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De Girgenti à Syracuse par Canicatti et Licata

On se rend de Girgenti à Syracuse par le chemin de fer de Cataue (R. 30), par le bat. à vap. (une fois par sem., le mardi à 1 h. du mat. de Porto Empedocle par Palma, Licata, Terrauova, Scoglitti, Marzamcmi à Syracuse en 19 h.; embarq. ou débarq. 1 fr.) et par la ligne secondaire qui passe par Canicatti et Licata, sur laquelle il n'y a pas d'express; ;-i03 kil., pas de train direct (eu sens inverse, train direct en 14 h.). Il n'y a guère d'intéressant de ce côté que les excursions dans le Val. (V Ispica et à Palazsolo Acreide, qui se font de Modica, ainsi que quelques sites pittoresques qu'on découvre du cliem. de fer, par ex. près de Ragusa et près de Modica; aussi cette route est-elle rarement choisie par le touriste. On ne trouvera ci-après que des indications sommaires.

De Girgenti à Canicatti (39 kil.), v. p. 365, 366. La ligne de Licata s'abaisse lentement vers la côte, comme la grande route, en décrivant de grands lacets. Les talus de la voie sont eu maints endroits tapissés d'orpin, plante qui fleurit au printemps; le palmier nain pullule dans les pâturages. Les chèvres de la contrée ont de grandes cornes, semblables à celles de l'antilope. — 49 kil. Délia. — 58 kil. Campobello, ville de 12 095 hab., dans une contrée fertile; importantes mines de soufre. — 67 kil. Favarotta, précédée et suivie de longs tunnels. — 75 kil. S. Oliva.

85 kil. Licata (liôt. : Iniera, ch. 1 fr. 50 à 3, Sicilia; agence consulaire de France; bat. à vap., v. ci-dessus), ville de 22993 hab., la plus commerçante de la côte méridionale, fait une grande exportation de soufre. Située au pied d'une colline appelée Poggio di S. Angelo, VEknomos des Grecs, près de l'embouchure du Fiume Salso (p. 367), elle a remplacé une autre ville que Phintias, tyran d'Acragas, y créa vers 284, après la destruction de Gela par les Mamertins, et qui prit le nom de son fondateur. Son nom actuel vient de l'arabe lÀnbiyâdhah.

Licata fut une citadelle phénicienne et carthaginoise, que les Carthaginois occupaient en 311, lors de leur guerre contre Agathocle, tandis que celui-ci avait pris position de l'autre côté de la rivière. C'est dans ces parages qu'en 256, Régulus, avant d'(jpérer sa descente en Afrique, délit la flotte carthaginoise dans une des batailles navales les plus mémorables que connaisse l'histoire; près de 300 000 combattants y prirent part. Sept ans plus tard (249), Carthalon, secondé par une tempête, y détruisit une gianue flotte de transport romaine.

Le chemin de fer longe plus loin la côte. Grande culture de céréales. — 96 kil. Falconara, avec un château moderne, au baron Bordonaro. — 109 kil. Butera, stat. pour la petite ville de ce nom (402 m.) située à 10 kil. au N. sur le versant de la montagne; elle appartint aux Sarrasins de 853 à 1089. Le prince de Butera était le premier des grands de Sicile. — Puis un pays stérile, les canipi Geloi de Virgile.

120 kil. Terranova di Sicilia (Alb.-Rist. Trinacria; viceconsulats de France, de Russie et de Danemark; bat. à vap., v. cidessus), ville de 22019 hab., avec un port de mer, fondée sur une

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colline par l'cnipereur Frédéric II, n'offre rien d'intéressant. Elle est traversée de l'O. à l'K. par une longue rue, le Corso. — Terranova occupe l'eniplaceinent de l'anc. Gela, où Eschyle mourut l'an 45(5 av. J.-C. On voit encore à l'E., à 10 min. de la ville, sur la colline dite des Moulins à vent, de faibles vestiges d'un temple dorique du v*^ s. av. J.-C; la rivière coule 300 pas plus loin. On suppose sans motil' que ce temple, au-dessous duquel turent découverts en lilO() les débris (fragments du stylobate et des terres cuites de couleur ayant servi au revêtement) d'un temple encore plus ancien, était celui d'Apollon, dont la statue fut envoyée par Hiniilcon à Tyr, où Alexandre le Grand la trouva. — Tout autour et plus particulièrement au-dessous du faubourg de Borgo et sur la hauteur du Capo Soprano à l'O. s'étendent, au S. de la voie ferrée, les nécropoles systématiquement explorées de 1900 à, 1905 par P. Orsi (p. 432). Les innombrables tombeaux n'étaient pas désignés par des pierres tumulaires; ils renfermaient fort peu d'urues en pierre, mais presque tous de magnifiques vases grecs décorés de peintures.

