‹ Ithaque, le Péloponnèse, Troie;Chapitre 7 sur 140 · LE NAVIRE PÉTRIFIÉ · texte numérisé non relu

LE NAVIRE PÉTRIFIÉ

Selon Strabon (VI, a), Archias, le fondateur de Syracuse, toucha à Corfou, et y laissa Chersicratès, un des Héraclides, qui expulsa les Liburniens, par qui l’ile était alors habitée, et qui bâtit la ville de Corcyra, qu’il peupla de Corinthiens. Ce fut probablement en 734 av. J.-C., date de la fondation de Syracuse.

La colonie fut dés le commencement en désaccord avec la mère patrie; et, selon Thucydide (I, i 3 ), le premier combat naval connu eut lieu entre les Corinthiens et les Corcyréens, deux cent soixante ans avant l’année où il écrivait : si nous supposons qu’il ait écrit en 4°5 av. J.-C., après la fin de la guerre du Péloponnèse, ledit combat aura eu lieu en 665 av. J.-C.

Par son commerce et par son industrie, la colonie devint si puissante qu’elle fonda, en 617 av. J.-C., la ville d’Épidamne sur la côte de l’Illy rie.

Corcyre fut la cause de la guerre du Péloponnèse, à laquelle elle prit une part très-active; mais sa puissance s’affaiblit rapidement dans les guerres désastreuses qui suivirent la mort d’Alexandre le Grand, et l’île était heureuse de pouvoir se mettre, en 220 av. J.-C., sous la protection de Rome.

Il y a deux îlots, l’un dans le port actuel, et l’autre dans le petit golfe, sur la côte nord de l’ile, lesquels, vus de loin, ressemblent beaucoup à des goélettes, les voiles déployées. Un de ces ilôts a sans doute inspiré à Homère l’idée que le navire phéacien qui avait porté Ulysse à Ithaque fut changé en rocher, à son retour, par la colère de Neptune ( Odyssée , XIII, i5ç)-i64)-

PALÆOPOLIS.

Aùxàp è~st Toy’ <x/.ous« llossi^auv ivoai'yÔüiv,

Bîi p’ tptev i( iyepôiv, ôôi $aÎY|>u ; yeyaaciv.

ÉvÔ’ fipiÊv* • ■à âè p.âXa cye^ov yjXuÔe ^ovTOTüôpOî vijüç, Pipiça Suo/.oaeV/] • -rv;; §è oye&ov tiXO’ Èvogi'yOuv,

Ô; fuv Xâav eÔYixe, '/.ai èppiÇuaev êvspOev,

Xeipi /caTaspviveï sXotca; • ô voaipi (Ïeêïixei.

a Et lorsque Poséidon, le dieu qui ébranle la terre, a eut entendu cela, il alla vite à Schérie, où sont les « Phéaciens. Là il s’arrêta ; et bientôt approcha le « navire rapidement poussé : le dieu qui ébranle la « terre s’approcha du vaisseau et le changea en pierre, a et, le frappant du plat de la main, il l’enracina au « fond de la mer; puis il s’en alla. »

D’après les indications que nous donne Homère, dans les vers suivants de X Odyssée (VI, 262-264) :

Aùxàp ir.'tfi irdXto; î-ioeioy.sv, yiv — :pi itupyo;

ÉiJiYlXd;, xaXô; Sè Xij/.r.v sxcéxepfle luôXmo;,

AtTCTr, è’ «iaîôpi’i • vr.E; ôSôv àapisXiouai Eiouaxai.

« Mais lorsque nous entrerons dans la ville , elle « est entourée d’une haute muraille, et de chaque « côté se trouve un beau port avec une entrée étroite, « et les vaisseaux bien garnis de rames sont tirés sur « le rivage des deux côtés du chemin. »

D’après ces indications, dis-je, on trouve facilement l’ancienne ville des Phéaciens, sur la côte est, dans une péninsule, appelée Palæopolis, au sud de la ville moderne de Corfou.

6 EMPLACEMENT DU PALAIS d’aLCINOCS.

Desdeux ports mentionnés par Homère, l’un, appelé à présent golfe de Cas t rades, sépare la péninsule du promontoire occupé par la citadelle moderne ; l’autre, appelé Pesehiera, ou lac de Calichiopoulos, est un petit golfe, qui sépare la péninsule de la cote par un canal étroit, qu’llomère décrit parfaitement par ces mots : « XeTTTYj êi<îî0[/.7) » [entrée étroite). Ce dernier port est sans aucun doute le : « T/Aaocô; Xtpiv » ( port Hyllaïqué) dont Thucydide fait mention ; et le golfe de Castrades, le « Iijavîv rpo; t-?, àyopœ » ( port sur In place publique ) ( Thucydide , III, 72).

Comme, selon le même auteur, l’ancienne acropole était près du port Hyllaïque, elle devait être à l’extrémité de la péninsule, au sud de l’ancienne ville. On y voit quelques ruines de vieux murs d’une grande épaisseur, qui peuvent bien avoir appartenu à l’ancienne citadelle; puis les restes d’un petit temple dorien.

On ne trouve plus aucun vestige du palais d’Àlcinoiis ; mais je pense qu’il était situé sur un plateau élevé de la péninsule à l’extrémité sud de la ville antique, et dans l’endroit même où se. trouve à présent le palais royal ; car Nausicaa dit à Ulysse , en parlant du palais du roi, son père : « Pet a S’ àp lyvon èa v£, zou av rat; •/iyri'îaiTo vïimo; » (Il est facile à reconnaître , et un jeune enfant te conduirait) [Od., VI, 3 oo). La topographie ne parait pas admettre que le palais royal ait été ailleurs.

Partout où on fouille le sol sur l’emplacement de l’ancienne ville, on trouve des marbres sculptés, et çà et là des tombeaux , avec des vases funéraires

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