‹ Italie méridionale, Sicile, Sardaigne, Malte, Tunis, CorfouChapitre 47 sur 127 · De Naples à Palerme, par mer · texte numérisé non relu

De Naples à Palerme, par mer

L'est et le sud de l'Italie méridionale sont bien moins intéressants que la partie occidentale, quant aux beautés naturelles et au point de vue historique. Malgré cela, ces régions sont loin d'être déshéritées; la richesse du sol y est inépuisable, et la nature ne leur a pas refusé leur large part des beautés dont elle a comblé l'Italie.

Les Apeknins s'étendent à peu de distance du littoral, en formant quantité de vallées qui communiquent entre elles principalement par la côte. Il y a d'abord, au S. d'Ancône, environ du 43» au 42» degré de latit., V Apeutiiii central, qui comprend les trois provinces des Abrusses (Chieti, Teramo et Aquila) ou l'ancien Samniutn, et qui forme plusieurs groupes continus, depuis les monts Sibi/Uhis (2478 m.) jusqu'au Gran Sasso d'Italia (2914 m.) et à la Maiella (2795 m.), ses plus hautes cimes, couvertes de neige jusqu'au mois de juillet. Au delà du 42» degré, les

BaeJeker. Italie méridi(jnale. !.')'• éd. 14

20»i L'EST ET LE SUD DU PAYS.

iiioiitagues, sous le nom d'Apewiin napolitain, s'éloignent de plus en plus de la côte orientale; le mont. Gart/ano (lOôti m.), qui s'avance seul dans la mer, appartient plutôt aux montagnes de la Dalmutie. Puis vient la vaste plaine (l'A]iulie, composée de terres arables et de prairies et prolongée au S. par une série do collines. Au 41« degré, une ramification dos Apennins tourne au S.-O.; la brandie principale, se dirigeant vers le S., forme la presqu'île do Oalabre et un plateau calcaire à l'E., la presqu'île d'Aiiulio. Le calcaire mt la roche dominante dans la chaîne des Apennins proprement dits; ce n'est que dans la Ctalabre, à partir de la vallée du Orati, qu'on retrouve le granit, le gneiss et le schiste micacé (^omme roohe constitutive dos terrains primitifs. Les grandes coupures, telles que la vallée du Crati, celle de Mesima, le golfe de Grioia sont le théâtre principal des tremblements de terre qui de tout temps ont désolé la Calabrc et l'extrémité N.-E. de la Sicile (p. 281), toutes deux également constituées, et y ont fait sentir leurs ravages plus que partout ailleurs en Italie. On n'en compte pas moins de 10 par siècle, dont celui de 178;i a coilté la vie à plus de 32000 personnes et celui de 1908 (p. 387) ;\ prés de 100000.

La CÔTE OKiKNTALE, baiguée par l'Adriatique et comprenant la Marche d'Aiicôiie, les Abruzzes, la Capitauate, la Terre de JHari et la Terre U'Otranfe, est plate, uniforme et presque dépourvue de ports. Les villes et les villages sont pour la plupart situés sur les hauteurs; ce n'est qu'au S., dans les ancieuues provinces de VAptilie et de la Calabre (v. ci-dessous) appelées aujourd'hui du nom commun de PottUlea, que la côte s'anime et que l'on rencontre des ports considérables comme ceux de Bari, de Brindlsi et à'Otrante.

Parmi les provinces du sud, l'anc. Basilicate, la Lucarne de l'antiquité, maintenant province de Potensa, n'est intéressante qu'à l'O., tandis que toute la Calabre, l'anc. Bnttiiim, qui ne porte que depuis le moyeu âge le nom de la presqu'île S.-E., se distingue par ses beautés naturelles. Les bords du golfe de Tarente étr.ient couverts dans l'antiquité de colonies grecques nombreuses et florissantes qui formaient la 0 rand^- (Irèxe; aujourd'hui, c'est à peine si l'on rencontre encore quelques traces de l'ancienne prospérité. La décadence a commencé sous la doiuinatiou romaine. Les arts et la civilisation du moyen âge ne sont pas arrivés jusqu'ici. Le sol appartient à la noblesse. Ou cherche en vain, sur ces rivages déserts et désolés, les magnifiques chaïujis dont Sophocle a vanté les récoltes. La malaria y a établi son empire; sur lOOOÛO hab., elle en frappait jusqu'en ces derniers temps 1 eu Piémont, 30 dans les Abruzzes, 49 eu Sicile, 52 en Ualabre, 77 dans les Pouilles, 153 en Sardaigue, 175 dans la Basilicate. Les plantations d'eucalyptus faites pour combattre le fiéau (v. p. 2t>4) ont été reconnues iuefficaces et l'installation aux portes et aux fenêtres des habitations de toiles métalliques impénétrables à l'anophèle (p. xxi), insuffisante. Mais dans ces dernières années le gouvernement est parvenu, par des distributions de quinine et surtout gràee à l'emploi préventif de ce remède, à améliorer la situation au point qu'on a pu rendre à la culture des ré'gious jusqu'alors inhabitables. La malpropreté qui règne dans les villages est souvent surprenante. Le brigandage, ([ui y Hérissait jadis, est depuis lougtenii)s réprimé, mais il a encore récemment tro\ivé un représentant (Musolino). Pour voyager en dehors des grandes routes, il est indispensable d'être muni de recommandations. On a d'ordinaire les meilleurs renseignements chez le pharmacien (flirmacista).

Il n'y a d'hôtels ou d'auberges passables que dans les principales localités (^u'ou devra naturellement prendre pour point de départ dans SCS excursions journalières, si l'on ne se résigne à moins d'aise et do commodité. Dans les petits endroits, il faut insister pour avoir une chambre à part, sinon l'on court facilement le risque d'avoir à coucher, selon l'usage du pays, dans une chambre commune. Dans les montagnes, les endroits éloignés du chem. de fer sont desservis par une voiture publique dite «(^irriera», étroite et malpropre, mais souvent cependant encore le meilleur moyen de transport, si l'on ne peut avoir un âne («vettura», 3 fr. par jour).

Page 1