ROUTE 38] BASILIQUE DE SAINT-PIERRE
Jules II, qui avait le génie des grandes choses, lorma le projet d'un nouveau St-Pierre. Il fit étudier de nouveau les jlans de l'éirlise à élever par les plus labiles architectes. Il choisit le projet de Brnnianfe. Ce plan a été complètement dénaturé par ^es successeurs, qui toulc- Ibis ont suivi sa conception générale. On abattit plus de la moitié de la basilique, et, en 1506, la première pierre fut posée.
Raphaël succédt{ à Bramante en 1M5, comme ordonnateur en chef. Les architectes Fra Giocondo, de Vérone, et Gluliano (la San Gallo lui furent adjoints. — Baldassare Periizzi succéda à Raphaël; mais la construction ne fit que languir sous sa direction indécise.
Antonio du San Gallo fut mis à la tète des travaux, sous Paul lll. Il conçut un plan tout nouveau, en croix latine, et d'une complication extrême , dont il fit exécuter un modèle qui coula 4184 écus. Michel-Ange fit faire le sien pour-*25 écus, et c'est d'après celui-là que St-Pierre fut construit. Si le projet de San Gallo ne fut pas mis à exécution, la direction exercée par lui sur les travaux est capitale dans l'histoire de cet édifice.
Après la mort de San Gallo, Paul III nomma Michel-Ange architecte (1547), l'autorisant à réformer l'ouvrage de ses prédécesseurs. Michel-Ange agrandit la tribune et les bras de la nef transversale ; il fit monter sa construction sur tous les points, désirant l'avancer à uu degré tel qu'il n'y eût plus à faire quelju'un de ces changements qui se reproduisirent si souvent dans cette œuvre d'un siècle et demi. A la mort de Michel-Ange, les grandes voûtes des nefs étaient achevées, ainsi que le tambour de la coupole. Il avait arrêté, dans un raoacle en bois, tout ce qui restait à faire, avec toutes les mesures exactes. Mais une modification fut apportée à la coupole (F. ci-dessous) .
Après la mort de Michel-Ange, Pie Y confia les travaux à Vignole et à Pwro Ligorio, en leur inijtosant l'obligation de se conformer en tout aux dessins de Buonarroti.
Vignole fit les deux coupoles latérales ; mais ce ne fut que sous Sixte V que Giaconio dtlla Porta acheva la coupole, dont, après avoir obtenu la permission du pape, il modifia la courbure
extérieure, ce qui la rendit plus gracieuse. — Sous Clément YIII, le même architecte décora l'intérieur de mosaïques, de stucs dorés, et revêtit le pave de différents marbres. Mais la façade et le portique restaient à faire. Piiul Y, pape en 1605, désirant voir lermmer ce temple sous son règne, fit jeter bas tout ce qui restait encore de la basilique et demanda à neuf artistes des projets de façades. ^^, ,
Carlo Maderna (1556-1629), a qui était réservé l'honneur de terminer St- Pierre, revint au plan en croix latine, adopté déjà par Raphaël. Il augmenta la longueur de la branche orientale de la croix grecque, et il construisit des chapelles latérales dans les bas-côtés de cette nef prolongée; à l'extérieur, il continua l'ordonnance de pilastres de Michel-Ange et il raccorda sa façade au dessin de celui-ci. C'est cette façade, terminée en 1614, qui a été l'objet des plus graves critiques. Elle ne se lie point aux dispositions intérieures; elle n'a pas le caractère de grandeur qui conviendrait à un tel édifice ; avec ses fenêtres multipliées jusque dnnsl'altique, cettedevanture est celle d'un palais, et non le portique d'im tem])le religieux.
Le Bernin, par ordre d'Alexandre YII.
construisit (1657-1667) le fameux porti (lue qui règne autour de la place. — En i:76, Pie YI fit bâtir, par Carlo DIarchionni, la sacristie.
Suivant le compte qu'en fit Carlo Fontana, en 1693, la dépense montait à cette époque à peu près à '251 450000 fr. ; il est alors facile de comprendre quelles sommes on aura encore dépensées pour les dorures, pour copier presque toutes les peintures en mosaïque, et enfin pour la nouvelle sacristie, qui a coûté à elle seule 5 millions. — Les frais annuels d'entretien, etc., sont d'environ 150 000 fr.
