ANCIENNES COM MAN DERIES
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Coiulé; elles flevaient prier cnnilnuellement pour la France. La Révolution de 1848 revendiqua l’édifice, comme faisant partie du domaine national. Mais elle laissa subsister la chapelle expiatoire,
; que le gouvernement de la Restauration avait élevée. Aujourd’hui *' le sol est complètement nivelé. On ne peut se défendre de regretter l’ensemble imposant des constructions d’un monument comme Il le Temple, à la fois religieux et guerrier, quels que soient les motifs de politique ou de convenance qui en aient déterminé suc- II cessivement la ruine.
1 Saint-Jean de Latran. — La commanderie de Saint-Jean existait ’l déjà, en 1130. Longtemps elle fut désignée sous le titrede Saint-
! Jean de l’Uôpilal ou Saint-Jean de Jérusalem. Ce ne fut, suivant
j Sauvai, qu’à une époque avancée du xvie siècle qu’elle prit le
:j surnom de Latran, sans que le motif en soit bien connu. Le com-
i mandeur était en possession du droit de justice, et son revenu
annuel s’élevait à douze mille livres. L’enclos occupait tout le i terrain compris entre la place de Cambrai, la rue des Noyers, la rue Saini-Jean de Beauvais et la rue Saint-Jacques. Il s’y était construit . une foule de maisons que le commandeur louait chèrement à des
! artisans, attirés en ce lieu d’exemption par l’avantage d’y tra-
i vailler en franchise , sans être soumis aux règlements des corpo-
j rations d’arts et métiers.
I L’entrée principale de la commanderie s’ouvrait en face du
j collège de France. Les bâtiments les plus notables de l’enclos
I étaient la grange aux dîmes, le logis du commandeur, la tour,
! l’église et le cloître. La grange aux dîmes, curieuse construction
1 du XIII' siècle, couverte de voûtes ogivales à nervures croisées, et
I partagée en deux nefs par un rang de colonnes monostyles, se
! trouvait placée sur le coté méridional, vers la place de Cambrai.
Depuis bien des années, des épiciers, des marchands de vin, des vendeurs de peaux de lapins remplissaient ces vieilles galeries, où chacun s’était fait un gîte de plâtre et de bois. Dans les travaux de démolition exécutés l’an dernier (1854), on a reconnu l’existence d’un fossé qui s’étendait au pied du mur extérieur de la grange et qui en protégeait les abords.
ANCIENNES COMMÂNDERIES,
L’iiôlel ilii commandeur est détruit depuis longtemps. Nous espérions du moins obtenir la conservation de la tour. De puissantes inlluences étaient intervenues en faveur de ce monument, le seul de son espèce que Paris eût gardé jusqu’à nos jours. Mais il fallait faire place nette pour les nouvelles constructions de la rue des Écoles, et l’arrêt de mort de la tour a été prononcé. Com-
mencée le dimanche 12 novembre 1854, la destruction était accomplie dès les premiers jours du mois suivant. On a souvent répété que cette tour avait dû servir, non pas seulement à renfermer les archives de l’ordre, mais aussi à recevoir les pèlerins de Terre Sainte, ou les passints qui demandaient l’hospitalité. Nous pensons qu’elle était le donjon de la commanderie, le dépôt des litres, des armes, des objets précieux, le lieu de réunion des chevaliers, le signe de la suzeraineté du commandeur sur les fiefs qui relevaient de S:ilnt-.îean. La ville de Paris, qui a fait de si généreux sacriüces pour sauver la tour de Saint-Jacques la Boucherie, s’est au contraire montrée* insouciante envers celle de Latran ,
ANCIENNES COMMANDEHIES.
et cependant, si la première est en jouissance d’une plus grande renommée, l’autre appartenait à une meilleure époque de l’art et se rattachait à une famille d’édifices d’un caractère plus intéressant. Le donjon de Saint-Jean avait la forme d’un parallélogramme, plus développé dans un sens que dans l’autre. Son élévation comprenait quatre étages, les trois premiers voûtés en pierre, avec colonnes engagées dans les murs; le quatrième couvert en, charpente. L’architecture simple et belle, la forme des nervures, le style des bases et des chapiteaux, annonçaient une construction du temps de Philippe-Auguste. Quelques fragments ont été recueillis au musée de Cluny. L’état de délabrement des parois extérieures de la tour, entamées par les solives et par les cheminées des maisons qui s’y adossaient, a été le principal argument de ceux qui en réclamaient la suppression. Pour les restaurer convenablement, il n’aurait pas fallu la dixième partie des sommes employées à Saint- Jacques. Nous avons cru devoir consacrer deux gravures à la tour de Saint-Jean; l’une en représente le dehors, l’autre la grande salle de l’étage au-dessus du rez-de-chaussée. Au commencement
du siècle présent , le docteur Bichat réunissait dans celte salle un auditoire d’élite pour l’initier aux mystères de l’anatomie; après la mort de cet homme illustre par sa science et par ses écrits , son nom resta , comme un titre de gloire, attaché à la vieille tour, que ce souvenir n’a pu défendre. Un marbre, placé sur la face orienlale , portait ces deux mots : Tour Bkhot. On a découvert, en détruisant les voûtes et les murailles, une certaine quantité de vieux titres sur parchemin ; ce que les ouvriers n’en ont pas dispersé, a été porté à l’Hôtel de ville et le public attend les résultats de l’examen auquel ils devaient être soumis.