CHAPITRE XI
Héroïque vertu d'Itha dans le malheur,
o1 les prières de la mälheureuse comtesse ne fur pas exaucées dans ce monde, si le fougueux He refusa d'entendre sa voix suppliante, le Ciel n: accueillit que plus favorablement les vœux de li nocente Itha, qui, entre les mains de son meurtri et même au moment où elle semblait planer da l'air, consacrait à Dieu tout son être et tous ses se timents, son existence et sa mort. Mais la vertu , cette infortunée n'était pas encore assez éprouv pour qu'elle fût immédiatement admise au bonhe: ineffable que le Tout-Puissant lui réservait sai doute à ses côtés ; elle devait encore être purifiée pa l'adversité, comme l’or par le feu, pour servir d modèle aux hommes, et leur enseigner à cherche leur salut dans l’imitation de son pieux respect de
et astucieuavait nécesnts crurent naient leur able d’une nnaissaient urberie de tilleurs de ais ajouter geence du lus grand lus d’une
ne furent ux Heori Ciel n’en t de l’inneurtrier ner dans ses senvertu de prouvée bonheur ait sans ifiée par rvir de hercher pect des
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arrêts de la Providence. Au moment où la mort d'Itha semblait inévitable aux yeux des hommes, puisqu'elle avait été précipitée dans un abime d’une profondeur immense, Dieu envoyait ses anges pour soutenir dans cette horrible chute sa fidèle servante, et pour prouver ainsi la vérité de ces divines paroles qui nous sont enseignées par saint Paul, et suivant lesquelles, lorsque Dieu est avec ses enfants, le monde ne peut rien contre eux.
Lorsque Itha reprit ses sens, il lui sembla sortir d’un songe pénible, et elle ne savait plus si elle se trouvait encore sur la terre ou si elle se réveillait dans un autre monde. Cependant, en revenant à elle, elle s’aperçut qu’elle était soutenue par des buissons et des arbustes qui avaient amorti sa chute le long des rochers; mais ce ne fut qu'après avoir levé les yeux vers le sommet de la Montagne et avoir reconnu les hautes tours du château de Toggenbourg, qu'elle se rappela parfaitement toute son histoire, et fut bien convaincue qu’elle existait encore. Alors elle fut vivement pénétréede reconnaissance pour le Dieu toutpuissant qui l’avait conservée saine et sauveau milieu de ces épouvantables dangers, et le premier usage qu'elle fit de ses forces renaissantes fut de se jeter à genoux et d'élever son cœur vers le Ciel dans une fervente prière pourle remercierdece nouveau bienfait, plus grand que tous les autres, et du visible se- Cours que sa bonté paternelle lui avait envoyé,
‘* O0 mon Dieu, s’écria-t-elle, celui entre les mains duquel tu m'avais remise ici-bas m'a répudiée et a voulu briser ma vie temporelle, Dans ce moment suprême je t’adressai une dernière invocation, et jurai de vivre et de mourir pour toi. Tu m'as miraculeusement arrachée à une mort inévitable ; à partir de
44 ITHA Cet instant, je te suis donc entièrement cc tous les liens qui m'attachaient à a terre truits, je n’appartiens plus qu’au Ciel. Qu de mes jours te soient donc dévoués, 6 n éternel et tout-puissant ! Inconnue aux ho loin des vains plaisirs du monde, que ma vie au milieu de la solitude dans la crainte de dans la Contemplation de sa divine bonté !” Telles étaient les pieuses pensées qui s’em, aussitôt du cœur d’Itha rendue à elle-mêr sainte résolution qu'elle venait de prendre : bientôt dans son âme une douce satisfacti plus douce sérénité. Cette pensée s’empara :
d'elle: S'il m'avait fallu à l'instant même raître devant le tribunal de Dieu, avecquelles actions m'y serais-je présentée et où serais-je tenant? Et le souvenir de quelques imperf qu'elle n’avait jamais aperçues au milieu .
chesses et de l'abondance lui fit verser un | de larmes amères. Dans son repentir elle s’écri mon Père céleste, pardonne-moi, pardonne à tous les péchés que nous avons commis. M les pardonneras, 6 mon Dieu, tu l’as promis, p que nous pardonnions les offenses commises à égard. Pour moi, confiante en tes promes:
pardonne de tout mon Cœur et devant toi à Henri les injures et les maux qu'il m'a fait sou ce n’est qu’un homme, et ila été trompé, ca trement il ne se serait Pas rendu coupable d’un reille action. Je pardonne ‘encore à ceux :qu abusé de son esprit généreux et qui m'ont calom pardonnez-leur aussi, mon Dieu, car assuré.
ils ne savaient Pas eux-mêmes ce qu'ils faisa: onne-leur donc, à mon Dieu; et surtout
ent consacrée :
| terre sont dé.
el. Que le reste s, Ô mon Père
ux hommes et.
ma vie s'écoule nte de Dieu et onté {” is’emparèrent e-même, et la ndre répandit isfaction et la npara aussitôt même compa.
quelles bonnes rais-je mainmperfections ilieu des rir un torrent s'écria: 0 rdonne-nous is. Tu nous mis, pourvu ises à notre romesses, je
t toi à mon ait souffrir ; Pé, car au-
e d’une pax qui ont calomniée; assurément
} faisaient, artout par.
