‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 38 sur 127 · CM · texte numérisé non relu

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Territoire. POMPEI. I- R- »• 143

le travertin, ont été durant des siècles des carrières exploitées par les habitants du pays. La ville est donc aujourd'hui telle qu'elle a été abandonnée par les anciens, comme ne valant plus la peine qu'on y fît de nouvelles fouilles. Au moyen âge, on l'avait oubliée. L'architecte Fontana établit en 1592 un conduit souterrain pour amener l'eau des sources du Sarno à Torre Annunziata, et cet aqueduc, qui sert encore aujourd'hui, fut fait sur l'emplacement des ruines, sans qu'on s'y livrât à de plus amples recherches; chose étrange, mais qui s'explique par le fait que le canal, creusé en dessous de la colline où se trouvait la ville, ne touche la surface antique qu'à un seul endroit. Ce fut seulement en 1748 que des statues et des ustensiles en bronze, trouvés par un paysan, fixèrent l'attention de Charles III. Animé par les découvertes d'Herculanum, le roi fit commencer les fouilles. On découvrit l'amphithéâtre, les théâtres et d'autres parties do la ville, mais on ne travailla sous les Bourbons que pour trouver des statues et des objets de prix, et jusqu'en 176.0 on combla les fouilles. On ne disposa pour ces travaux que de moyens restreints sauf sous les gouvernements de Joseph Bonaparte et de Murât. Fr. Mazois (1783-182(5), architecte et archéologue français, y fit alors des recherches importantes et écrivit les «Ruines de Pompéi», ouvrage capital, publié de 1813 à 1838 (achevé par M. Gau). Depuis 1860, on a commencé, sous la direction intelligente de M. Fiorclli (m. 1896), à di'blayer systématiquement toute la ville. Los objets transportables qu'on y a trouvés, ainsi que les peintures murales importantes, ont été jusqu'à présent transférés pour la plupart au musée deNaples; toutefois on s'efforce depuis pou de les conserver en lieu et place autant que possible. Les fouilles occupent en moyenne 80 ouvriers. M. Fiorelli a calculé en 1873 que, pour déblayer toute la ville, il faudrait encore y employer 74 ans et dépenser env. 5 millions.

Renskignements généraux. — Le territoire de la ville, d'une superficie de 662 684 m. carr., a la forme d'un ovale irrégulier, s'étendant de l'E. à l'O. Ses murs, auxquels une paix prolongée avait d'ailleurs ôté leur importance et qui étaient entièrement abattus du côté de la mer, formaient une enceinte de 2600 m. de circuit, et étaient percés de 8 portes. La partie découverte doit former maintenant plus de la moitié de l'ensemble et est probablement la plus importante. Elle comprend le Forum avec ses temples et ses édifices publics, deux théâtres, l'amphithéâtre et un nombre considérable de maisons plus ou moins grandes. — La ville est aujourd'hui divisée oiBciellement en six régions, limitées par trois rues principales, allant d'une porte à l'autre: la strada Stabiana allant du N.-O. au S.-E., la strada di Nola et la strada delV Ahhondanza allant tontes deux du S.-O. au N.-E. Ces régions sont désignées par des chiifres romains et chacune d'elles est partagée en îlots («insula»), numérotés en chiffres arabes, qui sont marqués aux coins des rues avec celui de la région. En outre, chaque maison porte à l'entrée un numéro spécial. Ainsi l'on désigne par «rég. VI, îlot 8, n° 5» la maison n" 5 du 8« îlot de la VI« région. La répartition en six régions est récente; auparavant on en comptait neuf (on a mis aux coins les anc. numéros entre parenthèses). Les noms italiens des rues n'ont aucune origine antique, mais ils sont généralement employés et commodes pour s'orienter; il en est de même pour les dénominations tout aussi arbitraires sous lesquelles on désigne les

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maisons iiiij)ortaiitus, dont plusieurs portent inainteiuint des noms latins ofliciels empruntés aux sceaux qu'on y a trouvés.

Les rues, soigneusement pavées do grands blocs de lave polygones et bordées de trottoirs surélevés, sont droites et étroites, d'une largeur dépassant rarement 8 m. y compris les trottoirs, et souvent de 4 m. seulement. De distance en distance, surtout aux angles, il y a de hautes pierres espacées, facilitant aux piétons le passage d'un trottoir à l'autre. J-es voitures ont tracé dans le pavé de profondes ornières, qui n'ont que 1 m. 25 d'entre-voie. Aux coins des rues, on voit des fontaines publiques ornées d'une tête de divinité, d'un masque, etc. et aux maisons, des annonces peintes en lettres rouges, qui tenaient lieu d'affiches, la plupart relatives aux élections des fonctionnaires municipaux, recommandant, par exemple, quelqu'un comme édile ou comme duumvir. Les enseignes, dans l'acception moderne du mot, sont très rares; i)ar contre, on remarque çà et là un phallus, destiné à conjurer le mauvais œil, et très souvent un ou deux grands serpents, symboles des lares vénérés près du foyer ou aux carrefours. Les griffonnages sur les murs étaient alors en usage comme de nos jours.

Les maisons avaient parfois un second, rarement un troisième étage, comme le prouvent les escaliers qu'on y rencontre. Ces étages sont détruits, par la raison qu'ils dépassaient au-dessus des décombres; on n'a pu en conserver qu'un seul (v. p. 155).

Dans les rues les plus fré([uentées, des boutiques et des ateliers (taberna;) sont construits sur la façade extérieure des maisons. Ces locaux, loués à des commerçants et à des industriels comme aujourd'hui les rez-de-chaussée des palais de Naples, ne communiquent pas ordinairement avec le derrière de la maison et s'ouvrent dans toute leur largeur sur la rue on elles se fermaient par des volets en bois. Ou y trouve des comptoirs de marbre, dans lesquels il n'est pas rare de voir de grandes jarres de grès. Derrière la bouti(iue ou au-dessus, on remarque souvent une seconde pièce, qu'habitait le marchand ou qui servait à recevoir les hôtes, dans les tavernes. Les rues qui n'ont pas de boutii[ues ont un cachet trè.s uniforme et se distinguent des nôtres par le fait que les maisons antiques n'avaient pas de fenêtres vitrées, très peu en usage à cette époque, même dans les derniers temps de Pompéi. La vie se concentrait à l'intérieur, et l'on ne voyait au dehors qu'une façade nue, où étaient pratiquées aussi peu d'ouvertures que possible, toujours petites et grillées. Cette manière de construire, qui se retrouve dans le midi de l'Espagne, surtout à Séville, et en Orient, se remarque tout particulièrement dans les petites rues entre le Forum et la rue de Stabies, ainsi qu'à l'E. de cette dernière.

Le MODE DE CONSTRUCTION (Ics bàtimcut.s les rattache à six époques distinctes. 1" C'est de la période la plu» reculée <jiip datent les restes du temple grec (vi« a.) et une colonne isolée (rég. VI, îlot 5). S" La période des atriums en calcaire est caractérisée par ses murs extérieurs

Habitations. POMPÉI. /■ R. 9. 145

en pierres de taille calcaires de la vallée du Sarno et par ses murs intérieurs en pierres calcaires irrégulières couchées dans un lit d'argile (pas de mortier), les formes artistiques manquent complètement. 3" La période du tuf (env. 200 à 90 av. J.-C. ; correspondant au style de l'incrustation ornementale, p. 146) comprend les monuments publics de l'époque qui a précédé la colonisation romaine (p. 142); les colonnes et l'architrave de tuf gris, travaillées sous l'influence directe de la culture grecque, trahissent les formes doriques, ioniques, corinthiennes les plus pures ; les façades en pierres de taille sont aussi de tuf gris et la maçonnerie intérieure est un blocage de moellons (de lave le plus souvent) consolidés à bain de mortier («opus incertum»). Les 4», 5<» et ff» jjé/'tOfZes (correspondant aux 2«, 3« et 4*^ styles d'ornementation, v. p. 146) s'étendent de l'établissement de la colonie romaine à la destruction de la ville ; les formes sont moins sévères, la façon de bâtir meilleure ; les colonnes, l'architrave et le revêtement des parois des édifices publics consistent en marbre (dep. l'an 3 apr. J.-C.) et en pierre calcaire fine (p. 239) assez semblable au travertin romain. Les murs, tout d'abord revêtus de morceaux de lave en losanges irréguliers, le sont plus tard de tuf en appareil réticulé («opus reticulatum») ; encoignures et chambranles ont un parement de tuf façonné en brique ou de briques mêmes ; le mur proprement dit est en blocage («opus incertum») comme dans la période précédente. Dans la 6» période, comprise entre le tremblement de terre de l'an 63 et la destruction de la ville, les constructions portent le cachet de la nouveauté et de l'inachevé et sont souvent reliées à des murs précédemment écroulés qu'on a utilisés pour la bâtisse. Du reste, par suite de l'utilisation de vieilles murailles, les constructions nouvelles de Pompéi font toutes l'effet d'avoir été rapiécées et rafistolées sans art.

