DE REGGIO A BOLOGNE
100 kil. (de Plaisance) Ruhiera, 3800 hal). — On traverse le Secchia.
108 kil. Modène (R. 6).
La voie ferrée franchit le Panaro.
120 kil. Castel-Franco (neir Emilia), V. de 12 500 hab.
128 kil. Samoggia. — 156 kil.
LavinOy sur le torrent du même nom.
— On rejoint à dr. la ligne de Florence (F. R. 11), et on franchit le Reno sur un pont de 15 arches. — A g. ligne de San Felice et Vérone.
Sur une colline à dr. église de la Madonna di San Luca.
147 kil. Bologne (R. 8).
PARIV^E
Situation. — Aspect g^énéral.
Parme*,Parma, V.de45 000hab., située dans une plaine bien cultivée, à 49 met., est divisée par la Parma, affluent dr. du Pô, en deux parties, dont la plus importante est à TE. et qui sont réunies par 5 ponts : au S., par le poiite Caprazzucca ; au IN., par le ponte Yerde^ qui aboutit au Jardin public et, entre les deux, par le ponte di Mezzo^àdXi^ l'axe de la grande rue qui traverse Parme de l'E. à l'O., de la Porte Vittorio Emanuele à la Porte d'Azeglio. Cette rue (20M met.) s'appelle sirada Vittorio Emanuele jus-
qu'au Ponte di Mezzo ; au delà elle prend le nom de sirada d'Azeglio; elle a été établie sur le trajet de l'ancienne voie Emilienne.
La ville, de forme circulaire, est entourée de remparts qui ont été transformés en promenade.
Histoire.
La contrée qui formait autrefois le duché de Parme et de Plaisance faisait partie de la Gaule cispadane et de la Ligurie. Les Romains la soumirent 185 ans avant Jésus-Christ. Elle tomba ensuite au pouvoir des Lombards, puis elle appartint à Charlemagne qui la donna au Saint-Sièf>e. Au milieu des querelles qui eurent lieu entre l'Empire et la papauté, Parme et Plaisance se constituèrent en république Mais, après la paix de Constance (1183), Parme fut déchirée par les factions des familles nobles ; elle eut à lutter contre Frédéric II, qui l'assiégea en 1247 ; puis elle tomba sous le joug des tyranneaux de Correggion, Rossi etSanvitaïe (1305-1326) pour passer ensuite de la domination papale à celle des empereurs (1326- 1531). Les Scaligcr la possédèrent ensuite de 1335 à 1341 et la cédèrent à Luchino Visconti ; elle tomba sous la domination des ducs de Milan, qui la gardèrent jusqu'à la chute de Ludovic le More (1512). Le pape Jules II se fit alors céder Parme et Plaisance par l'empereur Maximilicn P^ Les Français et les Espagnols s'en disputèrent ensuite la possession. Le pape Paul III (Farnèse) donna à Pierre-Louis Farnèse, un de ses enfants naturels, les villes de Parme et de Plaisance, érigées en duchés (1545). Charles - Quint refusa son investiture. Pierre-Louis Farnèse s'attira la haine de ses sujets par sa tyrannie. Une conspiration s'étant formée contre lui, il fut assassiné à Plaisance et son corps jeté à la rue (1547). Le gouverneur du Milanais, Ferrante de Gonzague, qui attendait l'événement, prit possession de la ville au nom de l'Em])crour. — Son fils, Octave Farnèse; (1547-86), soutenu par le roi de France d'abord, rentra dans la paisible possession de ses Etals. Philippe II d'Espagne lui rendit Plaisance. — Alexandre Farnèse, fils du précédent et de Marguerite d'Autriche, lille naturelle de Charles- Quint, fut nomme, en 1578, gouverneur
des Pays-Bas pour l'Espagne. Il fut un des plus grands capitaines de son siècle, et mourut en 1592, des suites d'une blessure reçue au siè^e de Rouen. — Raduce, son" fils (f 1622), fat d'un caractère soupçonneux et fit régner la terreur dans ses domaines. Sous sa domination, Parme vit s'élever le palais de la Pilotta (1597) et le théâtre Farnèse (1618), regardé alors comme une véritable merveille. — Odoard (f 1646), second fils du précédent, eut à détendre ses Etats contre plusieurs ennemis. — Ranuce II, son fils (f 1698), eut pour successeur son fils François, auquel succéda, en 1727, Antoine, le dernier des Farnèse, qui mourut sans enfants en 1731.
