ROUTE 13] FLORENCE : - HISTOIRE DE L'ART
bamncnt (épisode de la guerre en rc F brence et Pise) fut détruit, pendant les troubles de 1512. parla jalousie, dit-on, de Baccio Bandinelli. Ce carton et celui de Léonard de Vinci devinrent les modèles dont s'inspirèrent les peintres de cet â«e. c( H n'en reste d'autres souvenirs qu^ l'estampe des Grimpeurs de Marc- Antoine et une copie en clair-obscur, enfouie àUolkliam lloase, dans le comte de ^'orfolk. » ,
Vers les dernières années du xv^ s., dans le couvent de San Marco, où avait neint et prie Fra Angelico, vivait un moine d une grande pureté de mœurs, d'une àme ardente, profondément reli- ■rieuse, et doué de l'éloquence la plus entraînante, Savonarole (F. ci-dessus, Histoire^. Tribun politique et prédicateur religieux, en même temps qu'il tonnait contre les désordres de l'Église et de a société, il s'élevait fortement contre le pao-anisme qui régnait dans l'art et dans laîitlérature et s'était introduit dans les temples; il discutait les théories de Fart au milieu d'un sermon, (c Parmi les principaux artistes qui subirent son influence ou lui furent dévoués, on compte le Peruoin. Botticelli, Baccio délia Porta, Lorenzodi Credi, Michel-Ange lui-même, le Cronaca, les délia Robbia, dont deux prirent Fhabit par ses mains, Baccio da Montehipo.. » in
Ce même couvent de San Marco devait encore servir d'abri à un des plus grands peintres de Fécole florentine : Baccio clella Porta, dit Fra BaH^^I'^fJ",^ ou simplement le Frate (1469-1517).
Après la mort de son ami Savonarole, il se lit moine (1500), et devint un des religieux du couvent de San Marco ; il avait alors vingt-neuf ans. Il ne reprit les pinceaux, au bout de quatre ans, que sur l'insistance de son supérieur Quand Raphaël vint à Florence (1508), lui et le Frate se lièrent d'amitie et échangèrent des avis sur leur art, utiles à l'un et à l'autre; Fra Bartolommeo nasse aussi pour s'être servi le premier d'un mannequin, invention inconnue aux grands peintres du xv« s. Il eut pour coilai)orateurs MarioUo AlherUnelli, Buqiardini ci Fra Paolino da Putoja.
Il subit successivement l'influence de Léonard, de Raphaël, deGioi'gion (dalla à Venise vers 1509), puis enfin, dans un vovage à Rome, en 1514, celle de Michël-Ange lui-même (F. Rome, palais
du QuirinaF. Léon X, fidèle à la haine des Médicis contre les sectateurs de Savonarole, ne le vit point. Fra Bartolommeo, peintre fidèle au style symétrique ancien, mais possédant la science (Fexeculion moderne, fut coloriste dans une école qui le fut peu.
Les éloquentes prédications de Savonarole avaient ressuscité la peinture religieuse à Florence. Lorenzo di Credt (Saar/;6>//o»i,- 1453-1551), contemporain de L. «le Vinci dans l'atelier de Verrocchio, devint un des imitateurs de son condisciple ; il peignit des Saintes Famdlcs avec un sentiment, une grâce et un mode d'exécution exquis. — Ridolfo Gkirlandajo et MarioUo Albertinelh, ami et émule du Frate, furent, avec L. di Giedi, les plus remarquables de ces peintres chrétiens. — Le plus brillant élève de Michel-Ange fut, en Toscane, Danieleda Volterra (Htcciarelli; Vc^OJ- 1561)). Il doit principalement sa haute réputation à sa fameuse Descente de croix (Santa Trinità dei Monti, à Rome). — Francesco Granacci (1477-1514), condisciple et ami de Michel-Ange, tut un de ses imitateurs. Il faut compter aussi le fécond et froid Vasari (1512- 1564), auquel ses Vies des pei?itres ont assuré une réputation que ne lui eussent pas gagnée ses œuvres. ^ .
Après les noms de Léonard de Vinci et de Michel-Ange, le plus célèbre, parmi les i)cintres de cette époque, est celui à' Andréa Vannucchi, ou del Sarto, d'après le métier de tailleur exerce par son père. Andréa del Sarto (1488-15o0) est le Raphaël de Fécole florentine (Utlizi, Pilti et Annunziata). C'est une personnalité arlistique qui n'est peut-être pas appréciée à toute sa valeur. — Le l onlornio, ainsi nommé du lieu de sa naissance (1493-1558), dont les premiers ou-vtaoes méritèrent les éloges de Raphaël et de Michel-Ange, fut un des élevés d'Andréa del Sarto, qui, devenu jaloux de lui, le força à quitter son école. Ponlormo, artiste bizarre, changea trois ou quatre fois de manière et perdit toute sa aleur en s'abandonnant à l'imitation r\lbcrt Diirer (Ulfizi, Annunziata, etc.). — Le Franclabigio, autre eleve d Andréa del Sarto, fut un de ses plus ardents imitateurs (Annunziata, etc.). — Le Bosso, dit maître Roux (1496-1541), étudia Michel-Ange et le Parmesan, et se lit une manière à lui. Il travailla pour Fran-
çois I^"" aux galeries de Fontainebleau.
