XIX® SIÈCLE
Notre siècle a déjà élevé ou reconstruit sept églises paroissiales dans l’enceinte de Paris : Saint-Pierre du Gros Caillou , Notre- Dame de Bonne-Nouvelle, Saint-Denis du Saiid-Sacremcnt, Notre- Dame de Lorette, Saint-]'incent de Paul, la Madelemc et Sainte- Clotilde 1. Les paroisses récemment établies de la Trinité, de Saint-Auq}(stin, de Sai)d-André, de Saint-Joseph et de Saint- Eugène, n’ont encore que des églises provisoires. On annonce la création prochaine d’une autre paroisse, qui prendrait le titre de Saint-Martin. De nouvelles circonscriptions ne tarderont pas à être fixées, et la nécessité d’entreprendre la construction de plusieurs églises en sera la consé([uence nécessaire. 11 est reconnu depuis longtemps que le nombre des édifices religieux ne se trouve plus en rapport avec les besoins de la population , surtout dans les quartiers de la rive droite de la Seine.
L’examen des églises contemporaines nous entraînerait bien au delà du terrain de l’archéologie. Il y a d’ailleurs des susceptibilités
1 Le litre de Saiiile-Valère, porté par une chapelle du couvent qui servait d’église succursale, et qui n’existe plus, est réuni à celui de bainle-Clotilde.
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d’amour-proprc que nous craindrions de froisser^ en disant franchement ce que nous pensons de la plupart de ces édifices. Nous pouvons nous dispenser d’engager nos lecteurs à visiter la grande et monumentale église de la Madeleine. Pas un n’y fera faute sans doute. Cet immense édifice a le rare avantage d’être complet dans son ornementation aussi bien que dans son architecture. S’il lui manque quelque chose en beauté, il ne lui manque rien en richesse. Sous l’enveloppe triste et froide de Notre-Dame-de-Lorette, il faut aller voir les belles et religieuses peintures exécutées dans la chapelle de la Vierge, par M. Orsel ; dans celle du Saint Sacrement, par M. Périn ; dans celle des fonts baptismaux, par M. Roger. Ce sont de nobles pages , inspirées par la foi , et dont les sujets , réels ou symboliques, ont été demandés aux sources les plus pures delà tradition chrétienne. A Saint-Vincent-de-Paul, M. Hippolyte Flan^ drin a représenté sur une frise d’une étendue extraordinaire, avec un sentiment bien rare de poésie et de gravité, la marche triomphale des différents ordres de saints et de saintes vers le lieu où* le Seigneur réside dans sa gloire. M. Maréchal a enrichi la même église des vitraux modernes les plus remarquables qui existent à Paris. Quant à l’église Sainte-Clotilde, elle s’achève avec une pénible lenteur, en style du xiiie au xiv® siècle. La critique y trouverait largement à s’exercer soit sur l’ensemble, soit sur les détails. Quand on considère certaines parties du monument, à l’extérieur, on croirait voir un édifice du moyen âge dont les murs auraient été en quelque sorte rabotés, les gargouilles et les corniches abattues, les moulures amaigries, les clochetons privés de leur ornementation nécessaire. Mais quelles qu’en soient les défectuosités, une église ainsi faite, dans le système ogival, a encore une toute autre valeur que les imitations douteuses qu’on nous a données jusqu’ici du temple grec ou delà basilique latine.
Après les églises paroissiales de construction moderne, il nous reste à citer plusieurs autres édifices religieux qui appartiennent aux mêmes époques, mais qui n’ont pas la même destination, tels que les Carmes, V Assomption j, Sainte-Geneviève, la Chapelle expta^ toire et les oratoires de quelques couvents.