THA 47 donne-moi mes fautes et mes péchés, comme je pardonne à mes semblables les offenses qu'ils ont commises à mon égard. Délivre-moi de toute tentation dangereuse, 6 mon Dieu, et que ta bonté paternelle éloigne de mai toute occasion de péché.”
Ainsi le seul secours qu’Itha invoquait dans son malheur était la bonté paternelle de Dieu, et sa divine parole faisait toute sa consolation. Plus d’une fois elle tourna ses tristes regards vers le noble château de Toggenbourg, qui dominait la contrée, et elle se figurait les remords qui devaient entrer avec la réflexion dans le cœur de son Henri, qu’elle avait connu si te dre et si bon ; elle se représentait aussi la tristesse de ses bons serviteurs, qui lui étaient si sincèrement attachés, et qui sans doute versaient
bien des larmes sur son sort et adressaient au Ciel
bien des vœux ardents pour son bonheur éternel. Ces pensées lui apportaient quelque consolation ; pleine de confiance en Dieu, elle se résignait aisément à sa destinée si malheureuse aux yeux du monde ; car, si elle était entièrement privée des
biens temporels, elle possédait en elle des biens cé-
lestes bien plus préciebx : sa conscience était pure et calme, et elle sentait son cœur rempli de la grâce divine, qu'elle n'aurait pas échangée.contre la vie la plus heureuse dans le plus magnifique château,
“ : ITHA ——— CHAPITRE XII Itha cherche à se créer une retraite,
Jtha ne voulait pas rester dans le voisina, château, dans la crainte d’être promptement di verte, et par conséquent détournée de la résolu qu'elle avait prise, et que le Ciel avait acceptée pouvait redouter aussi de nouveaux tourmen!
des traitements plus cruels encore. Elle se leva d et, s’abandonnant à la conduite de la Provide elle s’enfonça dans le plus épais de la forêt, s chant au milieu des fourrés obscurs et impratical où jamais‘peut-être un pied humain n'avait Jaiss traces, et avançant au milieu de tous les obst: avec une facilité dans laquelle la protection di se montrait pour elle aussi évidente que iorsqu' l'avait soutenue et gardée saine e: sauve dan chute. Elle avança ainsi au milieu de ces épais tai qui semblaient se refermer derrière elle pour ren sa retraite impénétrable, jusqu’à ce que le couc du soleil et l'obscurité qui lé suivit promptemen missent dans l'impossibilité de continuer sa marc
Voilà donccette bonne et innocente comtesse, d la jeunesse a été entourée de soins et d'égards, q comme une fleur délicate, fut toujours préservée tout vent rude et nuisible, qui pendant toute sa fut habituée à toutes les commodités et à toutes recherches de l’opulence et servie avec empress ment, la voilà seule au milieu d’un désert sauvag où, au lieu de riches appartements garnis de chau tapis, elle n’aperço!t que la triste lueur du crépu cule, que de noirs sapins et de vieux hêtres eouvei
ee.
oisinage du nent décourésolution, eptée ; elle irments et leva donc, rovidence, orêt, marraticables, it Jaissé de obstacles ion divine lorsqu'elle je dans sa ais taillis, ur rendre e coucher tement la : marche, esse, dont rds, qui, servée de dite sa vie outes les
mpressesauvage, e chauds crépuscouverts
ITHA' s$
de lierre, que d’âpres rochers revêtus de mousses et d'épineux buissons entrelacés les uns dans les autres. Elle qui pouvait travailler à son gré et se reposer sur de soyeux coussins, elle ne voyait plus autour d’elle que des fragments de rocs et des vieux troncs dé. pouillés ; pour remplacer sa table somptueusement chargée de mets savoureux, elle n’avait pas même d'eau fraîche pour étancher sa soif, et, si elle en avait trouvé, elle n’avait pas de vase pour en puiser. Chaque soir un lit moelleux lui offrait un doux repos qui lui faisait oublier les soins de la journée et lui rendait des forces nouvelles pour le jour suivant; maintenant elle n’a pour reposer ses membres fatigués que la terre dure et froide, et au lieu des domestiques empressés qui attendaient ses ordres et s’étudiaient à prévenir ses désirs, elle n’entend autour d’elle que des animaux sauvages, dont
A les tristes hurlements la font frémir d’effroi.
La nuit étendit enfin son obscurité sur la terre, et Itha, cette enfant pure et timide, se trouva seule au milieu d’une immerse forêt, sans nourriture, sans abri, sans un lieu du repos, privée de tout ce qui était nécessaire à son corps fatigué et à son cœur affligé. Itha cependant souffrait toutes ces douleurs parce qu'elle avait préféré son propre malheur à celui de son prochain ; car, si elle avait découvert à Henri les criminelles tentatives de Dominico, elle
| n'aurait jamais eu à souffrir tous les malheurs qui
l’accablaient. Mais, comme elle était douée d’une vertu héroïque et d'une charité vraiment chrétienne, elle ne demanda pas la perte de Dominico, et ne voulait, comme le Seigneur, que la conversion et la pénitence du méchant ; en retour de sa douceur et de sa bonté, elle n'avait reçu que ia persécution, récom:
CE {TEA pense trop ordinaire de la vertu dans ce Aussi sentait-elle en elle-même l'accompl