‹ Ithaque, le Péloponnèse, Troie;Chapitre 102 sur 140 · COURTE DISTANCE ENTRE TROIE ET LE SCAMANDRE · texte numérisé non relu

COURTE DISTANCE ENTRE TROIE ET LE SCAMANDRE

Troie; et c’est tout naturel; car, je le rappelle, il n’y avait que 1,700 mètres du Seamandre aux murs de Troie. De l’autre côté , ce campement des Troyens sur le Seamandre était tellement rapproché de celui des Grecs, qu’Agamemnon entendait de sa tente le son des chalumeaux et des flûtes des Troyens et leur tumulte.

Ce seul passage d’Homère suffirait à prouver jusqu’à l’évidence la grave erreur commise par Démétrios de Scepsis et Strabon, lorsqu’ils placent Troie à IXUwv xtipT), à 3o stades, ou 5,55o mètres au-delà d’Ilium-Novum, et par conséquent à plus de 1 1 ,000 mètres du camp grec.

Quel mortel peut entendre le son des flûtes et des chalumeaux à 1 1 ,000 mètres ? En outre , comme le campement des Troyens sur la rive du Seamandre est à 7,250 mètres de distance de ’lXiéwv x.tâpi, Homère n’aurait pas pu dire et répéter que les feux brûlaient devant Troie , si cette ville eût occupé ladite place.

Ainsi, s’il est absurde de vouloir placer Troie à ’IWwv xw|A7), il est bien plus absurde encore de prétendre que Troie ait occupé les hauteurs de Bounarbaschi, car la distance du campement troyen sur le Scamandre jusqu’à Bounarbaschi est d’environ 1 j kilomètres. Mais je citerai encore d’autres preuves à l’appui de ma conviction que l’espace entre Troie et le camp grec était très-court.

Le quatrième jour, où se livrait la troisième grande ' bataille, le lever du soleil est annoncé au chant XI, 1,

TROISIÈME BATAILLE DE l’ ILIADE.

et le midi dans les vers XI, 8/1-86. Dans l’aprèsmidi les Grecs repoussent les Troyeus jusqu’aux portes Scées (XI, 166-170), et ils sont refoulés à leur tour jusqu’aux navires, où s’engage un terrible combat (XII, 35 — XIV, 439). Les Troyens sont de nouveau repoussés (XV, 6-8), et ils refoulent à leur tour une seconde fois les Grecs jusqu’aux navires (XV, 343-345), où se fait un carnage épouvantable.

Patrocle refoule les Troyens jusqu’aux murs de Troie, et essaye même trois fois de les escalader (XVI, 70a); les Grecs combattent jusqu’au soir aux portes Scées (XVIII, 453).

Ainsi, dans cette troisième bataille, comme dans la première, les Grecs traversent aussi dans une aprèsmidi, au moins quatre fois, l’espace entre leur camp et Troie, malgré les longs combats aux navires, daus la plaine et sous les murs de Troie.

Au commencement du dernier combat de l’Iliade, les Grecs s’arment près de leurs navires, et les Troyens « 8iù ireStoio, » c’est-à-dire sur le haut de la

plaine entre le Si/noïs et le Scamandre (II., XX, 1 -3). Les dieux prennent part au combat et surtout Minerve et Mars. Minerve anime les Grecs par ses cris du rempart derrière les navires et du rivage de la mer, tandis que Mars excite les Troyens à la lutte en criant tantôt du sommet de Pergame, tantôt de Callicolone (IL, XX, 48-53) :

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