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L’ancienne église des Carmes déchaussés, commencée en '1613, terminée en 1620, dédiée à saint Joseph en 1623, est aujourd’hui desservie par des religieux de saint Dominique. Elle renferme des fresques du peintre liégeois, Bartholet Flamaël ; plusieurs chapelles richement décorées en bon style du xvn® siècle ; un bas-relief en marbre, xiv® siècle, représentant la Cène et placé au maître autel; l’épitaphe du cardinal de Beausset , l’historien de Fénelon et de Bossuet ; celle du savant cardinal de la Luzerne, et le marbre qui recouvre le cœur de l’héroïque archevêque de Paris, Mgr. Alfre. Le couvent et le cloître sont conservés. Cette maison a été arrosée du sang des martyrs pendant les horribles journées des 2 et 3 septembre 1792.
V Assomption a servi d’église paroissiale jusqu’à l’achèvement de la Madeleine ; elle est maintenant réduite à l’élat de chapelle. Charles Érard, ancien directeur de l’académie de France à Rome, en éleva le portique et le dôme, de 1670 à 1676 ; Charles de la Fosse en peignit la coupole. Elle dépendait d’un couvent de religieuses de saint Augustin, maintenant transformé en caserne.
Tour à tour église catholique dédiée à la patronne de Paris, ou temple à demi païen consacré aux mânes des grands hommes , Sainte-Genemèoe porte, dans sa structure et dans sa décoration, les marques bien visibles de ses continuelles vicissitudes. Le christianisme et la philosophie , les emblèmes religieux et le symbolisme tépublicain s’y trouvent en présence, au portique et sous les coupoles. Le premier Empire et la Restauration y sont aussi représentés à la voûte du dôme et dans ses pendentifs. Des inscriptions de bronze énumèrent les noms des citoyens qui périrent dans les trois journées de juillet 1830. Même confusion jusque dans les sépultures de la crypte. Des cardinaux de l’Eglise romaine, justement célèbres par leur dévouement au saint siège, y reposent à côté de Voltaire eide Jean-Jacques Rousseau. Louis XV ordonna la construction de bet édifice, destiné à remplacer l’ancienne église abbatiale du même titre qui tombait en ruine, et ce prince en posa la première pierre en 1764. Soulïlot en a été l’architecte. On admire la science dont il a fait preuve dans la disposition de la triple voûte de pierre dont
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jI a rouvert son dôme jusqu’à une hauteur d’environ deux cent einquanle pieds. Depuis qu’un décret du mois de décembre 1851 a rendu une dernière fois celte église au culte, le soin de la desservir est confié à une communauté de chapelains.
La Chapelle expiatoire occupe une partie de l’ancien cimetière de la Madeleine. Les architectes Percier et Fontaine ont donné les dessins de ce monument, dont la physionomie a un caractère qui ne permet de le confondre avec aucun autre. Une inscription, gravée au-dessus de la porte principale, nous apprend que les rois Louis XVIII et Charles X ont voulu consacrer ainsi le lieu oü les restes de leur frère, Louis XVI , et de la reine Marie-Antoinette reposèrent pendant plus de vingt ans. L’autel de la crypte s’élève, on l’assure, à la place même où les corps furent inhumés, celui du roi le 21 janvier 1793, et celui de la reine le 16 octobre suivant. Des statues de marbre représentent ces deux victimes de sainte et douloureuse mémoire. Il faut dire à la louange de la population de Paris que ce pieux édifice a été constamment respecté, au milieu des révolutions et de la guerre civile.
Les communautés religieuses de femmes se sont rétablies en grand nombre depuis un demi-siècle , et chacune s’est construit jine chapelle. Mais ces oratoires, la plupart de dimensions trèsrcslreintes, n’ont rien qui les recommande sous le rapport de l’art. Les chapelles élevées en style gothique par les sœurs de Bon-Secours, rue Notre-Dame des Champs, et par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, rue de Sèvres, méritent seules d’être distinguées. Elles sont décorées de sculptures, de vitraux et de boiseries. Les stalles de la chapelle de la rue de Sèvres, exécutées sous la direction de M. Lassus , d’après celles du xine siècle, qui garnissent le chœur de la cathédrale de Poitiers, peuvent être comparées aux plus beaux ouvrages de ce genre que le moyen âge nous ait laissés. Les dames de Saint-Thomas de Villeneuve, rue de Sèvres, possèdent une Vierge noire, xiv® siècle, qui provient de Saint-Étienne des Crès, et devant laquelle Saint-François de Sales aimait à prier.
