LA FORTERESSE DE PALAMÊÜE. H
homériques, il n’y a nulle part le moindre indice de l’usage de l’écriture, et ainsi on ne peut pas admettre que les héros homériques aient connu cet art.
Mais, grâce à ladite fable de Palamède, le haut rocher escarpé et isolé devant Nauplie est appelé jusqu’à nos jours Palamède. Sur le sommet de ce rocher, qui s’élève à 1^0 mètres au-dessus du niveau de la mer, est une grande forteresse, construite par les Vénitiens, et inaccessible de tous les côtés, excepté par un point à l’est, où le rocher est joint à une chaîne de collines rocheuses. A cause de sa position, qui paraît imprenable, elle est appelée le Gibraltar de la Grèce. Elle n’a été conquise par les Grecs sur les Turcs qu’après un long siège, et lorsque presque toute la garnison était déjà morte de faim. Les fortifications sont massives , mais très-mal conservées, et la garnison est réduite à une trentaine de soldats.
Sur un permis de l’état-major de Nauplie, on me montra cette citadelle dans tous ses détails, et on m’introduisit aussi dans la cour des prisons, où on a fait construire plusieurs cloisons pour y laisser les prisonniers prendre l’air, une fois par jour, chacun à son tour.
11 était cinq heures de l’après-midi, et tous les prisonniers avaient déjà fait leur promenade, à l’exception de cinq, que je vis encore marcher dans une des cloisons; mais leur marche était pénible à cause de grosses chaînes qu’ils portaient aux pieds. Leur aspect farouche frappa mon attention, et je m’approchai de la cloison, pour les regarder de plus près. Les