‹ Italiens et FlamandsChapitre 14 sur 24 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

deux qui eurent une grande influence sur sa vie et sur celle de son frère.

Job rêva d'abord que, pendant une nuit, il lui poussait des ailes comme aux anges, et qu'à l'aide de ces ailes, il abandonnait la terre, et s'en allait toucher du doigt à la coupole du ciel.

Comme Job n'avait pas sous sa main, ainsi que les pharaons d'Egypte un esclave hébreu, il chargea son amour-propre d'être l'interprète de la révélatioa divine ; et son amour-propre lui expliqua, clair comme le jour, qu'il était destiné à s'élever, sur les ailes de l'art, audessus de tous ses rivaux, et à aller toucher le but de perfection que nul, avant lui, n'avait eu le bonheur d'atteindre.

En conséquence, il se mit au travail avec une ardeur nouvelle, et le rêve eut cela de bon que, si Job ne dépassa pas ses confrères, au moins prit-il rang parmi les peintres distingués de son époque.

Pendant ce temps, Guérai^d grandissait de son côté à l'ombre de la réputation foaternelle : il travaillait presque toujours dans le même atelier que son aîné, et souvent au même tableau ; de sorte que, sans avoir rien rêvé, Guérard se trouva, un beau matin, aussi grand peintre que Job. Alors les deux frères se mirent en route de compagnie pour aller chercher aventopes et fortune.

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