TOME II
encore aucune habitation, si ce n'est un che'tif moulin assis sur un petit ruisseau nomme' le KenL Cependant, après cet ennuyeux passage, le sol s'élève, les bois s'e'claircissent , et l'on aperçoit à droite et à gauche quelques défriches auxquels conduisent des sentiers frayés. Enfin, lorsque j'eus fait six milles environ, je me trouvai sur un monticule du haut duquel ma vue s'étendait sur un vallon qui semble avoir été nivelé par les eaux , et au-delà sur une ligne grisâtre qui le bordait dans toute sa longueur; c'était le fleuve Saint-Laurent, dont la vaste étendue surprend toujours l'Européen peu accoutumé à contempler des fleuves de huit à dix milles de largeur. En continuant d'avancer, je ne tardai pas à distinguer un groupe de maisons noircies par l'efiet de l'humidité constante qui plane sur cette contrée, et bientôt après j'entrai dans le bourg du cap Vincent. Ce bourg, encore moins considérable que celui de Chaumont, est situé sur un terrain plat et sablonneux; il ne se compose guère que de maisons en bois, de proportions resserrées, dont la médiocre apparence est encore rendue plus triste par la teinte rembrunie qui les colore, et qu'on peut attribuer à la fois à l'àpreté du climat et à des vapeurs humides qui s'élèvent perpétuellement du lac et de la forêt. Quelques constructions plus importantes se font cependant remarquer parmi ces sombres habitations; telle est la taverne, l'habitation du fils de M. Leray de Chaumont, qui, lors de mon passage, ne faisait encore que s'élever, et, au centre du bourg, le casin de M. le comte Réal, un de nos compatriotes. La population du cap Vincent est un mélange d'Américains, d'Allemands et de Canadiens ; ces derniers , hommes ou femmes , se font remarquer par leur haute stature et leur beauté corporelle : quelques jeunes filles m'ont paru même douées d'attraits remarquables. En général, ils ne sont point établis à demeure de ce coté du fleuve, ils y viennent pour trouver de l'ouvrage et y exercer quelquesuns des métiers les plus usuels, tels que ceux de maçon et de charpentier. Un grand nombre sont patrons des barques qui naviguent sur le fleuve, et c'est même pour eux une profession qu'ils affectionnent par-dessus toutes les autres et dans laquelle ils se sont acquis une réputation méritée. Il semble qu'ils aient hérité de leurs ancêtres , de ces audacieux navigateurs dieppois qui les premiers
vinrent s'établir dans ces contrées, cette adresse et cette intrépidité' qui caractérisent les uns et les autres.
En entendant prononcer le nom de cap Vincent, l'imagination est disposée à se représenter un e'cueil redoutable; mais bien loin de là, ce cap n'est qu'une petite pointe de sable qui s'avance dans le fleuve , pre'cëde'e de rocs isoles tenant à la terre. Quelque peu dominante que fût cette position, cependant je pus facilement contempler, de son extrémité', la vaste e'tendue du Saint-Laurent, et la large embouchure par laquelle il prend naissance dans le lac Ontario. A cet orifice, ce fleuve n'a pas moins de douze à treize milles de largeur; ce courant énorme est alimenté par toute la masse des eaux du lac Ontario, augmentée de celles des lacs Erie', Michigan, Huron et Supe'rieur, qui se déversent successivement les uns dans les autres. Une île d'une étendue considérable, beaucoup plus longue que large, et nommée la Grande-Ile, divise ce fleuve, à sa naissance, en deux branches inégales. La possession de cette importante partie de territoire a été un long sujet de discussions entre les deux peuples rivaux, les Anglais et les Américains ; par de premiers