R, 38] LE GAPITOLE. — PALAIS DU SÉNATEUR
Lorsqu'on arrive sur la place d'Aracœli, on a : à g., l'escalier gigantesque qui monte à l'église d'Aracœli ; à dr., une montée en pente douce qui permet d'accéder en voiture au palais Caffarelli et sur la place du Capitole; au milieu, une rampe (cor- (îonata), dessinée par Michel-Ange, établie pour les piétons et qui aboutit au même point.
Cette rampe est bordée de chaque côté par une balustrade en marbre ; des massifs de verdure (yuccas, paL miers, etc.) complètent la décoration.
— Au bas de la rampe, deux lions en basalte d'Egypte, placés là par Pie IV.
— Dans les massifs de g., statue de Rienzi {Cola di Rienzo), en bronze, par Masini, et au haut de la rampe, cage de fer renfermant des loups vivants; souvenir de la louve qui nourrit, suivant la légende, Homulus et Rémus.
Au haut de la rampe, à dr. et a g., statues colossales de Castor et Pollux (à côté de chevaux de^petites proportions), en marbre pentélique, trouvées au xvf s. — A côté, sur la balustrade : trophées en marbre, appelées à tort Trophées de Marins (ils décoraient, sur la place Yittorio Emanuele à l'EsquiHn, l'ancienne fontaine, château de l'Aqua Juha); statues de Constantin et de Constant, son fils, provenant des Thermes de Constantin ; colonne milliaire de Vespasien et de Nerva, trouvée en 1584; sur la voie Appienne, oîi elle marquait le premier mille; le milliarum de g.
est, dit-on, moderne.
La place duGapHole, de médiocre étendue, est bornée par trois façades •de monuments, dont l'architecture est en harmonie avec sa nouvelle et pacifique destination. « Il y a peu de places, dit Beulé, qui aient de plus exquises proportions. )) Les conservateurs désirant restituer au Capitole une partie de son antique splendeur monumentale, Paul m chargea Michel- Ange d'en faire le dessin. La dispo-
sition de la place était déjà fixée par les constructions antérieures. Giacomo délia Porta acheva, d'après ces dessins, la construction des édifices du Capitole, et ce fut lui qui éleva celui du Musée. Toutefois le dessin incorrect et bizarre de la fenêtre du milieu de chacune des deux façades est une addition postérieure.
Au milieu de la place, statue équestre en bronze de Marc-Aurèle. — Au X" s., elle était dans le Forum Boarium. En 1187, Clément ïll la fit élever devant le palais de Latran :
depuis, elle a, dit- on, été placée devant le lemple d'Antonin et Fa us tine. Paul III, en 1538, la fit transporter au Capitole, où Michel-Ange réleva à l'endroit même où fut brûlé Arnaldo da Brescia. Cette statue équestre, sur laquelle on voit des traces de dorure, est la seule en bronze de l'antiquité qui nous soit parvenue entière.
Michel-Ange admirait beaucoup le cheval.
Trois bâtiments séparés entourent la place du Capitole : au fond le palais du Sénateur; à dr., le palais des Conservateurs renfermant un musée (p. 465) à g., le musée du Capitole (p. 465).
Le palais du Sénateur, OU Palazzo Senatorio, aujourd'hui Hôtel de Ville (PL 85 ; malgré les souvenirs qu'éveillait ce nom, le sénateur n'était qu'une espèce de maire, qui présidait le conseil municipal), fut érigé d'abord par Boniface IX, sur lessubstructions du Tabularium (F. ci-dessous).
Sous Paul III, Michel-Ange construisit seulement le soubassement et l'escalier monumental à double rampe.
Son projet fut modifié. Le 1""" étage fut élevé par Giac. délia Porta et le reste par Gir. Rainaldi. — La fontaine fut établie par Sixte Y; les statues : le Nil (à g.) et le Tibre (à dr.), en marbre de Paros, sont du temps de;; Antonins. La Minerve, au niilieu, trouvée àCori,et désignée aussi sous le nom de Rome, a la tête et les bras
ROME : — DESCRIPTION PAR QUARTIERS, [r. 381
modernes. Sur les murs au-dessus de l'escalier, des dalles de marbre portent le nom des Romains morts pour l'indépendance italienne. — Ce palais a été restauré de 1848 à 1850.