Les habitations de Pompéi varient par leur grandeur et leur ordonnance selon le terrain, les goûts du propriétaire, etc. L'ancienne maison italique, limitée à un atrium et à ses pièces accessoires, ne se retrouve que rarement seule à Pompéi; elle est généralement reliée à la maison hellénistique à colonnade ou galerie intérieure. Cet ensemble forme la maison pompéienne ordinaire (v. le plan p. 142), où l'on entre par un petit corridor fostiiwi, fauces) menant à la grande cour ou atrium. Si la porte de la maison ne donne pas immédiatement sur la rue, la partie de l'ostium qui la précède prend le nom de vestibulum. L'atrium était entouré d'une galerie couverte, dont le toit, incliné vers l'intérieur de la pièce, n'était soutenu que par des traverses allant d'un mur à l'autre (atrium tuscanicum, le plus fréquent) ou reposait sur quatre colonnes (atr. tetrastylum) ou plus (atr. corinthium). L'ouverture carrée, au centre de la toiture, qui donnait l'air et le jour à l'atrium et aux pièces contiguës, s'appelait cornpluviwn et correspondait à un bassin (impluvium), destiné à recevoir l'eau de pluie. A dr. et à g., et souvent aussi du côté de l'entrée, se trouvaient des chambi'es à coucher (cuhicula). Les espaces ouverts à la suite, de chaque côté, s'appelaient «ailes» (aise); c'est là qu'étaient, dans les grandes maisons, les images des ancêtres. Au fond de l'atrium s'ouvrait sur toute sa largeur une grande salle, le tàblinum. C'est surtout dans cette partie antérieure de la maison que se concentrait la vie publique; c'est là que le patron recevait ses clients, qu'il faisait ses affaires, etc. La seconde partie était réservée à la vie privée ; elle avait pour centre le

Baedeker. Italie méridionale. 16^ éd. 10

146 I- ^ S POMPÉI. Ititiéraire.

peristylium, cour on jardin ouvert entouré de colonnes, et (|uelquel'ois derrière un secoiul jardin séparé, le scystus. Autour du péristyle se groupaient la salle k manger (friclinium) et le salon (œcus). La cuisine (cidina) et la cave ne sont pas toujours aux mêmes endroits. Le premier étage servait surtout aux (esclaves. Kn général, les pièces étaient très étroites; on vivait et l'on travaillait dans les cours, toujours bien aérées et bien éclairées.

Ce qu'il y a ici de charmant, c'est la décoration murale. Les murs sont l'evêtus de stuc multicolore qui les divise horizontalement en trois parties. Les couleurs sont brillantes, avec prédominance du rouge et du jaune. J^e milieu des murs et des panneaux est souvent occupé par un sujet à j)art. Les colonnes, faites de tuf ou de maçonnerie, et revêtues aussi de stuc, sont généralement rouges ou jaunes dans leur moitié inférieure; leurs chapiteaux ont de jolis décors. Tl n'est guère possible de se figurer une ville où il y ait plus de peintures qu'à Pompéi. Les plus importants de ces ouvrages ont été transférés au mnsée de Naples, mais on en trouve encore sur place bien des morceaux curieux. Ils ont tous un caractère efféminé et erotique, tel qu'il convenait au goût du temps. Voir l'introduction, p. xliv et suivantes.

D'après A. Mau {\i. 142; m. 11109), qui a consacré 3(> années à l'exploiatiou de Pompéi, ou distingue 4 stïles d'ornementation. 1" Style (riiicnistatioii (ii« s. av. J.-C): parois de stuc imitant plastiquement le revêtement de marbre polychrome; pas de peintures ni d'images; pavement en mosaï()ue. 2" Style architectural {i»' s. av. J.-C): imitation quant à la couleur seuleni. du revêtement de marbre, parois peintes de motifs arohitectoniqucs, à proportions naturelles, servant de cadres à des peintures ou figures décoratives. 3" Style égyptisant (jusqu'à l'an 50 apr. J.-C): motifs architectoniques aux formes fantastiques et élancées, lo plus souvent lisses et claires, contrastant fortement avec l'ornementatLou proprement dite. 4" Dernier style: architecture fantastique agrémentée d'ornements qui semblent en relief et sont peints en jaune vif pour imiter la dorure. La plupart des peintures de Pompéi appartiennent aux deux derniers stvles.

Itinéraire. — L'itinéraire suivant commence à la Port.\. Marina, par laquelle on pénètre dans la ville en entrant par le S. (p. 140). 11 conduit de là au Forum (v. le plan), puis, en longeant la ville au S., aux constructions groupées autour des théâtres et plus loin aux thermes de Stables (chemin de l'amphithéâtre, v. p. 165) ; il remonte ensuite la strada Stabiana jusqu'à la str. di Nola qu'il suit à dr. pour arriver aux parties déblayées de l'E., s'engage dans le quartier du N., revient à la strada di Nola, passe par la strada et le vicolo di Mercurio, atteint la porte d'Herculanum et prend fin à la voie des Tombeaux.

Le touriste qui arrive jjar la station de Pompéi Scavi du chem. de fer local (v. p. 131), près de la Porta di Nola, et qui compte en repartir, fera bien, s'il a assez de temps, d'aller tout droit par l;i strada di Nola jusqu'au coin du temple de la Fortune (p. 159),

Via Manna. POMPEI. I- R- 5. 147

d'y tourner à g. pour se rendre au Forum, et de suivre de là notre description qu'il modifiera cependant en ce sens qu'au lieu de prendre à dr. an carrefour de la str. Stabiana et de la str. di Nola (p. 155), il continuera tout droit dans le prolongement N. de la str. Stabiana (p. 156) et réservera pour le retour la partie E. de la str. di Nola (p. 155, 156). — 8'il est pressé, il se rendra immédiatement de la Porta di Nola au carrefour déjà mentionné, prendra à dr. le prolongement N. de la str. Stabiana (p. 156) et se conformera à notre itinéraire jusqu'à la villa de Diomède (p. 165), reviendra au Forum et à la viaMarina (v. ci-dessous) pour retourner en suivant notre description au carrefour (p. 155) et à la porte.

Les noms des principales curiosités sont imprimés ci-après eu caractères gras; quant aux autres, ou clioisira dans le nombre d'après ses goûts et le temps dont on dispose. Les gardiens officiels, répartis sur différents points du champ de ruines, ouvrent les maisons indiquées comme fermées (v. p. 140). Les personnes pressées renonceront à voir l'amphithéâtre.

La rue qui part de la Porta Marina était à peine praticable au.v voitures, car elle monte rapidement et gagne immédiatement le haut de la ville. La porte a, à g., un trottoir et, du côté intérieur, un passage voûté entre des magasins antiques.

Dans ce passage, à dr., l'entrée d'un musée renfermant une collection d'objets intéressants.

Il y a des plâtres et des reproductions de toute sorte d'objets eu bois: jiorte, fenêtre avec volets, devantures de boutiques, armoires, roue, etc.

Dans des vitrines, plâtres de corps htnnains et d'un chien ensevelis sous les cendres volcaniques. Tandis que les parties charnues se sont consumées, les cendres durcies ont conservé les formes, comme des espèces de moules. M. Piorelli eut en 1863, eu rencontrant un de ces moules, l'idée d'y couler du plâtre, et a réussi à rendre l'ancicnre attitude des malheureux Pompéiens dans leur agonie. Ou voit là une jeune fille tombée à plat ventre, avec uu anneau au doigt; deux femmes, l'une d'un certain âge à côté d'une autre plus jeune; uu homme étendu la face contre terre; un autre gisant sur le côté gauche, sur les traits duquel on lit encore une douloureuse résignation, etc.

Il s'y trouve aussi des objets eu terre: amphores, poterie, gargouilles, etc.; vases de bronze; comestibles carbonisés, comme à Naples (p. 82); crânes, squelettes d'hommes et d'animaux.

La VIA Makina monte tout droit au Forum. Immédiatement à dr., à l'angle de la colline de la ville tourné vers la mer, les maigres restes du grand temple de laVémis Pompeiana, patronne dePompéi depuis l'époque de la colonie romaine. Tout autour, des fondements de colonnades.

A l'endroit où la via Marina débouche sur le Forum, se trouve à g. le *teniple d'Apollon (fermé), comme l'atteste une inscription osque dans le pavé (copie; original au musée de Naples). C'est un édifice de fondation ancienne, reconstruit après le tremblement de l'an 63. Les 48 colonnes ioniques de la grande cour, où l'on entre d'abord, avakfcit été transformées en colonnes corinthiennes par une couche de stuc maintenant disparue. Comme la direction du mur de dr., correspondant à celle du Forum, diffère de celle de l'autre mur longitudinal, on y a placé, pour masquer à l'œil cette diver-

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gence, dus piliers l'aisuiit une saillie de |dus en plus prononcée. Au milieu de la cour se trouve le soubassement du temple proprement dit. La colonne à g. du perron portait un cadran solaire. Devant le perron est un autel avec les noms de ses fondateurs, les ([uatuorviri ou magistrats municipaux. Sur les (> bases, près des colonnes du porti([ue, étaient G statues formant trois couples: I\lercure et probablement Maïa (hernies en marbre), Apollon et Diane (statues en bronze), Vénus et Hermaphrodite (statues en marbre); sauf la statue de Maïa, qu'on n'a pas retrouvée, elles sont toutes remplacées par des reproductions dont les originaux sont à Naples. A g. dans le coin, devant Vénus et Diane, deux petits autels. Le temple, où l'on monte jiar les 14 marches du perron, avait un péristyle d'ordre corinthien et (3 colonnes sur la façade. Dans le sanctuaire, le piédestal de la statue du dieu; à g., «l'omphalos», en forme de cône, symbole d'Apollon, que rappelle aussi le grand trépied peint sur le premier pilastre à dr. du porti()ue. — A côté de la sortie de derrière se trouve à g. la chambre du gardien, décorée de peintures sans importance.

Un peu avant le temple d'Apollon, de l'autre eôté ci dr.) de la via Marina se trouve l'entrée latérale de la basilique, dont la principale façade est du côté du Forum et lui sert aujourd'hui d'accès. Ce bâtiment servait de marché couvert et de tribunal. A l'intérieur, qui était entièrement couvert, un portique de 28 colonnes en briques entoure la partie centrale. 11 y avait, dans le bas des murs, des colonnes engagées et dans le haut, des colonnes entières et des colonnes engagées dont ou volt des fragments. Le jour arrivait par des ouvertures dans les intervalles. Les deux rangs de colonnes atteignaient ensemble la hauteur des grandes colonnes de briques. Au fond de l'édilice était le tribunal on siégeait le juge, et sur les côtés, des portes accessible.s par des degrés en bois. En avant, un piédestal pour une statue; sous le tribunal, un espace voûté, communiquant avec le haut par deux ouvertures et où se tenaient peut-être les huissiers. Il est probable que la basilique avait été construite ;i la tin du ti"* s. (v. p. 145) et qu'en 79 apr. J.-C. elle se trouvait déjà détruite par suite du tremblement de terre survenu seize ans auparavant.

