DE PESARO A URBINO
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tagnes d'un aspect assez triste,^ mais, par endroits, grandiose. C'est d'abord, àl'E. le Gessano; au S. 0., la grande montagne de Pietralata, que traverse la route du Furlo; au S., l'horizon, borné par l'imposante Catria, où s'élève le monastère de l'Avellana, habité par Dante, va s'élargissant du côté du plateau de Monte Petrano; au S. 0., les masses grandioses du Monte Nerone; à l'O., le Simone, et, vers le N., la Carpegna; puis, au N., les trois pointes escarpées de Samt- Marin et le château-fort de Montefiorito; enfin, du N, à l'E., entre les découpures de collines boisées, l'Adriatique. — Malgré ses rues étroites et tortueuses, Urbino, par ses monuments et ses souvenirs, produit une impression profonde.
Deux familles ont possédé Urbino :
celle de Monte feltro, qui y domina des le commencement du xni^s. et qui s éteignit en 1508, et celle de la Rovere, qui lui succéda, pour s'éteindre à son tour en 1651. Le premier duc d Irbmo lui Oddantoniodi Monte feltro qui régna de 1443 à 1444; il eut pour successeur son frère Federigo (t 1^<82), qui se rendit célèbre comme homme de guerre et comme habile politique, ainsi que par la protection qu'il accorda aux lettres, bon tils, Guidubaldo /-, épousa Elisabeth Gonzaga, célèbre par sa beauté; tous deux par leur élégance et leur esprit cultive contribuèrent à faire de la cour d Urbino une des plus brillantes de 1 Itahe. Les liens du sang et les intérêts umssaient les marquis de Mantoue et les ducs d Urbin, et donnaient à leur cour une sorte de ressemblance. — En 1502, Gcsar Borda s'empara du duché d' Urbino, qui fut rendu, à la mort d'Alexandre \I, a Guidubaldo. Celui-ci étant mort sans enfants, le duché d'Urbino passa, en 150b, à Francesco Maria delta Rovere, neveu du pape Jules II et iils d'une sœur de GuiLLldo. - Léon X le donna en 1 560 à son neveu, Laurent de Medicis. bous le pontificat d'Adrien M, Francesco Maria reconquit le duché d Urbino les armes à la main {152^ S'^ ^^'^ Guidubaldo II
lui succéda en 1538 et fut forcé, l'année suivante, d'abandonner Gamerino à Paul III qui le donna à sa famille (les Farnèse). — Le dernier duc d'Urbino fut Francesco Maria II délia Rovere, fils du précédent; étant mort sans enfants, le duché fut réuni (1631) aux États de l'Église. Le pape Urbain Mil fit prendre possession du duché par son neveu Barberini. Depuis cette époque la ville d'Urbino a perdu sa splendeur.
Urbino a .été le berceau de Raphaël ; il y passa sa jeunesse, et son génie naturel reçut sans doute une impression favorable de l'élégance artistique de la cour. (Bramante, son parent, est né dans le voisinnge.) Quoique Raphaël ait fait plusieurs ouvrages pour sa ville natale, aucun n'a été conservé; ceux que l'on montre comme des productions de sa jeunesse ne sont pns authentiques.
Urbino est la patrie des peintres Timoteo Viti (1407-1524) et Baroccio (1528-1612), de l'architecte Girolamo Genga (1476-1551), qui fut d'abord peintre et collèp^ue de Haphaël chez le Hérugin, et de Federico Brandani, qui vécut au xvr s. et dont les modelnges sont toujours admirés. |
Description.
C'est pour les souvenirs de Raphaël et les traces de la magnificence des seigneurs d'Urbino que l'on vient visiter cette petite ville où l'on ira voir avant tout le palais des ducs (riche décoration intérieure) et la maison du grand peintre.
Au centre de la ville est le Pian del Mercato, place relativement assez grande, où aboutit le corso Garibnldi, sur lequel se trouve l'hôtel d'ItaUe. — Dans Véglise de San Francesco, sur la place, sont enterrés Giovanni Santi (le père de Raphaël) et sa femme, Timoteo Yiti, Baroccio, etc.
