139; de Pompéi par le chem. de fer local qu'un prend à la station de Valle di Pompéi, V. p. 132, 130).
La première section du chem. de fer du Vésuve est à adhésion avec pente moyenne de 5"/o et court parallèlement à la route du Vésuve (p. 138) à travers les vignes (v. p. 139) et les jardins d'une contrée fertile, parsemée de maisons de paysans. Au delà de la première halte, aS. Vito (3 kil.), la voie quitte la route, franchit la coulée de lave encore dénudée de 1858 et prend vers le N. la direction de la puissante coulée de 1872 en décrivant un vaste arc de cercle. La ligne longe le bord S. de la coulée de lave, à l'endroit où se trouve l'usine électri(iue, tourne à l'p]. et se transforme en crémaillère (locomotive électr. de renfort) pour surmonter une forte pente de 20"/o. Elle traverse une région cultivée, puis des forêts de châtaigniers sau/ages et s'arrête à la station (VOsservatorio- Eremo (5 kil. ; :i côté, Vhôtel Erevio, propriété de la compagnie, ch. 4 fr., rep. 1.50, 3.50 et 4, pens. 9, bien tenu, avec jardin; près de là, une modeste auberge), sur le versant occid. d'une croupe de la montagne, toute couverte de verdure et d'arbres, épargnée même en 190() par les éruptions du volcan. Là aussi se trouvent la
1 ',\H /. n. «. LK VÉSUVE. EiiviroiiH de Naplfig.
chapelle *S'. tSdlvatore et l'obsertHdoire royal fondé en 1844- (GU8 m. (l'ait.).
La uolliue do l'observatoire, Colle (Jauteroni, est une section du cratère du mont Souinia; elle sépare en deux bra.s la vallée qui descend de l'Atrio dcl CaviiUo (p. 133) et qu'ont suivie plusieurs coulées de lave; le premier de ces bras, celui du N., porto le nom de Fohhh délia Vetnina, le second au S., Fosiia Grande; tous deux ont été coniblcH par la lave en 1858 et en 1872. L'observatoire a ou pour premier directeur le célèbre physicien Melloui (m. 185-t); Palmieri (m. 18'.H)), son successeur, est resté intrépidement à son poste le 2t> avril 1872 (v. p. 134); une plaque à l'entrée du bâtiment rappelle le souvenir des personnes qui ont péri dans l'Atrio del C'avallo à cette époque. Le directeur actuel est le prof. Giiis. Mercalli.
De la station d'Erenio, la ligne reprend le système d'adhésion, passe au S. au-dessous de l'observatoire et continue vers le S.-E. à côté de la route du Vésuve. A g. s'élève le Colle Umberto (p. 135), à dr. s'étendent les champs de lave de 181)5-1809, 1858 et 1872. Enlin la ligne atteint son point terminus, iStazione Inferiore (8 kil. ; 754 m. d'alt.), au-dessus de la coulée de lave de 18G7, au point de départ du funiculaire.
Le NOUVEAU FUNicuLAïuE (ferrovia funicolare), construit de 1909 à 1910 un peu au S. de l'ancien détruit en 1906, a une longueur de 750 m. env. et gravit en droite ligne, avec une rampe de 51 "/u (27°), le cône de cendres dont les flancs dénudés sont ravinés par la pluie et les avalanches de cendre. La montée et la descente, qui prennent chacune 10 min., se font en 1 h. ^j^ y compris l'arrêt au sommet. La station supénewre (1100 ni. env.) est tout près du cratèx'e (10 min.; guide obligatoire, v. p. 132). A la place du cône d'éruption qui s'est eti'ondré en 1906 s'étend, légèrement incliné vers l'K. (à rO. 1223 m. d'alt., au N.-O. 1190 m., à l'E. 1103 m.), le bord (le l'immense entonnoir, dont le diamètre supérieur varie det)40m. à 720 m. (comme l'anneau de la solfatare, p. 111; avant l'éruption, le cratère mesurait de 180 à 210 m.); sa profondeur est de 300 m. Les parois intérieures, toutes crevassées (défense de descendre), tombent à pic de tous côtés, excepté au S.-O. où elles ont d'abord une douce inclinaison. Par suite de l'effondremeut d'une partie de la paroi occid., survenu en mars 1911, l'entonnoir s'est sensiblement élargi dans la direction du funiculaire. A l'heure qu'il est, on ne voit pas de lave en fusion, mais seulement des éboulements de pierres et des fumerolles (p. 111). Ou peut longer le bord vers le S.-O., ordinairement sans courir grand danger; les guides vous préviennent quand il tombe des pierres dans le voisinage.
