‹ Ithaque, le Péloponnèse, Troie;Chapitre 11 sur 140 · ITHAQUE · texte numérisé non relu

ITHAQUE

Arrivée dans le [mit de Saint-Spiridou. — Le su va ut meunier l'auagis Asproiéraea. — Tradition dTTysse. — Vathy, capitale d'Ithaque. — Citation îles principaux ouvrages sur Ithaque. — Le port de Heithrou.

— Topographie et productions d’Ithaque. — Port de Phorcys. — Mont Néïoii. — Crotte des Nymphes. — Mont Aétos. — Palais dTTysse.

— Murs cyclopécns.

Je louai, moyennant onze francs, une barque pour me faire conduire à Ithaque; mais malheureusement le vent était contraire, de sorte que nous fûmes continuellement forcés de louvoyer, et ainsi il nous fallut six heures pour faire une traversée, qu’on fait facile* ment en une heure avec un vent favorable.

Enfin, à onze heures du soir, nous débarquâmes dans le petit port de Saint-Spiridon, au sud du mont Aétos, et nous mimes pied à terre dans l’an* cien royaume d’L'lysse. Je confesse que, malgré ma fatigue et ma faim, je ressentis une joie immense en me trouvant dans la patrie du héros dont j’ai cent

LE SAVANT MEUNIER ASPROIÉRACA. lo

fois lu et relu les aventures avec le plus vif enthousiasme.

Je fus assez heureux de trouver, en débarquant, le fameux meunier Panagis Asproiéraca , qui, moyennant quatre francs, me loua son âne pour porter mes effets, tandis que lui-même il me servait de guide et de cicerone jusqu’à la capitale, Yathy (BaOu). Ayant appris que j’étais venu à Ithaque pour faire des recherches archéologiques, il applaudit vivement à mon projet, et, chemin faisant, il me raconta toutes les aventures d’Ulysse d’un bout à l’autre. La volubilité avec laquelle il les récita me prouva jusqu’à l’évidence qu’il avait déjà raconté la même chose mille fois. Son ardeur à m'instruire sur les gloires du roi d’Ithaque était telle qu’il ne souffrit aucune interruption. En vain je lui demandai : « Est-ce le mont Aétos ? est-ce le port de Phorcys ? de quel coté se trouve la Grotte des Nymphes ? où est le champ de Laèrte?... » toutes mes questions restèrent sans réponse. Le chemin était long, mais l’histoire du meunier était longue aussi, et lorsque enfin, à minuit et demi, nous franchîmes le seuil de sa porte à Yathy, il entrait aux enfers avec les âmes des prétendants, sous la conduite de Mercure.

Je le félicitai vivement d’avoir Iules poèmes d’Homère, et de les avoir assez bien retenus pour raconter avec tant de facilité, en grec moderne, les principaux événements des vingt-quatre chants de l’Odyssée. A mon grand étonnement, il me répondit que non-seulement il ne connaissait pas l’ancienne langue , mais que

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