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LE PALATIN

Le mont Palalin (1800 met. de circonf. ; 52 met. d'altit.), dont la visite ne saurait être trop recommandée, est le berceau de Home, ce qu'était la Cité pour Paris. C'est là qu'était la Rome carrée [Roma quadraia), entourée de murailles. Tacite décrit, comme l'avant vu, le mur de l'enceinle Palatine," du côté de l'Aventiri et du Cœlius. Suivant M. Pietro Rosa, la Rome primitive, bâtie par Romulus, n'occupait que la partie 0. du Palatin, c'est-à-dire la partie appelée Ger?nale, séparée du Palatin proprement dit par un intermoniium.

L'enceinte de h Homa cjuadrata était percée de trois portes, dont deux seulement sont contmes : la Porta Romana et la Porta Muqonia ou Mugionis. On a reconnu, sur le Palatin, l'emplacement

* Consulter le plan ci-joint.

des divers palais ou habitations particulières qui se sont succédé. Les premières Touilles remontent à 1720 : on découvrit alors une partie de la maison de Domilien, ainsi que de nombreuses statues.

Reprises en 1775, par le Français Rancourcil, elles firent découvrir une partie de la maison d'Auguste, puis furent interrompues jusqu'en 1861.

En 1801, l'empereur Napoléon acheta à l'ex-roi de Naples, François II, la propriété des Jardins Farnèse. M. Pietro Hosa fut chargé de diriger les fouilles, qui mirent à jour les substructions des. édifices antiques, ensevelies sous les jardins que Paul III (Farnèse) s'y était lait faire, et, d'après son nom, appelés Orii Farnesiani. Le gouvernement italien racheta le Palatin à Napoléon III, en 1870, pendant sa captivité en Allemagne, et les travaux d'exhumation continuent depuis cette époque, sous la direction de M. Rosa.

De tous les édifices du Palatin, il ne reste que les fondations et quelques pans de muraille encore debout. La visite demande eiiv. 3 h., et les touristes peu curieux d'histoire romaine seront dédommagés par le splendide panorama, à chaque instant varié, qui s'offre aux visiteurs.

L'ordre que nous suivons dans la description du Palatin est celui qui nous a semblé le plus pratique. Des écriteaux placés sur les ruines portent le nom (parfois supposé) du monument retrouvé.

L'entrée actuelle est dans la rue San Teodoro, à g. et à côté de l'église de San Teodoro (p. 439). Du bureau, où l'on prend son ticket (1 fr.), on se dirige vers un escalier en bois qui monte au pied du Palatin.

Tournant à dr. on monte en longeant, à g., le petit plateau qui fut l'emplacement de la Rome primitive ou Rome carrée, marqué par la ruine la plus antique de la ville, les débris de V enceinte de Romuhis; çà et là, au milieu de constructions du temps des empereurs, on voit des restes de l'enceinte dégagée en 1853 (gros blocs de tuf). A g. se trouve une espèce de grotte (ou plutôt une ancienne carrière de tuf; on remarquera la

qnalilo. paiiiculière du tuf, qui renferme des parcelles charbonneuses), que l'on prétend être le Lupercaf, où vint se réfugier la louve que les bergers avaient éloignée de Romulus et de Rémus. De là, un escalier, aujourd'hui impraticable, montait au plateau du Palatin.

Un peu plus loin, h dr., on a placé un autel (ara) en travertin, trouvé dans les touilles de Yarea palatii; d'après son inscription archaïque, il aurait été érigé par iJomilius Calvinns le commandant du centre de l'armée de César à Pharsale.

A g., les lesles de constructions grandioses, en pierre détaille, comptent parmi les plus anciens du Palatin; un escalier (ou pour mieux dire une rampe avec quelques marches) dit escalier de Cacus (Scala Cad), taillé dans le rocher, descendait au Circus Maximus, du grand temple à soubassement rectangulaire que l'on croit être VAuguratorium (V. ci-dessous), où l'on prenait les auspices et derrière lequel sont les restes d'un temple de Cybèle (V. ci-dessous).

On passe au pied (à g.) des restes de constructions en briques (opus reticulatum), de l'époque de la République et du temps des empereurs, et k côté des restes d'une piscine, à dr., puis l'on visite le Pœdagoginm, appelé aussi Case Geloziane (le nom de pœdauogium lui vient de ce qu'on y aurait établi une école de jeunes esclaves, sortes de pages, destinés à servir le prince). C'est un portique formé de piliers restaurés, et dont il reste encore la corniche en marbre qu'ils supportent (ici aussi on voit, entre les constructions impériales, des blocs de l'époque primitive). A dr., fermée par une barrière en bois, est une salle dont le> murs portent des inscriplions en caractères grecs et latins. Us salles voisines sont aussi ornées de dessins et d'inscriptions tracées par les enfants qu'on y élevait.

Dans les chambres c(ui entourent l'Atrium, à dr., les inscriptions ont été gravées d'ordinaire par des soldats qui se donnent le nom de vétérans de l'empereur; quelques-unes contiennent des épigrammes piquantes où le véléran se plaint du peu de profit qu'il a tiré de ses services. C'est là aussi qu'a été trouvée la célèbre caricature d'Alexamènes placée aujourd'hui au musée Kirchcr (F. musée Kircher, p. 474).

A dr., au pied du Paîdagogium, vers la rue dei Cerchi, est une maison, où l'on a découvert, en 1891, une partie d'un édifice de l'époque impériale dont les salles sont décorées d'inléressantes peintures murales représentant un festin (elles ne sont visibles que par autorisalion spéciale du ministère de l' Instruction publique) .

On monte par un chemin qui passe, à g., au pied de l'ancienne et curieuse villa Mills, auj. couvent de la Visitation (on y voit des restes du palais d'Auguste ou Domus Augustana, V.

ci-dessous) et longe, près d'une maisonnette moderne, la façade légèrement concave du palais d'Auguste.

Plus loin, on arrive au pied d'un mur très haut, de forme circulaire : c'est le Stade de Domilien. On nommait ainsi de petits cirques destinés à des courses à pied, à des jeux d'athlètes ou à d'autres exercices gymnastiques.

Domitien, qui avait fait construire à cet effet le grand cirque du Champ de Mars (place Navone), voulut avoir un stade particulier près de son palais. Sa louî^ueur est de 1(35 met. qui est celle du stade grec. On entre par une ouverture à g., et on se trouve dans un bassin allongé, entouré de murs gigantesques. Le stade, en partie déblayé, est encombré de chapiteaux et de fûts de colonnes. Tout autour régnaient deux étages de portiques soutenus par des colonnes de marbre. A dr., en entrant, on voit des restes de mur en hémicvcle, construits probablement à l'époque de la décadence et destinés à rapetisser le stade (on aperçoit fort bici) les bases des colonnes de la con-

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