Quatre anciennes églises catholiques ont été affectées au service
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du ciille protestant ; ce sont celles des Carmes Billetles, de la Visitation, rue Saint-Antoine, des Oratoriens de la rue Saint-Honoré, et de l’abbaye de Pantemonl au faubourg Saint -Germain,
L’église des Ilillettcs rebâtie en 1754 , sur les dessins du frère Claude, de l’ordre de saint Dominique, tient lieu de celle qui fut élevée, en 1295, sur l’emplacement de la maison du juif Jonatlias, où s’était passé, cinq ans auparavant, le prodige de la sainte hostie percée de coups par ce furieux , jetée au feu, et miraculeusement sauvée de ses mains. Un petit cloître ogival du xve siècle touche à l’église, du côté du nord.
Jacques Lemercier construisit l’église des Oratoriens, de 1621 à 1630; Pierre Caqué lit le portail, en 1745. L’élégante rotonde de la VisiUdion fut commencée, en 1632, par François Mansard, et dédiée à Notre-Dame des Anges, en 1634. Le surintendant Fouquet, si connu par sa disgrâce et sa captivité, y fut inhumé dans une chapelle, en 1680.
L’abbaye de Pantemont avait été fondée, en 1217, au diocèse de Beauvais, pour des religieuses de Citeaux. Ces dames vinrent s’établir à Paris, en 1671, et firent élever, en 1755, sous le titre de Sainte-Clotilde, la petite église couverte en dôme qui existe encore. Quant au monastère, dont la structure ne manque pas de noblesse, il a maintenant pour hôtes des cavaliers et des chevaux.
Aiicieiiiies lÉ^lise^ supprimées et détruites.
L’île de la Cité contenait encore, il n’y a guère plus d’un siècle, dix-sept églises, paroissiales pour la plupart, groupées autour de la cathédrale, un monastère de Barnabites , la Sainte-Chapelle et l’église de l’Hôtel-Dieu. Notre-Dame et la Sainte-Cliapelle conservent seules leur caractère sacré. L’église des Barnabites est devenue le dépôt général du mobilier de l’État , et celle de Sai)de-Marine un atelier de menuiserie, après avoir été quebpie temps un théâtre de bas étage. 11 ne reste plus vestige de Saint-Denis du Pas, de Saint-Denis de ta Chartre, de Saint-Christophe , ùe Sainte-Generiève des Ardejds , de Sai}d-]*ierre aux Boni fs, de Saiid-Landrij,
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de Sainic-Croix, de Snmt-SijmpJiorien^, de Saint-Pierre desArcifs, de Saint- Martial, de Saint-Michel, ni de Saint-Jean le Rond. Pour retrouver quelques pans de murs, quelques colonnes de Saint-Aignan, de Saint-Barthedemy , de Saint-Germain le Vieux, il faudrait pénétrer dans des maisons et se livrer à des recherches, dont le résultat ne répondrait pas à la peine qu'on se serait donnée. Jai Madeleine, bâtie du temps de Philippe-Auguste, sur l’emplacement d’une synagogue, se trouvait située entre la rue de la Cité et celle de la Licorne, à l’endroit où passe à présent la rue de Constanline. Une'de ses chapelles, demeurée debout en dehors de l’alignement, au coin de la rue des Marmousets, est transformée en boutique de marchand de vins. L’hôpital des Enfants trouvés, dont les bâtiments, reconstruits en 1747, sont affectés au service de l’Administration générale des hospices, avait sa chapelle intérieure, qui n’est plus qu’une salle ordinaire. Les églises de la Cité furent presque toutes rebâties dans le cours des xii'’ et xiii* siècles ; il y subsistait encore cependant des fragments de constructions bien plus anciennes. Les remaniements du sol et le percement de quelques nouvelles rues ont donné occasion de relever, dans ces dernières années, le plan de plusieurs de ces édifices qui ont complètement disparu. Les maisons particulières sont pleines de débris de pierres tombales employées en dallage. Nous en avons vu un certain nombre ; dans l’élat de dégradation où ils se trouvent, ils n’offrent plus qu’un bien médiocre intérêt.