Le *Foruin (33 m. GO d'alt.), borné au N. i)ar le temple de Jupiter (p. 149), est entouré des trois autres côtés par un jiortique. La place libre au milieu, d'une longueur de 157 m. sur 33 de largeur, était pavée de grandes dalles et ornée de nombreuses statues honoritiques dont il subsiste encore 22 piédestaux ; 4 à l'O. et 1 dans l'angle S.-E. ont encore leurs inscriptions, à la mémoire de fonctionnaires de la ville. Au-dessus de la colonnade inférieure, d'orj^'e dorique, il y en avait une seconde, d'ordre ionique, où l'on montait par divers escaliers encore conservés. — Les rues qui débouchent .sur cette place, étaient barrées de ce côté un\ voitures et aux cavaliers.

Forum. POMPEI. I- R- 9- 149

Du côté 0. du Forum, au N. du temple d'Apollon, se trouve, au n» 31 , une niche dans laquelle est placée une table de marbre avec les modèles des mesures pour les grains. L'escalier d'à côté conduisait sur le portique du temple d'Apollon. Ensuite, n" 29, une grande halle; n«28, des latrines publiques et, n''27, un local sombre regardé comme une prison ou un trésor (fermé). Ici, le Forum se terminait par un mur.

A la place d'honneur du Forum, au milieu du petit côté N., s'élève le temple de Jupiter, sur un soubassement de 3 m. de hauteur; on y monte par 15 marches. 11 y a dans le sol de la cella des ouvertures éclairant le souterrain. Un escalier à g. sur le derrière (fermé) monte à une grande base renfermant trois chambres; elle supportait probablement les statues de Jupiter, de Junon et de Minerve, comme au Capitole de Rome. Il se peut que le temple ait porté aussi le nom de Capitole. Il était déjà en ruine lors de la catastrophe, et le culte des trois divinités avait été transféré provisoirement au prétendu temple d'Esculape (p. 152). Belle vue du haut sur les ruines de Pompéi, le mont S. Angelo (p. 169), le château de Quisisana et la chaîne des Apennins.

A g. du perron, et à dr. de la partie postérieure du temple, se trouvent deux arcs de triomphe, dont les reviîtements de marbre ont disparu. Les niches à l'extérieur du second renfermaient des fontaines; l'une de celles du côté intérieur, la statue de Néron, fils de trermanicus, tué l'an 31 apr. J.-C. Derrière, au coin de dr. de la strada del Foro (p. 159), un bas-relief servant d'enseigne à un marchand de vin représente deux hommes qui portent une amphore.

Le dernier édifice à dr., à l'extrémité N. du Forum, était un maeellum, ou halle aux victuailles. En avant sont des piédestaux de statues honorifiques et à l'extérieur de l'édifice, des boutiques. Deux l)ortcs (n"s 7 et 8; fermées) s'ouvrent sur la cour rectangulaire. Les murs sont ornés de bonnes fresques: à g. de l'entrée. Argus et lo, Ulysse et Pénélope; dans le haut, toutes sortes de comestibles, indiquant la destination du bâtiment. La cour était entourée de colonnades, détruites probablement par le tremblement de terre de l'an 63 et peut-être aussi par des fouilles faites dans les temps anciens; au N. et à rO., on voit encore les blocs sur lesquels reposaient les colonnes. Au milieu sont 12 bases de colonnes qui portaient une coupole. On a trouvé, dans une excavation au milieu, des masses d'écaillés de poissons, enlevées évidemment aux poissons qui s'y vendaient. A dr., 11 chambres peintes en rouge, sans doute des boutiques, et au bout une sortie sur une rue latérale, avec une niche, un laraire, comme l'indiquent les deux serpents qui y sont peints. A g., une autre sortie. A l'E., au milieu, un sanctuaire de la famille impériale, où l'on n'a trouvé que deux statues dans les niches latérales de dr., probablement celle d'Octavie, sœur d'Auguste, et celle de Marcellus, fils d'Octavie, auj. remplacées par des mou-

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liiges. Kn i'ace devaient être Agrippine et Néron et au fond Clande. A g. de ce sanctuaire, une salle avec autel servait peut-être à des festins sacrés; la pièce de dr. a dfi être un étal de boucher ou de marchand (!<• poisson, avec une rigole pour l'écoulement du sang ou de l'eau.

A côté, n^;}, la prétendue curie, pièce rectangulaire h, ciel ouvert, revêtue autrefois de marbre sur les murs et le sol, avec un autel au milieu, une abside et plusieurs niches, servait de saito fiinire aux lares de la ville, ou de bibliothèque, d'après une interprétation récente, par analogie avec celles de Timgad et d'Kphèse. Devant, un monument en l'honneur de Fiorelli (p. 143).

Ensuite, n" 2, le temple de Vespasien dont la cour n'avait (|u'une colonnade sur le devant. Au milieu, un autel en marbre orné de bas -reliefs, savoir: sur le devant, des sacrifices; sur les côtés, les ustensiles qui y étaient employés; derrière, une couronne de chêne entre des lauriers, symbole de la maison impériale, l^es trois pièces de derrière communiquaient avec d'autres derrière la curie.

A côté, n° 1, l'édifice d'Eumachie, comprenant un chaleidicum, une crypte et un portique, doit sa construction à la prêtresse Euniachie, selon l'inscription au-dessus de l'entrée du côté de la strada dell' Abbondanza. Ce fut peut-être une espèce de halle au.x draps. Dans le vestibule (chnlcidicum), sur le mur d'une des (juatre niches, la copie de l'inscription d'une statue de Romulus. La cour intérieure (porticus) était entourée d'un portique à colonnes superposées en marbre blanc, sans plafond intermédiaire. Autour du portique règne une galerie couverte (crypta). Au fond de cette galerie, une niche renferme une statu- d'Eumachie, reproduction en plâtre de celle qui lui fut érigée par les foulons et qui est maintenant à Naples (p. (56). — En sortant par la porte de derrière, on arrive à la strada dell' Abbondanza (p. 153), où il y a une fontaine avec >m buste de la Conoordia Augnsta. C'est à une fausse interprétation de ce buste qu'est dû le nom d^ Abbondanza (Abondance) donné à la rue. Au coin, en face, sont représentés les douze dieux avec leurs attributs (prestpie ell'acés). Plus près du Forum, à g., n° 8, la vuiison de la Chasse au sanglier (fermée') qui doit son nom à la mosaïque de son vestibule, et où l'on voit encore dans l'atrium une grande mosaïque, dont la bordure représente les mui'ailles d'une ville.

Au coin du Forum, une place rectangulaire ou l'on a voulu reconnaître une école, est peut-être le comitinm ou lieu de vote.

Au S. du Forum, les tribunaux, trois salles contiguës, celles des côtés terminées en abside et celle du milieu par un édicule (chapelle). Il est à supposer (|ue l'un de ces locaux, peut-être celui du milieu, servait de salle des séances (curia) du conseil municipal et les autres de bureaux ou de tribunaux. Ils avaient été recons-

Quartier sud. POMPEl. I- ^- ^- 151

truits après le treiublemeut de terre de l'an 63, mais en 79 celui de rO., y compris son revêtement de marbre, était seul terminé.

Du Forum on se dirige au S., en prenant, à g. des tribunaux, la STRADA DELLE ScuoLE, à dr. de laquelle sont quelques grandes maisons à plusieurs étages, construites sur l'emplacement de l'ancien mur d'enceinte, sur la pente du terrain. Le n» 17 communique avec des bains (fermés) ornés de peintures. — • En suivant plus bas à g. le vicolo dei Teatri, où l'on a une belle vue dans une maison (no 26, accessible par le n» 27) dont le vestibule est décoré d'un sanglier en mosaïque, on arrive au Forum Triangulaire et à des édifices qui présentent bien des particularités caractéristiques de l'époque pré-romaine.

Le Forum Triangulaire a de ce côté une belle entrée en partie restaurée. Il était entouré de trois côtés d'un portique à colonnes d'ordre dorique, destiné à servir d'abri aux spectateurs des théâtres. Au N. se trouve un piédestal pour une statue en l'honneur de Marccllus, neveu d'Auguste, avec une inscription. Le côté de la place tourné vers la plaine était ouvert. Ici s'élevait, sur un soubassement de cinq degrés, un temple du stj'le grec («Tempio dorico»), de 31 m. de long sur 20 m. 50 de large, qui était probablement dédié à Minerve. Il avait 7 colonnes sur la fa(;ade et 11 sur chacun des côtés longs, disposées d'après le vieux style dorique, sans doute du vi« s. av. J.-C; il ne reste plus de cet imposant édiiîce que quelques chapiteaux, deux tronçons de colonnes et quelques restes du mur de la cella. Il a peut-être été détruit avant le tremblement de terre de l'an 63, et la société nouvelle ne devait plus guère comprendre la beauté d'un édifice dont la solidité et la simple majesté contrastaient singulièrement avec les constructions de stuc de l'Empire. — Devant le temple, un espace entoure d'une clôture, peut-être un tombeau. A g., trois autels.

Derrière, n° 32, une margelle de puits, renfermée dans une rotonde à 8 colonnes doriques, mesurant 3 m. 70 de diamètre. — De l'autre côté du temple, un banc en hémicycle, avec un cadran solaire.

On voit, à l'E. du puits, l'intérieur d'une cour située au-dessous des théâtres et qui en dépendait d'abord. Cette cour, avec portique de 74 colonnes, avait été transformée en caserne de gladiateurs. Il y avait tout autour deux rangées de cellules superposées, dont celle d'en haut était accessible par une galerie de bois semblable à celle qu'on a rétablie dans la partie S. On a retrouvé à l'O., dans un réduit qui servait de prison, trois squelettes et des fers (original à Naples, p. 83), et dans plusieurs autres pièces, des armes de gladiateurs; en tout, on a découvert 63 morts dans cet édifice.

