NAUPLIE
le Pirée, et il me fallait attendre une semaine le départ suivant.
INauplie fut fondée par Naw).ir>ç, fils de Neptune et d’Amymone (S/rabon, VIH, (>, et Pausanins, II, 38). D’après la tradition, Palamède, fils de Nauplios, était allé à Ithaque pour découvrir la ruse d’I lysse, qui, pour échapper à l’expédition de Troie, contrefaisait l’insensé. Voyant ce héros labourer le sable de la mer avec une charrue attelée d’un cheval et d’un hœuf et semer du sel dans les sillons, Palamède prit le petit Télémaque, nouvellement né, des hras de Pénélope, et le mit devant la charrue; Ulysse ayant alors détourné le soc pour ne pas écraser son enfant, Palamède reconnut par cela même sa ruse et le força à suivre l’expédition de Troie. Ulysse, pour se venger, contrefit la signature de Palamède, écrivit sous son nom des lettres à Priam, dans lesquelles il trahissait les Grecs, et manœuvra de manière que la correspondance tombât dans les mains des Grecs, qui condamnèrent Palamède à mort et le lapidèrent. Mais Strabon (VIII, 6) déclare que cette légende est une fable, et dit que, si le récit avait été vrai, Homère n’aurait certainement pas omis de parler d’un homme comme Palamède qui, après avoir fait preuve de tant de sagesse et de pénétration, avait été injustement assassiné.
Nous pourrions ajouter que, pour deux autres importantes raisons, ce récit doit être une bible. D’abord il n’y a nulle part à Ithaque un rivage sablonneux, toute la côte de l’tle étant garnie de rochers, qui des-
H 8 l’écriture au siècle d’homère.
cendent brusquement dans l’eau et ne permettent pas que du sable puisse s’y accumuler. En second lieu il parait presque certain que l’art d’écrire n’était pas inventé du temps de la guerre de Troie, car on n’a encore jamais trouvé une inscription de l’àge héroïque; et même dans Homère, qui est supposé avoir vécu deux siècles après cette guerre , le mot ypâçeiv ne signifiait pas encore écrire, mais érafler, égratigner, inciser. Par exemple (//., VI, 167-170):
Ktuvou pu'v ($’ oXecive, ssëaccaxo yàp xoye Ô’jpuo, népwtê 8é (uv Auxt7iv£s, wopev ôye ffripwcTa Xuypà rpaijiaç èv m'vaxi tttimctÔ) ôupuxpôdpa iro XXâ Aeî^ai S' iivwyeiv <0 irevÔepü, o^p’àicoXoïTO.
« Il s’abstint de le tuer, car une crainte religieuse « l’arrêta; mais il l’envoya en Lycie et lui donna des « signes fuuestes, incisant dans une tablette pliée « beaucoup de caractères de mort, et lui commanda, « pour le faire périr, de la montrer à son beau- « père, n
Apollodore (II, 3 ) qui raconte aussi l’histoire dont il est question dans ces vers, a, sans aucun doute, compris qu’Homère entendait par <nipi.aTa des lettres écrites, et par ypatpeiv, écrire, car il dit : « E&wxev î7ti- « dTO>.à{ aùxiô 7xpàç loéa-rnv xopucav èv aiç sveyeypaTSTO BeX- >< ’XspoipdvxriV âicoxTetvai. » (// lui donna pour Iobate
des lettres dans lesquelles était écrit de tuer Belléronhon.)
Mais Apollodore se trompe, car, dans les poèmes