ROUTE 13] FLORENCE : — HÎSTOIRE DE L^\RT
de la pointure. — Tn peu avant lui ccpcudant il faut citer: Simone Marg an tonc d'Arczzo, rude imitateur des Byzantins (il lut le premier qui étendit une toile sur le panneau à peindre, atin de prévenir les lentes et les gondolements); — puis Guida de Sienne (F. Sienne :
San Domeuico);— Giimta de Pise (120'2- 1258; r. Assise : SanFrancesco),et d'autres peintres encore. — C'est Vasari qui a abusivement créé cette suprématie et le droit d'aînesse de Cimabue. — La plus belle création de Cimabue fut Gioito, le petit pâtre, né à Yespif^nano, dans le Mugeilo, à 30 milles de Florence (127(>- IôjG), qu'il surprit dessinant ses chèvres, et qu'il enleva aux champs pour en faire un peintre. Déjà, à Pise, un mouvement s'était opéré dans la sculpture par Nicolas, et dans la mosaïque par Mino da Torrita. La peinture fait tout à coup avec Giotto un pas immense. Cimabue, quoique son naturalisme aspire à la grandeur, n'est en quelque sorte que le dernier des peintres byzautins.
Giotto est le premier des peintres modernes; c'est de lui, en réalité, qu'il faut dater l'ère de la Renaissance. Il fut peintre, sculpteur et architecte, et c'est là un des traits saillants dans l'histoire de la Renaissance que la merveilleuse aptitude des artistes à aborder, souvent avec une égale supériorité, toutes les branches des beaux-arts. Avec Giotto la peinture s'affranchit en partie de son caractère typique et impersonnel ; elle cesse d'être une liturgie pour devenir la manifestation plus libre du génie individuel. Elle prend une expression plus humaine, elle recherche le vrai ; elle trouve la grâce naïve; elle aborde le portrait, qui devint ensuite un écucil et abaissa le niveau de l'art par l'abus qu'on en fit. Mais, avec lui, la peinture ne déserte pas les régions de l'idéal ; elle prend même un caractère religieux, moral et philosophique. Le premier peintre des temps modernes avait pour ami le premier poète: Dante. C'est celui-ci, diton, qui lui communiqua l'idée de sa touchante fresque d'Assise: le Mariage de St François avec la pauvreté.
Giotto créa un grand mouvement et une école qui se répandit sur l'Italie. Son empire sur l'art italien durant toute la première phnse de la Renaissance est un fait exceptionnel par sa durée, aussi l)ien que par son importance. Ses élèves
les plus célèbres furent Taddeo Gaddi, né vers 1500 (Sauta Croce; Santa Maria Novella); — GiotUno (Santa Croce); — Agnolo Gaddi, occupé de négoce et peignant à ses loisirs; — Antonio Vene%ia- )io; — Spinello Spinelli, né à Arezzo.
— Il faut citer aussi parmi les précurseurs de l'art, Simone Mcmmi, de Sienne (1285-1544); — Buccio di Buoninsegna, de Sienne (f 1540], grand artiste, dont le nom mériterait d'être plus connu (V. Sienne : Dôme). Tous ces artistes, qui procédaient directement ou indirectement de Giotto, continuèrent l'école giottesque pendant le xiv° s. Quelques-uns cependant se firent un nom, tout en restant fidèles à l'ancien slvle : tels sont Buffalmacco, de Florence, et plus tard les Or gagna, et particulièrement : — Andréa Orgagna [Ant. di Cioîie, f 1576), le talent le plus personnel de cet âge, l'auteur des célèbres fresques du Campo Santo de Pise: le Triomphe de la Mort et le Jugement dernier. — Le système de chiaroscuro, tel que le pratiquait Giotto et ses élèves, était celui d'une clarté tranquille, égale, et partout répandue. On n'y voit jamais d'ond)re portée, ce qui est un trait caractéristique de cette manière primitive. L'ensemble des figures a quelque chose de plat ; les masses de couleurs non graduées semblent les découper en autant de fragments séparés.
Avec le xv^ s. s'ouvre une phase nouvelle pour l'art italien qui se tourne vers l'étude des monuments antiques.^ Ce retour vers le passé marqua la séparation définitive avec le monde du moyen âge et l'avènement des temps nouveaux de la Renaissance.
Le Florentin Paolo Uccello (1596- 1479), aidé du mathématicien Manetti, applique les principes de la perspective à la peinture. — Masolino da Panicale (1585-1415) se montra amoureux de la forme et de la disposition pittoresque dans ses fresques de l'église dcl Carminé, à Florence. La renommée de Masolino a été presque entièrement absorbée par celle de Masaccio. La plupart de ses^ ouvrages ont péri. (F. Italie du Nord, Castiglionc, entre Tradate et Varèse.)
