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R. 38] ARCS DÉ TITUS ET DE CONSTANTIN.— COLISÉE

A la hauteur de Sau Francesca Roinana et au pied du mont J'alalin (jardins Farnèse), est 1'

Arc de Titus (PI. du Forum, 2^2), au point culminant de la Voie Sacrée, élevé après la conquête de Jérusalem (70). Il est de marbre penlélique, moins grand que les autres arcs de triomphe, et n'a qu'une arcade ; mais c'est le plus beau monument en ce genre qui soit parvenu jusqu'à nous. Sous l'arcade sont deux basreliefs fort beaux, quoique mutilés :

à g., Titus triomphant; àdr., la pompe triomphale. Sous la voùle de l'arcade, décorée de belles ro^aces, Titus, assis et porté par un aigle (allusion à son apothéose). Dans les tympans de l'arcade, 4 Victoires d'un Î3on style. Sur la frise est la suite du cortège. 11 est certain, d'après l'inscription Divo Tito (sur la frise qui fait face au Colisée), que ce monument fut consacré sous Domitien. Au moyen âge il servit de porte d'entrée au château desFrangij'ani et fut couronné de ciéneaux. Lorsqu'on l'isola, il menaçait ruine. Pic VU le fit consolider par Valadier; les additions plus récentes sont en travertin.

De l'Arc de Titus, continuant à avancer vers le Colisée par la Voie Sacrée, dont l'antique dallage en blocs de lave subsistait encore sur plusieurs points et a été restauré dans toute sa longueur en l>i79 (l'ancien pavé a été recouvert de petites dalles neuves), on rencontre d'abord les restes du bassin et de la borne dite :

Meta sudans (IH. 16), horne-fonternie, dont parle Sénèque ((ip. 50), et qui fut reconstruite par Domitien.

\is-à-vis, et de l'autre côté de la place du Colisée, on voit au niveau du sol les restes du piédestal de la statue colossale de Néron, exécutée en bronze par Zénodore. Elle avait 59 mèl. de hauteur. Adrien la fit transporter à cette place (V. ci-dessus :

Temple de Vénus et Home).

A dr. de la Meta sudans, et h l'en-

IIALIE DU CtXTRE,

trée de la rue San Gregorio (ancienne Voie Triouiphale, à l'endroit oii elle rencontrait la Voie Sacrée), se dresse V

Arc de Constantin (PI. 1), érigé en 5 1 1 sur la Voie Triomphale, après les victoires sur Maxence et Licinius.

Pie VII le fit dégager en 1804. Il est à trois arcades. L'attique est raccordé au corps de l'édifice, de manière à produire un ensemble homogène.

Tous les bas-reliefs et les sculptures de la partie inférieure représentent des faits de Constantin; c'est un travail grossier, évidemment de son époque. Au contraire, les sculptures de la partie supérieure, d'un style plus pur, relatives à Trajan, proviend l'aient d'un arc de cet empereur, érigé à l'entrée du forum qui porte son nom ; ou plus probablement, ce serait en son honneur que l'arc, dit de Constantin, aurait été élevé, et, deux siècles après, le Sénat en aurait changé la destination. Les colonnes corinthiennes portent les statues de rois prisonniers. Clément XII en fit refaire les télés par Pietro Bracci sur des modèles antiques. Les deux faces du monument portent la mémo inscription. — Les huit médaillons représentent des sujets de chasse et des sacrifices. — On peut voir les rostres figurés dans un des bas-reliefs supérieurs.

A côté de l'Arc de Constantin s'élèvent les ruines du Colisée.

Le Colisée (Colosseo), ou Amphîthéâtre Flavien (PI. F, 5; on est assailli par de nombreux ciceroni, mais on peut se passer d'eux ; l'entrée est libre et l'orientation facile), est un édifice gigantesque, bâti principalement en travertin ; il présente à l'extérieur quatre ordres d'architecture superposés : dorique, ionique, corinthien; le quatrième, en forme d'attique, est orné de pilastres corinthiens.

Il a 527 met. de circonférence exté-

Heure et 52 met. 45 de hauteur. Le nombre des arcades servant de portes d'entrée et numérotées est de 80.

Depuis 1874;, M. Pietro Rosa a mis à jour en partie un étage qui s'étendait sous Tarône, ainsi que des murs sur la destination desquels les archéologues ne sont pas d'accord.

"Une série de marches et d'escahers conduit à une balustrade du 4*^ élage, d'où la vue embrasse un magnifique panorama. Les touristes ont l'iiabitude de venir contempler les ruines du Cotisée pendant les nuits de pleine lune; pendint les nuits obscures, on peut y allumer des feux de Bengale; l'effet est alors des plus imposants.