En montant à dr. par la via Puccinota, on atteint une place encore plus grande où s'élèvent le palais des ducs et le Dôme.
Le Dôme a été rebâti à la fin du xvm" s. sur les restes de Tancienne é'glise.
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A dr., 2« cliap. : Martyre île St Scbaslien, peinture fati<iuce du Daroccio.
— Chapelle du Ibiid, à g-, du cliœiir : Cène, par /e liaroccio. [Riche composition, peinture f'acihî, d'aspect agréahle ; mais art de décadence; expression sentimentale du Clu'ist; vulgarité des détails.] — Sacristie : Flagellation, par Pictro délia Francesca (signé; le panneau est fendu par le milieu) ; la V. et des Saints, St Martin et St Thomas, par Tinioteo Viti. [1^04; une des meilleures, sinon la meilleure œuvre du peintre.] — Au-dessous s'étendent des chapelles soutei'raines : dans Vonitorlo délia Grolla^ beau Jésus mort, en niarbre blanCj par Jean Bologne^ exécuté pour un mausolée ducal.
Le palais des Ducs (PaJazzo Ducale, occupé auj. par l'administration et par ITnslitut des Beaux-Arts) est un magnifique édifice que Federigo di Montefeltro fit commencer en 1468, par Luciano Martini de Lovrana, auquel succédèrent, croit-on, Baccîo Pinte'li, et, peut-être Fra> cesco di Giorgio Martini et Leone Battista Alberti. Le nom du fondateur est indiqué dans plusieurs parties du palais par les lettres FE. C. (Fcdericus Cornes) et F. D. (Federicus Dux), le comte Federigo ayant obtenu du pape le titre de duc en 1444.
La porte en fj^ce du Dôme donne accès dans une belle cour à arcades, dont le des>in est attribué à Baccio Pintelli, et oij l'on remarque quelques antiques et des tombeaux du moyen âge.
Le grand escalier d'honneur, que Vasari rangeait avec raison parmi les plus belles œuvres de son teirqjs, et qui est richement décoré (helle ornementation des pilastres et des chapiteaux ; statue en marhre du Jluc Frédéric P% par G. Canipagna de Vérone ; 1606), conduit à une élégante galerie (sopraloggia) qui entoure la cour, et où sont dispo.^ées des inscriptions et des sculptures antiques; mais ce que l'on y admire, c'est la magnitlque ornementation des portes, des cheminées, des fiises et les 72 motifs décoratifs sculptés en marbre par Ambrogio da Milano.
De la galerie on entre dans la vaste salle
(dite dei Principi) donnant accès aux appartements ornés de quelques tableaux et de tapisseries lissées à Urbinopar des Flamands. On visitera successivement : — V appartement del Magnifico (ainsi appelé parce qu'il servit d'habitation à Julien de Médicis, appelé le Magnilico, accueilli à Urbino par Guidubaldo P'', lors du bannissement des Médicis de Flo^ rence); la cheujinée de la deuxième salle est fort belle; — la salle degli Ang^elî, avec cinq belles portes et dont le nom vient de la cliarmante décoration de la cheminée (Anges dansant); — l'aj^partement du liealissiîno, habité au xvi.i^ s. par Jacques II, roi d'Angleterre (charmante décoration d'une petite chambre ; belle cheminée). — De la salle degli Angeli on entre dans les salles occupées par VAccademia Raffaello : une de ces dernières, la salle de VArioste, renferme le buste du poète (l'Académie y tient les assemblées générales; ordinairement elle sert de salle de lecture pour les académiciens). — A côté de la salle de l'AriosIe est la petite cJuipelle (moulage au crâne de Raphaël), bâtie dans l'épaisseur de la muraille par ordre de Guidubaldo IL — En face de la chapelle, une petite chambre ( Studio di Federigo) conserve encore son ancienne splendeur. Elle est incrustée de tableaux en marqueterie représentant des portraits, entre autres, celui de Frédéric et simulant des meubles de bibliothèque, des livres, des instruments et des cahiers de musique (un air y est noté) Les inscriptions dans les boiseries prouvent que ce remarquable travail de tarsia ne fut terminé que sous le duc Guidubaldo.
