‹ ItalieChapitre 289 sur 587 · LE PALATIN · texte numérisé non relu

LE PALATIN

struction primitive engagées dans la maçonnerie postérieure; un bassin, servant à une fontaine dont on voit encore des fragments de conduits, est situé h peu près au centre de cet hémicycle; h côté sont deux cippes de la maison des Vestales, transportés ici lors de ces remaniements). Aumilieu, à dr., on voit un enfoncement circulaire, ruine de l'imposant excdre à deux étages, construit par Adrien. Le premier étage renferme une vaste sidle flanquée de deux pièces plus petites; celle de g., ornée de fresques, est piivée en mosaïque. L'extrémité N.-E. du stade, touchant au couvent de Saiut-Bonaventure (dont on admire le beau palmier), n'est pas encore déblayée

Il faut traverser le stade et monter, par le sentier, à dr., aux ruines du Palais de Septîme Sévère. Des substructions gigantesques, formées d'arcades superposées, encore intactes, servaient de fondements a cette magnifique demeure. On peut visiter plusieurs salles souterraines. La partie la plus intéressanle de cet édifice, et à laquelle donne accès un pont moderne, sont les ruines du Pulvinar ou de la loge impérialCy attenant au palais, et qui dominait le grand cirque. De là, l'empereur assistait aux courses de chars et de chevaux. Les substruclions de cette loge forment une assez large terrasse, d'où la vue embrasse un splendide panorama : le Palatin et le Cotisée à g. ; l'aqueduc de Néron et le mont Cœlius; devant soi, les Thermes de Caracalla, plus loin, Saint-Paul et la campagne romaine, et, à l'horizon, les montagnes dominées par le Monte Cavo ; à ses pieds, à dr., remplacement du Circus Maxirnus, occupé actuellement par le cimetière juif et l'usine à g:»z; il est séparé du Palatin par la rue dei Cerchi.

On revient par le pont et, tournant a dr., on arrive à un escalier qui descend aux salles inférieures du palais

deSeptime Sévère. A dr. de l'escalier on passe sous les vastes arcades, qui réunissaient les constructions de Scptime Sévère à celles d'Adrien et l'on revient au stade. On en sort a g. pour I ravcrser quelques chambres du palais (V Adrien (restes de pavés en mosaïque), puis on tourne à dr. et on longe l'enceinte du couvent de la Visitation. Au delà de l'enceinte on î^ravit à dr. un chemin qui aboutit au plateau terminal du Palatin, vaste place où se trouvent les ruines jadis recouvertes par les jardins Farnèse.

A dr., près du couvent, se dressent encore 5 colonnes ou fûts de colonnes qui appartiennent à une des pièces de la Domus Augustana, agrandie par les Flaviens et aujourd'hui enfouie sou^ la villa Mills (en 1755, des fouilles, dirigées par Pabbé Rancoureil, mirent à jour une maison à deux étages; l'intérieur était orné de peintures, de marbres et de stucs; c'est là que fut découvert PApollon Sauroctone du Vatican; le fevmk d'entrée estaccordé sur demande spéciale par le ministre de l'Instruction pubhque). Une ouverture, pratiquée dans le sol devant ces colonnes, permet d'apercevoir, à une certaine profondeur, les anciennes habilations du temps de la République, enfouies lors de la construction des demeures impériales dont elles devinrent en quelque sorte les fondations.

A g., un petit pavillon à loggia, isolé et porté sur de hautes substruclions antiques, faisait partie des anciens jardins Farnèse. Le laissant à dr., on se dirige vers le Germalus, la partie S.-O. du Palatin, séparée primitivement du mamelon de Velia^ situé au N.-E., par un vallon comblé depuis Là sont les restes de quelques édifices, des plus antiques, datant des premiers temps de Rome; c'est d'abord le Temple de Jupiter Vainqueur (Jupiter Victor) élevé par Fabius Maximus; un peu plus loin quelques blocs en tuf et des frag-

ments en pépérin précèdent les vestiges d'un petit bâtiment rectangulaire qui s'élevait à g. et au commencement de l'antique escalier de Cacus (Scala Caci), C'était, dit-ou, V Auguratorium ; viennent ensuite les restes du Temple de Cybèle, que certains archéologues ont prétendu être le temple de la Victoire ou bien encore TAuguratorium.