Le *grand théâtre («Teatro scoperto»), pour lequel on a utilisé la pente du terrain, est contigu à la moitié N. du Forum Triangulaire. Cet édifice, fondé avant l'époque romaine, a subi bien

ir,2 l.Ii.O. POMPÉl. Slradn Stnhiana

lir.s cluiiigciiiciits, coiiiiiiu ou peut en juger par les traces de six bassins iustallés dans l'orchestre à des époques ditl'éreutes, et avait été iinalenient reconstruit vers le coniinencenient de notre ère, aux frais de M. Holconius Hufus et de M. llolconius Celer, par l'architecte M. Artorius. Les places des spectateurs sont tournées vers le S. et divisées on trois parties (wia, média et summa cavea), la première composée de 4 rangées de sièges pour les personnes de distinction, la deuxième de 20 rangées de gradins et la troisième seulement de 4; des corridors et des escaliers conduisaient à ces ditl'érentos places. Tout l'éditice pouvait contenir 5000 spectateurs. Derrière l'orchestre, la scène, longue et étroite, a dans le sol une ouverture par où passait le rideau; le fond, jadis décoré de statues, a trois portes, comme l'exigeait la tragédie antique; le vestiaire est derrière. En haut, sur le mur d'enceinte, se voient les trous des mâts qui supportaient le velarium, toile protégeant les spectateurs et les acteurs contre les rayons du soleil. Derrière le théâtre, un réservoir carré contenait l'eau servant pendant les chaleurs à rafraîchir les spectateurs par une légère pluie artificielle.

A côté se trouve le *petit théâtre («Teatro coperto»), jadis couvert d'un toit (theatrum tecfnm), et aujourd'hui mieux conservé que le grand. Il servait probablement d'odéuni pour les auditions musicales et pouvait contenir 1500 spectateurs. Les sièges sont prati(|ués de façon qu'on ne pouvait pas être incommodé par Us pieds de celui ((ui était assis au rang supérieur. Cette construction remonte environ à l'an 75av. J.-C. Le pavé en marbre de l'orchestre fut donné, an dire de l'inscription, par le duumvir M. Oculatius.

A l'E. du petit théâtre passe la strada Stabiana, qui traverse toute la ville du S.-E. au N.-O. On a découvert au S., en dehors de la vieille Porta di Sfabio, le commencement d'une voie des tombeaux. Dans la rue transversale, entre les îlots 1 et 2 de la rég. I, se voit, à g., w 28, un atrium couvert d'une grille (restaurée) destinée ;\ protéger l'intérieur de la maison contre les voleurs. Dans la même rue, à dr., n" 2, une tannerie.

En remontant la strada Stabiana, on arrive ensuite, à g., au coin de la str. del Tenipio d'Iside, rég. II, îlot 8, n» 25, au prétendu temple d'Esculape (fermé), le plus petit de l'ompéi. La cour qui le précède renferme un autel en tuf, rappelant le sarcophage des Scipion au Vatican. On a trouvé dans la cella, sur une base, des statues en terre cuite de Jupiter (pris pour Esculape) et de Junon, ainsi (|u'un buste de Jlinerve. Le culte de ces trois divinités y avait été transféré provisoirement après la destruction du temple de Juliiterdu Forum (p. 14!)); c'était peut-être le temple de Jupiter Meilichios mentionné dans une inscription osque h la Porta di Stabia.

Plus loin, dans la str. del Tenipio d'Iside, u" 28, à g., le temple d'Isis (fermé), reconstruit, comme nous l'apprend l'inscription, ;iprès le tremblement de terre de l'an 03, aux frais du jeune N.

(partie S.). POMPÉl. I- R- 5. 153

Popidius Celsimis, âgé de six ans, qui fut reçu par reconnaissance au nombre des décurions de la ville (conseiller municipal). Entre les colonnes du portique , se trouvent plusieurs autels et une fosse antique, destinée d'abord à recevoir les restes des sacrifices et servant aujourd'hui de regard au canal du Sarno. A g. est un petit sanctuaire appelé purgatorium, où se faisaient les ablutions et d'où l'on descendait par un escalier à un réservoir souterrain; les murs sont ornés d'élégants bas-reliefs en stuc. On a trouvé dans le portique la statuette d'Isis mentionnée p. 76. Les pièces à g. servaient de demeures aux prêtres; on y a découvert plusieurs cadavres et, sur l'autel, des restes de sacrifices. — Plus loin, n» 29, la «caria Isiaca», cour entourée de colonnes, où l'on a retrouvé, debout au pied d'une colonne, la statue du Doryphore du musée de Naples (p. 68). En face de l'entrée, une base; derrière, un escalier, peutêtre pour le couronnement de la statue; devant, une table en pierre. Du temps des Osques, ce local était une palestre.

De retour à la str. Stabiana, on continue de la remonter. A g., n» 24, une petite chapelle des dieux lares; à dr., n° 5, la Casa del Cifarisfa (fermée), ainsi nommée d'après l'Apollon citharède qu'on y a trouvé (p. 77). C'est une des plus grandes maisons; elle a deux atria et trois péristyles.

La prochaine rue transversale (24 m. 20 d'alt.) est la large STRADA dell'Abbondanza (v. p. 150), dont la partie à l'E. de la str. Stabiana n'avait jiisqu'ici été déblayée qu'à son commencement. Au coin, un pilier d'aqueduc (plus loin, sur le trottoir, des tuyaux en plomb); puis à. g., rég. III, îlot 1, n" 20, la maison d'Epidius Rufas («Casa dei Diadumeni»; fermée), avec un bol atrium d'ordre corinthien (p. 145). A l'intérieur, à dr., un laraire avec l'inscription: «Genio Marci nostri et Laribus, duo Diadumeni liberti». — La maison d'Epiclias Sabinvs, à g., n" 22, a dans l'atrium un laraire bien conservé. Joli coup d'oeil sur deux péristyles. — Plus loin, à l'E., on arrive au chemin qui mène à l'amphithéâtre (p. 165, 166). En continuant les fouilles de ce côté, le professeur Spinazzola vient de découvrir nombre de maisons pourvues de balcons qu'on tente de conserver ou de remettre en place (v. p. 155), ainsi qu'un thermopoîiiim ou sorte de bar avec ses ustensiles et une façade de maison décorée magnifiquement de fresques et de bustes.

Dans la partie 0. de la strada dell'Abbondanza, qui monte vers le Forum et dont les extrémités étaient barrées aux voitures, on remarque à g., rég. II, îlot 4, n° 15, la maison de Cornélius Rufus (fermée), dont le buste est dans l'atrium. On y voit aussi deux beaux pieds de tables.

A dr., n" 8, les thermes de Stables (fermés), du ii" s. av. J.-C, mais agrandis et décorés plus tard. On arrive d'abord dans une grande cour bordée de colonnes de deux côtés; elle servait aux exercices de la palestre. A dr. de cette cour, d'abord les bains

154 T. R. 0. POMPEI. mv. (leW Ahho/idniisn.

DES HOMMKS. A g. d'uii vestibiilf, 11! friyitlarinm ou bain froid, rotonde avec quatre niches et une ouverture dans la coupole. En face de l'entrée, le vestiaire (apodi/lerhini), avec niches pour les vêtements, et une seconde entré(! du côté de la str. Stabiana. La vonte de cette salle, connne celle du vestibule, a de beaux basreliefs en stuc. A g. du vestiaire, le tepidariujn on salle à température tiède, ici excei)tionuellement avec une baignoire, et derrière, le caldarium ou étuve, tous deu.x avec un pavé et des murs creux pour le chautlage. — Plus loin, dans l'angle au fond de la cour, à dr., étaient les bains dks fkmmks. La porte s'ouvre sur une antichambre, à g. de laquelle est le vestiaire fort bien conservé (ii« s. av. J.-C); il y a deux entrées du côté de la rue; tout autour sont des niches pour les vêtements et daus un coin se trouve un bassin pour bains froids. Ensuite, à dr., le tepidariuni et l'étuve. A une extrémité de l'étuve, une baignoire de marbre et à l'autre un bassin (labriim), dans le(|uel l'eau jaillissait. Les fourneaux sont entre les bains des hommes et ceux des femmes. — Dans le bâtiment en face, qui a une porte latérale donnant sur la rue, des latrines et, à g., quatre cabinets de bains. — ■ Dans la cour, vis-à-vis de l'entrée, un hernies semblable à celui du temple d'Apollon. A g., un mur avec des ornements de stuc on relief. La première pièce à g. était un vestiaire; on y voit au mur des vestiges de garde-robes (armoires). Puis vient un bassin peu profond, (|ui servait aux ablutions après les exercices gymnastiqnes, et ensuite la piscine. La pièce suivante était à l'origine un bassin semblable au premier.

A g., rég. Il, îlot 4, n» 4, la mais(m d'Holconiits (fermée), avec un beau péristyle et richement oi'uée de peintures, dont les couleurs ont pâli. Dans l'œcus, à dr. Ariane et Bacchus, à g. Hermaphrodite; dans la chambre à dr., l'Enlèvement d'Europe; dans celle de g., Achille à Scyros et le Jugement de Paris.

Un peu plus loin, à g., la str. dei Teatri, qui va an Forum Triangulaire (p. 151); à dr., le vico del Lupanakk, on l'on s'engage.

A dr., rég. IV, îlot 1, n" 47, la maison de Siricus (fermée). Sur le seuil se lit l'inscription: Salve luGnt(iii). La grande boulangerie à côté, au n« 46, appartenait an même propriétaire. A g. de l'atrium, deux chambres avec de belles peintures: dans la première, à g., Neptune et Apollon construisant les murs de Troie; en face. Hercule ivre; à dr., Vnlcain présentant à Thétis les armes d'Achille. Quatre colonnes vertes, au milieu du péristyle, supportaient un pavillon. De là, on passe à g. par un escalier dans une autre partie de la maison dont l'entrée princijialo donne sur la str. Stabiana; dans l'atrium, une belle table en marbre.

En face, à g., se voient sur le mur de gros serpents avec l'inscription : Ofiosis locus hic non est, discede morator.

