SA INT- LAURENT
rieur. Sur les vaulQux de la porte médiane, qui sont aussi du xviie siècle, des figures prises dans le bois, représentent saint Laurent, saint .lean-Baptiste et l’Annonciation. Pour décrire les parties extérieures, nous ne pourrions que répéter l’interminable nomenclature de contre-forts, d’arcs-boutants, de clochetons, de frises, de gargouilles, etc. Des pampres s’agencent sous la corniche des chapelles de la nef. La façade du croisillon sud est environnée de maisons. Celle du nord, bien à découvert, présente deux gracieuses niches de la renaissance avec leurs dais et leurs culs-delampe, des anges en bas-relief et une ligure majestueuse du Père Éternel. Saint Laurent et sainte Apolline sont sculptés aux vantaux de la porte, avec les instruments de leur martyre. Cette entrée a été condamnée; un autel s’y adosse à l’intérieur de l’église.
La tour, de forme carrée , percée de deux étages de baies en ogive, remplit l’angle décrit par la rencontre du chœur avec le croisillon méridional. Le chœur et l’abside ont gardé, plus que la nef, quelques détails d’ornementation gothique. Nous indiquerons une niche contenant une grande figure de saint Jean-Baptiste, xv« siècle, en très-bon état de conservation; des consoles sous les gargouilles, telles que des femmes ailées , un monstre à tête de nègre et griffes de lion, etc. ; enfin, et surtout , la corniche historiée qui couronne les plus hautes parties des murs. Dans la gorge de cette corniche, au milieu de branches de feuillages, on voit courir et grimper une foule de petits animaux de l’invention la plus spirituelle. Des enfants , coiffés de bonnets de fous, s’amusent à faire des contorsions'; un autre agenouillé expose piteusement son postérieur au martinet d’un vieux maître d’école; des anges ont des corps terminés en queues de bêtes ; un chasseur, en costume bizarre, poursuit à coups de flèches une espèce de salamandre. Il y a encore bien d’autres fantaisies divertissantes.
A l’intérieur, la nef et ses collatéraux ont pour appuis des piliers carrés , qui sont posés de manière à recevoir sur leurs angles les retombées des arcs; ils étaient autrefois rehaussés des armoiries des familles qui avaient contribué à les faire construire. Des meneaux garnissent les fenêtres. Les travées de la nef sont
SAixr-KAiin<:xT.
répélôes do clinqiie côté par un nombre égal de ciiapelles. L’examen allenlif des moulures, de la disposition des voûtes, et des autres détails de l’architecture, ne nous iournirait aucune observation que nous n’ayons déjà faite. Nous ap|)ellerons seulement l’attention du visiteur sur les clefs de voûtes dont le travail est remar([uable. Celles des bas côtés et des chapelles sont sculptées de couronnes, de guirlandes, de cartotiches et de tètes d’anges. Saint Nicolas bénissant des enfants, et sainte Apolline y sont aussi figurés. Dans la haute nef et dans le transept, les clefs s’allongent en pendentifs, enveloppées de feuillages et de (Iraj)eries, terminées en pommes de pin, enricliies d’une foule d’ornements ou couvertes de personnages. 11 y en a surtout sept dans la croisée, qui méritent d’etre j)ro])osées comme des modèles. Les rinceaux de la clef centrale encadrent (juaire figures, la Vierge cpii porte son fils, saint Jeau-Laptiste avec sa croix, saint Laurent avec son gril, sainte Apolline avec les tenailles dont elle fut tourmentée. Les scènes de la Passion se déroulent autour des six autres. La couleur et l’or avaient été autrefois mis en œuvre pour faire ressortir la sculpture; aujourd’hui un laid badigeon l’embarrasse de sa croule épaisse.
L’architecture du chomr et de l’abside dillère un peu de celle de la nef. Les arcs latéraux u’y ont pas la même hauteur, et les fenêtres y sont plus longues par compensation. Les clefs des voûtes sont évidées en rosaces gotléupies pour la plupart; des écussons s’y rencontrent aussi, et même (pielques figures, telles (jue saint .loseph, sainte Apolline encore une fois, un ange en chape tenant le gril de saint Laurent, saint Nicolas, un saint évécjue })cut-étre saint Domnole, et un saint solitaire.
Au xviie siècle, les lyuq)ans des arcs du chœur ont été façonnés en caissons, avec palmes et couronnes de fleurs scidpléescn relief au-dessus des ogives. L’abside a reçu en même temps, dans ses baies inférieures, un corps d’architecture en pierre, orné de colonnes corinthiennes, de pilastres du même ordre, de frontons, de feuillages, de monogrammes et do trophées religieux. Voici donc, encore un sanctuaire complètement défiguré, comme ceux de, Saint-Germain l’Auxerrois et de Saint-Séveriu. Le travail de
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sculi)tnrc n’est pas mauvais, hieii certainement; mais Teffet produit n’en vaut pas mieux. C’est le célèbre arcliilecte Lepautre qui a imaginé ces prétendus embellissements. Un jubé complétait la décoration ; il a été supprimé. On a détruit également le cruciâx et plusieurs statues de la main de Gilles Guérin, ancien professeur de l’Académie royale de sculpture. Cet artiste mourut en 1678, et pour récompense de ses travaux, on lui donna une sépulture honorable sous le jubé. Les vitraux des hautes fenêtres du chœur et de l’abside n’ont été posés qu'en 1847.
Onze chapelles entourent le chevet. Celle de la Vierge a seule une étendue un peu considérable. Les autres contiendraient à peine un autel dans leur profondeur. Un fragment de vitrail , xvi® ou xviie siècle, reste au tympan d’une fenêtre; c’est une Vierge avec son fils dans les bras. Dans la chapelle terminale, quatre petits panneaux représentant les faits principaux de la vie de la Vierge, montrent à quel degré de misère était tombée la peinture sur verre dans le siècle dernier. A ce titre, ils ne manquent pas d’un certain intérêt.
Aucun monument funéraire n’existe à Saint-Laurent. Le pavé recouvre cependant de nombreuses sépultures, et chaque fouille nouvelle en amène la découverte. Le buffet d’orgues et la chaire sont ornés de sculptures des xvn® et xvine siècles. Le martyre de saint Denis est sculpté en plusieurs sujets sur la chaire, dans les bas-reliefs de la tribune. Près de l’entrée, à l’ouest, se trouve un petit bénitier, xvii® siècle, avec inscription et armoiries.
Si»aiiit-llerry.
Au vue siècle, une petite chapelle du titre de Saint-Pierre était située dans un bois, à l’extrémité du faubourg septentrional de Paris. Saint Merry, abbé de Saint-Martin d’Autun, arrivant à Paris avec saint Frodulphe, son disciple, pour vénérer les tombeaux de saint Denis et de saint Germain, s’arrêta dans une cellule voisine de cet oratoire : il y passa près de trois ans dans la retraite, et ce fut là qu’il mourut le 29 août, vers l’an 700. Ses miracles et la