Gela, fdiutûe en 089 par une colonie doriennc sous Antiphème de Hliodes et Entimc de Crète, prospéra si vite qu'elle put bâtir Aoragas eu 582. Après un gouveruement aristocratique, Cléaudre s'empara du pouvoir. Sous le règne d'Hippocrate, frère de Cléaudre, Gela atteignit le couible de la prospérité (498-491). Sou successeur, Gélon, transféra la résidence des Déinoménides à Syracuse et y emmena la moitié des liabitants ; les autres restèrent sous la domination de son frère Hiérou. Gela fut prise et détruite par les Carthaginois en 405, sous Himilcou. La description que Diodore (1. xiii) fait de cette catastrophe nous montre (lue la rivière de Gela coulait alors à l'O. de la ville. "Timoléon rebâtit Gela et y envoya do nouveaux colons, dont Agathocle fit massacrer 5000 par traliison en 311. Enfin, vers 283, les Mamertins détruisirent la ville qui depuis ne figure plus dans l'histoire.

Le chemin de fer traverse ensuite le Maroglio, puis le Dinllo. — 135 kil. Dirillo. — 140 kil. Biscari; la ville, de 3854 hab., est à 8 kil. au N.-E. de la gare. C'est peut-être VAcrillœ des anciens. Son nom est connu gr.âce au prince Biscari (v. p. 411).

150 kil. Vittoiia (2G8 m. ; hôt. : Alb.-Rist. Italia, via Princ. Umberto, 4, sur la place du marché, ch. 3 fr. ; Ronia, à la gare, très simple; voit., 75 c), ville riante de 30832 hab., fait le plus grand commerce de vin de toute la Sicile.

Les amateurs d'antiquités peuvent faire une excursion de Vittoria à (13 kil. ; dilig. en 2 h. '/a! I^at. à vap., v. p. 371) Scof/titti, port de Vittoria, à 4 ou 5 kil. au N.-O. de l'emplacement de l'autiiiue Caïaariua. Camarina, fondée en 599 par les Syracusains et détruite en 552, fut colonisée par Gela en 492 et en U!l, puis rasée par les C'arthaginois, eu 40.^, et de nouveau colonisée pai- Timoléon eu 339 pour tomber eu 258 au pouvoir des Romains, et être détruite une dernière fois eu 853 apr. J.-C. i>ar .Vbbàs llin Kadhl. Camarina avait env. 7 kil. de tour et s'étendait à l'E. de la rivière Oameriiui, l' Hippaiis des anciens, là où s'élève aujourd'hui, sur une dune do 30 m. de haut, la oliapollo de la Madonmi di Cameriitn; il n'en reste presque rien.

158 kil. Comiso (245 m.), ville de 25837 hab., a de bonne eau. C'est là que se trouvait la fameuse source de Diane, dont l'eau refusait de se mêler au vin, lorsqu'elle était puisée par des femmes

à Syracuse. MODICA. IH- R- 31. 373

de mœurs impures. — La voie gravit ensuite la montagne par un vaste circuit. Vue étendue. Puis on traverse un plateau incliné à l'E. et coupé par les vallées profondes des torrents. — 172 kil. Donnafuyata. — 191 kil. Ragusa Superiore (497 m.; café à la gare; Alb. Centrale, piazza Umberto I), ville de 32050 hab., a des églises du moyen âge. C'est peut-être l'anc. Ina; Hybla Hersea, qu'on place d'ordinaire ici, était probablement plus au N., près de Ohiaramonte. — ■ La ligne monte et s'élève au-dessus de la localité en décrivant de vastes courbes pour descendre ensuite à travers plusieurs tunnels; après le quatrième, on a pour un moment un beau coup d'œil à dr., en arrière, sur Ragusa Superiore. — 200 kil. Ragusa Inferiore, ville de 7810 hab. Filature de coton, au vicomte Combes de Lestrade, grand propriétaire de la contrée. Nombreuses grottes dans les rochers (v. ci-dessous). — Plus loin, on franchit VEnninio où l'on voit encore à dr. les restes de l'anc. pont, et l'on passe sous sept tunnels, dont plusieurs assez longs.

211 kil. Modica (440 m.; hôt. : Stella d'Italia, Leone), ville de 49951 hab. et ancien chef-lieu de comté, dans une vallée profonde, formée par deux gorges qui s'y réunissent; les parties basses de la localité ont été ravagées en 1902 par une inondation. Belle vue de la hauteur qui la domine, sur les trois parties de la ville. L'anc. Motylca, colonie sicule que la plupart des savants cherchent à cet endroit, n'a joué aucun rôle dans l'histoire.

