JONCTION DD SCAMANDRE ET DD SIMOÏS
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Aue 8' Âpnç iTÉptüfiîv, èpepwri XouXxm I<toç,
Ô£ù xar’ àxpoTotnnç icôXioç Tpcüeaffi xeXtüwv.
ÂXXote Ttàp 2i(toevTt Ôtwv èm KaXXixoXcâvrç.
« Minerve criait, se tenant tantôt sur les bords du « fossé creusé devant le rempart des Grecs, tantôt « sur le rivage retentissant. I)e l’autre côté. Mars, .« semblable à la sombre tempête, poussait des cris « aigus, tantôt commandant les Troyens du sommet « de la ville, tantôt courant sur Callicolone près « du Simois. »
Ce beau passage prouve une fois de plus que la citadelle de Troie était tout près du haut de la plaine, entre le Simoïs et le Scamandre, et ensuite que Callicolone est une des belles collines, à l’est d’Hissarlik, qui bordent la charmante vallée par laquelle le Simoïs ( Doumbrek-Sou ), coule de l’est à l’ouest.
Homère prouve encore par les vers V, 773-774 que la jonction du Scamandre et du Simois était tout près de Troie :
„ ÀXX’ ôte 5 ri Tpoiriv tÇov iroxapiid rt péovre,
Hyt poàç 2i[Ao'eiç aujxêaXXETOv ri$i 2xap.avàpoç.
a Mais lorsque les déesses s’approchèrent de Troie n et des deux fleuves, là où les flots du Simoïs se joi- « gnent à ceux du Scamandre... »
Il démontre aussi par les vers XXIV, 66 a- 663 , le court espace entre le camp grec et T roie :
TOMBEAU D’HECTOR A OPHRTNIUM. 197
Oloflo yctp, füç xarà acxu èêXfitôa, tt)XÔ0i S' ûXyi À^éfiev £$ Sptoç ....
« Car tu sais comment nous sommes renfermés dans « la ville, et que nous devons chercher le bois loin des n montagnes. »
Priam prie Achille d’accorder un armistice d’onze jours pour les funérailles d’Hector, car il dit que la ville est trop renfermée par le siège, et qu’ils doivent chercher le bois loin dans les montagnes. 11 n’aurait certes pas eu besoin de se plaindre de cela, si la ville eût été à IWwv xdipai ou à Bounarbasehi, car les Troyens n’auraient pas alors été inquiétés par les Grecs du côté des montagnes.
Comme je viens de parler des obsèques d’Hector, je crois devoir dire à cette place que, selon Strabon (XIII, 1, page io3, édit. Tauehnitz), sur une colline à Ophrynium était le bosquet consacré à Hector. On reconnaît Ophrynium dans Palaio-Castrçn, sur l’Hellespont, à l’est de Rhétée, près des sources du Simoïs. Il parait certain que, d’après la croyance accréditée dans toute l’antiquité, Hector était enseveli dans ce bosquet, car nous voyons dans Lycophron que Cassandre, lisant dans l’avenir, dit à Hector : « Oh ! « mon frère, objet cher à mon cœur, défenseur de a nos palais et de notre patrie, tu n’auras pas en vain « rougi les autels du sang des taureaux, et offert tant « de prémices et de victimes à celui qui monta sur « les trônes d’Ophion. Ce dieu te conduira dans sa a terre natale, le séjour le plus honoré de la Grèce.
198 TOMBEAU DHKCTOH A OPHRYNIUM.
a Tu habiteras les îles des heureux, grand héros des- « tiné à repousser les traits de la peste, lorsque le « peuple d’Ogygès, que sema jadis Cadmus pressé par « une troupe de guerriers dévastant le pays, les pa- « lais et les temples de Ténéros, docile à la voix du « dieu de la médecine, t’enlèvera des tombeaux d’Oa phrynium et te portera dans les murs de Calydnos, « dans la terre des Aoniens. » ( Exlr . de Choiseul .)
Je fais observer à ceux de mes lecteurs qui ne sont pas philologues que Lycophron était un grammairien et un poète très-célèbre qui vivait à Alexandrie en Egypte, vers l’an a8o avant Jésus-Christ, sous le règne de Ptolémée II, surnommé Philadelphe. Son poème de Cassandre est considéré comme un prodige d’érudition acquise par de longues et pénibles études.
Nous lisons dans Virgile qu’Andromaque s’était remariée avec Hélénos, fils de Priam, devenu roi de Chaonie ; que non loin de la ville, à l’ombre d’un bosquet sacré, sur la rive d’un faux Simoïs, elle offrait aux cendres d’Hector des sacrifices solennels ; elle évoquait ses mânes près d’un cénotaphe construit d’un gazon vert et pleurait au pied de deux autels, sujet de ses larmes ( Ænéide , ni, 3oa-3o5) :
Ante urbem in luco fatsi Simoentis ad undara Libabat cineri Andromache, Manesque vocabat Hectoreum ad tumulum, viridi queni cespite inanem Et geminas, causam Iacrymis, sacraverat aras.
Les indications contenues dans ces deux passages sont en parfait accord avec la situation de Troie
TOMBEAU D’HECTOR A OPHRYNIUM. 199
( Ilium-Novurri ), du Simoïs ( Dumbrek-Sou ) et du tombeau d’Hector dans le bosquet d’Ophrynium ( Palato - Castrori), presque sur la rive du Simoïs.
Hector était vénéré comme un dieu (//., XXII, 3g3-
ftpapiefla [iiya x.û8o( • èireçvojxev Éxropa $?ov,
Ù Tpûïç xarà âa-ru, Oeü ôç eùysTowvTo.
« Nous avons remporté une grande gloire; nous « avons tué le divin Hector, que les Troyens véné* « raient dans leur ville comme un dieu. »
Il n’y a donc pas le moindre doute que la mémoire de ce héros divin, unique soutien et unique gloire du. peuple troyen, ne dut se perpétuer parmi leurs descendants, et que son tombeau, objet de leur culte, ne dût être parfaitement connu par la tradition, dans toute l’antiquité. Je proteste donc une fois de plus contre tous ceux qui, dans leur foi aveugle au dogme de Bounarbaschi-Troie , prétendent connaître, après trente et un siècles, la situation du tombeau d’Hector, mieux qu’on ne l’a connue neuf siècles après sa mort, et qui reconnaissent l’identité de ce sépulcre avec un des trois tumulus qui sont sur les hauteurs de Bounarbasclii.
Lorsque Achille combattait encore , Hector ne luttait que près des murs de Troie et n’osait pas s’éloigner des portes Scées et du Hêtre. (IX, 35a- 354.) Depuis le commencement de la guerre les femmes troyennes n’osaient plus sortir de la ville