A g., au coin de la deuxième rue latérale, dite vicolo dcl Balcone Pensile, rég. IV, îlot 12, u" 18, le lup<mar (fermé). Les pein-

Str.Stabiana (part, centr.). ■pOMF'EI. I. R. 9. 155

tures obscènes et les inscriptions sur les murs ne laissent aucun doute sur la destination de cette maison. Une entrée particulière permettait de monter directement de la rue au second étage, qui avait une galerie («pergula >) donnant sur les deux rues. — Dans le vicolo del Balcone Pensile, à dr., n» 28, la maison au Balcon («Casa del Balcone Pensile»; fermée). On est parvenu, à grand' peine, à en conserver trois chambres du premier étage, qui était en saillie sur le rez-de-chaussée, en remplaçant les poutres carbonisées.

Continuant dans le vico del I^upanare, on voit à dr. au premier coin, la boutique du cordonnier qui en était le portier. — Presque en face, la Casa delV Orso ou maison de l'Ours (fermée), ainsi nommée à cause de la mosaïque de l'entrée.

Tournant ensuite à dr., on se retrouve au bout de quelques pas dans la strada Stabiana (p. 152); au delà, dans une rue latérale, rég. III, îlot 3, no 12, on aperçoit, à travers la porte grillée, un moulin dont on a rétabli les parties en bois.

En remontant la strada Stabiana, àdr., rég. III, îlot 3, no 5, la maison de Marcus Lucretius (fermée), qui a des peintures particulièrement bien conservées. Derrière le tablinum, un petit jardin avec fontaine et figurines de marbre. Les meilleures des peintures ont été transportées à Naples. On a trouvé, peinte sur un des murs, une lettre avec l'adresse du propriétaire de la maison: «M. Lucretio Flam. Martis decurioni Pompei».

Tout le 4« îlot de lalIPrég. est formé par des ^/termes qui étaient en construction lors de la destruction de la ville. On travaillait alors dans la grande cour à la pose des fondations des colonnes du portique et à l'installation des rigoles. Sous les fenêtres de l'intérieur, le grand bassin de natation, inachevé. Ce n'étaient que des bains pour les hommes, mais d'une grandeur exceptionnelle. Dans l'angle N.-E., en passant par an vestibule à g., on arrive dans le vestiaire (v. les thermes de Stables, p. 153) qui a un grand bassin pour les bains froids, puis dans le tepidarium; de là, tout droit dans l'étuve humide, qui a deux gi-andes baignoires et une petite pour bains chauds, et enfin à g. dans le laconicum, l'étuve sèche, voûtée en dôme et en communication avec l'étuve humide par une porte. Ces trois dernières salles avaient un pavé et des murs creux dans lesquels devaient passer les courants d'air chaud. Les fourneaux manquent encore. Contrairement aux autres thermos, les trois salles ont de grandes fenêtres.

Arrivé au carrefouu de la strada Stabiana et de la str. di Noi.a, on suit la dernière à dr. on l'on n'a déblayé qu'une partie des îlots contigus.

A g., rég. V, îlot 1, no 7, un joli chapiteau à figures.

Vient ensuite, à dr., l'îlot 5 de la III« région. — Le no 6 (fermé) a un plan original, de forme allongée. Le no 9 a dans la chambre à l'entrée du péristyle (fermé) des paysages d'Egypte avec des

15(5 /■ R- 9. rOMPÉl. Str. di Nola (partie K.).

l'yginéus. Au ii" Il (Iitiiio), tï dr., à côté du tablinuni, les neuf iMuses. — Lu II" l(i de cet îlot (i'eriiié), au S.-E., probablement une taverne, renfernie une chambre avec des peintures obscènes.

Dans l'îlot suivant, le 7" de la HT" région, il n'y a de déblayé (|u'une grande maison, la Casa del Centenariu (fermée). Devant le beau péristyle, dont le jardin a été orné de nouvelles plantations d'après des traces anticjues, on remarque deux chambres couvertes; puis, à dr., le bain et, près de là, une chambre aux murs revêtus de peintures rapportées: à dr., Orcste, Pylade et Iphigénie; à g., Thésée et le Minotaure; en face, Hermaphrodite et Silène. — Deux îlots plus loin, à l'K., se voit à dr. la Casa del Conte di Torino, dont on poursuit le déblaycment depuis 1911 et que des inscriptions permettent anj. de nommer maison de M. Obellius Firmus. On y a trouvé une belle peinture, et, près d'une sortie dérobée, les squelettes du propriétaire, de sa femme, de deux enfants et de deux esclaves.

Au bout de la str. di Nola, à 5 min. du carrefour, la Porta di Nola, on se trouvent l'entrée N.-E. des fouilles (v. p. 146) et la halte du chem. de fer local de Naples (v. p. 131). Juste devant la porte, au coin de la rue, se voient deux tombeaux en forme de bancs demi-circulaires, surmontés d'une pièce décorative.

Revenant sur ses pas, on prend la rue de la rég. V, entre les îlots 3 et 4, où se trouve àdr. lamaisondeMarcusLucretius Fronto (fermée). Dans l'atrium (atr. tuscanicum , v. p. 145), où l'on voit un joli pied de table en marbre représentant une panthère, le toit a été rétabli dans sa forme antique. Peintures intéressantes: \^ pièce à dr., Néoptolènie tué par Oreste à Delphes; 2* pièce à dr., au mur de dr., Thésée et Ariane; au mur de g., la Toilette de Vénus; dans le tablinuni, ci g.. Mars et Vénus; àdr., le Triomphe de Bacchus; dans le jardin, 1'"^ pièce à dr., au mur de dr., Pyrame et Thisbé; au mur de g., Bacchus et Silène. — Pins loin, à g., une maison avec une peinture inachevée. — Cette rue aboutissait à la Porta Capuaua où l'on a commencé, en 1912, des fouilles importantes.

En prenant, dans la ruelle de la V*" rég., entre les îlots 1 et 2, par la (>'' porte à dr. et le corridor à dr. de l'atrium, on trouve une belle maison, dite la maison des Noces d'argent («Casa délie Nozze d'argento», mise au jour en 1892 et en 190S; fermée), avec un atrium à quatre colonnes et un péristyle parfaitement conservé.

La maison appartient à la période du tuf (p. 145): les pointures (sans représentation figurative), pour la plujiart au II" et au IV" style (p. l'ifî). Derrière, à g., à côté du péristyle, un grand -^œtus- ou salle à manger où était disposé le tricliuiuni; à dr. du péristyle, les liains (vestiaire, bassin de jardin et deux pièces à chaufifagc) et la cuisine. A l'E., à côté de l'atrium, un grand jardin; à l'O. une petite maison, isolée plus tard. Le tout a été autant que possible reconstitué dans son état primitif.

Ou revient à la strada di Nola qu'on suit k l'O. jusqu'.au carrefour (p. 155) où l'on prend à dr. le prolongkmk.nt ok la sïraua Stabiana au nord. Au coin à g., une fontaine et un atdd des dieux

Sfr. Stabiana (partie N.). POMPET. I- R- 9. 157

lares; à côté, un pilier A^aquedvc. Ensuite, ;ï g., rég. VI, îlot 14, n° 20, nue maison qui a dans l'atrium un hernies du propriétaire M.Vesonius Primus, placé par Anteros, le caissier (arcarius); dans le périst3'le, une fresque colossale représentant Orphée. — N° 22, une maison de foidon (fullonica) ; bel impluvium avec table en marbre et fontaine. Au fond, trois bassins (v. p. 161) et des peintures murales représentant une fête des foulons et une scène de tribunal. — En face, à dr., rég. V, îlot 1, n» 26, la maison du banquier L. Cœdlius Jucundiis, où l'on a trouvé les tablettes mentionnées p. 87. Son affranchi Félix lui avait érigé dans l'atrium un hernies, avec l'inscription: «Genio L(uci) nostri Félix l(ibertus)>; le buste de bronze est une copie (original à Naples, p. 76). A g. dans l'atrium, le soubassement d'un laraire, avec un bas-relief représentant le côté N. du Forum. On remarquera les peintures, malheureusement très fanées, et surtout celles du tablinuni.

Au delà de la rue transversale suivante, rég. VI, îlot 16, n» 7, on a mis au jour, de 1903 à 1906, la maison des Amours dorés («Casa degli Amorini dorati»; fermée). Les dimensions exiguës de l'atrium sont caractéristiques de l'époque tardive de Ponipéi à laquelle la vie se concentrait dans les parties intérieures de la maison. A g. se trouvent le péristyle dont les colonnades ont été reconstituées d'après les vestiges antiques et le jardin qui est cultivé; ce dernier a aussi conservé toute sa décoration de sculptures de marbre. On voit également des bas-reliefs en marbre (masques de théâtre) encastrés dans la colonnade du S. Les peintures sont médiocres. On a rétabli le plafond de plusieurs des chambres en utilisant les débris qu'on en a trouvés. La première chambre à dr. est une chambre à coucher où sont marquées sur le sol les places pour un lit à deux personnes et pour un lit d'enfant; aux parois se voient, sous verre, des Amours en or laminé, fixés dans de petits champs ronds sur un fond de stuc bleu.

On prend ensuite vers l'O. la rue transversale citée plus haut. Au premier carrefour, la **maison des Vettii {domus Vettiorum ; rég. VI, îlot 15, n» 1; fermée), déblayée en 1894-1895, dont on a laissé en place les belles peintures de même que les ornements en marbre du péristyle. La maison doit son nom aux sceaux de deux affranchis qu'on y a trouvés. Les peintures de l'atrium, des ailes et de la chambre à dr. du péristyle sont antérieures à l'an 63 apr. J.-C. ; les antres sont postérieures à cette date (v. p. 146).