Le CHEMIN CAVAi.iKR, qui dc l'.)0() à 1910 rompla^flit le funiculaire, se développait bien loin vers le N. ; il reliait la station inférieure au sommet, distant de 1 li. i\ 1 h. '/«; 'i <loscente se faisait en '/« '>• =' ^'j ^'''- L^** jicisonnes peu robustes avaient le cboix entre une monture (1 à 5 fr.) et une chaise à porteurs (portantina, 15 fr.), si elles ne préféraient pas se laisser remorquer par un puide à l'aide d'une (courroie (aiuto, 2 à 3 fr.).
La KoUTK i>u Vksuve, par laquelle les voitures montaient autrefois au funiculaire, s'étend de ilesina à l'observatoire sur une Ion-
Côté de l'pst. LE VESUVE. I- B. s. 139
gueur d'env. 9 kil. et offre l'occasion d'une belle excursion à faire dans le cours d'un après-midi. Elle se détache de la route de Pompéi à g., au delà de l'entrée des fouilles d'Herculanuni (v. p. 127), franchit la voie du cheni. de fer local de Pompéi, puis deux fois le chem. de fer Cook (entre deux, garder la dr.), pour continuer ensuite parallèlement à celui-ci. Une fois arrivé plus haut, et la vue n'étant plus interceptée par les murs des jardins et des vignes (lacrymachristi, v. ci-dessous), on jouit tout à coup d'une magnifique perspective. Après 40 min. de marche env., la route atteint, près de la clsap. S. Vito, la coulée de lave de 1858 pour se diriger ensuite vers l'E., tandis que le chem. de fer du Vésuve oblique au N. 15 min. après, la route franchit la coulée encore assez dénudée et recouverte dans sa partie N. par celle de 1872 dont on peut suivre du regard l'autre bras (v. p. 134) dans la direction du N. jusqu'à S. Sebastiano. En continuant à monter en zigzag, généralement sur la lave de 1858, on arrive ^j^ d'h. plus tard à la colline de l'observatoire et à l'hôt. Eremo (v. p. 137). — A 5 min. au delà de l'observatoire, près de la maisonnette d'un gardien, la route, publique jusqu'alors, devient propriété privée de la compagnie du chem. de fer; elle prend fin à la station inférieure du funiculaire, à 3 kil. de l'observatoire.
Les voyageur.s qui, .sans craindre la fatigue et les importunités inévitables de" la population du Vésuve, veulent faire de Résina toute l'ascension A PIED (montée en 3 li. '/2 env.; emporter des provisions; guide, superflu pour les alpinistes, à partir de Résina (J fr., y compris la taxe du cratère, p. 132, pourboire en sus) ou a chev.^l (dans ce cas, ou ne se laissera pas imposer l'obligation de fournir une monture au guide) suivent à partir du premier coude de la route, à 10 min. au-dessus de la station du chem. de fer local, le chemin muletier qui se détache à dr. et continuent ainsi jusqu'au funiculaire, au nord duquel le chemin cavalier Cook se développe le long du cône de cendres. Un guide est obligatoire pour se mouvoir autour du cratère (p. 132). La descente par le cône de cendres demande 10 à 20 min., la marche étant rendue difficile par la cendre molle qu'il faut traverser en sautant au N. du funiculaire.
