PRIES DIEU POUR LES TRESPASSES
Le dernier mot a été mutilé, peut-clrc par la main des Huguenots.
1*38 SAINT-SÉVKIIIN.
ruins des cliapelles de l’église, existent encore vers l’orient, notamment celui qui abritait la sépulture des prêtres de la paroisse ; on y fait les catécliismes.
Notre gravure reproduit la façade avec la tour, et prend le coté septentrional de l’église en fuite.
A l’intérieur, le vaisseau central est accompagné de collatéraux doubles, et de nombreuses chapelles viennent accroître encore l’étendue déjà considérable de l’édifice dans le sens de sa largeur. La nef a cinq travées; le chœur en a trois; l’abside cinq en pourtour. Nous constatons ici les mêmes caractères qu’au dehors. Les trois premières travées de la nef et le premier rang de leur collatéral au midi ont été construits dans la première moitié du xiiie siècle. Leur élévation présente un ordre inférieur de colonnes trapues, dont la taille ramassée et lourde n’est nullement proportionnée à la hauteur assez grande de la voûte ; puis, une galerie en ogives trilobées, et de larges fenêtres à deux baies avec œil-de-bœuf dans le tympan. Les nervures croisées à la voûte sont cylindriques, et les clefs en feuillages sont accostées de têtes grimaçantes. Des feuilles à grandes côtes, et d’autres en crochets composent les chapiteaux. Les autres parties de l’église ont bien pu être commencées vers la fin du xiv^ siècle , mais il n’en est pas moins vrai de dire que leur style est celui du xv^. Piliers formés de colonnettes sans chapiteaux ; moulures et nervures prismatiques; galerie et fenêtres à compartiments anguleux et tourmentés; dans les collatéraux et les chapelles, anges, prophètes et autres personnages en diverses attitudes, faisant office de consoles aux retombées des arcs. La maîtresse voûte est partout d’une hauteur égale. Deux de ses clefs, dans la partie du xv^ siècle, sont historiées, l’une de l’écusson de France aux fleurs de lis sans nombre, l’autre du couronnement de la Vierge. La galerie que nous avons indiquée dans les travées du xiiie siècle, a été continuée, sur un autre dessin, par les architectes du xv^; Des feuilles frisées et des animaux contournés couvrent les chapiteaux des colonnetles qui en soutiennent les ogives. Au rond-point de l’abside, une hauteur un peu plus grande daiis les arcs du i’ez-de-chaussée, ot de nouveaux chan-
SAINT-SÉVEUIN.
gpmenls dans la disposition de la galerie attestent que cette dernière partie n’est pas de la môme main que le chœur.
Du temps de Henri IV, des prophètes et des sibylles, des patriarches et des apôtres furent peints sur fonds d’or, par Jacques Dunel, au-dessus des arcs de la nef et du chœur. Nous n’en avons découvert aucun vestige. Les tympans ont été retaillés et divisés en caissons. Les cinq travées de l’abside sont défigurées par les placages de marbre qui, depuis l’année 1684, enveloppent les piliers et transforment les ogives en arcades cintrées. Celte décoration, beaucoup plus riche d’ailleurs autrefois qu’elle ne l’est aujourd’hui, fut exécutée, ainsi que le petit baldaquin du maître autel, aux dépens de Mhe de Monlpensier, par le sculpteur Tubi, d’après les dessins de Lebrun.
Les chapelles occupent vingt-trois travées Celle de la Communion, aujourd’hui de Notre-Dame d’Espérance, située vers le sudest, a été reconstruite, nous l’avons dit, dans la seconde moitié du xvFi« siècle. Dans une chapelle, près de la sacristie, une peinture sur châssis mobile, représentant la mort de saint Louis, cache une résurrection des morts peinte sur le mur vers la fin du x\e siècle. Une autre chapelle, au chevet, renferme une prédication de saint Jean-Baptiste, également peinte sur une de ses parois. Au nord, la ligne des chapelles est interrompue par la sacristie, construite et voûtée comme l’église elle-même. Un escalier, ayant sa porte sur le collatéral , monte à l’ancienne salle du trésor, qui forme un autre étage au-dessus de la sacristie basse. Leurs fenêtres en ogive sont fortement grillées. On remarque dans le collatéral, au rondpoint, une file de colonnes isolées, les unes cylindriques, les autres taillées à pans, une surtout dont le fût tourne sur lui-même en spirale. Les clefs de voûte sont pour la plupart lleuronnées et entourées d’ornements à jour ; quelques-unes représentent sainte Anne et Joachim à la porte dorée, l’Annonciation, la sainte Face, un calice surmonté de l’hostie.
^ Depuis quelques années, radminislralion municipale a entrepris de faire décorer de peintures les parois de toutes ces chapelles. Poursuivi avec persévérance, le travail louche à son terme.