La salle délia Giierra renferme les tableaux suivants : — 22. Taddeo Gaddi. Crucifiement ; Adoration des Rois (retable à compartiments). — 40. Tim. Viti. StRoch; 41. L'Archange Raphaël. — 1.
Jnste de Gand (qui est peut-être le même que Juste d'Allemagne). Gène peinte à l'huile (1468-1474). [Panneau fendu du haut en bas; grandes figures sévèies; style allemand, prononcé surtout dans les figures d'anges.] Cet ouvrage, le seul bien authentique de ce peintre peu connu, fut l'ait au moyen d'une souscription. Le duc d'Urbin Federigo di Montefeltro y contribua pour sa part. On y voit à dr. son portrait. Un des <leux personnages de sa suite serait
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d'qrbino a AREZZO.
croit-on, le peintre lui-même. — 2. Giovanni Santi (père de Raphaël). Retable (1489). — 42. Titien. Gène; 59. Résurrection. — 48. Baroccio. Les Stigmates de St François. — - 60. Tim. Viti. Ste Apollonie.
L'Institut des Beaux- Arts des Marches, fondé en 1867 et possédant une petite collection de tableaux et de faïences, occupe une partie du rez-de-chaussée du palais.
En face du long côté du palais, est Véglise de San Domenico (façade avec belle porte par le Florentin Tommaso di Bartolomeo; dans l'arc, la V. et des Saints, par L. délia Robbia). — Le bâtiment, dans l'angle à dr., visà-vis du palais, est V Université,
Delà place del Mercato, la contrada Raffadl) monte à la forteresse. — Au n-^ 14, maison (50 c. de pourboire) où Raphaël naquit le 28 mars 1485, désignée par une inscription commémorative et devenue depuis 1872 la propriété de l'Académie Raffaello.
L'intérieur est orné de quelques gravures d'après les ouvrages du grand peintre et, dans la chambre où û a vu le jour, une fresque (attribuée à Giovanni Santi, et par quelques-uns, à Raphaël) représente une femme avec un enfant sur les genoux. On a cru y reconnaître Maria Ciarla, la femme de Giovanni, et le petit Raffaello.
En remontant la contrada Raffaello on se rend, par la via Santa Liicia (à dr.), à Véglise de San Spinto (deux peintures de L. Signorelli).
Du bastion de la Porte Santa Lucia, ainsi que de l'ancienne forteresse (où l'on monte par la contrada Rafïaello, puis à g., par la via dei Maceri, où se trouve l'entrée au nM49 ; 50 c. de pourboire), on a une très belle vue sur les alentours.
C'est aussi de la place del Mercato qu'on se rend, en descendant la via Valbona et ensuite à dr. la via délia Posta, puis à g. la via di San Giovanni, à V
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Oratoire de la Gonfraternîta di San Giovanni, décoré de fresques par Lorenzo et Giacomo da San Séverine (1416).
Le sujet principal représente le Crucifiement. [Le drame de la douleur est poussé, dans les têtes de la Y. et de St Jean, jusqu'à la laideur grimaçante. Les proportions ne sont point observées et les raccourcis ne sont point compris. Ces peintures à fresque n'en sont pas moins très curieuses. On y voit une foule de portraits de bourgeois du temps.]
Près de San Giovanni est Véglise de San Giuseppe, avec quelques belles fresques et une admirable crèche (presepio) modelée par F. Brandani,
[A moins de 2 kil. E. d'Urbino, à dr. de la route de Pesaro {V. ci-dessus), ancien monastère de San Bernardino, dont on a fait le nouveau cimetière de la ville. — A l'intérieur de l'église, sur une des faces de la chaire, le Christ au tombeau, soutenu par des Anges, peinture par Giovanni Santi. Dans la sacristie, 15 panneaux peints par Ant. di Ferrieri (1435). Tombeaux des ducs d'Urbino.]
D'Url)ino à Faiio, R. 28, en sens inverso; — à Arezzo, par Urbania et le Bocea Trabaria, R. 31 ; — à Pérouse, p;ir le col du Furlo, la Scheggia et Gubbio, R, 52; — à Foligno, par le col du Furlo, R. 33; — à Fabriano, par Gagli, Pergola et Snssolerrato, B. 54.