Revenant au petit pavillon, on se trouve sur le vaste espace occupé jadis par la Domus Flaviana (palais des Flaviens) ou, plus proprement, le Palais de Domitien.

Vers le commencement du xviii° s., le duc de Parme, François I"''" Karnèse, qui possi'dait cette partie de la colline, la fit fouiller par le savant Biancliini : on y trouva des ruines considérables que l'on reconnut pour appartenir au palais de Domilien. Après qu'on eut pris lout ce qui pouvait s'emporter, ces ruines furent de nouveau reccuvertes de terre.

M. H osa les a débl.iyées.

On entre dans le nymphœum. Au milieu, un bassin ovale était entouré de colonnes cannelées, dont quelques-unes sont encore debout. — De là on passe au fond du péristyle où est le tricli- 7iium, avec portes et t'enetres à encadrements de marbre. — Travers;mt le hndinium, on visite, en tournant à g., une partie du péristyle. C'était un jardin d'env. 50 met. de côté, autour duquel régnait une double colonnade et dont la partie S.-E. est encore recouverte par les terrains du couvent de la Visitation.^ — Sur une plaque, en contre-bus du terreplein qui porte le tablimim, situé sur le côté N.-È. du péristyle, une inscription indique l'emplacement de l'ancienne porte du Palatin. — A g. du péristj^le sont des petites chambres où l'on voit des fragments de chapiteaux et de corniches.

A l'angle N.-O. du péristyle est une ouverture, par laquelle un petit escalier donne accès à deux salles souterraines, faisant partie des constructions du temps de la liépubliquo qui (auisi que nous l'avons déjà dit) furent enfouies sous les constructions des empereurs. Ces deux pièces, découvertes vers la moitié du xvui® s. et que l'on appela les bains de

Livie, otïrent des restes très intéressants de décorations en stuc et en peinture.

D'autres ouvertures permettent de voir les substructions colossales destinées à supporter dans Vintermontium (ou vallon qui séparait le Germains du Velia) les édifices impériaux.

A côté du Tablinum sont, à dr., le lararium et à g. la basilica, ou salle du tribunal et du conseil, dont on voit encore debout une partie de la transenna ou balustrade.

Devant le tablinum du palais de Domilien s'étend l'emplacemeut de VArca Palaiii ou Area Palatina. A dr.

de cet espace découvert sont des restes de la Roma quadraia et, au N.-E., près de l'antique Porta Mngonia (îippolée plus tard Porta Vêtus Palatii), se trouvent les ruines du Temple de Jupiter Stator.

En fouillant à côté de la porte, on trouva un amas de grandes pierres, fondations d'un très ancien temple, très probablement celui de Jupiter Stator, un des plus célèbres de Rome et dont jusqu'ici l'on ne connaissait pas bien l'emplacement. D'après Tite-Live, il fut construit, en accomplissement d'un vœu, par Homulus, qui, voyant son armée fuir devant les Sabins et arrivée à la vieille porte du Palatin, promit à Jupiter de lui bâtir un temple en ce lieu même, s'il arrêtait la fuite de ses soldats. C'est ce temple dédié au dieu qui arrête les fuyards [Jupiter Stator) dont on a retrouvé les débris, amoncellement d'un grossier blocage.

Adossée au palais de Domitien, derrière et nu N. du Nymphœum (F.

ci-dessus), est la Maison paternelle de Tibère, ou de Germanicu», suivant d'autres érudits, découverte par " M. Rosa en 1869. C'est le monument le mieux conservé du Palatin. Tout l'étage inférieur est dans un parfait ^tatde conservation. On descend dans un vestibule par 6 marches. De là, on pénètre dans un atrium carré, avec un pavement en mosaïque. Au fond de l'atrium, s'ouvrent trois pièces voûtées, aux murs ornés àe. peintures , les plus belles et les plus intactes qu'on ait découvertes à Rome.

