‹ Itinéraire archéologique de ParisChapitre 29 sur 41 · I.A SAINTE-CHAPELLE · texte numérisé non relu

I.A SAINTE-CHAPELLE

Se lenêlro, au milieu et à l’extrémité de l’abside. — 57 sujets. Les Evangélistes ; la Cène; la passion du Christ; sa résurrection; ses apparitions; les Apôtres; des anges ; le Christ dans sa gloire.

9c fenêtre. — 13 sujets de la vie de saint Jean-Baptiste, dans la première baie; sa naissance; ses prédications; ii baptise le Christ; sa mort. Dans la seconde baie, l’histoire de Daniel en quinze panneaux; Nabuchodonosor ; Balthasar; Daniel dans la fosse aux lions.

1 0® fenêtre. — 30 sujets de la vie et des prophéties d’Ézéchiel; ses visions; ses actions mystérieuses; révélation du David de la nouvelle alliance; parabole de la vigne; la gloire de Dieu; le temple nouveau ; la Jérusalem céleste.

lie fenêtre. — 15 sujets dans chacune des deux baies, dont une moitié occupée par l’histoire de Jérémie , et l’autre par celle de Tobie. Vocation de Jérémie; ses visions; son emprisonnement; Dieu lui apparaît armé du glaive; Dieu présente à la fille de Juda la coupe de sa colère; destruction de Jérusalem ; le prophète pleure sur les ruines de la ville sainte, devenues le repaire des bêtes sauvages; le Seigneur tend son arc pour disperser ses ennemis. Œuvres pieuses et charité de Tobie ; il devient aveugle ; il est guéri par son fils et par l’ange Raphaël; mariage du jeune Tobie

12« fenêtre. — 63 sujets, dont 40 tirés du livre de Judith, et les autres du livre de Job. Combats d’Holopherne; dévastation de la Judée ; siège de Béthulie ; prière et départ de Judith; toilette de Judith; mort d’IIolopherne; Judith montre au peuple la tête d’Holopherne; actions de grâces ; Judith meurt et tout le peuple la pleure. Plusieurs inscriptions françaises ont été tracées sur le verre, pour l’explication de quelques sujets; le style en est curieux. La prospérité de Job ; sa tentation; ses malheurs; sa femme et ses amis le raillent; Dieu le récompense et lui rend plus qu’il n’avait perdu.

* Il faut compter, en outre, dans le tympan de chacune des 5®, 6®, 7®, 9®, 10® et 11® fenêtres, trois ligures représentant pour la plupart des prophètes, des anges, et peut-être quelques-uns des vieillards de l’Apocalypse. Kilos ont été mulilées.

LA SAliNTE-CHAPELLE.

13e fenêtre.— On y voit cent vingt panneaux, tous occupés par les sujets du livre d’Esther. Le peintre verrier, pour remplir le champ de celle immense fenêtre, a employé souvent deux et même quatre panneaux à développer une même action. Le tympan contient sept sujets, qui paraissent faire suite à Thisloire de Job.

14e fenêtre. — 121 sujets du livre des Rois. Histoire d’Héli et de Samuel; prise de Larché par les Philistins; elle est rendue aux Israélites; Saül, David, Goliath, Jonathas; David fuyant la colère de Saül ; mort de Saül ; sacre de David ; Salomon ; Achab et Jésabel ; captivité de Babylone; prise de Jérusalem; le Temple livré aux flammes.

15e fenêtre, au pied de la nef, au sud.— 67 sujets. Légende de la sainte croix. Translation de la couronne d’épines et du bois de la vraie croix à la Sainte-Chapelle de Paris; les envoyés du roi de France à Constantinople; les saintes reliques en voyage; saint Louis et son frère, le comte d’Artois, portent la sainte couronne; entrée solennelle à Paris ; ostension de la couronne ; nouvelles cérémonies pour la réception de la croix; les reliques exposées à la vénération des fidèles. Saint Louis, son frère, Robert, et une reine, probablement Blanche de Castille, sont représentés plusieurs fois, dans les différentes scènes de la translation. Ces ligures nous paraissent extrêmement précieuses ; elles sont l’œuvre d’artistes, qui avaient certainement assisté à la réception des reliques, et qui en ont retracé les principales circonstances, comme elles venaient de se passer sous leurs yeux. Ne pouvons-nous pas croire aussi qu’ils auront voulu nous conserver au moins quelque chose de la physionomie et de l’attitude des augustes personnages, dont la foi s’était alors manifestée par des témoignages si extraordinaires?

Les vitraux qui remplissent les nombreux compartiments de la rose occidentale, et qui furent mis en place, sous le règne de Charles VllI, vers la fin du xv® siècle, n’ont plus le même éclat, la même vivacité de tons que ceux de l’époque de saint Louis. Le peintre inconnu dont ils sont l’ouvrage était un homme de goût, un habile dessinateur. Mais il a sacrifié l’elfet général à la recherche des détails; au lieu d’une mosaïque vigoureuse, il a produit une

HOTEL DE VILLE

série de composilioiis qu’il faut étudier de près pour en saisir toutes les délicatesses, et dont le coloris, trop finement nuancé, s’évanouit en vapeur au passage de la lumière extérieure. Les panneaux à sujets, enserrés dans la circonférence, sont au nombre de soixante-dix-neuf. 11 y en six de plus dans des encoignures évidées , au-dessous de la rose. Indépendamment de ces qiialre vingt-cinq compartiments principaux, il existe , entre les ramifications des meneaux , un certain nombre d’interstices, les uns garnis de simples morceaux de verre coloré en bleu ou en rouge, les autres d’un semis de Heurs de lis, quelques-uns de l’écusson de France avec le collier de saint Michel, ou du chiffre de Charles VIII surmonté de la couronne royale. Tous les sujets appartiennent à l’Apocalypse. La série en est facile à suivre. En parlant du point central, où siège le Fils de l’homme au milieu des sept chandeliers, des sept étoiles et des sept anges des églises d’Asie, on remonte à la première zone; après l’avoir épuisée, on arrive à la seconde qui touche au grand cercle d’encadrement. Les vingtquatre vieillards, les animaux symboliques, les anges, l’Agneau divin, les cavaliers chargés de dévaster la terre, la foule des élus, l’armée du roi de l’abîme, la bêle et le dragon , la femme mystérieuse et son fils, la grande prostituée de Babylone, le roi des rois sur son cheval blanc, le démon enchaîné, la céleste .Jérusalem avec ses murailles et ses tours d’or et de pierres précieuses, tel est le spectacle qui se déroule à nos yeux. Ainsi, les verrières de la Sainte-Chapelle , après nous avoir fait assister à l’origine des choses, à la création du monde, nous conduisent au delà des temps et des âges, dans le sein même de l’éternité. Celle mise en scène de la vision de saint Jean mérite, il faut le répéter, d’être examinée en détail plusieurs des tableaux dont elle se compose, sont de petits chefs-d’œuvre de* dessin et d’exécution.

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