L'empereur Ycspsion fit commencer cet amphitbéâtre à son rcloiir de la mierre contre les Juifs, à l'cn(imit où était auparavant l'élang des jardms de Néron. Il fut conlinnc par son (ils Tilus (80) Plusieurs milliers de prisonniers uifs y travaillèrent. Titus inaugura ce monument de meurtre par des fêtes qui durèrent cent jours; 5000 anniiaux ieroces y furent tués et 10000 captils y perdirent la vie. Plus tard les chrétiens l'arrosèrent de leur sang. On a prétendu que l'architecte du Goliséc, nomme Gaudentius, y fut un des premiers martyrs chrétiens. Le Golisée servit aux combats de ffladiatcurs et de bctes leroces jusqu'à l'année 523. On pense qu'il était encore entier au vni« s., et que le Normand Guiscard en détruisit une partie.

Depuis le xi*' s. jusq.i'en 1512, il servit de forteresse à plusieurs familles nobles pendant les guerres civiles. C'est à cette époque qu'on doit attribuer ses plus o-rands désastres. En 1352, on y donna un grand tournoi. Au xiv« s., on commença à l'exploiter comme une carrière.

h'Aniphithéâtre Flavien ne reçut (îu'au viii* s. le nom de Colosseum, à cause de ses proportions colossales. — Les Français déblayèrent les arcades et enlevèrent de l'arène les débris accumulés depuis des siècles ; puis on s'occupa de le restaurer. Pie Vil fit reconstruire le grand contrefort vers l'E.; Léon XII, un autre grand contrefort vers l'O., mieux entendu que l'autre, parce

que, en même temps qu'il ernpêche la ruine de cette partie, il en continue l'architecture. Grégoire XVI y fit faire beaucoup de constructions et de réparations : enfin Pie IX résolut non seulement de faire réparer depuis le second ordre jusqu'au dernier une partie des ambulacres, du côté du chemin qui conduit à Si-Jean de Latran, mais il ordonna de le remettre dans l'état primilif, en reconstruisant les pilastres et les voûtes qui n'existaient déjà plus. — Une multitude de trous que l'on aperçoit dans ce monument ont été faits dans le moyen Age pour en arracher les crampons de bronze qui liaient les pierres ensemble. L'arène avait deux jurandes entrées à lE. et à l'O. ; elle est ovale, et a 92 met. 57 sur 59 met. 11. Elle était environnée d'un mur élevé pour mettre les spectateurs à l'abri des animaux. Des ouvertures, fermées par des grilles de bronze, servaient à introduire des bètes iéroces et donnaient entrée aux gladia-

eurs. La plate-forme s'appelait /^or/iwm; c'étaient les places destinées à l'empereur et à sa famille, aux sénateurs, aux principaux magistrats et aux vestales. Au-dessus du podium commençaient les oradins pour les autres spectateurs ; ils y arrivaient par des ouvertures nommées vomiloria, vomitoires. Ges gradins étaient divisés de bas en haut en trois étages (cavca>), séparés par une galerie de circulation [prxcinclio] : le premier avait 24 gradins, le deuxième 10, et le troisième 10. Il y avait, en outre, une galerie supérieure en bois, qui fut consumée par un incendie sous Macrin et restaurée en matériaux solides par Héliogabale et Alexandre Sévère : elle était formée de 8'J colonnes, qui soutenaient un plafond. 1)0 petits escaliers, pratiqués dans les gradins mêmes, formaient des divisions nommées cunei. Dans les coins étaient des officiers [locarii ou designatores) chargés d'indiquer les places et de maintenir l'ordre.

L'ensemble des gradins du Golisée pouvait contenir jusqu'à 87000 spectateurs, et la terrasse au-dessus pouvait recevoir, en outre, plus de 20000 personnes. Les esclaves occupaient les étages supérieurs. I es gradins reposaient sur plusieurs rangs de galeries, voûtées, concentriques et placées les unes au-dessus des autres. Ges galeries [ambulacrd] faisaient le tour de l'édifice et, diminuant de

[route 38] LE COLISÉE. — LE PALATIN.

nombre de bas en haut, servaient de promenoirs dans l'intervalle des spectacles et d'abri pendant lorage. — Au dehors, on remarque dans la corniche de l'ampbilhéâtie des trous sous lesquels sont des consoles qui supportaient les poutres destinées à soutenir le velariiun^ c'està-dire l'immense voile qui garantissait les spectateurs du soleil. Le velarium, se composait de 240 pièces ; 480 hommes, marins pour la plupart, étaient chargés de la manœuvre. — On pouvait aussi remplir d'eau l'arène, et y donner des jeux et des combats nautiques.

A TE. et près du Colisée, dans la rue Labicana, se trouve (à la 1'*" porte cochère à g.) l'entrée des Thermes de Titus (PI. G, 5), dont les restes assez importants sont disséminés sm* la partie S. de l'Esquilin, entre la rue Labicana et la rue délie SetteSale. Les ruines datent du temps de Néron, et appartenaient à sa dornus Aurea. On remarquera surtout les belles peintures ornementales, qui décorent quelques pièces donnant sur le portique. Les ruines des SetteSale (PI. 20) font partie de ces thermes, dont elles étaient probablement le réservoir.

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