arrangemens, elle avait été divisée en deux parties égales, selon sa longueur, mais enfin, par le dernier traité, elle a été adjugée en totalité aux Anglais. De l'extrémité du promontoire sur lequel je m'étais placé, j'embrassais la vue de presque toute cette île, qui est couverte de forêts et encore peu habitée, et mes regards suivaient la route qui la traverse directement par son milieu pour correspondre avec le rivage opposé du fleuve, oîi s'élève le port et la ville anglaise de Kingston. Dans la branche du fleuve qui sépare la Grande -Ile du continent américain, et au nord du cap Vincent, j'apercevais une terre avancée que j'aurais prise pour un promontoire de cette même île, si je n'avais été averti que c'était une île particulière qui portait jadis le nom de Carlton, et actuellement celui de Buch's-Island ou île herbeuse, parce qu'en effet de ce point elle paraît toute verdoyante. Une masse de fortifications ruinées s'élevait sur la pointe saiflante dont je viens de parler, et je sentis s'éveiller ma curiosité lorsque j'appris que ces vestiges étaient ceux d'un fort élevé par les Français, lorsqu'ils étaient possesseurs du Canada; je résolus aussitôt
d'aller les visiter, et en effet, le lendemain je m'embarquai pour effectuer ce court trajet. Après vingt-cinq minutes seulement de traversée, en suivant le courant, j'abordai sur la rive. Le sol de cette île est calcaire, et contient les mêmes coquilles fossiles qu'on retrouve sur la rive droite du fleuve; au reste, à peu près semblable , pour la végétation et les produits du sol , au double rivage entre lequel elle se trouve, elle n'inspire guère d'autre inte'rét que celui qu'y ajoutent ses ruines. Mais, en revanche, combien ces débris muets parlaient énergiquement à mon imagination ! Je les interrogeais sur tous les hauts faits , maintenant ignorés, dont ils furent jadis les témoins; j'aurais voulu qu'ils m'apprissent les destinées de leurs vaillans défenseurs. Mais , hélas ! le silence morne dont j'étais environné, et l'aspect de ces bastions écroulés, m'instruisaient assez. Je m'éloignai donc avec un sentiment de mélancolie profonde ; mes pieds ne pressaient plus la terre qu'avec respect ; je savais qu'en quelque endroit qu'ils se posassent sur ce sol consacré, ils foulaient la cendre des Français.
Pour dissiper ces souvenirs cruels , que cependant j'étais venu moi-même évoquer, mais dont j'étais maintenant oppressé, je reportai mes regards sur ce fleuve si vaste qu'à peine d'un de ses rivages on aperçoit le rivage opposé. Un point mobile, qui glissait dans le lointain, attirant alors mes regards, je reconnus que c'était le bateau à vapeur qui se dirigeait vers Montréal; je suivis quelques instans des yeux sa marche rapide, indiquée par une colonne de fumée qui ondulait gracieusement cans un air calme et pur, et bientôt je le perdis de vue. Ayant ensuite remarqué que je n'étais séparé de la Grande-Ile que par un chenal étroit, je m'empressai de franchir ce court trajet. La Grande-Ile, sur laquelle je débarquai, outre une vaste baie creusée dans son rivage méridional, a ses bords découpés par une foule d'anses et de baies plus ou moins profondes, qui servent d'abris commodes pour les barques marchandes de la contrée ; comme elle est très-étroite dans sa partie moyenne, j'eus bientôt atteint son rivage opposé, et j'eus alors le spectacle de l'autre bras du fleuve, qui conserve beaucoup plus de largeur et dont le cours est beaucoup plus rapide. Au-delà delà Grande-Ile, le lit du fleuve se rétrécit, et il se couvre d'une multitude d'îles de toute grandeur.