Dans la rue d’Arcole, une inscription française est placée sur la façade d’une maison qui a succédé à l’église de Saint-Pierre aux Bœufs ; elle constate que cet édifice, qui existait déjà en 1136, fut démoli en 1837. Ce que nous avons vu de Saint-Pierre ne paraissait pas antérieur à la fin du xii' siècle. Une pierre gravée en creux,
^ Depuis l’an 1704, l’ancienne église paroissiale de Saint-Symphorien appartenait à la Communauté des peintres, sculpteurs, graveurs et enlumineurs de Paris. Saint Luc était le patron de cette association. L’église ne tarda pas à prendre le nom du saint évangéliste, au lieu de celui qu’elle portait auparavant.
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xV siècle, fixée au mur à coté de Pinscriplion, représente le Christ en Ecce homo , entouré de tous les emblèmes de ses souffrances et de sa mort. L’église des Barnabites était un démembrement du monastère de Saint-Martial, que saint Éloi avait fondé, et dont il avait confié le gouvernement à sainte Aure. Elle a été reconstruite au commencement du siècle dernier. Une inscription latine, posée à l’intérieur, en 1812, rappelle les faits principaux de l’histoire de ce monument. '
Un de nos plus grands rois , Philippe-Auguste, fut baptisé dans l’église de Saint-Michel du Palais , par l’évèque Maurice de Sully, le dimanche après l’Assomption, 23 août 1165. Il eut pour parrains les trois abbés de Saint-Germain des Prés, de Saint-Victor et de Sainte-Geneviève ; ses marraines furent la comtesse de Toulouse, sa tante, et deux pauvres veuves parisiennes.
Parmi les nombreuses églises collégiales et paroissiales qui s’étaient élevées peu à peu en dehors de la Cité, et qui n’ont pas été conservées , nous mentionnerons, comme les plus regrettables, sur la rive gauche de la Seine, Saint-André des Arcs, Saint-Benoît, Saint -C âme , Saint-Etienne des Grès et Saint-Marcel ; sur la rive droite, Saint-Honoré, les Saints-Innocents, Saint-Jacques de la Boucherie, Saint-Jean en Grève et Saint-Paul.
Le terrain que couvrait Saint-André des Arcs, a été nivelé et converti en place publique. L’édifice se composait de constructions dont les unes appartenaient aux premières années du xiii' siècle, les autres au xv" et même au xvi% 11 était riche en tombeaux de personnages illustres. On y remarquait principalement la chapelle et les mausolées de MM. de Tliou.
Saint-Benoît existait encore, il n’y a pas plus d’un an, déjà mutilé, mais toujours digne d’intérêt par ses sculptures de la dernière période gothique, par ses débris de tombeaux, par ses inscriptions et par les galeries élégantes de son charnier. En ce moment, il n’y en a plus la moindre trace. On a relevé, dans une des cours de l’hôtel de Cluny,la porte occidentale de cette église; on a déposé aussi, dans le même établissement, quelques tombes gravées et quelques épitaphes retirées des ruines. L’inscription du célèbre
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jiirisconsnlio Roru* Chopin a élé rachetée parla famille qui s'honore (le l’avoir pour auteur. On n’a rien découvert du monument funéraire de Claude Perrault, si célèbre dans l’histoire de l’architecture moderne, pour avoir donné les dessins de la colonnade du Louvre. Le chœur de Saint-Benoît avait été remis à neuf sous sa direction.
Nous avons vu Saint-Côme encore bien conservé, en 183o. La rue de la Harpe s’est agrandie aux dépens de l’édifice, dont il n’y a plus une pierre. De Saint-Etienne des Grès, il ne subsiste plus qu’un vieux pan de mur.
