LE FORT DE PHORCYS
concentrés autour de l’âge héroïque : chaque colline et chaque rocher, chaque fontaine et chaque bocage d’oliviers, respire Homère et l’Odyssée ; et nous sommes transportés d’un seul bond par-dessus cent générations dans l’époque la plus brillante de la chevalerie et du poème grecs.
Aussitôt que je fus installé dans mon nouveau logement, j’engageai un guide et un cheval, et je me fis conduire au petit golfe, appelé Dexia , qui se trouve aussi au pied du mont Néion , et fait également partie du grand golfe de Molo. C’est le « 4>ôp)wvoî 'Xiu.rlv » (port de Phorcys), dans lequel les marins phéaciens débarquèrent Ulysse profondément endormi, et le déposèrent avec ses trésors, d’abord surlerivage, et ensuite sous un olivier hors du chemin (Od., XIII, g6 i a4) : “ Dans un a endroit d’Ithaque est le port de Phorcys, vieillard a delà mer, dans lequel font saillie deux rochers es- « carpés, inclinés vers l’entrée du golfe, qui le défena dent au dehors contre la grande vague et les vents « rugissants : au dedans les vaisseaux bien garnis de « rames stationnentsans amarres, lorsqu’ils sont entrés « dans le port. Mais à l’extrémité du port s’élève un « olivier touffu, et tout auprès se trouve une grotte dé- « licieuse et sombre, consacrée aux ny mphes appelées « Naïades. On y voit des urnes et des amphores de « pierre : les abeilles y déposent leur miel. On y voit « aussi des métiers de tisserand en pierre ; là, les « nymphes tissent des draperies de pourpre de mer « d’un aspect admirable : on y trouve encore une « fontaine intarissable. Elle a deux portes : l’une, au