Dans l'entrée, sous clef, une représentation de Priape. A l'atrium, très belles peintures ornementales; de plus, une frise sur fond noir, où sont représentés des Amours livrés à diverses occupations et sur l'embase, de charmantes figures d'enfants. Dans une pièce à g. de l'entrée, Ariane abandonnée, Héro et Léandre. — l"'» pièce à g. de l'atrium: au mur du côté de l'entrée: Cyparisse et le cerf; en face, Lutte entre l'Amour et Pau devant Bacchus et sa suite; à dr., dans le haut, Jupiter adolescent et imberbe, sur un trône. — Le péristyle, reconstruit en partie et où l'on a rétabli la verdure, contient de nombreuses statuettes qui en-

158 l K 9. POMPÉI. Porta del Veaiivin.

voyaient de l'eau dau» des bassins de marbre. Entre les colonnes, trois tables do marbre, eello de dr. eu avant particuliôrenient belle. En deçà, (lu péristyle, doux salles à manger d(5cor(5es do peintures. Dans eelle do g.: Hercule enfant, lUoutïant les serpents en présence d'Amphitryon et d'AlenuNne; Pentiiéo tuo par les baccliantes; Dircé, Ampliion et Zétlius, groui)e (lu Taureau Farnèse. Pièce do dr.: Dédale et Pasipliaé; Ixion attaché sur la roue par Vulciiin (la femme voilée assise est sans doute une ilme destinée à rappeler les enfers), et Iris, annonçant co châtiment à Junon. qu'il avait insultée; Bacchus rencontrant Ariane. — La grande salle à iir. du péristyle, ridiement décorée, est la plus belle. Sur des bandes noires au-dessus de l'embase encore dos *Amours, savoir, en commeuçant à dr. : des Amours jetant des pierres contre une cible, d'autres faisant et vendant dos couronnes, faisant et vendant de l'huile, se livrant à des courses, orfèvres, ou foulons. Au mur du fond: les Vestalies, fête des meuniers et des boulangers, qui est aussi un jour de repos pour les ânes ; Vendanges et pressurage ; Triomphe do Bacchus. Côté g. : Vente du vin. Aux bandes semblables, au-dessous des panneaux plus étroits, Cueillette de fleurs. Sur celles qui accoMipaf,Mifut les compositions centrales des principaux côtés, trois sujets niytiiologiques. Côté dr.: Agamemnon, jiénétrant dans le sanctuaire de Diane pour tuer la biche sacrée; Apollon vainqueur du serpent Python. Côté g.: Ureste et Pylade en Tauride, devant Thoas et Iphigénie. Sur les champs en rouge, groupes isolés. Côté g.: Neptune et Amynione. Au fond: à g., Apollon et Daphné ; :i dr., Bacchus et Ariane. Côté dr.: Persée et Andromède. Du côté de l'entrée, à dr.. Hermaphrodite et Silène. A l'embase, des Amazones, des femmes avec des objets servant aux sacrifices, un Satyre et une Bacchante. -- 11 y a encore à dr. de cette salle un petit péristyle avec une salle à manger et une chambre à coucher. Dans la première, Achille reconnu parmi les filles do Lycomède et Hercule surprenant Auge. — A g. de l'atrium déjà vu, un autre petit atrium et au delà de cet atrium la cuiniiie, où les ustensiles sont restés eu place. A côté, une chambre fermée, avec peintures obscènes et statuette de Priape.

La rue qui passe devant la maison des Vettii mène au N. au château d'eau, bassin collecteur des eaux d'une antique conduite de réserve. Près de là, une colline d'où l'on jouit d'un beau panorama. — Immédiatement avant la porte dite Porta del Vesuvio, qui mène hors du nmr d'enceinte de la ville, M. Sogliano (p. 141) a mis au jour en 1908 une nouvelle voie dks tombeaux où l'on voit: le tombeau de l'édile C. Vestorius Pnscus en forme d'autel, à ornementation en stuc et placé entre quatre piliers qui lui servent de clôture; une colonne couronnée autrefois d'un cadran solaire et dont la base carrée repose sur une substruction ronde pourvue d'un banc; le tombeau de Se2)timia, he.xaèdre orné d'une eoloune en tuf.

De retour ;\ l'entrée de la maison des Vettii, on voit au coin du 13« îlot, un pilier d'aqueduc avec de nombreux tuyaux en plomb. A dr., îlot 11, n" 10, la maison du Labyrinthe (fermée), belle maison à deux atria. Une pièce derrière le péristyle renferme un pavement en mosaïque, Thésée et le Minotaure. La moitié g. de la maison comprend les communs, des bains et un fournil.

Du pilier d'aqueduc, on gagne au S. la stkada di Nola (p. 155). En face du point où l'on y débouche, rég. IV, îlot 4, n» 48, la maison de la Chasse («Casa délia Caccia»; fermée). Du tablinum, décoré de belles peintures, on passe dans le péristyle, où l'on remarque, en

Str.diNolafpariieO.). POMPEI. I.R.9. 159

face, des Combats d'animaux (d'où le nom de la maison); à dr., des paysages, avec Polyphème et Galatée. — A g., n« 51, la maison d Ariane («Casa di Ariauna»; fermée). De l'entrée qui est derrière (deux chapiteaux à figures), on traverse d'abord un jardin, puis on passe dans un péristyle, à chapiteaux autrefois peints en diverses couleurs. A dr., une pièce décorée de belles peintures.

A g., u" 57, la maison des Oiapiteaux à figures («Casa dei Capitelli figurati»), où des bacchantes et des faunes décorent les chapiteaux des piliers de l'entrée. Dans le péristyle, six colonnes d'un anc. pavillon et un cadran solaire; sur le derrière, une pâtisserie, comme ou l'a reconnu aux objets qu'on y a ti'ouvés et au four qui subsiste encore. — A g., n" 59, la maison au Mur noir («Casa délia Parete nera»; pi. 1 ; fermée), qui a derrière le péristyle une belle chambre à peintures sur fond noir.

En face, à dr., rég. VI, îlot 12, n°^ 2 à 5, la *m.aison du Faune (fermée), ainsi nommée parce qu'on y a trouvé, à côté de l'impluvium du grand atrium (où il y a aujourd'hui une reproduction), une statuette en bronze d'un Faune dansant (p. 77). Cette maison, la plus considérable de la ville, occupe tout un îlot; elle a 80 m. de long et 35 de large (v. p. xlvi). P>lle avait les plus belles mosaïques (auj. à Naples; p. 68), mais presque pas de peintures murales. Le stuc des murs, dn ii« s. av. J.-C, imite un revêtement de marbre polychrome (v. p. 146). Sur le trottoir devant la maison on lit le mot HAVE. Il y a deux entrées et deux atria. L'atrium de g. (9 m. 90 sur 16 m. 11) est uu atrium tuscanicum (p. 145); celui de dr., plus simple, repose sur quatre colonnes et servait de vestibule aux dépendances à dr., telles que bains, cuisine, etc. Le péristyle avait 28 colonnes ioniques en tuf, revêtues de stuc. C'est dans l'espace à colonnes ronges qu'on a trouvé la célèbre mosaïque de la Bataille d'Alexandre (p. 75). Derrière s'étend un jardin à portique d'ordre dorique.

Quelques pas plus loin débouchent, à g. la str. del Foro, à dr. la str. di Mercurio (p. 161).

Au coin de la strada del Foro, à g., rég. IV, îlot 4, n» 1, le temple de la Fortune, construit par M. TuUius, sous le règne d'Auguste, selon l'inscription de l'entablement (aujourd'hui dans le temple) d'une chapelle située derrière. Il était fermé par une grille garnie de portes.

Dans la strada del Foro (p. 149), on trouve, à dr., un petit musée, composé d'objets provenant d'une villa déblayée en 1897 aux environs de Boscoreale (p. 166). Dans la l'« pièce, un moulin à main et une machine à presser les olives. Dans la 2», un moulage d'armoire en bois. Derrière, à g., une très curieuse baignoire, avec son appareil de chauffage et les réservoirs en plomb pour l'eau chaude et l'eau froide. Des conduits en plomb, fort bien conservés, permettaient d'alimenter d'eau chaude et d'eau froide à volonté, non seulement la baignoire, mais encore le bassin aux ablutions (labrum) qui n'existe plus. — A côté du musée, un magasin de photographie.s.

En poursuivant dans le prolongement de la strada di Nola, on

If.O J. II.!). POMPÉI. Str.di Noht (prolony. O.).

arrive à g., rég. IV, Ilot 5, n» 2, ;\ l'entrée des *thermes («Ternie (lel Foro»; i'erniés), qui occupent l'îlot tout entier. Ji'établissemcnt avait six entrées; deux d'entre elles donnaient sur une jolie cour irrégulière, entourée d'arcades et de colonnades. De là, ou directement de la rue par l'entrée du n" 2, on pénètre dans le vestiaire (v. les thermes p. 153 et lô;')), entouré de bancs. 11 y avait dans la voûte une ouverture vitrée. Derrière à g., le bain froid, de forme ronde, très bien conservé. L'eau jaillissait horizontalement d'une bouche (le cuivre plate, en face de l'entrée, et passait sous le seuil; une seconde bouche dans le bas servait à la vidange. A dr. du vestiaire, le tepidariuni, qui a tout autour une frise supportée par des Atlantes en terre cuite et des niches pour les habits. A la voûte, de belles figures de stuc en relief. A g. se voit un grand brasier en bronze qui servait à chauffer la salle, ainsi que trois bancs du même métal, don de M. Nigidins Vaccula, comme dit l'iuscription. La vache sur le brasier et les têtes de vaches qui ornent les bancs font allusion au nom du donateur. A côté se trouve l'étuve, qui avait des murs creux et un pavé double pour le chauUage. A g., le bassin eu marbre (labrumj, où les baigneurs se lavaient la figure et les mains; il coûta, au dire de l'inscription, 5250 sesterces (1425 fr.). A l'autre bout, le bassin pour les bains chauds. — L'accès du fourneau est dans le prolongement de la str. di Nola par l'entrée du n" 7, qui conduit aussi à une petite cour où il y avait deux colonnes, dont l'une portait sans doute un cadran solaire. — Au n" 8, les bains des femmes, qui sont fort simples.