[ROITË 38] LE PALATIN.

a Sur le milieu des panneaux, dit M. Gaston Ibissicr, on voit cinq grandes fresques qui tbinient des sujets distincts. Les deux moins importantes par les dimensions et le mérite sont des scènes d'initiation et de magie. Une autre représente une rue de Rome qu'on est censé apercevoir par une fenêtre ouverte. Les deux autres tableaux sont mytholoj?iques. Dans l'un, on voit Polyphhne qui voursuit Galaiée. L'autre fresque, la plus belle de toutes par l'exécution, représente lo délivrée d'Argus par Hermès. »

Dans la pièce latérale de dr., les murs sont décorés de magnifiques guirlandes de fruits et dans celle à g. la décoration est formée par des panneaux de couleur brune encadrés de rouge et ornés d'arabesques. — On voit, au mur, des tronçons de l'ancienne conduite en plomb qui amenait l'eau dans la maison. On y lit le nom du fabricant et celui de la propriétaire (Juliœ Auguslœ).

Tournant à dr., au sortir de cette habitation, et franchissant quelques degrés, on voit s'ouvrir devant soi une longue galerie voûtée (on voit encore à la voûte des fragments delà décoration en stuc) et pavée de mosaïques. C'est le Cryptoporlique.

Ces passages souterrains faisaient communiquer certaines habitations entre elles, sans traverser les rues ou les places publiques. Celui-ci avait plus de 100 met. de longueur, et il était éclairé par des ouvertures pratiquées dans la voûte. C'est là que, le 24 janvier 41, Caligula fut tué parle tribun militaire Cassius Chereas.

Sur la dr., d'épaisses constructions en briques sont présumées être les restes du palais de Tarquin l'Ancien.

Sur la g. , s'étend la seule partie qui subsiste encore des Jardins Farnèse (le petit palais ou Casino sert de bureau aux employés de la direction des fouilles ; on y jouit d'une belle vue sur le Forum et le Colisée).

Revenant au Cryptoportique on a, à sa g., la masse imposante d'édifices, connue sous la dénomination générale de « maison de Caligula ». L'édificey

adliérant du coté 0. serait la Maison de Tibère, signalée par l'inscription :

Domus Tibcriana, et dont parlent les écrivains, notamment Tacite. Il n'en reste aujourd'hui que les substructions et quelques pièces basses et voûtées; on y descend par quelques degrés; la margelle d'un puits porte une inscription latine; sur une balustrade, h g., sont placés différents modèles d'amphores.

Tout le côté N.-O. du Palatin est occupé par les restes imposants du Palais de Caligula. On y distingue encore plusieurs salles : Vatrium, V impluvium, une salle de festin assez vaste; au fond et sur les côtés, plusieurs petites pièces qui servaient de chambres à coucher.

A g., un escalier assez large, dallé en certains endroits de marbres antiques, conduit à une terrasse plantée d'arbustes et de chênes verts (splendide vue de Rome). On y voit, du côté du Vélabre, quelques arches du pont de Caligula (détruit par Claude) , jeté par-dessus les plus hauts édifices du Forum pour relier le Palatin au Capitole.

On descend par un chemin en pente et qui conserve encore son ancien pavage. C'est le Clivus Victoriœ, ainsi nommé parce qu'il aboutissait au temple de la Victoire. Ce chemin, bordé à g. par les ruines du palais de Caligula (à g. on aperçoit çà et là des traces de la décoration, des fragments de balustrade en marbre, etc.), passe sous les voûtes de cet édifice, et va finir au- dessus du Yélabre, au point où se trouve une inscription latine.

On laisse à dr. l'éghse de Santa Maria Libératrice et l'on revient h l'entrée près de l'église San Teodoro.

Page 1