St-Pierre est une sorte de ville à part dans Rome, ayant son climat, sa température propre, « sa lumière, tro}3 vive pour être religieuse; tantôt déserte, tantôt traversée par des sociétés de voyageurs, ou remplie d'une foule attirée par les cérémonies reliiiieuses » et jusqu'à sa population fixe habitant ses terrasses; les San Pielrini, ouvriers chargés de tous les travaux qu'exige la conservation d'un aussi précieux édifice, s'y succèdent de père en fils et forment une corporation qui a ses lois et sa police.
Place St-Pîerre. — Colonnades du Bernin. - - On prétend que Michel-Ange avait conçu Tidée d'avantportiques précédant le temple. Le Bernin exécuta cette splendide décoration qui l'a immortalisé. La grande Ï)îace, elliptique, est enveloppée sur es côtés par une colonnade, se rapprochant comme ordre du dorique, et comprenant quatre rangs de colonnes colossales qui forment trois allées; celle du milieu est assez large pour que deux voitures y passent de front. Ces porliques, où l'on compte 284 colonnes et 88 piliers, ont 19 met. 81 de hauteur e: sont couronnés par une halustrade et par 162 statues colossales de 5 met. 75 de hauteur, exécutées sous la direction du Bernin.
La place a 240 met. sur 191 met.
Elle- communique avec la basihque au moyen d'une autre place plus petite (96 met. sur 119 met.), en forme de trapèze, plus large vers l'édilice, plus étroite vers la colonnade.
Au centre de la place elliptique se dresse un obélisque en syénite, sans hiéroglyphes, haut de 25 met. 15 (41 met. 25 c. du sol au haut de la croix), transporté d'Héliopolis a Rome sous Cahgula. Dressé dans le cirque de Néron, il était resté debout et intact près de l'endroit où est maintenant la sacristie de St-Pierre. Sixte- Quint voulut le placer en face de la basilique et chargea Domenico Fontana de cette entreprise difficile et nouvelle.
L'érection eut lieu le 10 septembre 1586. Le pape avait interdit, sous peine de mort, de franchir les barrières qui entouraient l'espace réservé aux travailleurs, et, sous des peines graves, d'élever la voix ou de faire aucun bruit qui pût empêcher d'entendre le commandement de la manœuvre dirigée par Fontana. Suivant une légende d'origine douteuse, les câbles qui servaient à dresser l'obélisque s'étant échauffés, un homme dans la foule cria : <( De l'eau aux cordes » et Sixte-Quint récompensa cet homme, qui était de Bordighera, en lui donnant
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le privilège de fournir à Rome les palmes du dimanche des Rameaux.
Aux deux côtés de l'obélisque sont deuxbelles fontaines, d'un style simple et harmonieux, lançant une gerbe d'eau, haute de 6 met. 50, et dessinées par Carlo Maderna.
Entre les fontaines et l'obélisque se trouve, des deux cotés, un petit rond en marbre blanc sur le pavé ; c'est le centre de la circonférence que décrit chaque hémicycle. En se plaçant sur ce rond, on ne voit plus qu'un rang de colonnes au lieu de quatre.
On monte un vaste escalier à trois rampes. Aux angles sont deux statues colossales modernes : de St Pierre, par de F abris ^ et de St Paul, par Tadolini, placées par Pie IX.
Façade de la basilique. — Cette immense façade en travertin a 114 met. 69 de largeur et 45 met. 4i de hauteur. Les huit colonnes corinthiennes, qui, vues de l'obélisque, paraissent si petites, ont 28 met. 54 d'élévation (y compris la base et le chapiteau) et 2 met. 75 de diamètre.
L'attique est couronné de 15 statues colossales (J.-C. et les Apôtres), hautes de 5 met. 70. 11 y a cinq portes. Au-dessus de la porte du milieu est la célèbre loggia, d'où le pape donnait sa bénédiction, le jour de Pâques, au peuple entassé sur la place. Aux extrémités sont deux horloges, dessinées par Valadier et placées sous PieYI.
Portique. — Cinq portes donnent accès dans un magnifique portique haut de 18 met. 60, large de 12 met.
84 et long de 142 met. 70 y compris les vestibules des extrémités (70 met. 40 sans les vestibules). Au fond du vestibule de droite est la statue équestre de Constantin le Grand, par le Bernin et à Pautre extrémité celle de Charlemagne, par Cornacchini. — Au-dessus de l'entrée du milieu, visà-vis de la porte principale de la nef,