PARME : — HISTOIRE DE L'ART
ccole, et continua^ au profit d'une grâce plus moderne, le mouvement païen qui s'était déjà manifesté dans l'école romaine, et dont J. Romain, à la même époque, était le représentant le plus décidé. Il ne donne pas à ses ligures la noblesse, la beauté sereine que Rapbaël communique aux siennes, mais nul mieux que lui ne sait y répandre la grâce souriante. Il excelle particulièrement à peindre les enl'ants. Le Gorrège remplaça les grandes lignes et les masses par des morcellements et des raccourcis. Il semble s'attacher de tout son pouvoir à conserver une continuelle ondulation de lignes. Presque toutes ces figures sont vues d'en haut ou d'en bas. Cette science du raccourci, déjà poussée très loin par Mantegna, et qui se produit d'une manière si puissante chez J. Romain, atteignit, grâce à lui, tous ses développements ; mais il en abusa, ainsi que son école, comme l'école florentine avait abusé de la science du nu. En même temps qu'il tournait du côté de la grâce le dessin de ses figures, aux contours vagues et moelleux, il sut donner un nouveau charme à la peinture par sa manière de traiter le clair-obscur, partie de l'art qu'il porta à sa plus haute perfection. « Le caractère dominant de la peinture à l'huile du Gorrège, celui qui le fait reconnaître au premier coup d'œil, c'est la couleur, qui est fondue et brillante comme dans l'émail ; les lumières ont un éclat, les ombres une transparence et une profondeur qu'on ne rencontre à ce degré chez aucun peintre. » — On distingue parmi ses élèves ou plutôt ses imitateurs : son fils Pomponio Allegri; F. Capelli ; Ant. Bernieri ; Fr. Maria Rondani (trop minutieux dans les accessoires) , qui fut son élève favori; Michel-Angelo Anselmi, celui qui se rapprocha le plus de la manière du Gorrège (1491-1554) ; Beniardo Gatti (le Sojaro) ; Giorgio Gandini, etc., et, avant tous, Fraiicesco Mazzola, surnommé il Parmigianiiio (le Parmesan, 1503-1540). Chez lui la grâce du Gorrège aboutit au maniérisme; le mouvement et l'expression animée dégénèrent presque toujours en îiifectalion et en coquetterie. Le Parmesan étudia à Rome les ouvrages de Raphaël et de Michel-Ange : il fut en rapport avec J. Romain à Mantoue et avec Gorrège à Parme, où il fut son émule
(Madonna della Steccata) . Girolamo Mazzola, élève et cousin du Parmesan, et Alessandro, son fils, sont les derniers peintres de cette famille qui compte troiîgénérations d'artistes.
Principales curiosité».
Dôme (PL 1). — Baptistère (PI. 2).
— S. Giovanni Evangelista (PI. 7). — Madonna della Steccata (PL 9). — S.
Alessandro (PL 3). — Palais della Prefettura (PL 15), renfermant l'Académie des Beaux-Arts (PL 15), la bibliothèque, le musée d'antiquités, le théâtre Farnèse. — Demander à l'Académie le custode qui a les clefs de la Chambre du Gorrège (PL 14), au couvent de San Paolo. — Jardin pubhc (PI. B, II).
N. B, — C'est à Parme qu'il faut venir si l'on veut étudier le Gorrège.
Le Dô7ne (p. 14), l'éghse San Giovanni Evangelista (p. 15), la galerie de tableaux (p. 17), la Chambre du Corrège (p. 21) possèdent des peintures remarquables de ce peintre. Si l'on ajoute à ces quatre édifices le Baptistère (p. 15) et l'église Madonne della Steccata (p. 15; fresques du Parmesan), on aura vu ce qu'il y a de plus intéressant à Parme.
Direction; places; statues; etc.
De la gare, qui se trouve au N. de la ville, on entre à Parme par la Porte Garibaldi, on suit la strada Garibaldi qui passe par la place della Prefettura (PL C. 2) sur laquelle se trouvent à dr. le palais de la Préfecture (ancien palais Ducal; p. 16) et le bureau de la Poste, ainsi que la statue en marbre du roi Victor-Emmanuel, érigée en 1885. Plus loin, à g., est la petite place della Steccata (PL 22) avec l'égHse de la Madonna della Steccata (p. 15) et le monument du Parmigianino (Fr. Mazzuola) par Chierici (1879). La strada Garibaldi débouche, près de l'hôtel de la Crocc Bianca, sur une rue qui, à g., aboutit