qu'on a hyperboliqiiement nommées les Mille-Iles, parce qu'en effet leur quantité paraît d'abord innombrable. Quelques-uns de ces îlots sont stériles , d'autres sont revêtus dW gazon verdoyant, ou couronnes d'épais massifs de cèdres iîoirs. Presque tous ceux que j'ai visités étaient composés de roche primitive, c'est-hdire du granit le plus compacte, et, en cette qualité, ils m'ont paru dépendre du sillon que j'ai signalé aux environs de Carthage; cette supposition est d'autant plus probable que ces îles se trouvent en effet dans la direction qu'on assigne à cette ligne granitique, qui s'étend jusqu'à la baie d'Hudson. C'est un spectacle tout- à-fait nouveau et vraiment extraordinaire que celui dont on jouit lorsqu'on pénètre parmi toutes ces îles pressées, et qu'on s'enfonce dans ce véritable labyrinthe fluvial. La multiplicité des issues qui s'ouvrent devant vous au détour de chaque île, la variété des aspects, que chaque mouvement du bateau augmente et renouvelle, tous ces accidens pittoresques, et beaucoup d'autres que je ne puis décrire, tiennent l'esprit dans un continuel suspens, et font de ce passage un des sites les plus singuliers que l'on puisse visiter. La solitude dont on jouit au milieu de ce dédale est rarement troublée; cependant on aperçoit parfois sur l'un de ces îlots quelque laborieux colon qui travaille à le défricher, ou, dans les détours du fleuve, le canot de quelque Indien pêcheur. Les indigènes, en effet, se plaisent à fréquenter ces détours sinueux , oii ils pèchent en abondance du poisson qu'ils vont vendre aux habitaus riverains. Les bords du fleuve sont en général d'un aspect très-monotone, puisque la contrée est entièrement plane, et qu'on ne saurait y découvrir la plus petite élévation; cependant quelques bouquets de cèdres noirs, semés de distance en distance sur les deux rives, donnent quelque agrément à ce rivage plat et dénudé. Mais lorsqu'on a dépassé Ogdensbourg, le fleuve se rétrécissant considérablement, les rivages s'élèvent, et les aspects reprennent de la grandeur; cette disposition subsiste jusqu'à Montréal. A ce nouvel endroit commencent les rapides, qu'on a coutume de désigner sous le nom de Long-Saut; c'est un passage extrêmement dangereux, et qui demande, pour être franchi sans événement funeste, toute l'habileté d'un pilote adroit et expérimenté. On concevra toute la difficulté de cette navigation, lorsqu'on saura que ces rapides
ont neuf milles de longueur et qu'on les franchit ordinairement en quelques minutes. Enfin, à partir de cet endroit, le sol s'élève toujours de plus en plus jusqu'à Québec. On sait que, quoique cette ville soit encore éloignée de trois cents milles de la mer, cependant les navires venant de l'Océan peuvent , sans éprouver d'obstacles, venir aborder et mouiller sous le canon de la place.
Je reviens à la naissance du fleuve Saint-Laurent dont, en imagination, j'ai descendu tout le cours. On a peine à croire, en naviguant pendant la belle saison sur ce fleuve, le plus magnifique, le plus large, sans contredit, qui existe, et en voyant ses eaux rouler vers la mer avec un majeslueux murmure, on a peine à croire, dis-je, que l'Iiiver soit assez puissant pour enchaîner ce cours rapide, et convertir en une épaisse couche de glace ces ondes parfois tumultueuses; on voit pourtant chaque hiver ce phénomène se reproduire \ Chaque hiver, le fleuve Saint -Laurent gèle depuis son origine au lac Ontario, jusque bien audelà de Québec, près de son embouchure. Une nouvelle et facile communication est alors ouverte entre les deux Etats voisins, et les contrebandiers ne sont pas les derniers à en profiter. En effet , bravant tous les dangers par l'appât du gain , ces hommes audacieux s'aventurent avec leurs traîneaux , lourdement chargés, sur ce plancher fragile. Il arrive cependant quelquefois que sa solidité, sur laquelle ils ont trop compté, les trahit, et que les chevaux et le traîneau s'enfoncent à travers la glace. Mais cet accident teriible arrête tout au plus quelques iustans le hardi contrebandier : il avait tout préparé d'avance pour y remédier. Le traîneau, construit en forme de barque, reste sur l'eau, d'où il est facile de le tirer de nouveau sur la glace. Quant au cheval, que ses mouvemens violens
' Le fleuve Saint-Laurent , un des plus septentrionaux de cette contrée , n'est point le seul qui gèle entièrement pendant l'hiver ; des fleuves beaucoup plus méridionaux, et qui joignent la rapidité à la largeur, sont souvent aussi envahis complètement par les glaces. L'Hudson lui-même, à son embouchure , malgré son immense largeur et l'action d'un reflux considérable , gèle souvent. C'est particulièrement ce qui arriva en 1821 : la glace était alors épaisse de trois, quatre, et même de cinq pieds; elle était chaque jour couverte de toute la population des rivages du fleuve et des curieux qu'attirait la nouveauté de ce spectacle.