Son élève Masaccio (1402-1445) est un des grands noms de l'art et un des fondateurs de l'école florentine. Masaccio s'inspire de la nature et se dégage corn-
plètcment du caractère typique traditionnei, dont Giotto conserve encore des traces dans ses ouvrages ; près d'un siècle après lui, Raphaël transporte quelquesunes de ses figures dans ses compositions. Léonard de \inci, Michel-Ange, tous les artistes du temps, viennent successivement étudier et copier ses œuvres. Ce grand artiste mourut jeune encore.
On croit qu'il fut empoisonné par des rivaux.
Pendant que le grand style de l'école italienne commençait à se formuler avec Masaccio, un humhle moine dominicain, Giovanni da Fiesole (1387-1455), plus connu sous le nom de Fra [Fraie] Angelico, à cause de la pureté de sa vie, devenait un des grands peintres de cette époque. 11 répandait des trésors de candeur et de pureté ascétique dans ses œuvres. Chez lui le sentiment domine la forme; ses figures ne sont que des âmes. Sa douce fantaisie occupe des régions si sereines; son sentiment relii^âeux est si sincère, si intmic, qu'on s'abandonne au charme de l'impression, et qu'on oublie les inexpéiiences naïves de son talent. (On trouve de ses œuvres à San Marco, à l'Académie, aux Uffizi, etc.) — Benozzo Gozzoli ( F. le Campo Santo de Pise et vSan Gimignano) fut l'élève de Fra Angelico. — Un autre moine, Fra Filippo Lz7j>/n (1412-14(39), a une existence romanesque qui fait contraste avec la vie si paisible de Giovanni da Fiesole. Dans ses tableaux et dans ses fresques, exécutés à Prato et à Spolète, il manifeste une vive imagination et un amour du naturalisme très marqué. Il fut un des premiers à introduire des paysages dans ses grandes compositions. — Son fils Filip- ■pino (-J- 1505) lui fut supérieur; il termina les peintures que Masaccio avait laissées inachevées à l'église del Carminé. Un problème historique s'attache au nom de cet artiste, qui n'est pas assez connu (F. ci-dessous : Église del Carminé).
Les peintres les plus remarquables de l'école de Filippo Lippi furent : Sandro Botlicelli (Uffizi) ; Cosimo Hosse///(Sant' Ambrogio); Alessio Baldovinciti (Santissima Ànnunziata). — Celui-ci fut le mailrede Domenico Ghirlandajo [-^ 1495; V. Santa Maria Novella, Uffizi), qui se distingue de ses émules par la grandeur et la sévérité de son style, et par sa science comme dessinateur. (Ghirlandajo fut le maître de Michel-Ange.)
FLORENCE. [houte 13]
Les peintres florentins semblent, pour la plupart, à cette époque, s'écarter de l'idéal, et s'appliquera peindre fidèlement la vie réelle. Cette nouvelle manière changea non seulement les idées, mais même l'ordonnance formelle, qui, de pyramidale, devint horizontale. D autres mettent tous leurs soins à l'étude du nu et de l'anatomie ; tels sont : Andréa del Castagno, — Domenico Veneziano, — Anlonio Pollajolo, — Andréa Vcrocchio, — Liica Signorelli.
La vie des artistes de cette époque formait un singulier contraste avec ce qu'elle est de nos jours; c'étaient de véritables artisans. A côté de l'atelier était souvent la boutique. Une singularité à noter, c'est qu'un grand nombre d'entre eux commencèrent par être orfèvres (Orgagna, Brunelleschi, Ghiberti, Luca délia Robbia, Ghirlandajo, Pollajolo, Bolticelli, Verrocchio, Franciabigio, Finiguerra, Andréa del Sarto, Bandinelli, U. Cellini, Salviati), quelques-uns même le restèrent toute leur vie. Une ardeur extrême animait tout ce monde artistique au milieu duquel se dessinaient des rivalités ardentes.
Une découverte faite au milieu du xv^ s., fut pour les arts du dessin ce que l'imprimerie fut pour la propagation de la pensée. C'est à l'orfèvre Finiguerra qu'est attribuée la découverte de la gravure. Botticelli, Pollajolo et Mantegna furent les premiers artistes qui s'exercèrent dans ce genre nouveau.
Andréa Verrocchio ( 1431-1488 ) , émule, comme sculpteur, de Donatello, fut le maître du Pérugin et de Léonard de Vinci.
Tel était l'état de l'art en Toscane vers le milieu du xv^ s. Au formalisme byzantin avait succédé l'étude de la nature.
La science du dessin avait fait de grands progrès; mais il restait à l'assouplir, à lui communiquer la grâce; il restait à joindre aux formes le beau idéal, au coloris l'harmonie. Il manquait encore cette divine perfection qui est le triomphe de l'art et qui fut la gloire de l'art antique.
Leonardo da Vinci (1452-1519) est le premier qui y atteignit chez les modernes. Il quitte Florence pour Milan en 1483. ^
Michel' Angelo Buonarroti (1474- 1564) appartient à la Toscane par sa naissance et son école; son célèbre carton représentant des soldats qui se