CHAPITRE IX
Le chasseur Kuno trouve l'anneau d'Itha.
Quelques jours après, l’écuyer Kuno était, comme à son ordinaire, à la chasse dans la forêt de Räbenstein, et depuis longtemps il la parcourait avec ses chiens sans découvrir aucun gibier. Enfin il crut en-
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tendre le croassement de jeunes corbeaux, et, ne trouvant rien de mieux, i! chercha d’où partaient ces cris, afin d'enlever la couvre si les petils étaient assez forts. 11 eut bientôt reconnu que leur nid se trouvait au sommet d’un pin fort élevé, et, après avoir péniblement grimpé jusque-là, il s’empara des jeunes oiséaux, et se préparait à descendre, lorsque sa v1e fut frappée de l'éclat que jetait un oojet brillant placé au fond de son nid. Quels furent son étonnement et sa joie de trouver là une bague enrichie de diamants, et dont la valeur lui semblait considérable ! Il la mit aussitôt à son doigt, bien éloigné de prévoir quelles terribles conséquences cette découverte devait attirer sur lui.
A son arrivée au château, Kuno n’eut rien de plus precsé que deraconter son heureuse découverte à tous ses camarades et de leur montrer la bague qu'il avait trouyée. Les autres serviteurs, dans leur imprévoyance et ieur simplicité, envièrent son bonheur, et ne songèren: pas plus que Kuno à ce qu'il était de leur devoir de faire en cette circonstance ; car un objet trouvé appartient toujours à quelqu'un, et l’on doit faire tous ses efforts vor it remettre à son légitime propriétaire, sans alterdre même qu'il ie ré clame. L’œil perçant de Dominico vit aussitôt tout le parti-qu’il pourrait tirer de cette aventure dans
l'intérêt de ses infâmes passions. Ayant demandé comme les autres à examiner l'anneau, il s’assura d’une manière certaine que c’êtait l'anneau de la comtesse, et il le remit sans affectation à Kuno, se gardant bien de lui dire à qui il appartenait. Il ne Jui fallut qu’un instant pour combiner la ruse infernale qu'il résolut d'employer pour satisfaire la soif de vengeance qui le dévorait depuis si longtemps ;
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s'étant donc aussitôt rendu auprès du comte, il lui adressa la parole en ces termes:
‘4 Je ne sais, mon gracieux seigneur, sije dois vous communiquer une nouvelle aussi importante que douloureuse, et, quoique le zèle qui m'animz pour le soin de votre honneur m'oblige à rompre le silence, j'hésite encore à vous.
— Parle vite, interrompit le comte, rt dis-moi tout ce que tu sais. Depuis longtemps j'ai dû me résigner à tout.
— Puisque vous le voulez, monsieur le comte, je dois vous avouer que je soupçonne plus que janais la conduite de Kuno. Cette intrigue se révèle tous les jours par des signes plus évidents, et aujourd’hui même cet effronté Kuno porte impudemment à son doigt l’anneau que Votre Grâce a donné à la comtesse le jour de votre noce.
— Dieu nous préserve d’une tellé horreur ! s’écria Henri; maiscelaest faux. Itha n’aurait pasosé nettre son anneaunuptial au doigt d’un valet. Non, jene puis croire mon épouse capable d’un tel excès d’infamie.
— Que VotreGrâcedaigne seconvaincreelle-même de la vérité de ce que je viens de lui dire. Si vous le permettez, je vais appeler Kuno, et vous pourrez vous assurer que je ne cherche pas à vous tromper.”
Dominico ne voyait que trop bien les terribles effets que ses insidieux discours produisaient sur l'esprit prévenu de son maître ; aussi dès que Kuno se fut rendu aux ordres du comte, il lui arracha la bague du doigt, et, la présentant à Henri, il s’écria : ‘6 N'est-ce pas bien là la bague ornée de pierreries que Voire Grâce & donnée à ia comtesse au jour de son mariage ? ” La calumnie était préparée avec tant
d’art et avec une si parfaite connaissance du carac-
tère du comte, qu’elle réussit autant que son inventeur avait pu l'espérer. Henri, reconn l'anneau, fut suffoqué par la colère et la rage a qu'il ne put prononcer une parole; mais se roulaient d’une manièreeffrayante dans leurs o ses dents étaient violemment serrées, et to traits horriblement défigurés. Kuno, reconn à tous ces signes l'emportement de son n voulait lui exposer les faits dans leur simple y mais à l'instant même la tempête qui gon!
cœur d'Henri se fit jour avec une irrésistible tuosité, ses oreilles se fermèrent aux justific comme aux prières, et sa raison l’abandonna rement. Il vociféra contre Kuno les plus hor imprécations, le nomma serviteur perfide, he infâme, et le .ondamna sans l'entendre a la m plus cruelle. Appelant ses gens d’une voix de nerre, il ordonna que le malheureux écuyer l'instant même attaché à la queue du cheval le fougueux de ses écuries, e: le cheval fût la coups de fouet au milieu des rochers qui entour le château. Cet ordre barbare fut exécuté, et K
malgré ses cris et ses protestations d’innocencs
entraîné à traverslesrocs etlesbui
ssons, qui l’eu bientôt mit en pièces,
reconnaissant rage au point hais ses yeux leurs orbites, , et tous ses econnaissant son maître, mple vérité; i gonflait le stible impé.
ustifications onna entiè- 18 horribles de, homme a la mort la oix de toncuyer fût à eval le plus | fût lancé à entouraient é, et Kuno, ocence, fut ui l'eurent