Presque en face des thermes, rég. VI, îlot 8, n" 5, se trouve la *inaison du Poète tragique (fermée; on y accède par une entrée latérale), une des plus jolies de Pompéi, ainsi nommée d'après une fresque et une mosaïque trouvées dans le tablinum : un Poète lisant, ou plutôt Admète et Alceste, et une Répétition théâtrale, maintenant à Naples, ainsi que des peintures représentant de belles scènes de l'Iliade. C'est dans cette maison que Bulwer Lytton a placé l'habitation de Glaucus, dans ses «Derniers jours de Pompéi», écrits en 1834. Sur le seuil, un chien à la chaîne en mosaïque avec l'inscription: «Cave canem». Derrière le péristyle, un petit temple dans lequel se trouvait une statuette de Silène. Dans le triclinium à dr., un Jeune homme et une Jeune fille considérant un nid d'Amours (au-dessus, Marsyas jouant de la fiûte et Olympus), Thésée abandonnant Ariane, puis Diane et Orion (?); sur les côtés, des personnifications des saisons.

Plus loin k dr., après la rue transversale, rég. VI, îlot 6, n*> 1, la maisou de Pansa (dotniis On. Allei Nigidi Mai), une des plus grandes de Pompéi (!t8 m. de long sur 37 m. 80 de large), occupant tout l'îlot. Elle a des boutiques et des logements sur deux rues. Il y avait sur le seuil, en mosaïque, le mot SALVE. Voir le plan de cette maison p. 142.

Str. di Mercurio. POMPEI. I- R- 9- 161

On rebrousse chemin, et prend à g., en deçà du temple de la Fortune (p. 159), la strada di Mercurio, voie importante à l'entrée de laquelle est une arcade en briques qui portait une statue équestre en bronze, maintenant à Naples (v. p. 76), avec des traces de tuyaux d'un aqueduc.

A g., n" 14, un petit laraire ou sanctuaire des dieux lares.

A dr., n» 7, la inaison de l'Ancre, ainsi nommée d'après une ancre en mosaïque, sur le seuil. A côté du tabliuum se trouve le péristyle, dont les galeries (écroulées) étaient situées plus haut que le jardin. Ce dernier, où l'on descend par un escalier, est au niveau da vico del Fauno et entouré d'un crypto-portique, avec niches et autels.

A g., no 20, la Pullonica ou maison du Foulon. Les piliers carrés supportaient une galerie (solarium) où l'on faisait sécher le drap. Sur l'un de ces piliers étaient des peintures relatives au métier de foulon; elles sont actuellement à Naples (v. p. 82). Tout autour se trouvaient les logements, les chambres et des ateliers. A g., la cuisine, avec un four. Derrière, quatre bassins de ditl'érents niveaux, dans lesquels on lavait les draps. On les foulait, avec les pieds, dans les petits réduits à dr. A côté de l'établissement, n" 21, l'atrium à six colonnes, qui communiquait avec lui par une porte.

A g., w" 22, la maison de la Grande Fontaine (fermée) ; dans le jardin, une belle fontaine en mosaïque. — A g., n" 23, la maison de la Petite Fontaine. Sa fontaine en mosaïque est ornée d'un beau petit groupe en bronze, un Enfant avec une oie (copie; l'original est à Naples). Les murs à côté sont ornés de paysages réalistes intéressants.

A dr., n» 1, une taverne, dont l' arrière-boutique (fermée) est décorée de peintures bachiques: Voiture avec une outre de vin. Joueurs et buveurs. Mets divers, etc. Dans le coin à g., un Soldat auquel on verse à boire, et au-dessus les mots: da fridam pusillum (un peu d'eau fraîche). Dans une pièce voisine: Polyjjhème et Galatée, Vénus à la pêche. — En face de la taverne, une fontaine avec une tête de Mercure qui a fait donner son nom à la rue.

Plus loin, au delà du vicolo di Mercurio, à dr., rég. VI, îlot 9, n° 6, la maison de Castor et Pollux {domus Cn. Ceetroni Eutychi; fermée), en réalité deux maisons réunies en une seule. Derrière l'atrium, du style corinthien, le tablinum et un jardin avec le laraire. Belles fresques: dans une pièce à dr. du tablinum, à g., la Naissance d'Adonis; du côté de l'entrée, Minos et Scylla; dans une pièce à g. du jardin, Apollon et Daphné. A dr. de l'atrium, un grand péi'istyle, tout autour orné de peintures; à la paroi à g. en entrant, la Vénus de Pompéi. Pins loin, droit devant soi, le n° 7, simple maison servant de communs.

Plus loin à dr., n»" 5 à 3, la maison du Centaure; à dr. de

Baedeker. Italie méiidiuuale. 15» iJd. H

102 /. B. 9. POMPEI. Strada di Sallustio.

l'entrée du n" 3, chambre à coucher avec une imitation de revêteirient en marbre (v. ]). 14(i).

A côté, u" '2, la maison de Méléagre (formée). Dans l'entrée, :\ dr., Mei'cnre oUrant une bourse à la J^'ortunu; dans l'atrium, une table de marbre dont le dessous est disposé pour ral'raîchir dans l'eau les aliments et la boisson; dans le péristyle à g. de l'atrium, jidie fontaine; à dr. du péristyle, un prétendu œcus d'ordre corinthien (p. 14()), entouré de colonnes; au mur de dr., un Jeune satyre (dl'rayant une bacchante en lui présentant un serpent; à g. de l'œcus, une salle peinte, où se voit, au mur de g., le Jugement de Paris.

De l'autre côté, au bout de la rue, rég. VI, îlot 7, n" 23, la maison d^ Apollon {do7nus A. Herennlei Commanis ; fermée); elle tire son nom des peintures qu'on y a trouvées et cpii représentaient ce dieu. Derrière le tablinum, qui a de belles peintures, une fontaine d'un style bizarre. A dr., au fond du jardin, une jolie chambre à coucher, pour deu.x lits, ornée à l'extérieur d'un paysage avec une bacchanale et d'une mosaïque, Achille à Scyros. A l'intérieur, entre des décorations architecturales, Apollon et Marsyas et autres sujets mythologiques.

En revenant, on a à dr. , n" 18, la maison d'Adonis {domus M. Asellini; fermée). Du côté du jardin, à dr., un Adonis blessé, plus grand que nature, soigné et plaint par Vénus et des Amours; sur les colonnes peintes, à g. et à dr., Achille et Chiron. Dans une pièce à g., la Toilette de l'Hermaphrodite.

On tourne maintenant à dr. et suivant la partie 0. du vicolo di Mercurio, ou arrive bientôt à la stkaua di Sallustio, qui mène vers la porte d'Herculanum. C'était une rue animée, mais elle avait peu de maisons remarquables.

Dans la str. di Sallustio, immédiatement à dr., rég. VI, îlot 2, n" 4, la maison de Salluste {domns A. Coss. Libani; fermée). Les murs de l'atrium et des ])ièces adjacentes sont recouverts de stuc imitant le marbre (I«"' style, p. 146). Dans le petit jardin derrière le tablinum se trouve, à g., une maçonnerie sons un berceau, tenant lieu des trois lits dutricliniuni d'une salle à manger. Adr.de l'atrium, un petit péristyle, appelé sans motif veneream: au mur en face, Actéon guettant Diane au bain; à g., Europe sur le taureau; à dr., l'hrixus et Hellé; dans la petite pièce de dr. , Mars et Vénus, en bas, Paris et Hélène.

Ilot 2, n" 6 (et îlot 3, u" 3), boulangerie, dont on voit le four et les moulins, que mettaient en mouvement des ânes ou des esclaves.

Là, à la bifurcation, une fontaine et, derrière, une construction ((u'on a prise à tort pour un réservoir. On continue à g. par la strada Consolare. Les maisons à g., sur le versant de la colline ([u'occujjait la ville, avaient souvent plusieurs étages et de granties pièces voûtées servant de magasins.

Porte d'Hercîilanum. POMPEI. -f- R- 9. 163

La grande salle ouverte à dr., n» 13, passe sans raison pour une espèce de bureau d'octroi; on n'eu connaît pas la vraie destination.

Ensuite, à dr., n» 10, la maison du Chirurgien, ainsi nommée parce qu'on y a trouvé beaucoup d'instruments de chirurgie, se distingue par sa construction solide, en blocs de pierre calcaire; c'est probablement la plus ancienne de la ville (v. p. 144).

Plus loin, à g., u" 3, une auberge avec un phallus sur la rue, pour conjurer le mauvais œil. Elle a deux comptoirs et plus loin une porte cochère. — Il y en a une autre à dr., au n° 2, avec une entrée pour les voitures.

La porte d'Herculanum (41 m. 93 d'alt.), probablement du temps d'Auguste, a trois passages de 18 m. 10 de longueur, ceux des piétons entièrement voûtés, celui des voitures, voûté seulement aux extrémités. A dr., une rampe (fermée) conduit sur le mur d^enceinte de la ville, où on montera à cause des charmants coups d'œil qu'il offre sur le golfe avec Caprée à l' arrière-plan, sur Revigliauo, petite île rocheuse et pittoresque, près de la côte, et à dr. sur Torre Aununziata. Ce mur d'enceinte se compose de deux murs juxtaposés, dont l'intervalle est rempli de terre. La hauteur du mur extérieur varie, selon le terrain, de 8 à 10 m.; le mur intérieur a partout 2 m. (30 de plus. Les murs étaient primitivement construits eu gros blocs de tuf et de pierre calcaire. On suppose qu'ils avaient été négligés et en partie détruits pendant la longue paix du 11^ s. av. J.-C. , qu'ils furent réparés avec du blocage fait de petits morceaux de lave dans du mortier et renforcés par des tours, peu de temps avant la guerre Sociale (p. 142). Ces deux espèces de construction se reconnaissent immédiatement à la porte d'Herculanum. — A partir d'id, voir le supplétuent au revers du plan, côté gauche.

En dehors de la porte s'étendait peut-être le fauboui-g nommé, en l'honneur d'Auguste , pagus Augustus Félix et auquel appartenaient les constructions bordant le chemin en partie déblayé à cet endroit. C'est ce qu'on appelle la*voie des Tombeaux («strada de' Sepolcri»). On connaît la coutume des anciens d'enterrer leurs morts le long des routes; des fouilles ont prouvé qu'il existait aussi des tombeaux aux autres portes de Pompéi (v. p. 152 et 158). Cette voie des Tombeaux est, au point de vue pittoresque, la plus belle partie de la ville.