En 1718, le traité de quadruple alliance avait décidé que les duchés de Parme, de Plaisance et de Toscane seraient désormais tenus pour fiefs masculins de l'Empire. La maison de Farnèse étant éteinte, don Carlos de Bourbon, infant (FEspagne et fils de Philippe V et d'Elisabeth Farnèse, fut mis en possession de Parme et de Plaisance, malgré les protestations du pape. Lorsque don Carlos devint roi des Deux-Siciles, en 1736, l'Autricha réclama la souveraineté des duchés. — Elle les céda, par le traité d'Aix-la-Chapelle (1748), à l'inlantdon Philippe, autre fils de Philippe V, en y ajoutant le duché de Guastalia. — Ferdinand, fils de l'infant don Philippe, et petit-fils de Louis XV par sa mère, succéda en 1765 à don Philippe. Ce prince, pour qui Condillac composa son traité d'études, expulsa les jésuites, en 1768, malgré les menaces du Vatican, et abolit l'Inquisition. Clément XIII allait le frapper d'excommunication lorsqu'il mourut.
En 1796, Bonaparte lui imposa un tribut de deux millions, et la cession de vingt tableaux, parmi lesquels le Saint-Jérôme du Corrège. En 1801, Bonaparte prit possession des Etats du duc de Parme, qui dut recevoir en échange la Toscane, érigée en royaume d'Etrurie ; le duc protesta et mourut en 1802. — Son fils Louis y fut envoyé à sa place, mais^ il se vit dépouillé de ses nouveaux Etats par Bonaparte en 1807, et un décret réunit Parme à la France, comme département du Taro. Le duché de Guastalia fut détaché et donné à Pauline, sœur de Napoléon. Gambacérès eut le titre de duc de Parme et Lebrun celui de duc de Plaisance.
En 1815, la souveraineté héréditaire du duché fut assurée à l'impératrice Marie-Louise et à son fils le jeune Napoléon. — En 1817, une nouvelle convention le déclara réversible, après la mort de l'ex-impératrice française, à Marie- Louise de Bourbon, duchesse de Lucques, ou à sa postérité. Par conséquent, le 17 décembre 1847, Charles II, duc de Lucques, résigna ce duché à la Tosc.-me, à laquelle il fut annexé, et prit possession de Parnie et de Plaisance. Forcé de quitter ses États en 1848, il abdiqua en 1849, en faveur de son fils, Ferdinand- Charles m. Ce prince, de la maison des Bourbons d'Espagne, a été assassiné le 27 mars 1854. Il avait épousé, en 1845, la duchesse Louise-Marie-Thérèse (sœur dn comte de Ghambord) qui, à sa mort, devint régente, au nom de son fils mineur le duc Robert P'. — En 1860, le duché de Parme et de Plaisance a été annexé, par plébiscite, au royaume d'It;ilie.
Histoire de l'art.
Au xni® s., les sculptures et les peintures du Baptistère attestent déjà l'esprit d'indépendance qui veut s'alïranchir du formalisme byzantin. Les xiv^ et xv« s. ne manquent pas non plus de productions qui témoignent des mêmes efforts.
Francia de Bologne et son élève Ludovico de Parme, Jean Bcllin et ses élèves Aless. Araldi et Cris ta f. Caselli, les frères Mazzola, exerçaient leur influence sur l'art à Parme ; mais les ouvrages de ces divers artistes ne constituaient pas un style caractérisé; lorsqu'au commencement du xvi^ s. parut un artiste qui, à lui seul, devait jeter un lustre impérissable, non seulement sur l'école de Parme, mais encore sur l'art italien, dont il devait être un des plus grands noms : Antonio AUegri^ appelé, du nom de Gorreggio sa ville natale, le Corrège (1494-1534). On ignore les commencements de sa carrière. Lanzi a dit, nous ne savons sur quel fondement, que son style est un perfectionnement de celui de Mantegna, auquel il ne nous semble se référer en aucune manière.
Quel qu'ait été son maître, le Corrège fut avant tout un génie créateur. Les formes traditionnelles de la peinture sacrée ne convenaient i)as à son imagination ; il rejeta la manière de l'ancienne
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