mettent à chaque instant en danger, il est aussitôt privé de sentiment au moyen d'une forte ligature qii'on lui coule autour du cou ; cet expédient permet de prendre toutes les précautions nécessaires pour le soulever hors de l'eau et le porter dans un endroit solide, à l'aide de longues et fortes perches que le contrebandier porte toujours avec lui à cet effet. Quand le cheval est en lieu de sûreté, on lui rend la respiration en desserrant la ligature, et il revient promptement à la vie j bientôt on procède au réattelage , et l'on regagne à force de vitesse le temps perdu.
On conçoit facilement que si ce fleuve glacé livre passage aux hommes et aux lourds charrois, il peut aussi favoriser les émigrations des quadrupèdes, habitans des deux rives. Ainsi l'on suppose que les diverses espèces de cerfs , qui paraissent à la fois communes aux régions septentrionales et aux Etats de l'Union , ont pu, pour se répandre d'un pays dans un autre, franchir ce canal glacé, qui forme en tout autre temps un obstacle insurmontable j cette supposition est même appuyée par des faits, puisque des convois de contrebandiers ont été quelquefois 'suivis par des cerfs qui paraissaient les prendre pour guides , et qu'aucunes démonstrations menaçantes ne pouvaient chasser. Quelquefois aussi, dans le nord et le nord-est des Etats-Unis, on a rencontré des rennes, animaux qui appartiennent bien évidemment aux contrées les plus septentrionales de l'Europe ; mais on est à peu près certain qu'ils ne faisaient qu'un court séjour sur cette terre étrangère, et qu'ils repassaient le fleuve avant la fonte des glaces. Il ne sera peutêtre pas hors de propos de remarquer que les Français qui occupent la pêcherie de l'ile Saint-Pierre et Miquelon achètent aux Anglais des rennes morts, pour leur servir d'aliment, et qu'ils désignent cet animal par le nom de caribou, sous lequel le connaissent aussi tous l,es Canadiens qui habitent les rives du fleuve Saint-Laurent jusqu'à son embouchure, et même les Esquimaux de la côte du Labrador.
La nuit me surprit au milieu de mon intéressante navigation sur le fleuve Saint- Laurent, et vint ajouter des effets nouveaux aux scènes pittoresques dont j'étais, du fond de ma barque, le tranquille spectateur. En effet, les légères vapeurs du
soir^ que la pâle clarté de la lune rendait perceptibles, s'interposant entre moî et tous les plans éloignes, donnaient aux sites une grandeur en quelque sorte mystérieuse, qui ajoutait à leur beauté. Je ne pouvais me lasser de contempler l'étendue immense de ce fleuve et la variété de ses aspects, de prêter l'oreille au murmure solennel de ses eaux, auquel se mariaient les battemens réglés de la rame et les chants monotones de mon bîflelier canadien. Je goûtais avec d'autant plus de charme le plaisir de cette paisible contemplation, que je ne sais quels souvenirs à la fois pénibles et doux de ma patrie venaient s'y jnêler ; la similitude de situation réveillant une foule de sensations oubHées , je me rappelais mes nocturnes excursions sur le Rhône et sur la Loire; et sans doute, cédant à ces entraînantes illusions , j'aurais fini par me croire tout-à-fait transporté au sein de mon pays, si la barque, en touchant brusquement le rivage, ne m'eût rappelé à ma situation présente, et ne m'eût fait apercevoir la taverne du cap Vincent.
