HYDRA
qu’on ne peut pas y pénétrer sans danger. Je me fis conduire dans un petit canot par tous les bras du petit fleuve.
Tout près de ce marais, la rivière Érasinos sort du montChaon, et se jette dans le golfe en faisant tourner de nombreux moulins. La caverne d’où elle sort présente à son entrée la forme d’une ogive gothique, et s’enfonce bien de 65 mètres dans la montagne. On prétend que c’est le fleuve Stymphale, qui disparaît sous le mont Apélauron en Arcadie.
Je partis de Nauplie le 28 juillet, à une heure du matin, par le bateau à vapeur I onia , et nous arrivâmes à sept heures àHydra, où nous nous arrêtâmes pour débarquer des passagers et pour en prendre d’autres. Hydra est une ville située dans la petite île du même nom, formée d’un rocher d’une stérilité telle qu’il 11’y a pas une herbe sur toute l’île. Le petit port, audessus duquel les maisons de la ville sont perchées sur le rocher escarpé, n’est protégé que par les montagnes de la côte du Péloponnèse, distante de huit kilomètres. Les rues sont très-inégales à cause des accidents de terrain, mais remarquables par leur propreté. Le quai est flanqué de nombreux magasins, qui attestent le grand commerce de la ville. Toutes les maisons ont des toits plats et des murs d’une épaisseur telle, qu’elles semblent être à l’épreuve des tremblements de terre. Elles portent le cachet d’une grande propreté, et l’intérieur ne dément point l’apparence extérieure; car, grâce aux habitudes des belles, gracieuses, charmantes et laborieuses dames hydriotes, leur ménage