De Modica, on visitera le Val d^Ispica, dit aussi Cava cVIspica, vallée pittoresque et profondément encaissée entre des rochers calcaires. Le chemin étant très mauvais, on fera bien de prendre un guide. On quitte la route de Spaccaforno (p. 374) au delà de celle qui descend à Scicli et tourne à g. pour gagner la partie supérieure de la vallée, à l'extrémité S.-E. de laquelle se trouve Spaccaforno.

Il y a en Sicile un très grand nombre de chambres .sépulcrales creusées dans le roc, qu'on appelle quelquefois à, tort «Ddieri». Il s'en rencontre à l'O. de l'île, par ex. près de (Jaltabellotta, de Siculiana et de Raffadale; au S.-E., autour du moût Lauro (Palazzolo, Pantalica); au N. de Syracuse, jusqu'au delà du cap S. Croco; à l'O. de l'Etna, près de Maletto et de Broute. Elles ont peut-être été creusées par les Sieanes. C'est dans le Val d'Ispica que ces grottes se trouvent en plus grand nombre et eu plus grande variété. Beaucoup d'entre elles ont évidemment servi plus tard de demeures à des hommes. Elles sont divisées en étages réunis à l'intérieur par des ouvertures rondes, ou bien elles n'ont qu'un seul étage. Les ouvertures extérieures sont presque toujours à une certaine hauteur (au moins à liauteur d'homme) au-dessus du sol. On y trouve des anneaux taillés dans le roc, destinés à y fixer différents objets. Cependant, les tombeaux qu'on y voit encore semblent prouver que c'était la nécropole d'une ville antique située sur le plateau voisin (peut-être Casvieum, V. p. 374). Enfin des archéologues voient dans ces constructions les restes d'une ville antique. Les chrétiens les utilisèrent pour leurs inhumations au iv .s., comme l'indiquent des inscriptions. Les plus célèbres parmi ces grottes sont: le C'asteUo d'Lipica, la Spelonca Grossa, la Grotta del C'orvo et la Grotta del Vento.

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Le train court au S.-O. — 220 kil. Scicli, ville de 151)17 hab., d'où l'on gagne la côte pour la suivre. — 231 kil. Sampieri.

241 kil. Pozzallo, ville de 0593 hab. — La voie rentre dans l'intérieur des terres, au N.-E. Jolis coups d'œil à dr. sur l'extrémité S.-K. de la Sicile, avec ses rochers crevassés, le cap Panneru (pro- ■tnimtonum Pacliyninn), avec ses îles, ses ports (Porto d' Ulisne, Porto PaloJ, ses pêcheries de thon (tonnara), et les restes de la vieille ville de Heloros (v. ci-dessous).

24'.» kil. iSpaccaforno (hôt. tenu par Musumeci), ville de 10701 liab., à l'issue du Val d'Ispica (p. 373), où prospèrent la vigne, les céréales, l'olivier, le cotonnier et la canne à sucre.

255 kil. lîosolini (13G m.). C'est ici ou peut-être à Spaccaforno (v. ci-dessus), dans le voisinage, qu'on cherche l'emplacement de la colonie syracusairie de Casmeniie, fondée en 644. — 2C2kil. ^. Paolo. On franchit VAsinaro, VAssi7iaros des anciens.

270 kil. Noto (158 ni.; hôt.: Roma, Vittoria, tous deux avec restaur.; dilig. pour Pachiuo et pour Palazzolo Acreide, v. ci-dessous et p. 375) est une ville aisée et riante de 22284 hab., avec de beaux hôtels de l'aristocratie provinciale et un musée d'archéologie à la bibliothèque de la ville. L'église S. Croce renferme dans le bras dr. du transept une belle Vierge de Franc. Laurana (1471; signée). La ville actuelle n'a été fondée qu'en 1703, pour en remplacer une autre détruite par un tremblement de terre en 1693; on voit encore des ruines de cette dernière à 11 kil. au N.-O. sur l'emplacement de l'anc. Neetum, ville des Sicules, plus tard aux Grecs.

A 7 kil. au S.-E. de Noto, et à, 1 kil. au N. de la rive g. du Tellaro (Heloros), .se voit, sur une hauteur peu élevée (vues), une colonne grecque, la Pizziita, construite de blocs sans mortier, haute encore auj. de près de 10 m.; ce serait un reste du monument que les Syracusains érigèrent ici après le massacre des Athéniens sous Nicias (septembre 413), dans les flots de l'Assinaros. Près de cette colonne, une chambre sépulcrale de la tin du III» s. av. J.-C. Sur une éminence, ;ï 700 m. au S.-E. de là, dans une contrée appelée Stampaci, se trouvent des vestiges de l'anc. Heloros, notamment des restes do ses murs et de trois tours (du v" s. av. J.-C.) au N. et au N.-O.