L'école florentine entre alors dans une période d'imitation, sans sève et sans inspiration vraie. Parmi les peintres de cette époque, citons : le Salviati [Francesco de Ho s si ; i510-ir363); — le Bronzino [Angiolo Allori; 1501-1570), neveu du Pontormo et son élève ; — Alessandro Allori (1555-1607), très savant en anatomie. La science se substitue à l'art. — Saîili di Tito, élève du Bronzino, étudie à Rome ; il en rapporte une exécution babile et soignée, une manière gracieuse, mais sans idéal. — Le Poccetti [Barbatelli; 1548-1612) remplit Florence de ses fresques.
Pendant que l'école florentine s'immobilisait dans une science stérile, quelques peintres cherchèrent à s'ouvrir une nouvelle voie à l'aide de l'imitation des écoles étrangères. — Le Qigoli (1559- 1615) eut un génie fécond, un style élevé et fut surnommé le Gorrège de l'école florentine. On lui reproche une expression et une sentimentalité outrées : c'est le chef des maniéristes. — Crisiofana Allori (1577-1621), qui vécut en discorde avec son père Alexandre, à cause de son dévouement au nouveau style, fut le plus grand peintre de cette époque. — On compte encore Jacopo Chimenti, ou da Em}wli (1554-1640); — Matteo Rosselli (1578-1680), élève de Domenico da Passignano, émule de Cigoli. — Carlo Dolci (1616-1686) est un nom brillant de cette époque. Ce fràAngelico du xvii*^ s. est à l'école florentine ce que le Sasso Fcrralo est à l'école romaine. — Le nom de Pietro da Cor Loua [Berretiini; 1596-1669) est rangé hajjitucllement dans l'école romaine, parce que, bien qu'il se rattache à la Toscane par sa naissance, il fit, au xvn° s., une sorte de révolution dans l'école romaine, aussi bien que dans celle de Florence. Avec lui la peinture n'est plus qu'une vaine décoration. L'art est en décadence; le maniérisme exagéré des successeurs ne fait que précipiter la ruine.
Tapisserie. — Le grand-duc Cosme I" fonda en 1546 un atelier de tapisserie dirigé par deux Flamands, liarcher et Van der Boosi (dont le nom a été ita-
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zino, Pontormo et Salviati, qui décore aujourd'hui la salle du Conseil au Pa lais Vieux.
(( L'atelier, qui se divisa, eut pour entrepreneurs successifs soit des Italiens, soit des Flamands, soit le Français Pierre Febvre, qui y travailla de 1635 à 1669 et fut le père de Lefebvre, l'un des premiers entrepreneurs des Gobelins sous Louis XIV.
<L L'établissement cessa d'exister en 1744, après avoir travaillé pendant deux siècles^ surtout d'après les peintres florentins contemporains, qui lui ont donné un cachet très particulier, au xvi« s., par le style des personnages et par l'importance des bordures. La marque de ces ateliers consiste en une fleur de lis florencée entre deux F.
(( Les magasins de la galerie des Uffizi possèdent un grand nombre de ces tapisseries. La Préfecture (palais lUccardi), le Municipio (palais Vieux), le Musée National (palais du Bargello) et la chapelle des Princes à San Lorcnzo en renferment environ 150. » (A. Darcel.)
Langue.
On parle, en Toscane, l'italien le plus pur; c'est un axiome admis généralement; toutefois les Toscans eux-mêmes reconnaissent que leur langue ne gagne pas à être parlée par eux, et, comme tous les autres Italiens, ils en définissent l'idéal par ce dicton : Lingua toscana in hoeca romana. — Ils donnent à l'A, au c dur et au ch la valeur du ch allemand ou de la jota (j) espagnole. A Florence le peuple prononce : hasa, hamera, hosta, pour casa, caméra, Costa. — La Toscane a eu la principale part dans la formation de l'italien classique, en raison de ce que les plus grands poètes et prosateurs du xiv° s., époque où se fixa la langue, étaient tous Florentins ou Toscans. Mais ce fonds s'est enrichi d'emprunts faits à tous. Les autres habitants de l'Italie se sont souvent révoltés contre cette sorte de dictature que s'attribuent les Toscans en fait de langue. C'est dans
liariisé en celui de Bosto, et qui marquait Montagna Pistojese que l'on parle le
ses œuvres d un rôti à la broche). toscan le plus pur. — Les principaux sous-
« Leur première œuvre fut la tenture dialectes sont ceux de Florence, de
de l'Histoire de Joseph, d'après le Bron- | Sienne, de Pise, de Lucques et d'Arczzo;