CHAPITRE VIII
Itha perd son anneau nuptial.
Même dans cette douloureuse situation d’ Itha, toujours active et soigneuse, ne nég aucun des soins domestiques dont elle s'était ch: Elle n’avait pas d’autre désir que d'assurer le heur de son Henri, et pas d'autre occupatiua c tenir toute la maison dans un ordre parfait.
ce qui la regardait personnellement, elle de: beaucoup plus indifférente, sans pourtant mai à rien de ce qui était essentiel; sa toilette ticulièrement plus simple et moins recherché jamais. Dans aucun temps elle n’avait eu l’hat de porter les habits précieux et les riches jo qu’elle réservait pour les circonstances où son l’obligeait à paraître avec éclat. Depuis longt ces riches habillements d’apparat étaient renfe dans des coffres, et la soigneuse Itha, craignan
ce; objets précieux ne s’endommageassent, vo par une belle journée de printemps, les expo l'air pur du matin et aux rayons bienfaisan
soleil.
C'était à l’heure où la brillante aurore anno: à peine le prochain retour du jour ; Itha, déjà le ouvrit les fenêtres du château pour y laisser p: trer la fraîcheur du matin. Elle se plaisait à courir des yeux la magnifique contrée qui se dé vrait à sa vue, et qui ne lui avait jamais par riche que pendant le calme de cette belle mati,
ion d’esprit, e négligeait tait chargée, urer le bonati. que de arfait. Pour lle devenait
nt manquer oilette par- 1erchée que 1 l'habitude ches joyaux )ù son rang longtemps trenfermés ignant que nt, voulut, s exposer à faisants du
annonçait déjà levée, sser pénésait à parse découais paru si matinée.
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‘À l'est du château, les champs, les arbres et les buissons avaient revêtu leur verdoyante parure, et quelques arbres se détachaient des autres en faisant briller aux premiers rayons du soleil leur riche floraison ; les mille voix d'une multitude d'oiseaux saluaient le réveil de la nature, et semblaient, dans leurs joyeux concerts, chanter les gloires et les louanges de leur tout-puissant Créateur. Ce majestueux spectacle émut vivement l’âme sensible d'Itha, et, se jetant à genoux, elle éleva en même temps ses mains et ses yeux vers le ciel, et remercia Dieu du plus profond de son cœur pour cette belle journée, ainsi que pour toutes celles qu’il lui avait accordées déjà ; elle supplia la divine Providence de lui prêter son secours tout-puissant pour l'aider à passer le jour qui commençait d’une manière chrétienne et irréprochable.
Tout émue encore de ces douces sensations, elle continuait à occuper son cœur du Tout-Puissant, tandis que ses mains actives cherchaient dans les armoires et retiraient des coffres habilement ciselés les magnifiques vêtements qu’elle voulait exposer à l’action conservatrice de l’air et du jour. Elle étendait ou suspendait les robes de soie et de brocart, et plaçait sur une table près des croisées ouvertes ses bijoux, qui empruntaient aux premiers rayons du soleil un éclat éblouissant. Ses regards s’arrétèrent par hasard sur le bel anneau qu’elle avait reçu de son Henri le jour de ses noces. À cette vue, qui lui rappela ses jours de joie et de bonheur si promptement écoulés, elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel en soupirant. Toutefois elle pouvait considérer sans rougir ce gage d'amour et de fidélité; car sa conscience était pure de tout
56 ITA, reproche : elle avait rempli saintement les qu’impose le mariage, et sa pureté là mett dessus même du plus léger soupçon. Confiar de nouveau son avenir aux soins de la Provi elle se rendit pleine de calme et de sécurit occupations journalières. Elle travailla p toute cette journée au milieu de ses femmes, s'inquiéta pas des objets précieux qu’elle avait étalés, car elle avait eu le soin de bien fern portes ; et quoique les fenêtres de l'appart fussent ouvertes, elles étaient tellement él qu'elle ne croyait avoir à craindre aucune traction.
Cependant la bonne Itha goûtait un calme peur, et cette journée qui lui semblait si belle. être marquée par un événement qui devait cau ruine de la vertu et le triomphe apparent du e En effet, lorsque, le soir, Itha voulut serrer de Veau et ramasser avec soin ses habits et ses b: elle trouva tout à sa place, à l'exception d’ur objet: son anneau nuptial avait disparu et n être retrouvé, malgré les plus minutieuses re ches. Le cœur innocent d’Itha se serra de crai d’auxiété; cependant, croyant, si elle parla celte perte douloureuse, de fournir un nouve ment aux soupçons et aux souffrances d'Henri résolut de garder le silence sur cet événemen renfermant ce nouveau chagrin dans son cœur.
ne le confia qu'à Dieu, en se remettant sur ti
sa divine sagesse,
Voici cependant ce qu'était devenu l'anneau la perte devait être si fatale à Itha. Parmi les oisi qui peuplaient la vaste forêt située au près de teau de Toggenbourg, les corbaux se lrouvaien
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si grand nombre, que cette forêt en avait pris son nom, puisqu'on la nommait Rabenstein, c’est-à-dire Pierre des corbeaux. Un de ces animaux, bien connus par leur goût pour les métaux brillants, passa devant les fenêtres ouvertes du château, tandis que les joyaux d’Itha étaient exposés au soleil ; son œil perçant en fut frappé, et, obéissant à une inclination naturelle, il se rapprocha en volant de la'fenêtre près de laquelle se trouvait l'anneau au milieu de diverses autres pierreries. Ne voyant personne qui pôt l'empêcher de commettre son larcin, il s’enhardit de plus en plus, et après mille circonvolutions rapides il saisit enfin l’anneau dans son bec ; puis, joyeux de son vol, il s’enfuit à tire-d’aile le cacher au fond de son nid.
Avec cet anneau fatal le bonheur de la comtesse parut s'envoler ; ainsi cet oiseau sembla rompre ie lien qui la joignait encore à son époux. Cet événement était-il un présage annonçant que la malheureuse Itha devait bientôtsuivre sou anneau dans cette forêt, à laquelle elle semblera bientôt si intimement liée, qu’elle-même pensera n’en pouvoir être arrachée que par la mort?
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