A 21 kil. 5 au S. de Noto se trouve Pachiuo (11 122 hab. ; Alb. Avolese), petite ville où la dilig. se rend en 3 h. C'est de là qu'on visite le cap Passero, qui, à 7 kil. au S.-E. (dilig. on 1 h.) forme, près de Fortopalo, une presqu'île détachée de la terre ferme et surmontée d'un grand phare. Dans le voisinage, belles grottes à stalactites.

Au delà de Noto, la voie redescend. — 277 kil. Avola, ville de 16301 hab., cultive la canne à sucre et récolte d'excellentes amandes. Puis on longe la côte. On traverse le Cassibile, le Kukyparis des anciens, sur les rives ihupiel Démosthène et ses 6000 Athéniens furent obligés de se rendre en 413. A dr. ot à g. de la rivière, sur les tlancs de la montagne du côté de la plage, une grande nécropole des Sicules. — 286 kil. Cassibile (usine électr., v. p. 403). Kntin des bas-fonds, sur la côte. — 294 kil. »S. Terena Longarini.

303 kil. Syracuse (p. 427).

à Syracuse. PALAZZOLO. I^I- -R- 3i. 375

A CUV. 33 kil. au N.-O. de Noto (dilig. eu 5 h.) et à 43 kil. à l'O. de Syracuse (dilig. en 8 h.), se trouve

Palazzolo Aereide (697 m. ; Alb. Centrale), VAJcrai des Grecs, le Placeoltwi des Romains, nommée el-Akrât par les Arabes et Balens'id par Edrisi (p. 294). C'est une ville de 15106 hab., fondée en 664 par les Syracusains qui la gardèrent jusqu'à l'arrivée de Marcellus; elle parait n'avoir été détruite que pendant les guerres contre les Sai-rasins. Pour visiter les antiquités, demander le gardien à l'hôtel («guardia délie antichità»).

L'acropole et la cité antique s'élevaient sur la colline qui domine au S.-O. la ville actuelle et qui n'était accessible qu'à l'E. On a de cette colline une jolie vue dans toutes les directions. La montée à l'E. était protégée par des latomies, dans lesquelles on voit des tombeaux de toutes les époques, une sépulture grecque à bas-relief et même quelques autres de l'époque chrétienne. Au S., le prétendu Tempio Ferale (temple des Morts; fermé), caveau funéraire à niches pour les épitaphes. Au N., le petit théâtre, avec vue au N., où s'étend, sur une hauteur au-dessus d'une gorge profonde, la petite ville de Buseemi, peut-être l'anc. Herbessas, avec une nécropole antique. Le théâtre est de la dernière époque grecque; il avait 12 rangs de gradins pour 600 spectateurs. A côté, le prétendu Odéon, qui, selon d'autres, serait plutôt un établissement de bains. Au S. de l'acropole, le mont Pineta, avec un grand nombre de petites chambres sépulcrales (v. p. 373). — A ^/j h. au S. du Pineta, dans une vallée (Contrada dei Santicelli), curieux bas-reliefs, mutilés dans le cours du xix.^ s., appelés les Santoni, qui paraissent avoir appartenu à une sépulture; sur presque tous se voient une déesse assise, peutêtre Cybèle, et Mercure. Non loin de cet endroit s'étend un grand cimetière, dit VAcrocoro délia Torre, où l'on a déjà ouvert des centaines de cercueils.

De Palazzolo a Syracuse, deux routes carrossables. La diligence suit la route S. par Canicattini et Floridia. A g., on aperçoit sur la route N. les villes de Cassaru et de Ferla; plus au N.-E., sur la hauteur, Sortino (p. 426). Floridia, ville de 12 165 hab., est située dans une plaine couverte de céréales, de vignes et de plantations d'oliviers; de là à Syracuse, il y a encore 13 kil. A michemin, à g. sur une hauteur, le petit village de Belvédère (p. 439). — Syracuse, v. p. 427.

Juste à rO. de Floiidia se trouve la Gava di Spampinato ou Culatrello, gorge des plus pittoresques au milieu des montagnes. Lors de leur retraite de 413 av. J.-C, les Athéniens péuétrèrent jusqu'au rocher d'Acre, sans pouvoir forcer les retrauchemcnts syracusains qui s'y trouvaient (v. p. 429). La visite de cette gorge, qu'on ne devra pas faire sans guide, demande en tout 5 h. de Floridia, où l'on trouve des ânes. Ou a demandé 13 fr. pour une voit, à 1 chev. de Syracuse et un âne à partir de Floridia.

Baedckcr. Italie méridionale. 16» éd. 24

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