L'ascension du Vésuve du côté sud (prix, p. 132) se fait de préférence de Boseotrecase (chem. de fer local, v. p. 131 ; modestes auberges, 1 bout, de lacryma-christi 60 à 70 c; les guides recommandent le Piistor. Pasquale, faire prix !) où l'on arrive de Pompéi en voit, en ^j^ d'h. (à 1 chev., 1 fr. 50 à 2 fr.). Deux coulées de lave, l'une de 200 m. de largeui-, l'autre de 50, y ont détruit près d'une centaine de maisons dans la nuit du 7 au 8 avril 1906 (v. p. 135); celle de l'E. a pénétré jusque dans l'intérieur de l'église S. Anna. De là, c.-à-d. du quartier d'Oratorio, à 1 kil. à l'O. de la gare du chem. de fer local, on suit à dr. la route qui longe la coulée de lave de 1906 et mène en 12 min. au cimetière. Sur les flancs de la montagne croît le fameux lacryma-christi, nom que portent tous les vins de la contrée, la plupart très capiteux (1 fr. la bout.; s'entendre à l'avance avec les paysans et ne payer qu'en petite monnaie; il est plus rationnel de se réserver pour le retour), ^j^ d'h. plus loin, près de la Casa Bianca (à dr.), les vignes cessent tout à coup et la route
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se réduit lï un cboniin cavalier qu'on gravit en 1 h. env., à travers des champs de lave, pour atteindre le cône de cendres proprement dit. C'est ici (|ue commence le chemin cavalier établi par B. Fiorenza (y. p. 132); il monte en zigzag et a été réparé après sa destruction par la coulée de lave de 1906. A la grille d'entrée (cancello, 729 m.; pour le prix du passage, v. p. 132), se trouve la Casa Fiorenza; près de 70 m. plus haut, on voit encore presque constamment de la lave eu fusion à travers uue des ouvertures latérales de 1906. A Va l'- ^^ 1^> Pi'^^ d'une petite cabane, les chevaux restent en arrière. Le dernier bout de chemin, jusqu'au bord du cratère (env. 100 m. plus haut), se fait à pied ('/a h.) i)ar un sentier en zigzag; il est très pénible et désagréable à cause des ofl'res incessantes de service (aiuto 2 fr., portantina 10 fr., faire prix!). Pour le cratère, v. p. 138 (la taxe réclamée au cratère, p. 132, est comprise dans la somme totale).
L'a.sceii.siou du mont Somma (p. 132) est également intéreasante, faut pour la vue que pour les minéraux et les plante.s qu'on y trouve; elle se fait, avec un guide, do Somma ou d'Otfaiano (p. 9), localités sur la ligne secondaire Naplcs-Ottaiano-Sarno (v. p. 180), entourées de collines de cendre toutes dénudées, et presque complètement détruites en 1906 par la pluie de pierres. En partant de Somma (150 m.), ce qui est préférable, on monte en 2 h. '/a T^' "" large cliemiu creux à 8. Maria di C'astelto (435 m.), but de pèlerinage situé au bord du iMgno del Purgatorio, gorge qui court du N. au S. On a de là une vue splendide. Ensuite on descend dans cette gorge, à dr. de l'escalier ([ui conduit à l'église, et ou remonte sous bois (d'abord des châtaigniers, puis des hêtres), en 1 h. Va- '!■ 1* Crace (1120 m.), endroit très fréquenté par les campagnards, et quelques min. plus loin au sommet {Piinta del Nasone, 1132 m.), d'où l'on a une vue grandiose sur le Vésuve et l'Atrio del Cavallo, au S., et sur les montagnes de la Montagna del Matese jusqu'au Monte Alburno au N. et à l'E. Ou peut redescendre à l'O. à l'observatoire (p. 138), par le champ de lave de 1872 (p. 134), en contournant les rochers au N., puis au S.