A dr. , n" 1, un grand tombeau dont la partie supérieure est détruite. Il avait sans doute la forme d'un autel; le soubassement renferme le caveau qui contenait des urnes cinéraires.

A g., n» 1, le tombeau de Cen'rinius, niche avec des bancs. On a prétendu y avoir trouvé le squelette d'un soldat fidèle à son poste jusqu'à la mort, mais c'est une pure invention, comme beaucoup d'autres légendes de Pompéi.

1G4 /• -R. 0. POMPEI. Voie des Tombeaux.

A dr. se détaclie une rue ou est (n» 2) le tombeau de Térence, en ruine. — A g., n" 2, tombeau du duuinvir A. Veius, en forme de banc en hémicycle avec le piédestal de la statue. — A ^., n° 3, le tombeau de M. Porcins, peut-être celui (jui a construit l'ampliitiiéâtre et le petit théâtre. D'après l'inscription, la ville accorda 25 pieds carrés de terrain pour son tombeau. — A g., n"4, le tombeau de Mainia, eu forme de banc, comme le n" 2, avec une inscription. Derrière, entouré d'un petit mur, un tombeau en forme lie temple, avec niches pour les urnes cinéraires. — A côté, une rue murée. L'inscription du coin (copie) dit que le tribun Suedius Cleiiiens a rendu à la ville, sur l'oi'dre de Vespasien, un terrain (jui avait été usurpé par des particuliers; la statue de ce tribun, trouvée en cet endroit, est maintenant à Naples. — Ensuite, n"» 5 à 15, la prétendue villa de Cicéron (p. 142), recouverte de décombres. Les ])iliers encore visibles faisaient partie d'un portique qui longeait la rue. Devant, toute une série de boutiques.

Plus loin à dr., n"6, le tombeau aux Gidrlandes, ainsi nommé d'ajirès sa décoration. — A dr., u" 9, une niche avec un siège, restes probables d'un monument funéraire. — Adr., n"» 10 et 11, deux boutiques; n" 12, la maison aux Colonnes de mosaïque, dépendance d'une villa située dans le haut. L'entrée donne d'abord sur un jardin, où il y avait un pavillon à quatre colonnes en mosaïque (auj. à Naples, v. p. t5y). Au fond se trouve une niche de fontaine revêtue de mosaïque. A g., une cour avec un laraire et un autel. Deux escaliers conduisent au premier étage.

A g., plusieurs grands monuments fout suite à la villa de Cicéron. N" 10, tombeau composé d'une chambre sépulcrale et d'un autel qui la .surmonte, le type le plus fréquent dans cette rangée. N" 17, tombeau de iScaurus, avec quelques restes de bas-reliefs en stuc représentant des combats de gladiateurs. Le caveau a des niches pour les urnes cinéraires.

A dr., une rangée d'arcades qui formaient un portique derrière lequel étaient des boutiques. Tout au bout, n"'* 31, 32, dans la rue (|ui n'a pas encore été déblayée, des tombes eu forme de cercueil en calcaire qui remontent an temps des Osques (iiiMi* s.), où l'on ne brûlait pas encore les morts et où l'on plaçait à côté d'eux des vases de terre ornés de peintures.

A dr., plusieurs tombeaux inachevés.

- A g., n" 20, le remarquable tombeau de Calventius Qiiietus, un augustal. Sous l'épitaphe est représenté le biselliuiu ou siège d'apparat (|ui lui fut voté pour son usage au théâtre.

A dr., n» 37, le tombeau de M. Alleius Lucdus Libella et de son fils, en travertin, bien conservé, avec inscriptions.

A g., n" 22, le tombeau de Nievoleia Tijché, avec chambre pour les urnes, sépulture de l'att'ranchie de ce nom, du magistrat du quartier, C. Muuatius Faustus, et de leurs aH'rauchis. Sur le

Voie des Tombeaux. POMPEI. ^- ^- S- 165

devant, nn bas-relief relatif à l'inaugnration du tonibean; snr les côtés, à g., le siège d'apparat de Mnnatius; à dr., nn vaisseau entrant an port, symbole de la lin de la vie humaine. — A g., n" 23, un triclinium pour les repas funéraires.

A dr. , dans un site élevé, quelques tombeaux en partie fort endommagés, entre autres (n° 41) celui de N. Velasins Grahis, âgé de 12 ans; petite niche avec pierre tuniulaire en forme de tête, spéciale à Pompéi. Plus loin, les monuments funéraires que l'affranchi M. Arrvis Diomède se fit ériger à lui-même (n» 42), à sa famille et à son ancienne maîtresse ^î'ria (n» 43). Les faisceaux (fasces) de stuc en relief sur le tombeau de Biomède (n» 42) rappellent sa dignité de magistrat du «pagus Augustus Félix» (p. 163).

Vis-à-vis, à g., no 24, la *villa de Diomède (fermée), ainsi nommée d'après la sépulture n" 42. Un escalier à deux colonnes y conduit directement à un péristyle. On entre de là, à g., dans la salle de bains. En face se trouve un portique précédé d'une terrasse. De là, la vue s'étend sur la partie de la maison située plus bas, c.-à-d. sur un jardin de 33 m. en long comme en large, avec un bassin et un pavillon à six colonnes au milieu, entouré d'un portique. Il y a un escalier à g. de la terrasse et un autre à dr. de l'entrée. Sous trois côtés du portique s'étendent des caves voûtées, éclairées par de petits soupiraux; des escaliers y descendent aux deux extrémités On y a trouvé 18 cadavres de femmes et d'enfants, avec des provisions de bouche de toute sorte. Ces personnes y avaient cherché un refuge, mais les cendres pénétrèrent par les soupiraux elles malheureuses tentèrent trop tard de gagner la porte; elles furent tontes étouffées; on les trouva, la tête voilée, à moitié ensevelies sous ces cendres. Ijo propriétaire présumé de la villa fut trouvé, la clef à la main, près de la porte du jardin aujourd'hui murée, et à côté de lui, un esclave avec de l'argent et des objets de prix.

Des fouilles particulières, faites en 1909 hors du rayon de l'Etat, à 200 m. à l'O. de la villa de Diomède, par l'hôtel Suisse (p. 141, où l'on se procure l'autorisation pour visiter), ont mis au jour une villa décorée d'excellentes peintures murales du temps d'Auguste (11<" style, p. 146; acquises par le gouvernement): dans le grand triclinium de la partie S., une bande continue de 17 m. de longueur, portant *24 magnifiques figures aux ^j^ de la grandeur naturelle, représentation probable d'une initiation de femmes aux mystères de Bacchus; le groupe le plus beau est celui d'une danseuse vue de dos et d'une jeune fille mollement assise sur les genoux d'une personne plus âgée; dans les deux pièces attenantes à l'O., des figures isolées de même nature; au delà du corridor, vers le N., un œcus (p. 146) dont la porte est revêtue d'excellentes peintures. La partie N. de la villa comprend à l'E. les communs et à l'O. le grand péristyle qui n'est déblayé qu'en partie.

166 /• R- !>. rOMPET. Amphithéâtre.

L'amphithéâtre est h l'B., isol^ des antres parties déblayées de la villo. Pour voir l'intérifur, on jiciit aiissi prendre son billet (p. Md) ;i l'entrée mênie de l'édifice, ('onimc il n'est pas permis de retourner de là aux fouilles sans payer à nouveau, on fera bien de réserver sa visite jxMir la fin. On se rend à rampliithéàtre: 1" de la grand'route, par le chemin oui s'en détaclie en face «e l'Albcrgo del Sole; 2" de l'intérieur du champ lie ruines, on jM-euant le sentier «jui continue la str. dell' Abhondanza à l'E., franchit une hauteur qui offre un beau coup d'œil sur une partie des ruines, et passe devant le puits profond du Sarno (env. 8 min. à partir des thermes de Stables, p. 15;-!).

Ji'aniphithéâtre, situé à l'extréniité orient, de la ville antique, ni! présente rien de remarquable à l'extérieur, d'autant plus que, pour en faciliter la construction, on en avait creusé une grande partie dans le sol. Il y a tout autour, à l'extérieur, une galerie découverte, accessible par des escaliers qui servaient aux spectateurs à atteindre les places du liaut. L'entrée prineipale (au N.-O.) a une forte pente. Le grand axe mesure 135 m. (j5, le petit, 104 m. L'édifiée pouvait contenir 2(U)00 personnes. On y distingue 3 séries de gradins, la première de 5, la seconde de 12, la troisième de 18, avec une galerie au-dessus, l^es sièges sont comme au petit théâtre (v. p. 152). Ce monument a été commencé l'an 70 av. J.-C. et continué à dilférentes époques.

De l'anipliithéàtrc, on va à l'E., par la route, eu 10 min. env. à la stat. de Vaile di ronipeA de la ligne principale (p. 188) ou de la ligne locale (p. 131). — En poursuivant dans cette direction, on trouve derrière la seconde maison à g. quelques tombeaux qui étaient sur la route antique de Pompéi à Nueéric. On peut oi-dinaircment les visiter moyennant un pourboire.

Près de Boscoreale (p. ISl), à 4 kil. au N. de Pompéi, on a découvert en 1897 une villa romaine (v. p. 159), qu'on ne peut voir qu'avec une autorisation du propriétaire, M. De Prisco, à Bo-scorcale. II en reste surtout les communs, ovi l'on remarque les pressoirs et une grande cour dans le sol de laquelle sont de grands vases en terre («dolia») destinés à recevoir le vin venant du pressoir. En 1895, on a trouvé ici le trésor dit de Boscoreale, 94 pièces d'argenterie de travail gréco-alexandrin et romain, qui ont été actiuises pour le Louvre par M. E. de Rothschild. En 190(1, M. De Prisco découvrit dans une autre villa, comblée de nouveau, env. 70 fresques murales des derniers temps de la République, dont huit sont maintenant exposées au musée de Naples.

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