‹ Ithaque, le Péloponnèse, Troie;Chapitre 56 sur 140 · LA CITADELLE DE TIRYNS · texte numérisé non relu

LA CITADELLE DE TIRYNS

n’en pourrait remuer la plus petite. Il ajoute que les interstices entre les grandes pierres sont remplis par de petites pierres. ( Pausanias , II, a5.)

Naturellement Pausanias entend par le mot mur (reîyoç) le grand mur de la citadelle, car il ne reste plus aucune trace des murs de la ville, et, si ceux-ci eussent existé du temps de Pausanias, ils existeraient probablement encore à présent, aussi bien conservés que ceux de la citadelle.

Ceux-ci ont été regardés comme une merveille dans toute l’antiquité; et Pausanias (II, 16 ; VII, a5) et Strabon (VIII, 6 ), confirment que ces murs ont été bâtis par les Cyclopes pour le roi Proïtos. Pindare ( fragmenta ad Boeck) parle aussi des « Kux^côma itpô- Oupa Tipuvôoç » et Pausanias dit. même (IX, 36) que les murs de Tiryns ne sont pas moins merveilleux que les pyramides d’Égypte. Dans tous les cas leur fondation remonte aux plus anciennes légendes mythiques de la Grèce ; et la tradition dit que Proïtos céda Tiryns à Persée, qui le laissa à Électryon, dont la fille Alcmène, mère d’Hercule, épousa Amphitryon, qui fut expulsé par Sthénélée, roi d’Argos. Hercule fit ensuite la conquête de Tiryns, où il résida longtemps, et en conséquence il est fréquemment appelé le Tirynthien. (Pindare, Ol., XI, 4f>; Ovid. Met., VII, 4io; Virgile, /Enéide, VII, 662 .)

La ville resta au pouvoir des Achéens même après le retour des Héraclides, et après la conquête du Péloponnèse par les Doriens. Hérodote raconte (VI, 8 1 - 83 ) qu’après la défaite totale des Argiens par

LA CITADELLE DE TIRYNS. IIÔ

Cléomène, leur ville (Argos) manqua d’hommes, de sorte que les esclaves usurpèrent'la domination; mais que, lorsque les fds des habitants tués eurent grandi, ils expulsèrent les esclaves, qui firent alors la conquête de Tiryns et s’y maintinrent.

Comme je L’ai déjà dit en parlant de Mycènes, quatre cents Mycéniens et Tirynthiens prirent part à la bataille de Platée ( Hérodote , IX, 28). Enfin Tiryns fut détruit par les Argiens en 4^6 avant Jésus-Christ. (Strabon, VIII, 6.)

Dans l’intérieur de la citadelle, il y a deux plateaux séparés par un mur de construction cyclopéenne, dont l’un est de quatre mètres plus élevé que l’autre. Le plateau supérieur a 1 35 mètres de long et de 70 à 80 mètres de large ; le plateau inférieur n’a que 1 1 5 mètres de long et 4 o mètres de large. Sur le plateau supérieur on voit beaucoup de terrasses soutenues par des murs cyclopéens.

Dans les murailles sud et est, il y a des galeries couvertes, d’une construction singulière. Dans la muraille est il y a deux corridors parallèles, dont l’un a six niches dans le mur extérieur. Dans la muraille sud il y a une galerie de quatre mètres de large, au milieu de laquelle existe un immense poteau déporté, muni d’un grand trou pour le verrou, ce qui démontre qu’on pouvait fermer le passage à l’occasion. Sans doute ces galeries ont servi à entretenir des communications entre deux tours ou places d’armes, qui se trouvaient aux deux extrémités.

Hoirière appelle Tiryns (II., II, 55 g) : Tipuvç Teip-

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