— On a une très belle vue du haut de la tour élevée sous Grégoire Xïll ; cette tour renferme la célèbre cloche dite Patarina, enlevée aux habitants de Viterbe pendant les guerres du moyen âge, et qu'on sonne dans les grands événements nationaux ou à l'époque de leur commémoration.
Sur un des côtés de cet édifice, dans la rue del Campidoglio, àdr., au rez-de-chaussée, est l'entrée du Tabularium (Pi. 21; 50 c), un des rares monuments du temps de la République. Il n'en reste que les massives substructions qui portent le pa lais du Sénateur.
C'est Jà qu'on gardait les tables de bronze contenant les sénatus-consultes et les décrets du peuple, les traités de paix et autres documents importartts. Cet édifice a été construit (inscription découverte dans un petit corridor du Tabnlariuni) par le consul Q. Lutatius Catulus (78 av. J.-C.j. Incendié dans un combat entre les soldats de Vitellius et ceux de Vespasicn, il lut restauré par cet empereur, qui refit 3 000 tables de bronze, en cherchant les exemplaires des actes dans tout l'empire. Les constructions du moyen âge, le grenier à sel, bâti plus tard, le Palais du Sénateur, en ont ellacé le caractère. Cependant on admire encore la galerie de l'ancien Tabularium. On y voit des arcades d'une grandeur imposante et un escalier qui montait à l'étage supérieur. On a découvert des escaliers, de la même époque, qui, du Tabularium, descendaient au Forum. Un de ces escaliers (interrompu à moitié) aboutissait à côté du temple de Vespasicn.
La façade du portique dorique de cet édifice avait, comme le Cotisée, deux rangs d'arcades superposées, surmontées d'une balustrade. — On a débarrassé ce portique pour y former une sorte de musée des frag-
ments d'architecture antique recueillis dans le Forum ; on y voit de beaux fragments des temples de la Concorde, de Vespasien, de Minerve Chalcidica (quelques archéologues voudraient reconnaître dans ce temple l'ancien Mrarium Saturni ou /Erarium Popull Romani).
De la place du Capitule, pour aller visiter la Roche Tarpéienne (PI. 19), on prend, à dr., un petit escalier attenant au Palais du Conservateur, on passe sous une voûte et l'on se trouve sur le Monte Caprino. A quelques pas plus loin, on trouve à g.
(n'* 150) la porte indiquée par l'inscription : Custode délia RupeTarpea (pourboire, 50 c.) qui donne accès dans un petit jardin. Ce n'est là, du reste, qu'une portion du rocher, d'oià l'on précipitait les traîtres à la patrie (Manlius). Il semble avoir perdu toute sa hauteur. Des maisons à cinq étages sont plaquées contre le rocher. "La vue qu'on a sur les toits situés audessous de la terrasse n'offre aucun intérêt.
Après avoir visité la Roche Tarpéienne, on peut continuer à suivre la rue qui contourne le Monte Caprino.
On passe (à g.) devant ï Institut archéologique allemand, et l'on débouche sur une large terrasse plantée d'arbres et de massifs (magnifique vue sur la ville, le Janicule et le Vatican), bornée à dr. par le palais Caffarelli (ambassade d'Allemagne).
Au pied de cette terrasse, -qui repose sur des escarpements de rocher, se tassent des maisons de l'effet le plus pittoresque.
En continuant à suivre la rue, on revient sur la place du Capitule.
De la place du Capitule, les deux rues qui longent le Palais du Sénateur (la rue del Campidoglio, à dr. et la plus rapprochée de l'entrée ; et la rue de Settimio Severo, à g.) descendent au Forum (PI. de Rome, E, F, 5).
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