A peine peut-on découvrir quelques assises de la grande église collé‘giale de Saint-Marcel. L’abbé Lebeuf pensait que la crypte de Saint-Marcel datait du ix*" ou du x^ siècle, et l’église haute, dans sa partie la plus ancienne, de la première moitié du xi''. La tour avait aussi été élevée vers 1040. Le taureau gallo-romain qui s’y voyait encastré, est aujourd’hui au musée de Cluny. L’évêque de Paris, Pierre Lombard, mort eu 1100, qui mérita le nom de Maître des sentences, reposait dans le chœur, sous un tombeau érigé pour la première foison renouvelé vers la lin du xiii’’ siècle. Cette sépulture fut violée en 1703 ; le corps était couvert de ses habits pontificaux, ayant à ses pieds des souliers brodés et montés sur des semelles de li(‘ge ; ces restes précieux furent pillés.
La petite collégiale de Saint-Honoré a laissé son nom à une des rues les plus importantes de Paris. Elle avait nue enceinte particulière, qui sert maintenant de passage public, et qu’on appelle encore le Cloître. Une maison de débauche souillait, il n’y a pas longtemps, les derniers débris de l’église ; elle s’était logée entre les murs d’une chapelle, qui avait servi de sépulture au cardinal Dubois. De nouvelles constructions en ont pris la place. Pendant les travaux, on a pu examiner l’ancien escalier du clocher, et quelques fenêtres accostées de colonneltes, xiv® siècle, qui ne sont plus visibles aujourd’hui.
L’église des Saints- Innocents était un édifice de moyenne grandeur, à plusieurs nefs, en majeure partie du xiii' siècle. Elle renfermait plusieurs monuments funéraires, entre autres le tombeau et la statue de bronze que le roi Louis XI avait consacrés, en 14.66, à la
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mémoire de sœur Alix la Bourgolle , morte recluse après un emprisonnement volontaire de plus de quarante ans. Jean de France, duc de Berry, affectionnait l’église des Saints Innocents; il y avait même choisi sa sépulture, avant la fondation de sa Sainte Chapelle de Bourges. Ce fut lui qui fit sculpter au portail, en 1408, l’hisloire des Trois vifs et des trois morts, si populaire à celte époque. Des inscriptions en rimes françaises expliquaient l’allégorie, et rappelaient les paroles que les personnages devaient s’adresser mutuellement sur la fin de toutes choses. La même histoire est représentée par une curieuse peinture, qui date aussi du xv' siècle, dans la chapelle de la Trésorerie, en l’église autrefois abbatiale delà petite ville de Saint-Riquier.
Déjà paroissiale au commencement du xir siècle, l’église de Saint-Jacques de la Boucherie présentait, dans les derniers temps de son existence, un assemblage de constructions où chacun des siècles suivants, du xiii'" au xvi®, avait marqué son passage. Les parties les plus récentes appartenaient encore au style gothique, mais à celui de la période la plus extrême ; elles s’étaient élevées dans les premières années du règne de François Rr. L’église était riche en tombeaux et en monuments de sculpture ; on en a recueilli de nombreux débris dans le cours des travaux de nivellement de la rue de Rivoli, qui traverse une partie de l’ancien emplacement de la nef. Ces fragments ont été déposés au musée de Cluny, avec de belles bases de colonnes du xiii®siècle, qui se sont retrouvées encore en place. L’édifice fut aliéné, en 1797, par l’Administration du domaine national, et complètement démoli peu de temps après, à la seule exception de la tour qui accompagnait le portail. Notre gravure reproduit l’ensemble de la façade occidentale, avec la tour placée à l’angle sud-ouest. Saint-Jacques de la Boucherie a eu son historien , l’abbé Villain , membre du clergé de la paroisse , qui publia, en 1758, le résultat de ses recherches dans les archives locales. C’est par lui que nous savons la date précise et jusqu’au prix des matériaux de cette belle tour si heureusement conservée. Commencée sous le règne de Louis XII, en 1508, elle ne fut terminée qu’au bout de quatorze années, en 1 522. Dans les premiers