Le lendemain, l'aube naissante me trouva sur le rivage, me préparant à jouir du magnifique spectacle du lever du soleil. Mon attente fut bientôt remplie, l'astre radieux s'éleva de derrière un nuage frangé de rubis, et couvrit en un instant le fleuve d'une lumière étincelante qui le faisait ressembler à une gaze d'argent mollement soulevée. C'est alors qu'un nouvel épisode attira mes regards; quelques légères embarcations remplies de sauvages fendaient agilement cet Océan lumineux et vinrent bientôt toucher la plage. Après le débarquement, les canots, si l'on peut donner ce nom à de simples troncs d'arbres creusés sans art, furent tirés à terre et portés sur le dos à quelque distance du rivage. Toute la troupe, marchant à la file et sur un seul rang, prit alors sa route vers le bois. Les hommes allaient en téte portant leurs seules armes, tandis que les femmes suivaient, chargées de lourds bagages. Bientôt ils s'enfoncèrent dans la foret et disparurent. J'appris que c'était une famille de Hurons, habitant l'autre côté du fleuve, qui allait en chasse pour quelques jours.
Je ne voulais point quitter cette contrée-sans visiter encore une fois le lac Ontario et ses pittoresques rivages. Je mis donc en ordre mes collections et les dessins
que j'avais eu occasion de faire, et je me préparai pour une nouvelle excursion à la baie de Chaumont. Je pris ma route par eau et je me fis conduire sur une barque à voile. Le vent e'tait frais et la surface des eaux sensiblement agitée; il était difficile , à la vue des vagues soulevées et de l'étendue sans bornes de l'horizon humide, de ne pas se croire en pleine mer; et ce qui peut ajouter encore à l'illusion lorsqu'on parcourt le lac dans toute son e'tendue, c'est de voir les nautonniers se servir du compas et de la boussole pour se diriger sur cet immense bassin.
Le lac Ontario, que les Français nommèrent à leur arrivée dans ce pays Frontenac, et plus tard Saint-Louisj a une forme ovale; il est situe' entre le 45^ et le 45^ degré de latitude nord ; sa longueur est de cent soixante milles, sa plus grande largeur de soixante-dix, et sa circonférence de quatre cent cinquante. Dans sa partie méridionale se trouve la baie de Fishing, qui du nord au sud a plus de sept milles de longueur et plusieurs milles de largeur; les navires y trouvent un ancrage excellent et un abri sur contre les gros temps. Une seconde baie nommée Rente', a cinquante milles de profondeur et possède un hâvre excellent pour le mouillage des bàlimens. On a remarqué, dans cette baie, aussi bien que dans les grands lacs supérieurs, une élévation et un abaissement périodiques des eaux. On a constaté le même flux et reflux dans le hâvre d'York , situé au nord et capable de contenir une flotte considérable. II n'est pas douteux, d'après ces deux faits, que des observations exactes répétées sur toute la longueur des rivages , feraient reconnaître partout la simultanéité du même phénomène. La portion de ce lac qui dépend du territoire anglais , est beaucoup mieux partagée en havres et en baies que la partie américaine. 11 en est de même pour les îles, qui sont presque toutes situées vers le nord , au nombre de dix-neuf ou vingt , et dont plusieurs sont d'une étendue considérable.
Plusieurs physiciens et géologues supposent que ce lac fut le cratère d'un volcan; on ne peut nier que cette opinion n'offie de la probabilité, lorsque l'on considère que tout ce pays, et surtout la partie qui avoisine le nord et les rivages de la côte atlantique, ont été, à des époques inconnues, remués par des trem-